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mardi 1 décembre 2015

Au menu de décembre de la Bibliothèque électronique de Lisieux

http://www.bmlisieux.com/images/robert_campion_001.jpg

Les Clos de jadis (1926) par Robert Campion (1865-1939)

(TABLEAUX DE MŒURS NORMANDES)
 
« Le chemin rural qui mène au clos des Neuville ouvre sa charrière sur la route unie et claire de Fervacques, au lieudit de la Forge. Ce chemin est creusé dans le coteau. Les pluies l’ont raviné, le balancement des hautes cimes a dégradé ses talus, le gel a provoqué l’éboulis de ses sables. Il est devenu profond, et sa pente est rude, si rude qu’on n’y monte qu’à « bêtes de somme » qui s’y reprennent par trois fois pour gagner le clos.

« Autrefois, ce chemin, aux arêtes rocheuses, était l’unique raccourci qui joignait la vallée de la Touques à sa sœur jumelle, la vallée de l’Orbiquet. Il franchissait le haut plateau au carrefour des Quatre-Maillots, point où quatre communes se touchent pour s’épandre au versant opposé.

« Dans de vieux actes, où il est fait mention d’obligations rurales, les riverains devaient fournir des bourrées pour combler ses fondrières, mais les générations avaient passé sans adoucir son échine, si bien que, lassés, les paysans s’en détournèrent pour prendre une voie nouvelle et qu’ils laissèrent croître dans le sentier ingrat la ronce envahissante, la viorne et l’églantier brutal. Dès lors, dans ses parties hautes du plateau, l’eau stagna, les bêtes puantes creusèrent ses rebords, et toutes les herbes d’ombre l’accaparèrent si pleinement qu’on ne le désigna plus, dans le canton, que comme le « chemin perdu ».

« Aujourd’hui encore, en dépit de l’impôt des prestataires, qui ne s’applique que dans le court espace de sa montée à la ferme Neuville, il y faut, pour rouler un charretis à vide, l’effort de deux chevaux en flèche, pousser à hue, tirer à dia, et jurer d’ahan jusqu’au sommet, où les bêtes arrivent boiteuses et le charretier damné.

« C’est par ce chemin qu’ont passé mes grands et arrière-grands-pères ; ceux-ci habillés d’habits marron et de hauts-de-chausses ; ceux-là plus modernes, vêtus de blouses à fins liserés et coiffés du chapeau « castor ».

« Par là s’en est allée ma bisaïeule, ornée du haut bonnet normand, jupe fleurie, fichu croisé. Et tous ont dévalé du clos avec leur monture sellée de velours rouge, garnie de pompons chatoyants.

« La pierre énorme émergeant du talus n’est que le marche-pied de ces vieux cavaliers... »

[Poursuivre la lecture... ici]

[Les autres nouveautés... ]

dimanche 4 octobre 2015

En octobre sur la Bibliothèque électronique de Lisieux

LA SÉLECTION MENSUELLE

Le Signe (1929)
par
Jean Giraudoux
(1882-1944)

LE RAYON DOCUMENTAIRE

 [BULLETIN DE CENSURE]
[Sélection de critiques] (1844-1848).
Almanachs (1844)

 Les Amours secrètes des grisettes (1828)
par
J.-B. Ambs-Dalès
(1802-1857)

 Qu’est-ce que l’Ame slave ? (1925)
par
François Porché
(1877-1944)

LE RAYON NORMAND

par
Gaston Le Révérend
(1885-1962)

revue régionale illustrée
n°20 - 1918.

mardi 1 septembre 2015

Au menu de la Bibliothèque électronique de Lisieux en septembre

A manger justement avec Le Trésor de la cuisine du bassin méditerranéen par 70 médecins de France, révisé et préfacé par Prosper Montagné, paru à Paris aux éditions de La Tournelle en 1937. De quoi occuper vos loisirs avec ces recettes recommandées par le corps médical. Allez voir la table des matières.


Le reste du menu de ce mois de septembre de la bibliothèque électronique de Lisieux, est tout aussi roboratif qu'instructif et divertissant. Bon appétit et bonnes lectures, loin de la rentrée littéraire 2015 :

LA SÉLECTION MENSUELLE : Berlin (1932) par Jean Giraudoux (1882-1944)

LE RAYON DOCUMENTAIRE : Les Marchands d'ustensiles de ménage [et] Les Maraîchers (1842) par Joseph Mainzer (1801-1851). Le Trésor de la cuisine du bassin méditerranéen par 70 médecins de France (ca1937). Des connaissances hippiques chez les Arabes, Des races animales en Algérie (1853) par Jean-Henri Magne (1804-1885). Études sur le prolétariat dans les campagnes – Jean-Louis le journalier  (1850-1851) par Eugène Sue (1804-1857)

LE RAYON NORMAND : Voyage des Élèves du Pensionnat de l'École Centrale de l'Eure, dans la partie occidentale du Département... (1802)  par François Rever (1752-1828)




mardi 28 juillet 2015

Glanes sur Lisieux

En se promenant sur Ebay, mot-clef : Lisieux, on peut trouver des choses tout à fait épatantes parmi 7.248 annonces et plus à prix divers, par exemple : des buvards et un monnayeur publicitaires, des étiquettes de fromage, des photographies anciennes de belle qualité, et toutes les breloques saint-sulpiciennes que l'on souhaite....








samedi 6 juin 2015

Et un poulet de Crèvecoeur, un !



Pour esquiver demain le rôti de bœuf-haricots verts / gigot-flageolets sauce menthe :


 
Coll. des menus numérisés de la Médiathèque intercommunale de Lisieux, n°43.

vendredi 29 mai 2015

Lisieux : les anciens hôtels et cafés

Parcourez les hôtels et cafés de Lisieux avant-guerre à travers d'anciennes photos et des dessins du baron de Moidrey. Les 30 établissements sont localisés sur un plan de Lisieux en 1875. Utilisez les flèches de direction (gauche et droite) pour reculer ou avancer dans le parcours.

Cette présentation numérique et dynamique est le résultat d'un travail que nous avons demandé à notre stagiaire actuelle, Karen. Elle a choisi l'outil de présentation dynamique Prezi pour la concevoir.

Le texte et les images proviennent d'une exposition créée par la médiathèque de Lisieux en 2006. Bonne visite !

mardi 22 février 2011

Un cailloutologue à la Médiathèque


A la Médiathèque, le long de la voie romaine, se trouvent quelques vitrines de "cailloux". Il s'agit d'une infime partie de la collection de M. Piel Desruisseaux, passionné d'archéologie, habitant de Marolles, ancien chirurgien à l'hôpital de Lisieux .

Vendredi dernier, Nicolas Le Maux, étudiant en archéologie à Paris, atteint de "cailloutologie aigüe", est venu étudier les haches polies en roche verte (dolérite de Bretagne) trouvées à Marolles par M. Piel-Desruisseaux et exposées dans la vitrine "L'installation des homo sapiens en Normandie" .

Nicolas Le Maux fait une thèse de doctorat sur le néolithique (la fin de la préhistoire) dans le Bassin Parisien. "L'âge polynéolithique du Bassin Parisien -5500 -2200 ans av. JC- Typologie, production, circulation des matière première, chronologie."
Il étudie l'industrie lithique tout particulièrement les pierres polies, leurs provenances, les outils qui ont circulé au néolithique via les échanges entre communautés. Il croise l'étude minéralogique et géologique avec l'archéologie.

mardi 28 décembre 2010

Normandises...

Normandiana ou Anecdotes, traits caractéristiques, bons mots, Réparties ingénieuses et naïves, des habitans de la Normandie ; [suivi du ] Catéchisme des Normands.- Paris : Vauquelin, 1817.- 127 p : front. en coul. ; 11 cm. [Frère II, 343. Amusant frontispice dépliant en couleurs représentant deux Normands prêtant serment au tribunal. - Couv. orange de colportage. NORM BUR]

Un Normand disait pour prière, tous les soirs, en se couchant : "O mon Dieu, ne me donnez pas de bien, mais dites-moi où il y en a, je saurai bien en prendre"

Extrait de la liste des acquisitions patrimoniales de la Médiathèque pour l'année 2010. A retrouver dès le 31 décembre sur la Bibliothèque électronique de Lisieux.

mercredi 11 août 2010

A la recherche de Joseph Guillonneau

"Je n'arrive pas à trouver d'infos sur la mort de Joseph Guillonneau" me dit une collègue, un matin gris et pluvieux.
"Rien sur internet à part une référence de la Revue Illustrée du Calvados, même pas la date de sa mort et encore moins sur la cause de son décès..."
Comme tout bon lexovien (ou assimilé) je connais la rue Joseph Guillonneau et le centre nautique qui s'y trouve mais je ne sais quasiment rien de la vie ou de la mort de cet homme qui lui a donné son nom.
Je regagnais la médiathèque munie d'un post-it portant ces mots joliment calligraphiés :

Joseph Guillonneau
Maire 1908-1909
Le Lexovien 1909 p.3

Et ce fut le début d'un jeu de piste éducatif sur quelques heures.
Etape 1
Grâce à Dominique Fournier et son dictionnaire sur les noms des rues de Lisieux, j'appris les dates de vie et mort de Joseph Guillonneau, son métier, son mandat éphémère et la date de prise de fonction de son successeur à la mairie après sa mort brutale. J'ai même eu droit à un petit portrait de l'homme.



Etape 2
Au travers de l'Annuaire-Almanach du Lexovien 1908, j'ai recueilli encore quelques détails.
Avec son épouse, il habitait au 95 Grande-Rue, devenue plus tard la rue Henry Chéron du nom de son grand ami, également maire de Lisieux à une autre époque.
Négociant en mercerie et bonneterie en gros et non pas en bestiaux comme certains pourraient le penser, il avait reçu quelques distinctions, les palmes académiques (officier de l'instruction publique) et le mérite agricole ; il s'intéressait aux écoles, à l'art en général, à la santé publique et aux pauvres. Il fut battu aux élections de 1906 car même un républicain convaincu comme lui ne s'était pas investi dans la campagne.



Etape 3
Grand merci à la fameuse Revue illustrée du Calvados qui consacrait bel et bien la page 3 de son numéro de janvier 1909 à son décès, survenu le 8 décembre 1908 et un autre article qui me fournit un autre portrait du maire disparu.



Etape 4
Cela me permit de retrouver dans la presse locale de l'époque, Le Progrès Lexovien pour le citer, les articles quasiment "live" relatant ce drame.
Etape 5
Je n'hésitais pas à coupler mes recherches livresques à l'utilisation judicieuse d'internet et à l'aide de mes 2 collègues motivés Sylvain et Laurent pour arriver à cette conclusion :
Joseph Guillonneau, élu maire le 8 mai 1908, mourut brusquement le 8 décembre 1908, terrassé d'une angine de poitrine, une maladie du coeur, à 55 ans.

Et que de curiosités rencontrées au travers de ce bref parcours ! Pour parodier Prévert, j'ai pu découvrir :

- quelques distinctions honorifiques, les palmes académiques, le mérite agricole, une floppée d'anciens métiers,
- des articles de journaux avec des phrases de 3 lignes, des comptes rendus d'élections,
- les noms des rues de Lisieux existant en 1909 et le nom de chacun des lexoviens y habitant,
- les lexoviens heureux propriétaires d'un téléphone à cette date,
- des listes de maires, de préfets, de sous-préfets, de Lisieux et du Calvados depuis 1800, de foires,
et un raton laveur...

Tous les ouvrages que j'ai consultés appartiennent à la médiathèque de Lisieux, on peut les retrouver dans le fonds normand soit sur les étagères du prêt, soit en consultation dans la salle réservée ou encore dans les réserves pour les plus volumineux comme les journaux de l'époque.

Moralité 1 : La médiathèque de Lisieux est une mine d'or.
Moralité 2 : On ne trouve pas tout sur internet même si ça dépanne quelquefois.

jeudi 3 juin 2010

Atlas de la Ville de Lisieux

Les planches couleurs de ce beau et précieux document historique, réalisé en 1820 par le géomètre Després, ont été mises en ligne il y a peu sur le site de La Bibliothèque électronique de Lisieux.


A comparer avec le plan actuel de Lisieux disponible sur le site officiel de la Ville.

vendredi 28 mai 2010

Histoire(s) normande(s)...

...L’annuaire des cinq départements de la Normandie

Qui n’a jamais voulu savoir quelle était la profondeur des labours en 1864 ou encore à quoi servait le fumier de clapier ? Eh bien toutes ces réponses et bien plus encore se trouvent dans les annuaires des cinq départements de la Normandie.
Plus sérieusement, ces publications constituent un formidable outil de connaissance de la Normandie, du XIXe siècle en particulier, au niveau agricole, industriel, scientifique et social. Ces volumes sont publiés par l’Association normande pour les progrès de l'agriculture, de l'industrie et des arts (société savante régionaliste), dont le fondateur n’est autre que Arcisse de Caumont, le célèbre historien et archéologue normand qui a tant fait pour l’histoire locale et le développement économique de la Normandie. L’objet de cette association est l’étude des cinq départements de l’ancienne Normandie (régions de Haute et Basse-Normandie) sous les différents aspects de l’histoire, la géographie, l’archéologie, l’histoire de l’art, la société, la vie économique, etc. Cette association et son annuaire sont conçus par Arcisse de Caumont, comme un vecteur de progrès et de modernisation agricole, industrielle et éducative. Mais avec les années et la mort de son fondateur l’annuaire se tourne de plus en plus vers le passé, avec la prépondérance d’études archéologiques et historiques, qui sont cependant d’un grand intérêt scientifique.
Le premier volume paraît en 1835 et la collection continue d'être publiée de nos jours. Ces volumes sont consacrés en grande partie aux comptes rendus des congrès de l’Association normande qui se tiennent chaque année dans des villes normandes différentes. Ils sont l’occasion de présenter et de faire un état des lieux de la ville en question et de sa région. Cependant, l’intérêt de l’annuaire ne se limite pas seulement à cela. En effet, dans chacun des volumes sont insérés des articles/études scientifiques réalisés par les membres de l’association normande qui représentent un intérêt important pour l’histoire régionale et l’histoire des sciences, comme l’agronomie par exemple.

Morceaux choisis : La colonne votive antique de Lisieux ; Les deux phases de la Vie religieuse à Lisieux pendant la Révolution (1787-1801) ; Le Gouvernement de Normandie du XVe siècle à la Révolution ; Les anciennes maisons de bois dans les arrondissements de Lisieux et de Pont-l'Evêque…

La médiathèque dispose des annuaires des années 1835 à 2002 avec des interruptions pendant les deux guerres mondiales.
Une table des matières des volumes des années 1835 à 1859 a même été éditée et permet de faire une recherche par sujet.
A ce propos, il faut signaler que la médiathèque de Lisieux a procédé à un dépouillement systématique, en complément d'une indexation matière, des articles les plus importants, ce qui signifie qu’ils sont désormais repérables dans le catalogue en ligne (saisir le titre Annuaire des cinq départements). Pour ceux qui s’intéressent à l’histoire de la ville de Lisieux, je vous conseille plus particulièrement les annuaires des années 1851-1927-1968-2002, qui relatent les congrès qui se sont déroulés dans la ville.


L'annuaire des cinq départements de la Normandie est disponible dans la salle du fonds normands, en libre accès, les mardis et samedis aux horaires d’ouverture de la médiathèque.
A noter l’existence de la thèse de Jean-Paul Bourdon sur les agronomes distingués de l’Association normande, qui présente les annuaires dans son introduction. Cette thèse permet de mieux comprendre ces publications et en donne des clefs de lecture :
Les Agronomes distingués de l'Association normande (1835-1890) : techniques et pratiques de "l'industrie" agricole d'après les Annuaires normands. / Jean-Paul Bourdon ; sous la direction de M. Pierre Brunet.- Sl : Chez l'auteur, 1992. 2 vol. (cote : NORM BOU)

Pour ceux qui ne pourraient pas se déplacer, voici le lien vers la bibliothèque numérique Gallica qui a procédé à la numérisation, en mode texte, des annuaires de 1835 à 1939.

Sylvain.

mardi 4 mai 2010

Dominoterie


Damier ornementé de la Maison Perdoux à Orléans, probablement du tout début XIXe siècle : estampe gravée sur bois, coloriée au pochoir, sur papier vergé (H : 35,5 - L : 44,5 cm) collée et servant de renfort au dos d'un plan dessiné du quartier de la Porte d'Orbec de Lisieux vers 1810 [coll. Bm Lx : XI 26].


mardi 20 avril 2010

Peste

En ces temps de pandémies, d'épidémies et de nuages de cendres, et d'autres calamités à venir.... peut-être n'est-il pas inopportun de relire un petit opuscule rédigé en 1658 par un chirurgien lexovien : Discours sommaire et méthodique de la cure et préservation de la peste utile à toutes sortes de personnes recueilly par Marin Hamel, Maistre Chirurgien juré, exerçant & residant à Lysieux.- A Rouen : [s.n.], MDCLVIII [1658].- [8]-75 p. ; 14 cm.

Extrait :

« Lors sans differer vous estant mis bien avec Dieu, faut dés le premier & moindre signe qui paraît, & dans les douze heures ou les vingt-quatre precisément, prendre & avaler une dose de nos preservatifs qui sont sudorifiques, au dessous de dix ans la moitié, & aux petits enfans le quart, vous promener un peu dans la chambre, apres vous coucher bien chaudement, süer une heure ou deux sans dormir, & si le mal est rebelle, ou si vous revomissez le remede, reïterer en plus petite quantité jusques à trois fois, puis estant bien desseiché, prendre du linge blanc, changer ou parfumer vos habits, (ainsi que je le diray cy-après) & ayant pris une rôtie un peu esteincte ou un boüillon, vous serez, par la grace de Dieu, hors de peril dés l'heure mesme, ayant esteinct l'estincelle avant l'embrasement. Mais qui manquera d'assener bien à temps ce premier coup, sera en grande risque puis apres : Et c'est pourquoy il ne faut pas se fier ny amuser icy à ces galimatias & receptes qui n'ont rien d'alexitere, & ne sont composées que de Clou de Gyrofle, de Poivre, Gingembre, Genevre, & semblables concassez, qu'un tas de Charlatans empyriques ignorans, Pestes eux-mesmes & heretiques en faict de Medecine, qui sont en ce pays-cy en grande vogue de toutes conditions, ont pris dans quelque bouquin de Livre, & les distribuent aux Dupes pour des Secrets qu'ils vantent estre bien experimentez, où ils n'oseroient, toutesfois se confier eux-mesmes, ou c'est à leur détriment, ainsi qu'il arriva à un malheureux homme de Cormeilles, en l'an 1650. lequel voulant aller au danger, & usant de semblables remedes, s'eschauffa & desseicha tant le cerveau qu'il en devint phrenetique, & enfin alla se pendre à un arbre : Un autre voulant en vendre par avidité de gaigner, au mesme an devint fol à courir les rües par la violence d'un semblable remede. Le Curé de N. Dame d'Aunay, prés le Bourg du Sap, se confiant en semblables fatras ; & se voulant mesler de parfumer & éventer des maisons pestiferées à Orbec, y mourut de la Peste, & fist perir miserablement avec luy douze de ses amis, & tous ses domestiques quant à quant en 1651. Un certain Prestre de S. Jaques de Lysieux, & le Curé du Doux-Marest, qui est tres-ignorant & ridicule en nôtre Art, abusoient encor le peuple, à qui ils donnoient une décoction de Scabieuse, de Morsus diaboli, de SURELLE, & autres Herbes où ils dissoudoient de la Theriaque, pour un remede fort assuré. Le sieur Mabire, Chapelain des Pestiferez de cette ville de Lisieux, en a sa santé alterée pour sa vie...»

Ce document sera disponible dès le 1er mai au rayon normand de la Bibliothèque électronique de Lisieux. Prenez date !

P.S : Grand merci à Sylvain Pinon, notre stagiaire et étudiant en Master 2 Édition et mémoire des textes, d'avoir bien voulu relire et corriger notre saisie fautive.

samedi 17 avril 2010

Jumièges : une abbaye, un livre, une légende

Cette abbaye de Jumièges (Seine-Maritime), cela fait un an que je l'ai découverte, elle s'est brusquement dressée dans le paysage, au coeur du village, monumentale.
L'avantage de venir se laisser surprendre par elle quand on vient de la rive d'en face, c'est qu'on a l'embarras du choix quant au bac à prendre pour la traversée de la Seine : ils sont nombreux, avec des passages très fréquents, c'est à peine si on a le temps d'embarquer que l'on est déjà en face.

La Révolution l'a prise, sans vergogne, pour bâtir des habitations ; trente années à se faire démanteler les pierres, il y a de cela à peu près deux siècles, et encore de nos jours des pans entiers et ses tours se dressent à quarante-six mètres de haut.

La situation était fort critique, puisque ce magnifique édifice à voir et à revoir est aujourd'hui habillé d'échafaudages salvateurs.


Alors, en attendant de pouvoir s'en régaler sur le terrain, il y a ce livre de photographies, sobrement intitulé JUMIEGES, qui vient de nous arriver et nous fait sentir que cette abbaye est non seulement une très belle ruine, mais bien aussi un lieu où l'on se pose.
Les fragments photographiques et littéraires que nous offre le photographe Olivier VERLEY en restituent fidèlement l'atmosphère.

Dans son parcours des saisons nourri de lumières et de brumes,
ce livre nous prend aux bords de la Seine et nous fait visiter la campagne enveloppant la ruine.
Zoomant sur cette perle de l'art roman normand, les prises de vue en noir et blanc se rapprochent des tours, nous font lever les yeux au ciel pour mieux plonger sur les ruines de l'ancien cloître.
Sous tous les angles et dans les moindres détails, la fascination de l'auteur pour la beauté du monument est palpable.
Ce très beau recueil est accompagné d'une préface sur l'approche subjective de la photographie des monuments et de la chronologie de l'histoire sanglante de l'abbaye de Jumièges.

Bien sûr la légende des Enervés de Jumièges participe grandement au mystère romantique : vers 600, des frères - jumeaux, donc Jumièges ?- avides de pouvoir, profitent de l'absence du roi, leur père, pour essayer de prendre les rênes du royaume. Leur trahison les conduit, sur ordre de leur propre mère Bathilde, à être condamnés au supplice de l'énervation (section des nerfs des mollets). Déposés sur une embarcation poussée à la dérive sur la Seine, ils finiront par échouer, exsangues et mourants, sur cette boucle du fleuve où l'abbaye fut fondée...
La légende et le fameux tableau d'Evariste Vital Luminais (musée des beaux-arts de Rouen) ont fait couler beaucoup d'encre
Et si vous ne connaissez pas le poème "décadent" de cette même légende, n'hésitez pas à le lire dans le recueil des Déliquescences d'Adoré Floupette


Clichés reproduits avec l'aimable autorisation des éditions Point de vues.



mardi 13 avril 2010

Déchiffrement..... S.O.S.

Avis aux amateurs et savants historiens qui souhaiteraient nous proposer une transcription de ce petit billet médiéval [?] ou postérieur...

vendredi 9 avril 2010

Art Inconnu

Voila un fort joli blog anglophone (mais sans paroles) au titre français, Art Inconnu, entièrement consacré aux artistes oubliés, sous-estimés, ou peu connus du grand public, ceux qu'en littérature Charles Monselet appelait «les Oubliés et les Dédaignés »... A visiter régulièrement.

mercredi 31 mars 2010

Amis bibliophiles et relieurs...



Sur le site de la Bibliothèque Cantonale et Universitaire de Lausanne vous trouverez en libre accès et au format PdF un nouveau manuel de reliure rédigé par Ghislaine Baehler : La reliure autrement..., fiches techniques.

« Les fiches techniques qui constituent ce manuel sont le fruit d'un travail mené depuis plusieurs années à l'atelier de restauration de la BCU par Ghislaine Baehler. Elles décrivent des interventions ne demandant pas une formation spécialisée dans le domaine de la restauration, destinées à réparer soigneusement et durablement des ouvrages anciens et modernes qui ne nécessitent pas une restauration complexe. Pour les cas où la reliure d'origine est perdue ou inutilisable, divers types de reliures de remplacement sont proposés. Quelques fiches moins directement axées sur la reliure complétent le dossier : nettoyage et réparation du papier, trucs et astuces, ouvrages de référence, adresses de fournisseurs. Le manuel La reliure autrement... est conçu selon une structure évolutive. Il est susceptible d'être complété et amélioré au gré des besoins » .


mardi 9 mars 2010

Honfleur, 1865.


Jean-Louis Tirpenne (1801-1878), lithographe fort prolixe, a réalisé au moins deux recueils de planches sur la Basse-Normandie. L'un sur Bagnoles de l'Orne et l'autre sur Honfleur, dont la médiathèque a acquis un exemplaire en 2009. Vous pourrez le consulter en ligne à partir du 29 mars dans les galeries de la Bibliothèque électronique de Lisieux.
  • Normandie - Honfleur [lithographies].- Honfleur : Ch. Lefrançois éditeur, 5, Place de l'Obélisque, 1865.- 10 lithographies dessinées d'après nature par Jean-Louis Tirpenne, imprimées par Lemercier et Cie à Paris ; 28 x39 cm. (Bm Lx : NORM 1631)

mardi 2 mars 2010

Deux classiques de l'historiographie lexovienne

Vous trouverez sur Internet Archive, une des bibliothèques numériques que j'affectionne particulièrement, au moins deux classiques de l'historiographie lexovienne, encore utiles à consulter :

Louis Du Bois : Histoire de Lisieux. Tome 1 (1845)



Louis Du Bois : Histoire de Lisieux. Tome 2 (1845)



Abbé V. Hardy : La Cathédrale de Lisieux (1917)



On y trouve aussi de l'abbé Piel : l'Inventaire historique des actes transcrits aux insinuations ecclésiastiques de l'ancien diocèse de Lisieux : 1692-1790 (1891-1895), mais seuls 2 volumes sur les 5 sont actuellement en ligne.

Bonnes et savantes lectures !

samedi 13 février 2010

Incroyable !!!


The Klencke Atlas
Un des plus grands livres du monde
[H : 1,75 - L : 1,90]
sera la vedette de la prochaine exposition de la British Library
Magnificent maps: Power, Propaganda and Art
du 30 avril au 19 septembre 2010