vendredi 9 avril 2010

Art Inconnu

Voila un fort joli blog anglophone (mais sans paroles) au titre français, Art Inconnu, entièrement consacré aux artistes oubliés, sous-estimés, ou peu connus du grand public, ceux qu'en littérature Charles Monselet appelait «les Oubliés et les Dédaignés »... A visiter régulièrement.

mercredi 7 avril 2010

Rencontre



La médiathèque a accueilli mardi 6 avril l'auteur de bandes dessinées Emmanuel Reuzé venu à la rencontre de collégiens et de lycéens.

Pour la deuxième fois, la classe de seconde du lycée Paul Cornu et la classe de 3ème du collège Lottin de Laval d'Orbec ont travaillé ensemble durant l'année autour de la lecture et de l'écriture avec leurs professeurs de français et leurs professeurs documentalistes.

C'est la bande dessinée Cannibale d'Emmanuel Reuzé qui avait été choisie.


Adaptée du roman du même titre de Didier Daeninckx, la BD situe son action au coeur de l'exposition coloniale de 1931. L'auteur a donc rappelé le contexte de l'histoire de Cannibale dont les personnages principaux sont des Kanaks de Nouvelle Calédonie envoyés à Paris présenter leur culture, puis il a expliqué les différentes étapes de l'élaboration de la bande dessinée comme le choix des prises de vue, la colorisation et les techniques, jusqu'aux essais de couverture.





De leur côté, les élèves ont commenté leurs travaux avant d'entamer un échange autour de questions diverses que ce soit le colonialisme, le métier de dessinateur ou les études pour y arriver, bref une rencontre où la sympathie de l'auteur a été communicative.



1er avril et Lire et faire lire






Les bénévoles de Lire et Faire Lire de Lisieux se sont réunis à la Médiathèque le 1er avril. Ils ont échangé sur leurs différentes interventions dans les écoles et ont écrit les textes repris ci-dessous, sur des poissons d'avril.

En sus, une nouvelle offerte par Jean-François "Histoire de poissons"

"Gorge rouge d'oiseau Rêve blanc d'hiver Le chat gris espère "(Anne Marie haïku)
2 genoux pour coussin 2 bras pour cocon Des lignes d'aventure Je suis en place pour rêver.
"Tant et tant de choses Me reviennent à l’esprit-Fleurs de cerisiers"Basho
"Fais ce que tu fais" Saint Augustin
"Si ce que tu as à me dire n’est ni vrai, ni bon, ni inutile je préfère l’ignorer et je te conseille même de l’oublier"Socrate
On lit avec les yeux mais aussi avec le cœur.
Rien ne sert de courir, il faut partir à temps.
J’ai eu votre âge, vous n’aurez peut-être pas le mien.
"Supporter la vie reste bien le premier devoir de tous les vivants"Sigmund Freud
"La Mort, c’est une porte qui grince, mais qui s’ouvre"Sœur Emmanuelle
"Aucune violence n’a jamais ajouté à la grandeur des Hommes" Jean Guéhenno
Voici le printemps, les petits oiseaux et leurs chants, les fleurs dans les champs, c’est la joie des enfants.
"La lecture est la nourriture de l’esprit."Alain
Ah, qu’elle était jolie la petite chèvre de M. Seguin avec ses yeux doux, ses sabots noirs et luisants, ses cornes zébrées, sa barbiche de sous-officier et ses longs poils blancs qui lui faisaient une houppelande
Jonas était grand reporter mais avait une drôle de façon d’être au cœur de l’action.
« Prends le temps de lire et de faire lire… c’est la source du savoir ! … »
La lecture, base de l'éducation et de l'intégration. De la transmission du savoir à l'état brut, la base d'un bénévole « Lire et faire lire »
Ce que tu fais vaut la peine d'être bien fait.
La jeunesse est le temps d'étudier la sagesse, la vieillesse est le temps de la pratiquer...
Toutes les fleurs de l'avenir sont dans les semences d'aujourd'hui.
Petit poisson jaune a faim de lecture.
S'il n'y avait que les poissons pour tirer la ligne. …
C'est aujourd'hui que les enfants font manger la soupe à leur mère, apprennent à lire à leur père et font voler les éléphants. Tout est permis, tout est facile puisque c'est le 1er avril.
Marie est comme une bibliothèque: elle est remplie de belles histoires!
Poème de Gibran Kalil GibranLe Peintre et poète Libanais (1833-1931) dont on a fêté en 2008 l'anniversaire de sa naissance a dédié l'un de ses poèmes à la danseuses orientale:"Par un jour, la cour du prince convia une danseuse."
"Toutes les grandes personnes ont d'abord été des enfants mais peu d'entre elles s'en souviennent. "Antoine de Saint Exupéry
Les petits poissons dans l'eau, nagent, nagent, nagent, nagent...Les petits poissons dans l'eau, nagent aussi bien que les gros!Les gros, les petits nagent bien aussi
"Lire rime avec plaisir, sourire, grandir.Mais ce n'est pas toujours le cas pour certains c'est du chagrin. Allons, courage les nuages partiront et les mots chanteront." Martine


Il y eut du bruit dans la cuisine, puis une mélodie sifflée. Sauf erreur de ma part, il s’agissait de la symphonie numéro un de Prokofiev, par moments en ré, et c’était un massacre.
Tu vois que j’ai vraiment envie de devenir pierre. Prends pas tes désirs pour des réalités.


Histoire de poissons

L'entrée du bar était à moitié dissimulée par des touffes d'algues et plantes sous-marines qui s'agitaient dans les eaux troubles de la rivière.Une fois le seuil franchi, le lieu m'apparut très différent: les sols étaient carrelés laissant une impression de propreté, en complète opposition avec l'extérieur, mais aussi avec la faune hétéroclite présente dans le bar.Un peu à l'écart, quelques individus louches, patibulaires discutaient entre eux à voix basse. Quelques maquereaux, deux ou trois harengs, un jeune barbeau entouraient un requin de la finance en buvant ses paroles. Un peu plus loin, deux vieux crabes péroraient, regardant du coin de l'œil les jeunes et jolies danseuses: quelques avenantes et vives crevettes frétillaient au rythme de la musique, accompagnées par quelques sardines et autres jeunes truites. Un peu à l'écart, maniérés et guindés comme des lords anglais, se trémoussaient tentant vainement de rester dans le rythme. Julienne, la patronne et carpe restait muette, se contentant de servir ma consommation. Bien que je sois un grand pêcheur-devant l'Éternel, ce lieu me déprimait et je quittai rapidement cet endroit glauque, descendant cette rivière jusqu'à l'océan. Je fus surpris par l'agitation qui régnait dans cette anse bien protégées des tempêtes et coups de vent marin. Toute la faune marine, poissons, mollusques et crustacés, toute la flore sous-marine, les oiseaux s'y étaient donnés rendez-vous. Le tohu-bohu était à son comble-on parlait de guerre imminente contre la race humaine. On attendait avec impatience le Discours de sa Majesté la Daurade Royale, accompagnée du Dauphin son fils. Le défilé commença par les mastodontes de la Mer-Baleines, orques, cachalots et même éléphants de mer chargeraient des troupes ennemis, créant des brèches dans leurs rangs. Les ours blancs avançaient en serre-file, protégeant les mastodontes d'une attaque-surprise. Après eux, les blindés, homards, crabes, tourteaux et autres araignées, protégés par leurs épaisses carapaces pinceraient et couperaient les doigts humains. Même les langoustines et les charmants écrevisses réclamaient de droit de combattre. Puis venaient les bancs interminables des poissons de l'infanterie: saumons, cabillauds, harengs attaqueraient l'ennemi dans les courants froids du Nord; ils seraient soutenus par les phoques, les otaries, les pingouins et les manchots. Les courants chauds du Sud restaient le domaine des thons, des dauphins, des espadons et surtout des requins. Une multitude d'autres espèces de poissons mais aussi de crustacés, de mollusques de l'inoffensif bigorneau jusqu'à la placide moule de bouchot; tous défilaient d'un air martial, prêts à en découdre. Tous voulaient venger la mort des derniers thons rouges. Trop d'espèces avaient disparues, victime de la cupidité et de l'égoïsme des hommes. Il fallait que cela cesse!Pendant des siècles, les hommes avaient traqués les poissons, employant des moyens de plus en plus sophistiqués, tuant au hasard des animaux qu'ils ne mangeaient pas. Un requin pris dans un filet de pêche, était rejeté à la mer, la nageoire dorsale sectionnées. Les vieux messieurs chinois en raffolent, parait-il: Retrouvent-ils leur vigueur perdue?Mais les hommes, depuis quelques années utilisaient des armes plus ignobles, des armes chimiques: les hommes rejetaient à la mer des sacs en plastique par millions asphyxiant les poissons par milliers- les dégazages sauvages, les rejets d'hydrocarbures, d'acide tuaient les poissons, mais aussi les oiseaux de mer et détruisaient la flore. Toutes les mers, tous les océans étaient pollués, étaient devenus des poubelles géantes et meurtrières. La folie des hommes allait-elle faire de la Terre un désert sans vie. Puisque les hommes ne comprenaient pas, il était vital pour les peuples marins de se défendre et d'entrer en guerre. Un cri immense-La guerre est déclarée » et les armées se mirent en route. Ils allaient bientôt me découvrir et me faire un mauvais sort-comment allais-je finir? Dévoré par un requin? Dépecé par un ours blanc? Éventré par un espadon ou un narval? Dans l'estomac d'une baleine comme Jonas? Une sonnerie stridente retentit. Je me réveillai en sursaut, trempé de sueur tremblant comme une algue sous l'action de la marée. Mon radio-réveil indiquait « Jeudi 1er avril 2010-il est 7 heures! »Sur mon oreiller, une main anonyme avait déposé quelques petits poissons en chocolat.

mardi 6 avril 2010

Le livre est mort, vive le livre !

Menacé par Internet et la multiplication des supports numériques, le livre est promis à la disparition. Pourtant quelques éditeurs croient qu’une complémentarité est possible entre papier et électronique. Aperçu de ce mariage à travers deux initiatives.

Les vedettes des salons 2010 du livre (Paris hier, Deauville demain) sont les livres électroniques et toute la panoplie d’accessoires qui permettent de les lire (liseuses, Ipad, téléphone portable, console de jeux…). C’est chouette, c’est moderne. Même s’il a encore de beaux jours devant lui, le bon vieux livre dont on tourne les pages de papier paraît en voie de désuétude. Quelques éditeurs misent pourtant sur sa conservation. A condition de le rendre plus interactif. Au lieu de se placer dans une opposition livre traditionnel contre livre virtuel, ils imaginent des solutions où le numérique complète et enrichit le papier.

Première essai, le livre en réalité augmentée. La réalité augmentée, vous ne connaissez pas ? Rappelez-vous mon précédent article sur l’abbaye de Cluny. Cela consiste à compléter un objet réel par des éléments virtuels. Vous ne saisissez toujours pas ? Voyons l’application dans le domaine de l’édition. Nathan vient de publier dans la collection Dokeo Comprendre comment ça marche. Placez certaines pages du livre devant une webcam et l’ouvrage s’anime. A l’écran, un hélicoptère sort de la page. Plus loin, un camion de pompiers déboule et élève sa grande échelle. Ailleurs, un hors-bord file sur la page transformée en mer. Vous contrôlez le véhicule grâce aux touches du clavier. De quoi émerveiller le jeune public, la cible de ce livre, ... et les adultes aussi.Démonstration vidéo sur le magazine en ligne L'Internaute.

Deuxième essai, l’hyperlivre. En septembre 2009, Robert Laffont, en partenariat avec Orange, sort Le Sens des Choses, ouvrage écrit sous la direction de Jacques Attali. Là aussi, le livre se présente sous une forme classique sauf que, sur les pages, sont imprimés des petites carrés de mosaïques, les flashcodes. Scannez ces pictogrammes avec un téléphone portable : ils agissent comme un code barre. L’écran du téléphone vous propose alors du contenu lié sur Internet : vidéos, graphiques, sondage, forum de discussion. Présentation du livre sur le site de Robert Laffont.

Ces initiatives présentent l’intérêt de conserver une place centrale au livre réel. Mais sont-elles pour autant des solutions d’avenir ? Le livre de réalité augmentée s’approche du gadget : c’est amusant voire fascinant de découvrir les animations mais généralement sans grande utilité. Coup marketing donc ? Pas si sûr car nous ne sommes qu’au début de cette technologie. Les animations vont sûrement devenir de plus en plus intéressantes. Imaginez un guide touristique complétée d’une vue du pays ou de la ville en 3D. Imaginez une notice de montage dont les pièces s’assemblent virtuellement. La réalité augmentée corrige cette faiblesse du livre qui montre tout en deux dimensions.

L’hyperlivre apporte une valeur ajoutée plus évidente au livre. Les flashcodes jouent le rôle des notes de bas de page mais en mieux puisqu'ils peuvent renvoyer vers du contenu multimédia ou vers la source d’une affirmation ou d'une statistique. Reste l'aspect pratique. La lecture des flashcodes nécessite un téléphone connecté à Internet et compatible avec cette technologie, soit seulement 23 % des portables à ce jour. De même, l'utilisation de livres en réalité augmentée requiert un ordinateur équipé d'une webcam et le téléchargement d'un petit logiciel. Rien d'insurmontable mais la perspective de devoir sortir de ma lecture, me lever de mon fauteuil, puis me diriger vers mon ordinateur, l'allumer, lancer le petit logiciel, placer la page devant la caméra pour enfin visionner l'animation, pourrait me décourager. Le pont entre la version papier et le contenu numérique est un peu difficile à emprunter.

Au final, dans le débat opposant livres papier et livres numériques, ces derniers marquent peut-être un point. Ils facilitent le passage entre le texte et l'hypercontenu (informations complémentaires, animation, forum de discussion...) car ils s’affichent sur le même support : l’écran.

vendredi 2 avril 2010

Remue-méninges

Avant la pause méritée d'une fin de semaine pascale, un quizz musico-architectural.
La question est simple : qu'est-ce donc que ces espèces de legos géants de la photo ci-après ?



Etant posé que ce ne sont pas des legos nouvelle génération, un indice pour ne pas favoriser les lecteurs de ce blog qui seraient par hasard discothécaires et participants de la dernière journée 'musique actuelle' du 18 mars organisée par les membres du groupe ABF de Normandie - vous savez cette association de professionnels des bibliothèques militants.

Cette structure très particulière appartient à un établissement (parisien) dédié à la recherche et à la création musicale contemporaine où l'on sculpte ondes et sons.

Allez, une autre photo du même lieu, la grande salle souterraine à acoustique modulaire utilisée ici comme lieu de répétition pour orchestre contemporain...




Sous la photo des legos, vous trouverez la liste de nouveautés 'cinéma' de mars 2010.
Sous la photo de la répétition, vous trouverez la liste de nouveautés 'musique' de mars 2010.

jeudi 1 avril 2010

Où l'on reparle du livre électronique...

Bonjour,

Une des vedettes médiatique du salon du livre et de la presse de manière générale, le gadget qui va très bientôt être dans le vent, vous avez compris, je parle du livre électronique.

Pas une semaine ne passe sans que des articles tous plus dithyrambiques les uns que les autres ne fassent l'éloge de la lecture de demain. Exit le livre papier totalement ringard en tous cas ringardisé par les marchands de bidules électroniques en tous genres. Y a de la marge à faire en fourguant des liseuses aux consommateurs. Alors en avant la machine à formater les esprits. Le livre électronique serait une évolution inévitable, sans lui pas d'avenir pour le milieu de l'édition. Sans oublier un argument vraiment drôle selon lequel le livre électronique favoriserait l'accès à la culture...

Bref essayons de revenir sur terre et fermons les oreilles à cette propagande. On chercherait à assassiner le livre papier qu'on s'y prendrait pas autrement. Mais à qui profite le crime ?

Les avantages du livre électronique ?

Ben permettre aux fabricants d'électroniques de faire du chiffre en attaquant un marché nouveau pour eux.

Délester le consommateur de 300 ou 400€ pour acquérir une liseuse.
C'est pas cher nous explique doctement le commercial cravaté car vous avez une bibliothèque dans la poche... Oui mais avant qu'elle soit dans la tête y a du chemin à faire... !!!! Jusqu'à 300 livres contenus dans le parallélépipède de plastique. Super !!! quand on sait que la moitié des français ne lisent pas un livre et que les gros lecteurs en lisent en moyenne une douzaine par an. Faudra m'expliquer l'utilité du truc, là je vois pas.

Donc une majorité de personnes seraient censées acheter une liseuse pour ne lire en moyenne sur une année que 3 ou 4 livres. Ce qui fait grosso modo 100€ par livre lu. Ça fait cher le bouquin, sachant que naturellement, dans le monde idéal imaginé par les industriels, il faudra changer régulièrement de liseuses, un peu comme les téléphones portables qui sont changés régulièrement.

Bref vous l'aurez compris, si bénéfice il y a, ce n'est ni pour un meilleur accès à la connaissance, ni pour le milieu du livre en général mais uniquement pour les fabricants de bouts de plastique qui clignotent ;-)

Gardons la tête froide devant des révolutions qui n'en sont pas. Personnellement, je ne vois d'intérêt à acquérir ce genre de truc. Affaire à suivre...


En savoir plus sur le collectif livre de papier :
http://www.livreshebdo.fr/actualites/DetailsActuRub.aspx?id=4241



mercredi 31 mars 2010

Amis bibliophiles et relieurs...



Sur le site de la Bibliothèque Cantonale et Universitaire de Lausanne vous trouverez en libre accès et au format PdF un nouveau manuel de reliure rédigé par Ghislaine Baehler : La reliure autrement..., fiches techniques.

« Les fiches techniques qui constituent ce manuel sont le fruit d'un travail mené depuis plusieurs années à l'atelier de restauration de la BCU par Ghislaine Baehler. Elles décrivent des interventions ne demandant pas une formation spécialisée dans le domaine de la restauration, destinées à réparer soigneusement et durablement des ouvrages anciens et modernes qui ne nécessitent pas une restauration complexe. Pour les cas où la reliure d'origine est perdue ou inutilisable, divers types de reliures de remplacement sont proposés. Quelques fiches moins directement axées sur la reliure complétent le dossier : nettoyage et réparation du papier, trucs et astuces, ouvrages de référence, adresses de fournisseurs. Le manuel La reliure autrement... est conçu selon une structure évolutive. Il est susceptible d'être complété et amélioré au gré des besoins » .