jeudi 18 décembre 2014
Grand Format
vendredi 4 février 2011
X
Mon papa, petit était très curieux sur ce que les femmes cachaient si bien à l’époque: leur derrière.
Un jour, il a voulu en savoir plus sur la question et il s’est rendu dans les toilettes publiques du village. A l’époque, il s’agissait d’un bâtiment en bois avec une planche trouée pour s’asseoir et satisfaire ses besoins. Les toilettes étant collectives, il y avait la possibilité de s'y installer à plusieurs et si à l’air libre, une cloison séparait les usagers, à l’air « vicié » point de cloison. Pour un petit garçon qui voulait en savoir un peu plus sur « L’origine du monde », (l’histoire se passe en Franche Comté-voir la photographie du tableau de Courbet), la tentation était grande de se pencher et d’observer toutes ses lunes qui s’offraient. Mais sans doute emporté par le besoin d’en savoir un peu plus, le garçon s’est tellement penché qu’il est tombé dans les excréments. Sa mère l’a lavé à grands seaux d’eau, puisés dans la fontaine du village. Les femmes du village ont du, pendant des années, rire de l’aventure. Mon père la racontait avec un grand sourire.
Aujourd’hui, un petit garçon romantique et amoureux clique sur un moteur de recherche : amour. Apparaît alors la définition de l’amour Wikipédia mais aussi d’autres sollicitations : elles couchent -fantasme- rencontre sexy…
Le petit garçon curieux peut cliquer sur une de ces entrées. On le prévient qu’il n’a peut-être pas l’âge pour accéder à ces pages internet. Mais la tentation du pot de confiture caché tout en haut de l’armoire du siècle dernier est trop grande et le petit garçon clique sur l’interdit.
Et là c’est aussi la chute pour le garçon : pornographie à gogo sur internet. Les femmes ne doivent pas rigoler tous les jours, de toute façon elles ne sont plus que tas de chair à défoncer.
Dans la revue professionnel « Lecture jeune décembre 2010 » Marion Deroin éditrice indépendante s’exprime : « Il n’existe actuellement pas d’ouvrage disponible pouvant répondre aux attentes présumés des adolescents en matière de sexualité. L’exemple du dernier documentaire sur le sujet en témoigne : « L’amour « (paru chez Bayard) présente de manière exacerbée un sentiment amoureux désexualisé. La sexualité est abordée de manière anecdotique et intellectualisée ; quant à l’amour physique, il est simplement éludé (…)
Un livre implique d’avoir les moyens financiers de l’acheter, ou la possibilité de se rendre dans une bibliothèque qui propose le titre recherché. C’est pourquoi les éditeurs visent le lectorat adulte, qui est bien souvent l’acheteur du livre (parent ou bibliothécaire). De ce fait, même si la forme a réussi à s’adapter à un public plus âgé que le lectorat habituel du genre documentaire, le thème de la sexualité demeure difficile à traiter via ce support. D’autres formes éditoriales sont peut-être alors à expérimenter, notamment la publication web. L’adolescent pourrait y avoir accès directement sans passer par l’intermédiaire adulte. Epargnés par ce filtre, les contenus pourraient se débarrasser des tabous que l’on retrouve dans les documentaires papier (…)
Il existe par exemple un site auquel les adolescents peuvent s’abonner, proposant des vidéos éducatives : www.educationsensuelle.com/
La version parentale disposant d’une autre adresse Internet : www.educationsexuelle.com »
Dommage que le site ne soit pas gratuit pour les ados.
Les parents inquiets pourront toujours se tourner vers une solution de filtrage des sites web. Les Fournisseurs d’Accès à Internet proposent des systèmes de filtrage permettant de bloquer l'accès aux sites "indésirables", mais là aussi ce n’est pas gratuit.
La médiathèque est équipée d'un de ces filtres, ainsi nos usagers ne peuvent pas accéder aux sites évoqués ci-dessus. Il en sera de même pour vous si vous vous équipez.
vendredi 7 janvier 2011
La chasse à l'enfant

Août 1934, une mutinerie a lieu dans une maison de correction, à Belle-Ile-en-Mer, 30 enfants s’en échappent, fuyant les mauvais traitements. Une prime de 20 francs est offerte à qui attrape un fuyard. Choqué, Jacques Prévert écrit alors son poème « la chasse à l’enfant ».
Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
Au-dessus de l'île on voit des oiseaux
Tout autour de l'île il y a de l'eau
Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
Qu'est-ce que c'est que ces hurlements ?
Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
C'est la meute des honnêtes gens
Qui fait la chasse à l'enfant
Il avait dit j'en ai assez de la maison de redressement
Et les gardiens à coup de clefs lui avaient brisé les dents
Et puis ils l'avaient laissé étendu sur le ciment
Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
Maintenant il s'est sauvé
Et comme une bête traquée
Il galope dans la nuit
Et tous galopent après lui
Les gendarmes les touristes les rentiers les artistes
Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
C'est la meute des honnêtes gens
Qui fait la chasse à l'enfant
Pour chasser l'enfant, pas besoin de permis
Tous les braves gens s'y sont mis
Qu'est-ce qui nage dans la nuit
Quels sont ces éclairs ces bruits
C'est un enfant qui s'enfuit
On tire sur lui à coups de fusil
Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
Tous ces messieurs sur le rivage
Sont bredouilles et verts de rage
Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
Rejoindras-tu le continent rejoindras-tu le continent ?
Au-dessus de l'île on voit des oiseaux
Tout autour de l'île il y a de l'eau.
A partir de ce poème, Gisèle Bienne a construit un roman :
Longtemps, Jack a fui. Il ne s’est pas présenté à un examen, il est descendu d’un train, il a quitté sa famille de gens bien, il s’est évadé d’un internat, d’une maison de correction, d’une caserne, il a passé une frontière.
Il a fui les questions, les étiquettes, les brimades et les embrigadements.
Il a fini par trouver refuge au cœur de la nature.
Il est devenu berger. Taiseux, solitaire et attentif comme les bergers. Respectable comme eux. Il a rebâti une maison, construit ses meubles. Il élève des abeilles. Il veille sur le petit garçon de ses voisins. Il aime les fleurs, les livres et Natacha, une femme douce et rieuse.
Tout est bien qui finit bien.
Mais les voilà qui le rattrapent. Ils ont lancé un détective privé à ses trousses.
Un texte magnifique, qui nous rappelle comme il est violent pour un enfant de ne pas être libre, sans cesse soumis à l'autorité.
Et aussi un long cri de joie face à la liberté.
La chasse à l’enfant de Jacques Prévert, extrait de « Paroles » Éditions Gallimard
La chasse à l’enfant de Gisèle Bienne, collection Médium de l’Ecole des Loisirs
vendredi 29 octobre 2010
La mort, j'adore !
On peut imaginer a quel point c'est difficile à vivre !
Au cours de la première soirée où elle est enfin invitée advient en elle une profonde transformation lorsqu' après avoir trop bu, elle plonge dans un coma éthylique : la jeune fille découvre qu'elle est en fait une démone.
On peut alors imaginer a quel point c'est jouissif !
Accompagnée de sa goule, une Barbie-Girl assoiffée de sang et de sexe, Clém doit accomplir des missions afin de mettre à mal les objectifs de l'Adversaire, et des ses agents : les anges.
Un petit extrait :
« -Madame ? Bonjour ! Nous sommes les élèves de Sainte- Croix de Barbès, et nous sommes venues quêter pour les lépreux.
-Quoi ? a grogné la vieille, sans songer le moins du monde à ouvrir.
-Crève maintenant, j'ai soufflé dans ma langue.
Madame Legroix avait été une femme obéissante toute sa vie... et grâce à moi, jusque dans sa mort. J'ai déverrouillé la serrure sans la toucher, ouvert la porte sans un mouvement (en forçant un peu pour qu'elle dégage le corps), et nous sommes entrées.
- Élo, voici Madame Legroix. Qui sera ton repas d'aujourd'hui.
Élo faisait la gueule. Je la comprenais. À 70 Ans, la peau molle et plissée de Madelaine Legroix lui donnait l'air d'avoir passé ses dernières années dans une baignoire. De plus, elle exhalait un mélange de parfum à la violette et de couches usagées à vous faire regretter celui du foie de veau à la cantine.
- Tu veux que je bouffe ce vieux machin ? Tu rigoles !
- Je ne veux pas, j'ordonne. Finis tout.
Ça, c'est l'avantage de la goule, et son point commun avec le chien bien dressé : sa soumission absolue aux commandements du maître. Je me suis assise (en lévitation) sur le canapé, et j'ai regardé Élodie soumettre ce sac de chairs molles et d'os fragiles au test de sa mâchoire d'acier et de son insondable estomac. Ce n’est pas, beau, Monsieur, la graisse crue ; c’est orange, et ça ressemble à de la mangue de plus en plus translucide. En tout cas, ce spectacle m’a encouragée à maigrir. Oui, je sais, j’ai beaucoup repris depuis.
En deux heures, l’affaire était pliée. Élodie, malgré ces 42 kilos de viande et d’ossements ingérés, n’allait pas prendre un gramme. Il y a comme ça des injustices physiologiques scandaleuses. Après un peu de ménage –Vide-toi du sang, moquette-, nous sommes reparties au lycée. J’ai eu tout juste le temps de passer à la boulangerie, et je me suis retrouvée à bouffer mes croissants en douce pendant le cours de français, prodigieusement déprimée. »
vendredi 10 septembre 2010
Livres pour jeunes adultes : Les Éditions Actes Sud
Dans mes lectures de cet été, une collection s'est trouvée être source de bonnes surprises : la collection roman ado chez Actes Sud.
Dans Blog,
Accrocs présente quant à lui une année scolaire au sein d'une classe de terminale, par l'intermédiaire de cinq jeunes qui racontent chacun leurs emmerdes, leurs histoires d'amour et de manipulation..
Dans Au rebond, un lycéen se retrouve face à la disparition d'un ami :
"Depuis toujours le narrateur vit dans une cité seul avec sa mère, . Christian, son seul vrai « pote », habite lui dans un quartier résidentiel avec un père, absent également car perpétuellement en voyages d’affaires. Mais ce qui unit les deux garçons, c’est le basket : les séances d’entraînement à deux, la dépense physique, le sentiment d’obéir à ses impulsions. Du jour au lendemain, Christian ne donne plus signe de vie. Qu’est-on censé faire quand un camarade s’évapore ? Peut-être forcer le destin."Un extrait :
MARS, PREMIÈRE SEMAINE
D’ABORD, IL Y A LE SOUFFLE. Le souffle et les battements du cœur dans les oreilles. Le bruit sourd et répétitif, la ligne de basse d’un morceau de rock, un rythme lancinant. Et puis le souffle, oui. Juste le souffle. Détaché. Couvrant les autres sons. Couvrant le son mat de la balle qui rebondit sur le parquet. Même celui des baskets qui crissent au gré des déplacements des joueurs. Celui des appels mi-angoissés, mi-énervés de mes coéquipiers et de l’entraîneur, sur le banc, au bord du terrain. Je n’entends que mon souffle. Je ne ressens que la balle. Elle va et vient. Elle passe de ma main au sol, elle heurte le parquet et puis revient me caresser la paume. C’est un mouvement qui m’hypnotise. C’est un mouvement qui me berce. Je sens aussi les gouttes de sueur dans mon dos et sur mes tempes. Je déteste être en sueur. La seule exception, c’est ici, dans le gymnase, le mercredi et le samedi après-midi, lors des matchs de basket. Le souffle, le bruit de la balle, le cœur qui tambourine, je cherche des yeux mes partenaires. Je suis comme hors de moi. Je ne sais pas vraiment l’expliquer. C’est comme si je me détachais de mon corps et que j’intégrais un autre espace. Je ne souffre pas de douleurs dans les jambes, ni de celles qui devraient me vriller les épaules après le choc de tout à l’heure. Je suis là, les deux pieds arrimés au sol et le corps pourtant presque aérien, je maîtrise la balle, le temps et l’espace, et les autres patientent, ils attendent de savoir qui sera choisi.
Christian se démarque. C’est à lui que je fais une passe. Je sais qu’il va courir plus vite que les autres vers le panier adverse et qu’il va marquer. Christian ne manque jamais aucun panier en mouvement. Moi non plus, d’ailleurs. Les seuls tirs que je rate, ce sont les lancers francs. Trop de pression. Trop d’attente de la part des autres. Trop de peur de décevoir. Alors, je déçois.
C’est ça, j
e déçois. Régulièrement.
Je déçois ma mère parce que je ne travaille pas assez bien, parce que je ne suis pas assez serviable, parce que je ne sais pas faire plaisir, parce que je n’ai pas débarrassé la table du petit-déjeuner, parce que je me retire quand elle veut me faire un câlin. Je déçois ma mère surtout parce que je ressemble à mon père. Je déteste quand elle dit ça. En fait, je n’ai aucune raison de détester cette phrase, parce que mon père, je ne le connais pas. Il a pris la poudre d’escampette quand j’avais un an, apparemment à cause de moi, parce qu’un bébé, ce n’était pas dans ses plans, dans ses projets, et puis que je braillais tout le temps ; les trois premiers mois, il paraît que c’est normal, un bébé, ça pleure, alors il a pris son mal en patience, mais je ne me calmais pas, quatre mois, cinq mois, six mois, il paraît que j’étais anxieux, un bébé anxieux, il ne savait même pas que ça existait, et ça lui a fait péter les plombs, d’autant qu’après, j’ai commencé à faire mes dents. Ce qui est drôle, c’est que maintenant, j’ai des dents impeccables. Pas une carie, rien. Je me les lave trois fois par jour et je passe même le fil dentaire. Je déteste avoir des débris entre les dents, j’ai l’impression alors que c’est tout mon corps qui est sale, je pense à ceux qui me regardent et qui se disent “Il a les dents pourries”, qui détournent les yeux, lentement, l’air de ne pas y toucher.
En fait, je ne sais même pas si tout ça, c’est vrai, pour mon père, je veux dire. C’est peut-être simplement parce qu’il n’aimait pas ma mère, qu’il ne l’avait jamais aimée, qu’il s’était retrouvé dans une drôle de position, à un peu plus de vingt-deux ans, elle enceinte et lui obligé d’endosser un rôle dont il ne voulait pas. De toute façon, ça revient au même. On ne laisse pas tomber un môme. À la limite, on laisse tomber la mère, et on continue à garder le contact avec son gamin. Mais pas lui, non. Pffft, disparu. Il y a quelques années, un cousin a raconté l’avoir vu en région parisienne. Je me suis dit que j’allais me mettre à sa recherche, et puis non, finalement. J’avais autre chose à faire. Il fallait que je déçoive. Décevoir, c’est une occupation à plein temps."
- D'une seule voix. Une collection de textes à lire à voix haute, composée de monologues, livres courts et percutants
- Ciné-roman dans laquelle des réalisateurs de court-métrages adaptent leurs œuvres sous la forme de romans.
- Babel J où sont publiés des romans précédemment destinés aux "Adultes"
vendredi 2 juillet 2010
Lectures de plage pour jeunes adultes

"Nina vient à nouveau de déménager. Son père lui a promis que c'était la dernière fois. Heureusement, tout à l'air tranquille dans cette banlieue de Stockholm. Elle en oublierait presque les rumeurs que même ses meilleures copines ont déversées sur elle, dans son précédent lycée. Jusqu'à cette grande fête donnée par une fille de la classe, dans le quartier le plus luxueux de la ville…" Le roman débute sur la découverte d'un jeune homme agressé et trouvé sans connaissance dans une benne à ordures.
"Klaus emménage à Oslo avec sa mère récemment nommée CPE dans un lycée où il va poursuivre sa scolarité. Juste avant la rentrée, en se baladant dans l’établissement, il surprend une conversation entre un garçon et quelqu’un d’autre, conversation où l’un menace l’autre. Il croise l’adolescent Sturla qui ne lui dit rien. Puis Sturla débarque chez Klaus par surprise le lendemain : il vient voir sa mère et repart très vite, angoissé et fébrile. Il est retrouvé mort écrasé par le métro. Klaus a entre les mains une clé USB lui appartenant, elle contient son journal. Très vite Klaus doute de la version de l’accident. Il était menacé, mais par qui ? Ses soupçons se portent sur un professeur. Amour homosexuel ? Mais l’année scolaire a démarré et Klaus rencontre sa classe, les anciens amis de Sturla, tout s’embrouille. Les versions divergent, qui croire ?"
Dans ces deux livres, la tension monte petit à petit et l'entourage, scolaire et familial n'est plus fiable…
Ces romans sont disponibles dès aujourd'hui en section adulte !
jeudi 15 avril 2010
Collègues inspirées
Ah ! les livres, les livres, les livres...
A vous de vous faire un avis sur ce que certains appellent déjà un "phénomène" : http://www.oksa-pollock.com/
mercredi 7 avril 2010
Rencontre
C'est la bande dessinée Cannibale d'Emmanuel Reuzé qui avait été choisie.
samedi 20 février 2010
Le monde fantastique de Maxime Chattam
"Je voudrais parler de Maxime Chattam, auteur français connu pour ses polars. Cette fois, il a décidé de mettre de coté le roman noir et de faire un « retour en enfance » époque à laquelle il était passionné d'aventures et histoires fantastiques. Il a donc écrit une série fantastique appelée "Autre Monde" dont le tome 2 est sorti récemment. Six sont prévus".
Pour vous faire une idée de l'auteur et de son oeuvre, deux sites : http://www.versunautremonde.com/ (site de la série) http://www.maximechattam.com/fr/intro.php (site officiel de l'auteur)


Et pour vous mette l'eau à la bouche, sachez qu'il est aussi le premier auteur à faire un clip video de ses livres.
mardi 26 janvier 2010
Message important ! J -5
Cela fait des mois que nous l'attendions. Il va être enfin parmi nous ce samedi 30 janvier pour deux superbes lectures de ses textes détonants.Vous l'avez bien sûr tous reconnus, je parle de Julien Campredon, auteur venu tout droit du Sud-Ouest pour notre plus grand plaisir.
Heureux lecteurs à la médiathèque, vous pourrez apprécier deux lectures publiques faites par cet occitan pur sucre. La première lecture se déroulera le matin à partir de 10h30, la seconde à 14h30 en section adulte.
Venez nombreux !

Cette animation est bien sûr gratuite et le café et les petits gâteaux sont offerts ! si si !
jeudi 25 juin 2009
Quand les bâillonnés s'expriment !!!!!

Médiathèque de Lisieux, mois de juin 2009, atelier slam sur le thème de la citoyenneté avec Julien du collectif Le Milieu…
À vos plumes citoyens !
Taillez vos longs crayons !
Disons, crions, libérons les mots !
Défaisons les baillons qui nous font taire !
***
Les voix bâillonnées
Susurrent
Des mélodies chiliennes
Des noms d'indiens disparus
Nomment la haine
Pour laquelle on tue
Les voix bâillonnées
S'élèvent
Des prisons cubaines
Des cachots perdus
Chantent les chaînes
Les lois dissolues
Écoute…
Elles explosent en sanglots
En fados si doux
Désormais
Même les vins de Faro
Te sembleront…
Amers
Vois…
Elles inondent d’affres
Les gorges asséchées
Les gueules fendues
Caressent les balafres
Des corps foutus
Tournoient
Intrépides
Font voler la poussière des paillasses putrides des camps…
Humanitaires !
Elles hurlent à la nuit
Déchirantes
Traversent les murs
Franchissent les mers
Se mêlent aux cris des corbeaux
Qui planent sur Dachau
En mémoire
Des martyrs oubliés
Des vies bafouées
Elles portent le souvenir
Le long de l’éternité
Oui !
Le temps
Effronté
Se fout des secrets
Magnifie leurs mots
Défie les bâillons serrés
Comme de vains veto
Les voix bâillonnées
Traversent les murs
***
Y a-t-il vraiment des bons citoyens ?
Pour qu’on se sente bien
Sauf qu’on est tous des galériens
On est même en chien.
Mais on est aussi pur terrien.
Même si on est en zonpri
Liberté fraternité
Où elle est cette liberté ?
Jamais je l’ai vue
Pourquoi la justice est aussi mal faite ?
A chaque fois y’a des défaites
Faut jamais baisser la tête
Même si c’est la Belle et la Bête
Pourquoi on nous monte la tête ?
***
Ecoute-moi bien Président
Sache que je suis citoyen de moi-même
Problème : La justice veut me la mettre à l’envers
Tu vas pas me nettoyer au kärcher
Sinon tu seras victime d’un homicide volontaire
A Nanterre mon ter-ter
C’est comme à la guerre
Y’a plus de frontière, tous solidaires entre frères
T’as pas compris c’est la misère bientôt tu vas vivre un enfer
Tu es de la droite, mais je t’enchaîne aussi avec la gauche
C’est du slam, je lâche pas de larmes au contraire on va sortir les armes
Sache que je défierai toujours le système
Tu es mon ennemi pour moi ce qui importe c’est la famille et les amis
Aux prochaines émeutes je vais foutre le feu pour que tu sois rageux
Et que tu sortes le grand jeu
Tu verras tu démissionneras vu que je suis borné
J’suis aussi citoyen d’un quartier.
* * *
Les gens devraient plus se respecter
Les gens devraient tous avoir la même liberté
Les gens ne devraient pas se dévisager par rapport à leur religion
Les gens ne sont pas tous nés d’une révolution
Les gens devraient avoir un minimum de politesse
Les gens devraient écouter les jeunes en détresse
Les gens devraient respecter le matériel des autres
Les gens sont tous des citoyens comme les autres.
Personne est innocent
Tout le monde est coupable
Combien de groupes sanguins ont été versé pour le pétrole ?
Et ils sont toujours en liberté
Comme quoi la justice est mal faite
J’accuse personne
Même pas le président
A l’époque en route vers les banlieues
Avec une foule de journalistes
Pour faire n’importe quoi
Pour effrayer les bourgeois
Et faire la bise aux malheureux des banlieues stéréotypées
Et pour les faire flipper
Il fait des phrases en l’air style
« Nettoyage au kärcher »
Le crime parfait
Il peut insulter les gens sans en être inquiété
Le plan est millimétré
Il pourrit la vie des hommes
Pour nourrir ses ambitions
Journalistes et politiques
Vendent la peur
Pour que les gens aillent pas voir ailleurs
Sources des images :
http://www.provence-inn.com/IMG/jpg/i_banlieu_en_feu-2.jpghttp://pagesperso-orange.fr/libertaire/librairie/increva/
http://www.article11.info/spip/spip.php?article393
vendredi 12 juin 2009
Collection théâtrale
Cette collection propose des pièces élaborées au cours d'ateliers d'écriture animés par un auteur en résidence au Théâtre de la Digue à Toulouse pour un groupe de jeunes de 15 à19 ans.
Nous qui sommesValérie Deronzier
Il s'agit de jeunes gens qui se lancent à l'assaut du langage parce qu'ils ont des mots entassés sur le bout de la langue. Il s'agit de constater qu'ils sont incontournables, impétueux, philosophes, poètes, révoltés, joyeux, douloureux... Il s'agit de faire entendre leurs prises de parole jusqu'au bout de ce qu'elles ont à dire. Il s'agit encore d'affirmer que cette jeunesse qui nous entoure ne forme pas un tout homogène, mais qu'elle est formée d'une multitude de sensibilités singulières.
François Chaffin
Ces grandes bouches ont le verbe large, le discours profus et tonitruant, ils portent le verbe au-dessus des humanités muettes, consentantes, parfois stupéfaites.
Les grandes bouches tiennent les micros, sans partage, oralisent les systèmes, asservissent l'individu à de vagues unissons, et contaminent notre griot, celui-là privé du mégaphone, dont la voix maigre se dissout dans l'haleine des gros parleurs.
Dix moiEric Durnez
Dix, elles sont dix, dans leur ville, dans leur vie...
Dix à chercher, dix à se chercher...
Dix : une + une + une + une + une + une + une + une + une + une ...
Petits drames, grandes joies ou inversement
Dix moi qui se sont rencontrées, racontées pendant presque dix mois
Dix mois pour une pièce
Leurs chemins se croisent et se décroisent, à la rencontre de l'autre,
du parent, du garçon, de la copine, de l'inconnu, de la soeur, de soi-même...











