dimanche 12 février 2017

Atelier d'écriture du 14 janvier 2017



Ecriture autour d'une couronne

La Cour ronronne
Dentelle dorée
Vive la République
Faucille et marteau
Entre hier et demain
Galette
Crêpes Suzette
Gigot d’agneau
Boudin blanc
Dinde aux marrons
Bûche au chocolat
14 juillet : bleu blanc rouge
Drapeaux et flonsflons
Le Bal ,
Pas de danse
Cœurs en transe.
Nuit étoilée
Chaude d’été
A la vie A la mort
Pour la vie, les serments
Au petit jour…

Un torrent se perd
Les amants endormis
Sur la terre qui respire
Qui transpire.
La galette est un boomerang que je lance et qui revient.
Soucoupe volante dans l’espace, traverse les galaxies, s’enfuit.
La galette se partage. Je te la donne. Tu te caches sous la table et je ris avec toi. Surprise, trésor.
La galette revient tous les ans,
comme la lune au cours des mois.
La femme sait dans son corps les cycles qui offrent la vie, le miracle incompréhensible , imprévu, là aujourd’hui, puis demain et là-las.


Une galette
Pour Paulette

Pas pour Minette

Des gaufrettes

Pour Colette

Pas muette

Des sucettes

Pour Louisette
Pas pour Josette.
C


Qu’est-ce que l’amour ?
Un animal qui s'accroche et qui suce
 Qu'est ce qu'un pou

C'est le soleil d’une vie
Qu'est ce que l'amour 
C'est la fin de la vie

Qu’est-ce que la mort ?

Une notion un peu abstraite où les cœurs s'embrasent

Qu’est-ce que la vie ?
Un cercle de plastique gonflé d'air
Qu'est ce qu'une bouée

C' est un mystère
Qu'est ce qu'une porte? 
C’est le regard sur soi et les autres

Qu’est-ce que la conscience ?

Un rectangle de bois sur gonds qui s'ouvre et se ferme

Qu’est-ce que le rire ?
Un fruit qui tombe en automne et se mange tout l'hiver 
Qu'est ce qu'une pomme? 

C'’est la spontanéité

Qu’est-ce que la spontanéité ?
L’époux de la reine 
Qu'est ce qu'un roi?

C’est le cœur et le corps qui s’ouvrent en même temps

Qu’est-ce que le corps ?
Un chou fleur vert et délirant
Qu'est-ce qu'un romanesco?
 C’est une enveloppe personnelle qui voyage, qui vit et qui meurt.

Qu’est ce que les vagues ?
Une musique planante avec des fleurs qui explosent
Qu'est ce que la pop? 

C'est la respiration des océans

Qu’est ce qu’un bateau ?
Une sacrée prise de tête
Qu'est ce que la politique? 

C’est une invention de l’homme pour chercher à voir l’ailleurs



Je vous souhaite

de réussir à obtenir vos papiers

- d’être aux côtés des êtres qui vous sont chers

de choisir votre vie de chaque jour

de manger à votre faim

de dormir en paix

de toucher l’impossible
 C


Couronne de galette des rois :  rois, reines, sous la table, sur la tête, dans la bouche !!

Je suis la galette
Peu importe que je sois bretonne
Normande
Marocaine
Des rois des reines
Ou des gueux
Je nourris, certes
Mais je réjouis les papilles, aussi
Cependant je n'aime pas la solitude
Je suis là pour accompagner
Une préparation salée
Des douceurs sucrées
Un café, un thé
Ou un verre de rosé
Je suis là pour accompagner
Un moment partagé
Tout au long de l'année
Traditionnelle ou novatrice
Voire végétarienne
J'aime
Qu'on me dise "je t'aime"
Si unique
Si multiple
Je fais voyager
Du présent au passé
Sur tous les continents
Et laisse imaginer
Tant de subtilités
Pour demain pour après demain
Ici ou dans le lointain
Bon appétit, si je vous réjouis.

H


Question 1 de H.- Qu'est-ce que l'écriture ?
Réponse 1 de D.- C'est une spécialité d'Annie.
Q 2 - Qu'est-ce que ma tête ?
R 2 - C'est un dimanche avec une galette en dessert.

Q 3 - Qu'est ce qu'une bousculade ?
R 3 - C'est quelque chose qui ne me vient pas en ce moment.
 Q 4 - Qu'est-ce qu'un choc ?
R 4 - C'est un moteur qui nous fait avancer, mais difficilement.
 Q 5 - Qu'est-ce que le mal ?
R 5 - C'est un moteur qui semble nous faire avancer vite, mais qui tourne à vide.

Q 6 - Qu'est-ce que le rire ?
R 6 - C'est du rien, mais même le mot "rien" c'est déjà trop.

 ... questions/réponses entre D. et H. :

Question 1 de D. - Qu'est-ce qu'un jeu d'écriture ?
Réponse 1 de H. - C'est une trace de quelques pensées qu'on a dans la tête.
 Q 2 - Qu'est-ce qu'un dimanche de janvier réussi ?
R 2 - C'est une partie de mon corps où se bousculent tant de pensées.

Q 3 - Qu'est-ce que l'inspiration ?
R 3 - C'est trop de ... trop de gens, trop de pensées qui s'entrechoquent.

Q 4 - Qu'est-ce que le doute ?
R 4 - C'est quelque chose de brutal, qui fait mal.
Q 5 - Qu'est-ce que la certitude ?
R 5 - C'est ce qui fait souffrir physiquement ou psychiquement.
 Q 6 - Qu'est-ce que le vide ?
R 6 - C'est sortir du sérieux, c'est ce qui aide à le supporter.

Je suis la galette, j'attends. Ma couronne est sur ma tête. Le roi dort. Sa couronne est posée sur un coussin de velours rouge à côté de son lit à baldaquin très haut de pied. Le roi ouvre un oeil, le soleil vient de lui déposer un de ses rayons dorés juste dessus. Ses narines frétillent. Il s'étire quand toute une armée de serviteurs, médecins, astrologues entre dans sa chambre à grand bruit de trompettes et l' arrache de son lit trop haut, le poudre, le lave, le débarrasse de ses humeurs en tout genre , l'habille, l'informe, le consulte, le briffe, l'abreuve de café, le coiffe de sa couronne. La reine arrive avec toute sa marmaille. Le plus petit porte dans ses bras la galette avec sa couronne et revendique "Je veux être le roi. Je veux être le roi" Le roi tranche la galette et le débat. Le petit est désigné pour aller sous le lit. "C'est pour qui?- Pour Henri- Pour Louis-Pour Charles- Pour Marie-Antoinette- Pour vous, mon père- Pour vous, ma mère- Pour moi" Chacun mange sa part de galette et c'est Louis qui a la fève. Le petit, trop énervé s'écrit: "Ce n'est pas moi, ce n'est pas juste, qu'on lui tranche la tête, qu'on lui tranche la tête" Le roi se dit qu'une couronne de plus sur sa tête n'aurait pas été jolie. qu'être à la tête d'une nation ou d'une famille, ce n'est pas facile. La galette ne dit plus rien, elle a perdu sa tête et sa couronne dans la bagarre. 

Je vous souhaite de la bonne galette, de retrouver les allumettes, d'avoir enfin des couettes ou une voiture qui fait pouet-pouet, de faire la fête sans avoir mal à la tête. 
G


 L D C S

Atelier d'écriture du 10 décembre 2016


Un seul texte pour ce dernier atelier de 2016.

 Impression du jour :

Le ciel m'a réjouie, dans son levant rougeoyant, nuages blancs et gris ombrant le bleu azur lumineux et profond.

- Saveur en bouche :

Avec minutie
Je l'ai cuite et mitonnée
De son ambre doré
Coupée en petits carrés
Bien séchés
Cristallisés
Enveloppés
De papier sulfurisé
Elles sont bien agencées
Dans la boîte métallisée
Pour attendre d'être partagées
A Noël à la veillée
Mais    mais    mais
Mais quel dépit
Elles ont toutes moisi
C'en est fini
Pas de bon appétit
Foutues pâtes de fruit


- en découpant des étoiles :

Découper
C'est comme colorier
C'est comme tricoter
C'est comme cuisiner
C'est comme voyager
C'est comme ...
C'est s'évader et se concentrer
C'est s'appliquer et créer
C'est jubiler de voir arriver ce qu'on avait juste imaginé prémédité
C'est passer de l'abstrait au concret
Au delà du rêver c'est s'amuser

H.

vendredi 10 février 2017

Observatoire de lecture d'albums du 20 janvier 2017 avec Christian Bruel





Le 20 janvier, nous recevions pour notre observatoire (avec le soutien de l’Association départementale Lire et Faire Lire), Christian Bruel Éditeur, écrivain, concepteur d’albums, commissaire d’expositions, auteur d’études critiques, et formateur en littérature de jeunesse (cours, conférences, séminaires). Gilles Moreau intervenant lors des observatoires et Jean Pierre Clet président de Lire et Faire Lire Calvados étaient aussi présents.

Christian Bruel nous a rappelé que tous les albums sont porteurs de sens, parfois à l’insu de leur auteur et qu’ils reflètent des problématiques de leur époque. Il nous a donc invités à nous poser des questions. Un livre doit-il  (peut-il ?) convenir à tout le monde ? Peut-on s’autoriser la paraphrase lors des lectures? Faut-il rester fidèle au texte ? Notre humeur influence-t-elle notre lecture ? Les albums contemporains nous séduisent par leurs formes et leurs différentes possibilités de lecture, mais sommes-nous vigilants sur le contenu du propos ?

Quel livre, quel âge ?
En médiathèque, les lecteurs et lectrices nous demandent des livres pour une tranche d’âge. Christian Bruel nous invite à accompagner le lecteur différemment en l’invitant à lire tous les types d’albums sans se soucier de sur la tranche d’âge recommandée ; en revanche, il nous engage à prendre en compte le point de vue sur le monde qu’il sous-tend. C’est pourquoi Christian Bruel a multiplié les exemples de  titres susceptibles de nous faire regarder autrement les albums

Les albums et la politique
Le livre est un objet culturel qui propose des représentations sociales. En tant que tel  il peut devenir un enjeu de manipulation politique. Ainsi voit-on régulièrement les hommes politiques s’attaquer à certains livres de jeunesse :  en 2014 par exemple,  Jean- François Copé s’en prenait à « Tous à poil », de Claire Franek et Marc Daniau. Livre qui était sorti dans l’indifférence général et qui, paradoxalement, a vu ses ventes s’envoler suite à cette affaire. 

La famille et la sexualité
Dans le livre jeunesse, la famille est omniprésente, modèle et finalité. « Martine petite maman » devient d’abord une maman et non une femme épanouie. Pour s’adapter au goût du jour, « Martine petite maman » s’appelle désormais « Martine garde son petit frère » (de Gilbert Delahaye et Marcel Marlier) . 




Dans « Titou et Miquette »de Gunilla Wolde, petit album de 1974, introuvable aujourd’hui, des enfants jouent, construisent une tente et se déshabillent sans pudeur, innocemment. Aujourd’hui il n’y a plus de livres où le dessinateur représente des enfants qui se déshabillent par jeu. Le corps des enfants est devenu tabou, au point que toute représentation semble suspecte. La sexualité des enfants n’est d’ailleurs pas abordée, par crainte d’être suspectée de pédophilie, voire d’inceste.



« Poule rousse », un album  subversif ?
Christian Bruel nous propose de regarder un album hyper connu « Poule rousse » de Lida et Etienne Morel, sous des jours surprenants. L’adulte qui lit à l’enfant a toujours un projet derrière la lecture. La petite poule rousse est très ordonnée. Sous-entendu, « Range ta chambre, comme la gentille poule ! ».  Dans cet album, il y a un couple de renard atypique, la renarde est élégante, le renard énervé, et chose rare dans les albums ils n’ont pas d’enfants. D’autre part, le livre propose comme dernière image la représentation d’un couple féminin. La petite poule ne reçoit pas simplement son amie mais vit avec elle, d’ailleurs elle lave du linge et son amie la tourterelle est à l’étage- sans doute dans la chambre- avec des volets où sont dessinés des cœurs. Paul Faucher, fondateur des éditions du Père Castor, décédé en 1967, ne serait peut-être pas d’accord avec cette analyse, mais relisez « Poule rousse » et posez-vous des questions. 

Le petit chaperon rouge et ses versions
Si vous contez Le Petit Chaperon Rouge, vous ne mentionnez pas aux enfants où sont les symboles sexuels. Dans la version nivernaise l’enfant se déshabille, mais pas chez Perrault où le sexe du Petit chaperon Rouge demeure indéfini jusqu’à la chute : le loup la mangea . 


Max et les Maximonstres , un livre tout en nuance
« Max et les Maximonstres » de Maurice Sendak, une histoire sur la difficulté pour un petit garçon de vivre avec sa mère. Aviez-vous remarqué que le père n’était pas présent ? Sendak disait d’un album qu’il devait être cousu longuement et qu’on ne devait plus voir les fils pour finir. Chacun construit des hypothèses de lecture. Pour Max et les Maximonstres relisez- le et comparez la tente construite par Max et celle de l’île des monstres- repérez la forme des feuilles du début de l’histoire et celle de la fin. Remarquez l’image du monstre dessinée par Max dans le vestibule d’entrée. Interrogez-vous sur la quête de Max. Que représente le taureau ?

S’autoriser à la critique face aux enfants
« Les papas » de Catherine Dolto et Colline Faure-Poirée illustré par Frédérik Mansot , livre nul selon Christian Bruel. Avez-vous déjà lu un livre à un enfant et conclu devant lui : « ce livre est nul ? ».  L’enfant n’en croit pas ses oreilles. Or, dans le cas présent, le livre est mal écrit, le propos est niais et mal servi par l’illustration. 




Un joli livre pas féministe du tout
« Louve » de Fanny Ducasse. La présentation du livre par les éditions Thierry Magnier : … Tout en sensibilité, ce premier album de Fanny Ducassé est une bulle de fraîcheur et d’optimisme qui parle avec poésie du lien entre les êtres.
Les illustrations aux tonalités chaudes, fouillées à l’extrême, semblent s’intéresser aux millions de petits riens qui font la vie. Christian Bruel s’interroge sur la représentation de la femme hystérique, qui a des difficultés à se maîtriser et s’enflamme au propre comme au figuré. Un mâle va réussir à calmer ses « embrasements». Le propos n’est pas féministe du tout. La complexité de cet album, aux yeux Christian Bruel, interroge sur l’idéologie sous-jacente de l’album. 


Une réussite avec un titre ravageur « Ma culotte »
« Ma culotte » de Alan Mets Un régal, intelligent, espiègle, du plaisir pur. L’histoire d’un loup qui projette de manger un gigot avec sa fiancée. Un agneau étonnant qui dort malgré sa condamnation à mort et qui étonnement deviendra femelle avant la fin de l’histoire. A lire les doigts de pieds en éventail comme les héros de l’histoire. 




La vie et toutes ses nuances à partager
« Remue-ménage  chez Mme K » de Wolf Erlbruch.  Livre d’un auteur allemand. Le K incarne la trilogie de la vie d’une femme : Kirchen Kinder Kitchen (église, enfants et cuisine). Les enfants sont profondément gentils ils trouvent des excuses au papa. Mme K est dépressive. Le code gris représente l’imaginaire… Un livre très riche que chacun est invité à explorer avec sa sensibilité.

 

Déraper élégamment

« Tempête » de Sandrine Bonini et Audrey Spiry image de type figurative au début de l’album puis une société qui dégénère vers du non figuratif. Album à explorer.






Une thématique jamais abordée
« L’argent » de Marie Desplechin et Emmanuelle Houdart . Le texte est critiquable, mais c’est un livre qui aborde une thématique absente des livres de jeunesse.








Les autres livres cités de Christian Bruel
« Histoire de Julie qui avait une ombre de garçon » on ne naît pas petite fille, on le devient









« Les chatouilles » un livre sans texte
« Ce que mangent les maîtresses » un livre non conflictuel

« Pas facile l’amitié » Texte de Christian Bruel, images de Ingrid Egeberg Réflexion sur la fragilité, la fugacité, la complexité de l’amitié. Un pied de nez à tous les livres qui font l’éloge de l’amitié.






 

« L’heure des parents » de Christian Bruel et Nicole Claveloux sur les structures familiales en pleine évolution. Il manque dans ce livre le père célibataire. 
« Petite musique de la nuit » avec Xavier Lambours où Christian Bruel nous explique la fabrication d’un livre avec des fauves …
« Mon grand album de bébé », un faux-vrai album de bébé très astucieux.


 
«D’ici là un genre d’utopie » Christian Bruel Katy Couprie Dystopie récit de fiction dépeignant une société imaginaire organisée de telle façon qu'elle empêche ses membres d'atteindre le bonheur. Des livres nommés ne figurent pas sur cette liste, la journée a été très remplie et nous sommes parés à lire "autrement" et surtout à venir échanger lors des observatoires de lecture. Le prochain aura lieu le Mardi 2 mai de 9h30 à 12h avec Gilles Moreau. En attendant, bonnes lectures!