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jeudi 18 décembre 2014

Grand Format



Ces derniers temps, la mythique collection ado de l’école des loisirs « Médium » se fait une deuxième jeunesse. Vous ne vous souvenez pas de quoi il s’agit ? Mais si, rappelez-vous…


Enfin voilà, en grand format et avec une couverture illustrée par de superbes photographies, elle donne tout de même envie cette petite collection et c’est tant mieux car l’école des loisirs a toujours une production éditoriale de qualité. J’y ai trouvé une grande partie de mes coups de cœurs de ses derniers mois.

 
Tous les héros s’appellent Phénix de Nastasia RUGANI
Phénix vit avec sa petite sœur Sacha, adorable surdouée depuis que leur père à quitter le foyer quelques mois plus tôt. Cette jeune fille de dix-sept ans a des difficultés à s’entendre avec sa mère Erika, qui ne rentre que le week-end. Un soir, le séduisant professeur d’anglais de Phénix raccompagne les deux sœurs chez elles. Drôle, délicat, il se rend rapidement indispensable dans la vie de celles-ci comme de leur mère, qu’il séduit. Phénix va vite déchanter, subissant les violences de celui qu’elle nomme « le parâtre » tout en tentant de protéger Sacha. C’est un roman poignant sur l’amour fraternel, avec des personnages terriblement attachants. Malgré la noirceur et la tension de la deuxième partie du roman, l’ensemble reste très agréable lire, grâce à l’humour des deux sœurs et leur joie de vivre. À partir de 14 ans


Mon favori étant :

Dreambox  de N.M. ZIMMERMANN
Jeffrey est un petit garçon qui vit aux Etats unis en 1979. Depuis quelques temps, il voit les ombres, des formes fantasmagoriques que lui seul semble voir. Elles provoquent chez lui d’horribles cauchemars la nuit et Jeffrey ne les supporte plus. Plus le temps passe et plus les ombres influencent la vie de Jeffrey. Son père, vétéran du Vietnam, n’est plus le même, de plus en plus colérique, de plus en plus violent. Sa mère perd la raison. Personne ne semble s’apercevoir de la terreur de Jeffrey. Même son chien  se transforme peu à peu en animal psychopathe. Mais le petit garçon n'est pas seul. Un jour, un homme vient à sa rencontre et lui donne la solution à son problème : la Dream box. On suit Jeffrey depuis son enfance à l'âge adulte. Le livre est découpé en trois parties, chacune du point de vue d'un personnage différent. La 1ere partie est la plus sombre, avec une atmosphère terrifiante et des passages très violents. L'arrivée d'un personnage  lumineux, Theresa, va alléger la tension sans perdre le suspense qui tiendra le lecteur jusqu'au dénouement final. Un roman à partir de 15 ans, mais pas avant !

On peut  aussi noter la nouvelle édition, 20 ans après, d’un titre phare de la collection, « Le passeur » de Lois Lowry à l’occasion de la sortie au cinéma de son adaptation. "Un nouveau look pour une nouvelle vie " ?




vendredi 4 février 2011

X

Mon papa, petit était très curieux sur ce que les femmes cachaient si bien à l’époque: leur derrière.

Un jour, il a voulu en savoir plus sur la question et il s’est rendu dans les toilettes publiques du village. A l’époque, il s’agissait d’un bâtiment en bois avec une planche trouée pour s’asseoir et satisfaire ses besoins. Les toilettes étant collectives, il y avait la possibilité de s'y installer à plusieurs et si à l’air libre, une cloison séparait les usagers, à l’air « vicié » point de cloison. Pour un petit garçon qui voulait en savoir un peu plus sur « L’origine du monde », (l’histoire se passe en Franche Comté-voir la photographie du tableau de Courbet), la tentation était grande de se pencher et d’observer toutes ses lunes qui s’offraient. Mais sans doute emporté par le besoin d’en savoir un peu plus, le garçon s’est tellement penché qu’il est tombé dans les excréments. Sa mère l’a lavé à grands seaux d’eau, puisés dans la fontaine du village. Les femmes du village ont du, pendant des années, rire de l’aventure. Mon père la racontait avec un grand sourire.

Aujourd’hui, un petit garçon romantique et amoureux clique sur un moteur de recherche : amour. Apparaît alors la définition de l’amour Wikipédia mais aussi d’autres sollicitations : elles couchent -fantasme- rencontre sexy…

Le petit garçon curieux peut cliquer sur une de ces entrées. On le prévient qu’il n’a peut-être pas l’âge pour accéder à ces pages internet. Mais la tentation du pot de confiture caché tout en haut de l’armoire du siècle dernier est trop grande et le petit garçon clique sur l’interdit.

Et là c’est aussi la chute pour le garçon : pornographie à gogo sur internet. Les femmes ne doivent pas rigoler tous les jours, de toute façon elles ne sont plus que tas de chair à défoncer.

Dans la revue professionnel « Lecture jeune décembre 2010 » Marion Deroin éditrice indépendante s’exprime : « Il n’existe actuellement pas d’ouvrage disponible pouvant répondre aux attentes présumés des adolescents en matière de sexualité. L’exemple du dernier documentaire sur le sujet en témoigne : « L’amour « (paru chez Bayard) présente de manière exacerbée un sentiment amoureux désexualisé. La sexualité est abordée de manière anecdotique et intellectualisée ; quant à l’amour physique, il est simplement éludé (…)

Un livre implique d’avoir les moyens financiers de l’acheter, ou la possibilité de se rendre dans une bibliothèque qui propose le titre recherché. C’est pourquoi les éditeurs visent le lectorat adulte, qui est bien souvent l’acheteur du livre (parent ou bibliothécaire). De ce fait, même si la forme a réussi à s’adapter à un public plus âgé que le lectorat habituel du genre documentaire, le thème de la sexualité demeure difficile à traiter via ce support. D’autres formes éditoriales sont peut-être alors à expérimenter, notamment la publication web. L’adolescent pourrait y avoir accès directement sans passer par l’intermédiaire adulte. Epargnés par ce filtre, les contenus pourraient se débarrasser des tabous que l’on retrouve dans les documentaires papier (…)

Il existe par exemple un site auquel les adolescents peuvent s’abonner, proposant des vidéos éducatives : www.educationsensuelle.com/

La version parentale disposant d’une autre adresse Internet : www.educationsexuelle.com »

Dommage que le site ne soit pas gratuit pour les ados.

Les parents inquiets pourront toujours se tourner vers une solution de filtrage des sites web. Les Fournisseurs d’Accès à Internet proposent des systèmes de filtrage permettant de bloquer l'accès aux sites "indésirables", mais là aussi ce n’est pas gratuit.

La médiathèque est équipée d'un de ces filtres, ainsi nos usagers ne peuvent pas accéder aux sites évoqués ci-dessus. Il en sera de même pour vous si vous vous équipez.


vendredi 7 janvier 2011

La chasse à l'enfant


Août 1934, une mutinerie a lieu dans une maison de correction, à Belle-Ile-en-Mer, 30 enfants s’en échappent, fuyant les mauvais traitements. Une prime de 20 francs est offerte à qui attrape un fuyard. Choqué, Jacques Prévert écrit alors son poème « la chasse à l’enfant ».


Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

Au-dessus de l'île on voit des oiseaux
Tout autour de l'île il y a de l'eau

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

Qu'est-ce que c'est que ces hurlements ?

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

C'est la meute des honnêtes gens
Qui fait la chasse à l'enfant

Il avait dit j'en ai assez de la maison de redressement
Et les gardiens à coup de clefs lui avaient brisé les dents
Et puis ils l'avaient laissé étendu sur le ciment

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

Maintenant il s'est sauvé
Et comme une bête traquée
Il galope dans la nuit
Et tous galopent après lui
Les gendarmes les touristes les rentiers les artistes

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

C'est la meute des honnêtes gens
Qui fait la chasse à l'enfant

Pour chasser l'enfant, pas besoin de permis
Tous les braves gens s'y sont mis
Qu'est-ce qui nage dans la nuit
Quels sont ces éclairs ces bruits
C'est un enfant qui s'enfuit
On tire sur lui à coups de fusil

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

Tous ces messieurs sur le rivage
Sont bredouilles et verts de rage

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

Rejoindras-tu le continent rejoindras-tu le continent ?

Au-dessus de l'île on voit des oiseaux
Tout autour de l'île il y a de l'eau.


A partir de ce poème, Gisèle Bienne a construit un roman :

Longtemps, Jack a fui. Il ne s’est pas présenté à un examen, il est descendu d’un train, il a quitté sa famille de gens bien, il s’est évadé d’un internat, d’une maison de correction, d’une caserne, il a passé une frontière.
Il a fui les questions, les étiquettes, les brimades et les embrigadements.
Il a fini par trouver refuge au cœur de la nature.
Il est devenu berger. Taiseux, solitaire et attentif comme les bergers. Respectable comme eux. Il a rebâti une maison, construit ses meubles. Il élève des abeilles. Il veille sur le petit garçon de ses voisins. Il aime les fleurs, les livres et Natacha, une femme douce et rieuse.
Tout est bien qui finit bien.
Mais les voilà qui le rattrapent. Ils ont lancé un détective privé à ses trousses.


Un texte magnifique, qui nous rappelle comme il est violent pour un enfant de ne pas être libre, sans cesse soumis à l'autorité.
Et aussi un long cri de joie face à la liberté.

La chasse à l’enfant de Jacques Prévert, extrait de « Paroles » Éditions Gallimard
La chasse à l’enfant de Gisèle Bienne, collection Médium de l’Ecole des Loisirs

vendredi 29 octobre 2010

La mort, j'adore !

Clémence, 17 ans a un physique difficile : acné, appareil dentaire,surpoids, elle cumule avec une socialisation limitée et est devenue en quelques années celle que l'on poursuit compas à la main pour lui exploser les pustules faciales.
On peut imaginer a quel point c'est difficile à vivre !
Au cours de la première soirée où elle est enfin invitée advient en elle une profonde transformation lorsqu' après avoir trop bu, elle plonge dans un coma éthylique : la jeune fille découvre qu'elle est en fait une démone.
On peut alors imaginer a quel point c'est jouissif !
Accompagnée de sa goule, une Barbie-Girl assoiffée de sang et de sexe, Clém doit accomplir des missions afin de mettre à mal les objectifs de l'Adversaire, et des ses agents : les anges.

Un petit extrait :

« -Madame ? Bonjour ! Nous sommes les élèves de Sainte- Croix de Barbès, et nous sommes venues quêter pour les lépreux.

-Quoi ? a grogné la vieille, sans songer le moins du monde à ouvrir.

-Crève maintenant, j'ai soufflé dans ma langue.

Madame Legroix avait été une femme obéissante toute sa vie... et grâce à moi, jusque dans sa mort. J'ai déverrouillé la serrure sans la toucher, ouvert la porte sans un mouvement (en forçant un peu pour qu'elle dégage le corps), et nous sommes entrées.

- Élo, voici Madame Legroix. Qui sera ton repas d'aujourd'hui.

Élo faisait la gueule. Je la comprenais. À 70 Ans, la peau molle et plissée de Madelaine Legroix lui donnait l'air d'avoir passé ses dernières années dans une baignoire. De plus, elle exhalait un mélange de parfum à la violette et de couches usagées à vous faire regretter celui du foie de veau à la cantine.

- Tu veux que je bouffe ce vieux machin ? Tu rigoles !

- Je ne veux pas, j'ordonne. Finis tout.

Ça, c'est l'avantage de la goule, et son point commun avec le chien bien dressé : sa soumission absolue aux commandements du maître. Je me suis assise (en lévitation) sur le canapé, et j'ai regardé Élodie soumettre ce sac de chairs molles et d'os fragiles au test de sa mâchoire d'acier et de son insondable estomac. Ce n’est pas, beau, Monsieur, la graisse crue ; c’est orange, et ça ressemble à de la mangue de plus en plus translucide. En tout cas, ce spectacle m’a encouragée à maigrir. Oui, je sais, j’ai beaucoup repris depuis.

En deux heures, l’affaire était pliée. Élodie, malgré ces 42 kilos de viande et d’ossements ingérés, n’allait pas prendre un gramme. Il y a comme ça des injustices physiologiques scandaleuses. Après un peu de ménage –Vide-toi du sang, moquette-, nous sommes reparties au lycée. J’ai eu tout juste le temps de passer à la boulangerie, et je me suis retrouvée à bouffer mes croissants en douce pendant le cours de français, prodigieusement déprimée. »


Avec un humour décapant et provoquant, Alexis Brocas livre deux (et bientôt trois) romans construits comme une série télé , découpés en épisodes et avec de multiples références à une culture ultra-contemporaine.

"La mort j'adore", c'est gore, mais c'est beau !

vendredi 10 septembre 2010

Livres pour jeunes adultes : Les Éditions Actes Sud


Dans mes lectures de cet été, une collection s'est trouvée être source de bonnes surprises : la collection roman ado chez Actes Sud.

Dans Blog,

"Quand le narrateur découvre que son père espionne son blog, cette révélation lui fait l'effet d'une trahison, d'un « viol virtuel ».Révolté, il décide de ne plus lui adresser la parole.Pour se racheter, son père lui fait un don... une plongée dans le passé qui ne sera pas sans conséquence.Un roman généreux sur la filiation et l'écriture intime. "


Accrocs présente quant à lui une année scolaire au sein d'une classe de terminale, par l'intermédiaire de cinq jeunes qui racontent chacun leurs emmerdes, leurs histoires d'amour et de manipulation..

Dans Au rebond, un lycéen se retrouve face à la disparition d'un ami :

"Depuis toujours le narrateur vit dans une cité seul avec sa mère, . Christian, son seul vrai « pote », habite lui dans un quartier résidentiel avec un père, absent également car perpétuellement en voyages d’affaires. Mais ce qui unit les deux garçons, c’est le basket : les séances d’entraînement à deux, la dépense physique, le sentiment d’obéir à ses impulsions. Du jour au lendemain, Christian ne donne plus signe de vie. Qu’est-on censé faire quand un camarade s’évapore ? Peut-être forcer le destin."

Un extrait :

MARS, PREMIÈRE SEMAINE

D’ABORD, IL Y A LE SOUFFLE. Le souffle et les battements du cœur dans les oreilles. Le bruit sourd et répétitif, la ligne de basse d’un morceau de rock, un rythme lancinant. Et puis le souffle, oui. Juste le souffle. Détaché. Couvrant les autres sons. Couvrant le son mat de la balle qui rebondit sur le parquet. Même celui des baskets qui crissent au gré des déplacements des joueurs. Celui des appels mi-angoissés, mi-énervés de mes coéquipiers et de l’entraîneur, sur le banc, au bord du terrain. Je n’entends que mon souffle. Je ne ressens que la balle. Elle va et vient. Elle passe de ma main au sol, elle heurte le parquet et puis revient me caresser la paume. C’est un mouvement qui m’hypnotise. C’est un mouvement qui me berce. Je sens aussi les gouttes de sueur dans mon dos et sur mes tempes. Je déteste être en sueur. La seule exception, c’est ici, dans le gymnase, le mercredi et le samedi après-midi, lors des matchs de basket. Le souffle, le bruit de la balle, le cœur qui tambourine, je cherche des yeux mes partenaires. Je suis comme hors de moi. Je ne sais pas vraiment l’expliquer. C’est comme si je me détachais de mon corps et que j’intégrais un autre espace. Je ne souffre pas de douleurs dans les jambes, ni de celles qui devraient me vriller les épaules après le choc de tout à l’heure. Je suis là, les deux pieds arrimés au sol et le corps pourtant presque aérien, je maîtrise la balle, le temps et l’espace, et les autres patientent, ils attendent de savoir qui sera choisi.
Christian se démarque. C’est à lui que je fais une passe. Je sais qu’il va courir plus vite que les autres vers le panier adverse et qu’il va marquer. Christian ne manque jamais aucun panier en mouvement. Moi non plus, d’ailleurs. Les seuls tirs que je rate, ce sont les lancers francs. Trop de pression. Trop d’attente de la part des autres. Trop de peur de décevoir. Alors, je déçois.
C’est ça, je déçois. Régulièrement.
Je déçois ma mère parce que je ne travaille pas assez bien, parce que je ne suis pas assez serviable, parce que je ne sais pas faire plaisir, parce que je n’ai pas débarrassé la table du petit-déjeuner, parce que je me retire quand elle veut me faire un câlin. Je déçois ma mère surtout parce que je ressemble à mon père. Je déteste quand elle dit ça. En fait, je n’ai aucune raison de détester cette phrase, parce que mon père, je ne le connais pas. Il a pris la poudre d’escampette quand j’avais un an, apparemment à cause de moi, parce qu’un bébé, ce n’était pas dans ses plans, dans ses projets, et puis que je braillais tout le temps ; les trois premiers mois, il paraît que c’est normal, un bébé, ça pleure, alors il a pris son mal en patience, mais je ne me calmais pas, quatre mois, cinq mois, six mois, il paraît que j’étais anxieux, un bébé anxieux, il ne savait même pas que ça existait, et ça lui a fait péter les plombs, d’autant qu’après, j’ai commencé à faire mes dents. Ce qui est drôle, c’est que maintenant, j’ai des dents impeccables. Pas une carie, rien. Je me les lave trois fois par jour et je passe même le fil dentaire. Je déteste avoir des débris entre les dents, j’ai l’impression alors que c’est tout mon corps qui est sale, je pense à ceux qui me regardent et qui se disent “Il a les dents pourries”, qui détournent les yeux, lentement, l’air de ne pas y toucher.
En fait, je ne sais même pas si tout ça, c’est vrai, pour mon père, je veux dire. C’est peut-être simplement parce qu’il n’aimait pas ma mère, qu’il ne l’avait jamais aimée, qu’il s’était retrouvé dans une drôle de position, à un peu plus de vingt-deux ans, elle enceinte et lui obligé d’endosser un rôle dont il ne voulait pas. De toute façon, ça revient au même. On ne laisse pas tomber un môme. À la limite, on laisse tomber la mère, et on continue à garder le contact avec son gamin. Mais pas lui, non. Pffft, disparu. Il y a quelques années, un cousin a raconté l’avoir vu en région parisienne. Je me suis dit que j’allais me mettre à sa recherche, et puis non, finalement. J’avais autre chose à faire. Il fallait que je déçoive. Décevoir, c’est une occupation à plein temps."


On peut aussi noter la présence de trois autres collections chez Actes Sud dans le rayon jeunes adultes de la médiathèque:

  • D'une seule voix. Une collection de textes à lire à voix haute, composée de monologues, livres courts et percutants
  • Ciné-roman dans laquelle des réalisateurs de court-métrages adaptent leurs œuvres sous la forme de romans.
  • Babel J où sont publiés des romans précédemment destinés aux "Adultes"

Bonne lecture !



vendredi 2 juillet 2010

Lectures de plage pour jeunes adultes

Le soleil est là et avec lui les romans de plage, le sable entre les pages, l'huile de bronzage dégoulinant sur la couverture ...


Dans ces circonstances, quel meilleur choix qu'un polar, sombre et froid, des pays nordiques ? Les deux romans ci-dessous ont pour point commun une situation de départ. Dans l'un comme dans l'autre, tout commence par un déménagement, et un nouveau lycée. Pour le reste, que se soit Klaus à Oslo ou bien Nina, à Stockholm, les morts suspectes et les agressions vont se multiplier…




"La princesse et l'assassin" de Magnus Nordin aux éditions du Rouergue

"Nina vient à nouveau de déménager. Son père lui a promis que c'était la dernière fois. Heureusement, tout à l'air tranquille dans cette banlieue de Stockholm. Elle en oublierait presque les rumeurs que même ses meilleures copines ont déversées sur elle, dans son précédent lycée. Jusqu'à cette grande fête donnée par une fille de la classe, dans le quartier le plus luxueux de la ville…" Le roman débute sur la découverte d'un jeune homme agressé et trouvé sans connaissance dans une benne à ordures.




"Caulfield" de Harald Rosenlox Eeg aux éditions Thierry Magnier

"Klaus emménage à Oslo avec sa mère récemment nommée CPE dans un lycée où il va poursuivre sa scolarité. Juste avant la rentrée, en se baladant dans l’établissement, il surprend une conversation entre un garçon et quelqu’un d’autre, conversation où l’un menace l’autre. Il croise l’adolescent Sturla qui ne lui dit rien. Puis Sturla débarque chez Klaus par surprise le lendemain : il vient voir sa mère et repart très vite, angoissé et fébrile. Il est retrouvé mort écrasé par le métro. Klaus a entre les mains une clé USB lui appartenant, elle contient son journal. Très vite Klaus doute de la version de l’accident. Il était menacé, mais par qui ? Ses soupçons se portent sur un professeur. Amour homosexuel ? Mais l’année scolaire a démarré et Klaus rencontre sa classe, les anciens amis de Sturla, tout s’embrouille. Les versions divergent, qui croire ?"

Dans ces deux livres, la tension monte petit à petit et l'entourage, scolaire et familial n'est plus fiable…

Ces romans sont disponibles dès aujourd'hui en section adulte !

jeudi 15 avril 2010

Collègues inspirées

Que font les bibliothécaires quand elles ne lisent pas ? Elles écrivent pardi !
Ah ! les livres, les livres, les livres...

A vous de vous faire un avis sur ce que certains appellent déjà un "phénomène" : http://www.oksa-pollock.com/

mercredi 7 avril 2010

Rencontre



La médiathèque a accueilli mardi 6 avril l'auteur de bandes dessinées Emmanuel Reuzé venu à la rencontre de collégiens et de lycéens.

Pour la deuxième fois, la classe de seconde du lycée Paul Cornu et la classe de 3ème du collège Lottin de Laval d'Orbec ont travaillé ensemble durant l'année autour de la lecture et de l'écriture avec leurs professeurs de français et leurs professeurs documentalistes.

C'est la bande dessinée Cannibale d'Emmanuel Reuzé qui avait été choisie.


Adaptée du roman du même titre de Didier Daeninckx, la BD situe son action au coeur de l'exposition coloniale de 1931. L'auteur a donc rappelé le contexte de l'histoire de Cannibale dont les personnages principaux sont des Kanaks de Nouvelle Calédonie envoyés à Paris présenter leur culture, puis il a expliqué les différentes étapes de l'élaboration de la bande dessinée comme le choix des prises de vue, la colorisation et les techniques, jusqu'aux essais de couverture.





De leur côté, les élèves ont commenté leurs travaux avant d'entamer un échange autour de questions diverses que ce soit le colonialisme, le métier de dessinateur ou les études pour y arriver, bref une rencontre où la sympathie de l'auteur a été communicative.



samedi 20 février 2010

Le monde fantastique de Maxime Chattam

Samedi 13h, c'est blogue. Aujourd'hui, la place est laissée à notre jeune stagiaire Nicolas, 14 ans, grand lecteur de romans et curieux de culture numérique.

"Je voudrais parler de Maxime Chattam, auteur français connu pour ses polars. Cette fois, il a décidé de mettre de coté le roman noir et de faire un « retour en enfance » époque à laquelle il était passionné d'aventures et histoires fantastiques. Il a donc écrit une série fantastique appelée "Autre Monde" dont le tome 2 est sorti récemment. Six sont prévus".



Pour vous faire une idée de l'auteur et de son oeuvre, deux sites : http://www.versunautremonde.com/ (site de la série) http://www.maximechattam.com/fr/intro.php (site officiel de l'auteur)



Et pour vous mette l'eau à la bouche, sachez qu'il est aussi le premier auteur à faire un clip video de ses livres.

mardi 26 janvier 2010

Message important ! J -5

Cela fait des mois que nous l'attendions. Il va être enfin parmi nous ce samedi 30 janvier pour deux superbes lectures de ses textes détonants.

Vous l'avez bien sûr tous reconnus, je parle de Julien Campredon, auteur venu tout droit du Sud-Ouest pour notre plus grand plaisir.

Heureux lecteurs à la médiathèque, vous pourrez apprécier deux lectures publiques faites par cet occitan pur sucre. La première lecture se déroulera le matin à partir de 10h30, la seconde à 14h30 en section adulte.

Venez nombreux !

Cette animation est bien sûr gratuite et le café et les petits gâteaux sont offerts ! si si !

jeudi 25 juin 2009

Quand les bâillonnés s'expriment !!!!!

Médiathèque de Lisieux, mois de juin 2009, atelier slam sur le thème de la citoyenneté avec Julien du collectif Le Milieu…

À vos plumes citoyens !

Taillez vos longs crayons !

Disons, crions, libérons les mots !

Défaisons les baillons qui nous font taire !







***


Les voix bâillonnées

Susurrent

Des mélodies chiliennes

Des noms d'indiens disparus

Nomment la haine

Pour laquelle on tue

Les voix bâillonnées

S'élèvent

Des prisons cubaines

Des cachots perdus

Chantent les chaînes

Les lois dissolues

Écoute…

Elles explosent en sanglots

En fados si doux

Désormais

Même les vins de Faro

Te sembleront…

Amers

Vois…

Elles inondent d’affres

Les gorges asséchées

Les gueules fendues

Caressent les balafres

Des corps foutus

Les voix bâillonnées

Tournoient

Intrépides

Font voler la poussière des paillasses putrides des camps…

Humanitaires !

Elles hurlent à la nuit

Déchirantes

Traversent les murs

Franchissent les mers

Se mêlent aux cris des corbeaux

Qui planent sur Dachau

En mémoire

Des martyrs oubliés

Des vies bafouées

Elles portent le souvenir

Le long de l’éternité

Oui !

Le temps

Effronté

Se fout des secrets

Magnifie leurs mots

Défie les bâillons serrés

Comme de vains veto

Les voix bâillonnées

Traversent les murs


***


Y a-t-il vraiment des bons citoyens ?

Pour qu’on se sente bien

Sauf qu’on est tous des galériens

On est même en chien.

Mais on est aussi pur terrien.

Même si on est en zonpri

Liberté fraternité

Où elle est cette liberté ?

Jamais je l’ai vue

Pourquoi la justice est aussi mal faite ?

A chaque fois y’a des défaites

Faut jamais baisser la tête

Même si c’est la Belle et la Bête

Pourquoi on nous monte la tête ?


***

Ecoute-moi bien Président

Sache que je suis citoyen de moi-même

Problème : La justice veut me la mettre à l’envers

Tu vas pas me nettoyer au kärcher

Sinon tu seras victime d’un homicide volontaire

A Nanterre mon ter-ter

C’est comme à la guerre

Y’a plus de frontière, tous solidaires entre frères

T’as pas compris c’est la misère bientôt tu vas vivre un enfer

Tu es de la droite, mais je t’enchaîne aussi avec la gauche

C’est du slam, je lâche pas de larmes au contraire on va sortir les armes

Sache que je défierai toujours le système

Tu es mon ennemi pour moi ce qui importe c’est la famille et les amis

Aux prochaines émeutes je vais foutre le feu pour que tu sois rageux

Et que tu sortes le grand jeu

Tu verras tu démissionneras vu que je suis borné

J’suis aussi citoyen d’un quartier.


* * *


Les gens devraient plus se respecter

Les gens devraient tous avoir la même liberté

Les gens ne devraient pas se dévisager par rapport à leur religion

Les gens ne sont pas tous nés d’une révolution

Les gens devraient avoir un minimum de politesse

Les gens devraient écouter les jeunes en détresse

Les gens devraient respecter le matériel des autres

Les gens sont tous des citoyens comme les autres.


***


Personne est innocent

Tout le monde est coupable

Combien de groupes sanguins ont été versé pour le pétrole ?

Et ils sont toujours en liberté

Comme quoi la justice est mal faite

J’accuse personne

Même pas le président

A l’époque en route vers les banlieues

Avec une foule de journalistes

Pour faire n’importe quoi

Pour effrayer les bourgeois

Et faire la bise aux malheureux des banlieues stéréotypées

Et pour les faire flipper

Il fait des phrases en l’air style

« Nettoyage au kärcher »

Le crime parfait

Il peut insulter les gens sans en être inquiété

Le plan est millimétré

Il pourrit la vie des hommes

Pour nourrir ses ambitions

Journalistes et politiques

Vendent la peur

Pour que les gens aillent pas voir ailleurs


Sources des images :

http://www.provence-inn.com/IMG/jpg/i_banlieu_en_feu-2.jpg

http://pagesperso-orange.fr/libertaire/librairie/increva/

http://www.article11.info/spip/spip.php?article393

vendredi 12 juin 2009

Collection théâtrale

Coup de projecteur sur trois titres de la collection "Urgence de la jeune parole" aux éditions Lansman : du théâtre fait par et pour le jeune public adolescent.

Cette collection propose des pièces élaborées au cours d'ateliers d'écriture animés par un auteur en résidence au Théâtre de la Digue à Toulouse pour un groupe de jeunes de 15 à19 ans.


Nous qui sommes
Valérie Deronzier

Il s'agit de jeunes gens qui se lancent à l'assaut du langage parce qu'ils ont des mots entassés sur le bout de la langue. Il s'agit de constater qu'ils sont incontournables, impétueux, philosophes, poètes, révoltés, joyeux, douloureux... Il s'agit de faire entendre leurs prises de parole jusqu'au bout de ce qu'elles ont à dire. Il s'agit encore d'affirmer que cette jeunesse qui nous entoure ne forme pas un tout homogène, mais qu'elle est formée d'une multitude de sensibilités singulières.



Les Grandes Bouches
François Chaffin

Ces grandes bouches ont le verbe large, le discours profus et tonitruant, ils portent le verbe au-dessus des humanités muettes, consentantes, parfois stupéfaites.
Les grandes bouches tienn
ent les micros, sans partage, oralisent les systèmes, asservissent l'individu à de vagues unissons, et contaminent notre griot, celui-là privé du mégaphone, dont la voix maigre se dissout dans l'haleine des gros parleurs.



Dix moi
Eric Durnez

Dix, elles sont dix, dans leur ville, dans leur vie...
Dix à chercher, dix à se chercher...
Dix : une + une + une + une + une + une + une + une + une + une ...
Petits drames, grandes joies ou inversement
Dix moi qui se sont rencontrées, racontées pendant presque dix mois
Dix mois pour une pièce
Leurs chemins se croisent et se décroisent, à la rencontre de l'autre,
du parent, du garçon, de la copine, de l'inconnu, de la soeur, de soi-même...