vendredi 18 décembre 2015

Atelier d'écriture du 12 décembre 2015






1      Pain d’épice

C’était il y a tout juste un an
Dans une petite salle à l’étage
Quelques écrivains, loin d’être débutants,
S’étaient retrouvés pour un moment de partage.

Tandis que le thé au chocolat nous réchauffait
Les souvenirs prenaient vie grâce aux mots
Chacun à son tour s’est exprimé
Offrant ses pensées, tel un cadeau.

Je retrouve cette ambiance aujourd’hui
Nombreux sont les écrivains
Venus avec leurs écrits…
Mais je vous en parlerai l’an prochain !

2.      Texte boule de neige
·         Premier mot = épice(s)

Epice
Douce sucrée
Signe les prémices
D’un délicieux goûter.
Quand ses yeux se plissent
Je sais que c’est gagné
Il me dit : « c’est un délice ! »
J’ai enfin conquit l’être tant aimé !

·         A partir du texte précédent, construire un texte plus long et/ou par rapport au mot « miel ».

Elle se sent pousser des ailes
Quant il la regarde avec ces yeux,
Dans une étreinte charnelle
Ils ne forment qu’un seul être à tous les deux.

Dans une robe en dentelle
Elle lui clame ses vœux
Dans un décor pastel
Il lui offre un nid chaleureux

Dans le jardin sur la balancelle
Ils attendent patients et amoureux
Ce petit être mi-lui, mi-elle (miel !)
Qui les rendra heureux.
B


Epices
Playlist 10
A mixer ton disque
Dixit mamie : j’écoute mon fils
File, s’effile, s’enfile ma file
Fin du disque, remet la piste bis


Epices
Playlist 10
10 + 10
10 ans de mix

10 ans. J’épice ma vie. Fil sans fil j’enfile avec douceur le miel épicé d’une expérience de vie. 10 ans. Dix ans que tu m’as laissée. Mielleuse et savourant la douce saveur de nos sombres délices j’épie nos vies sans transit. 30 sites. 30 sites que j’ai dû parcourir pour retrouver l’incongrue playlist piste 10. Vitesse, vite, vide. Avide de nos souvenirs dorés, j’empreinte aux clichés une ryhme arrêtée. Arrêt. Parée. Jamais sans arrêts, j’émets un soupir avant de repartir.
C’était la playlist 10, « épices », 10 ans de mix, fin du disque, remet la piste, bis.
 L

Le pain d'épices offert par Céline
 Le pain d'épices, quel plaisir ! Que de souvenirs. A la maison, on ne connaissait pas le bon pain d'épices de Céline, on mangeait celui vendu dans le commerce, coupé en tranches, enveloppé dans de la cellophane et on l'aimait. On se servait plusieurs tranches sur lesquelles on étalait une bonne couche de beurre frais fermier. Cela faisait un miroir. Quel régal ! Mais cela collait un peu aux dents malgré le beurre et parfois cela faisait mal.
Plus tard j'ai connu celui de Prosper, le petit ours. Désolée d'en faire la publicité, mais l'ours, quoi de mieux pour vanter le pain d'épices : le sucré, le miel, le moelleux, la douceur de l'ours en peluche et la gourmandise de l'ours sauvage.
Maintenant on est à l'écolo, au DIY ; comme Céline nous faisons notre pain d'épices nous-mêmes. Le goût est incomparable et c'est tellement bon ! Le beurrer serait une offense à la cuisinière.
Pourtant, entre les deux, mon coeur balance.
2- Poème « boule de neige » commençant par « épice(s)
Epices
Les épices
Les épices préférés
Les épices odorants préférés
Les épices odorants préférés dispersés
Le tajine mijotant sur le feu
Le tajine mijotant parfumant toute la cuisine
Les épices odorants préférés dispersés dans le tajine
Les convives attendant autour de la table le tajine épicé
Les convives endormis autour de la table digérant le tajine épicé.
3- A partir d'une phrase du poème écrire un texte
Les convives se sont endormis autour de la table, ils digèrent le tajine épicé que leur a servi la maîtresse de maison.
Elle s'était levée de bonne heure ce matin pour couper sa viande en petits morceaux, la dégraisser éventuellement, éplucher, laver et couper ses légumes choisis avec soin la veille sur le marché.
Elle avait sorti du placard son beau tajine rouge paprika et l'avait mis à chauffer sur le feu, y faisant fondre de l'huile d'olive et l'oignon. La viande mélangée à la coriandre, au curcuma, dégageait déjà une bonne odeur quand elle y a ajouté ses légumes coupés en dés : carottes, céleri, navets… Toute la matinée, la maison a été envahie de cette bonne odeur d'exotisme.
Elle en avait profité pour dresser sa table joliment sur une nappe couleur safran. Le vin attendait sur le bahut, débouché, exhalant les parfums de son terroir.+
A leur arrivée, ses invités s'étaient émerveillés du parfum des épices s'imposant dans toute la maison. On était passé à table et tout le monde avait fait honneur au plat préparé par la maîtresse de maison, avalant (se bâfrant même) jusqu'au dernier morceau de viande, jusqu'à la dernière rondelle de carotte, la sauce, même, avait été absorbée par des montagnes de morceaux de pain.
Au fromage, ils avaient à peine touché. Par contre le dessert lui aussi avait été un succès et, comme le tajine, avait subi un sort.
Et maintenant ils étaient là, avachis autour de la table. La conversation manquait d'entrain.
Elle, rangeait sa cuisine, mettait de l'ordre.
E
Ayant épuisé tous mes souvenirs gustatifs au cours des nombreux ateliers d'écriture, je ne peux plus évoquer ici ni le cacao en poudre, ni le gâteau de Savoie, ni les noisettes, ni même le bouillon-cube.
Alors, pour le clou de girofle, il me reste le dentiste... Ah oui ! Le dentiste !
Celui de mes années d'étudiante était une dentiste. Un jour de carie douloureuse, il me fallait absolument un rendez-vous. Je téléphonai, et la secrétaire me répondit d'un ton désolé : le Docteur X est souffrante, tous les rendez-vous sont annulés jusqu'à nouvel ordre.
J'attendis son retour.
J'attendis longtemps car cela prit plusieurs mois. Ma consommation de clous de girofle avait pris des proportions inquiétantes pendant cette période : d'accord, cela calmait les douleurs dentaires, mais cela ne devenait-il pas toxique au-delà d'une certaine dose ?
Bref, je survécus et enfin, le rendez-vous tant attendu fut honoré.
Ma dentiste était affable et bavarde. Elle aimait raconter sa vie à ses patients, désarmés et muets en face d'elle, réduits à tenter de participer à la conversation par des « han han » baveux et sourds.
Ce matin-là était son premier jour depuis qu'elle était tombée malade. J'étais la première patiente de la journée, et donc l'interlocutrice privilégiée de ses ennuis de santé.
Ce qu'elle me raconta me donne encore, plus de trente ans plus tard, des angoisses chaque fois que je dois prendre rendez-vous chez le dentiste.
« - Vous n'imaginez pas ce qui m'est arrivé ! me dit-elle (han han). Figurez-vous que, en un instant, je me suis retrouvée paralysée des deux bras. (han han?) Oui ! Les deux bras en même temps, clac ! en une seconde ! (han han!). Heureusement que je ne travaillais pas ce jour-là (han han...). Eh bien, ils n'ont jamais pu trouver ce que j'avais (han han). Il paraît que ça peur me reprendre à tout moment (HAN HAN!!!). »
L'idée que ma dentiste puisse se retrouver les deux bras paralysés coincés à l'intérieur de ma bouche en chantier me donne encore aujourd'hui froid dans le dos.
Lâchement; j'ai dit que j'allais déménager et je n'ai jamais revu le Docteur X.
Le Docteur Y qui me soigne maintenant va bien, merci.
Quoi que... Il m'a dit récemment qu'il souffrait depuis peu d'attaques foudroyantes de narcolepsie...
D
 


Ô ! Tonne- Automne- Craque- Froisse- Feuille- Douillet- Silence- Nue- Mue-Scrabble- Automnal- Annie- Atchoum- Non
Goût innommable- Toucher ne s’impose pas- Odorat- Oh ! Ma sœur
Quec sec ça ? Un cake ? Pourquoi pas, cela parait arbitraire ce nom, et pourtant ça se mange. C’est prévu
Le cake
L’aube venue, quand se déchire les ombres, dans l’air limpide, nous baignerons nos cœurs ; nous ne verrons pas finir les jours sans nombres par des fleurs complices au regard moqueur. Viens, fuyons à l’écart de la foule, pigeons d’argile pour un petit bécot, le temps comme l’eau de la fontaine s’écoule. Viens, faisons vite, il n’est jamais trop tôt. Il y aura du cake après.
B

Le pain d’épice de Céline- le civet de mémé- le baba de Dédé- Le pont l’Evêque  Spruytte- Les seiches de Gigi- Les cakes d’Annie- Le lapin de Denise- Le calva de Jean-François

A Dijon, du vin murit doucement dans les sous-sols, c’est normal en Bourgogne. Mais caché sous la ville dans une cave, une masse brune, énorme, vit et fermente doucement, se renouvelle sans cesse. Elle est alimentée régulièrement. Elle est douce au toucher, toute brune, exotique, sa chaire sent la cannelle, le girofle, le miel. C’est la Mère des pains d’épice. De son corps naissent des bonhommes de pain d’épice, des pères Noël, des nonnettes. La ville est renommée à travers le monde pour cette spécialité issue tout droit des anciennes colonies.
Epice- Parfum, papille- Peau brune soleil- Douceur de la vanille- Brulure du petit piment rouge- Tajine partagée, doigts léchés, regards croisés- Hospitalité, bienveillance, curiosités, ouverture d’esprit, humanité.
Le monde en marche, peau noire, peau pain d’épice, peau claire. Une même humanité. Voyager à Ouaga, Tizi Ousou, Djenné. Partager un tô, un tajine, un couscous épicé avec Alassane, Leïla, Karim en toute simplicité. Assister au naufrage par média interposé des bateaux en partance pour notre Eldorado. Etre dans l’égalité sans être dans la légalité. Etre fraternel, s’interroger sur la liberté.
G



Comme elle était pressée, elle faisait ses courses au supermarché.
Je lui tenais la main, même adolescente j’adorais faire ça.
Le rituel du cabas dans le coffre et des sacs de dépannage, on ne sait jamais…
Ma mère aimait les courses de noël er religieusement je lui tenais compagnie plus que jamais.
Dans ses yeux, je mesurais l’importance des souvenirs d’enfance. Les miens étaient si frais, pas encore chargés de nostalgie et quelque chose m’échappait.
Le pain d’épices qu’on achetait au supermarché et qu’elle sortait de son emballage plastifié sur la table de la cuisine est dans mon souvenir, aujourd’hui le condensé de toutes les saveurs de noël, dans les effluves de clémentine, de miel, de cannelle et de clou de girofle me viennent maintenant les larmes de la nostalgie. Ce sont mes souvenirs, et aucun de mes enfants n’aime le pain d’épices.
Aujourd’hui  j’ai dans mon coffre de voiture un cabas et des sacs de dépannages, on ne sait jamais. Et main dans la main avec mes filles, nous montons ensemble les marches des magasins où nous faisons nos courses.  Main dans la main.


EPICE
Pas inspirée
Avec un « s »
C’est déjà mieux
Autour d’une bonne table
Mélanger les épices de nos vies
Pour que le repas prenne sa saveur
Bon appétit, bon appétit, bon appétit, bon appétit !


MELANGE DES HUMEURS SUR L’OREILLER
Heureusement qu’il y a les matins. Je garde les yeux fermés encore quelques instants, le réveil me gagne et agite mes sens. Heureusement qu’il y a les matins pour faire oublier qu’on s’est couché si fatigué, qu’on a vu se dérouler une journée sous ses yeux parfois en interaction et parfois non, que du croisement des humeurs sont nés des échanges du quotidien, avec la fleuriste en bas, avec la maîtresse, la boulangère, les collaborateurs, les copains, les amis, les enfants. Tout ce monde en friction dans la tête le soir venu, se désagrège. Le soir arrive, classe les dossiers, certaines humeurs couchées sur l’oreiller resteront là. Et c’est très bien.
   S


                                       Poème vertical.


1. beau      Un beau matin du quatorze novembre
2. Couleur.Deux couleurs pleines de treize vents
3. Doré.Ont doré trois tristes tas de bois formant douze troncs
4. jaune.à l’écorce jaune dont quatre feuilles s’échappent en onze fils             
5. orange.Les cinq oranges qui pendent encore sur les dix arbres colorés
6. crissement. Émettent un crissement six fort que les neufs chiens pleurent
7. châtaignes.Et les sept châtaignes se lamentent d’être confondues
8. marrons.Avec les huit marrons mordorés
9. chiens.
10. chasse.
11. fumée.
12. Tas de bois.
13. vent.
14. pluie
  AM

M
D
D

L
I
M
C

C
B
E

B

samedi 12 décembre 2015

Un plat de saison

CŒUR FARCI 


Prenez un beau cœur de bœuf ou de veau bien frais. Débarrassez-le des filaments qui l'entourent ainsi que de la graisse. Mettez-le à dégorger durant une heure dans de l'eau fraîche que vous renouvellerez.

Coupez le cœur en deux, sans en détacher les moitiés. Préparez d'autre part une farce composée de lard gras, de morceaux de jambon ou de restes de viande (veau ou porc), mie de pain rassis, une pointe d'ail, persil haché, poivre, une pincée de sel, le tout lié avec un jaune d'oeuf.

Remplissez les cavités du cœur avec cette farce. Ficelez-le et faites-le revenir dans une cocotte où vous aurez mis à fondre gros comme un œuf de beurre. Ajoutez rondelles de carottes, oignons, un verre d'eau, bouquet garni, thym et laurier. Laissez cuire à feu doux durant deux heures.

Dix minutes avant la fin de la cuisson, délayez dans la sauce, afin de la bonifier et de l'aromatiser, 2 KUB (1) à base de jus de viande.

Remuez et laissez mijoter ainsi sur feu doux sans durant quelques minutes. Goûtez pour le sel, poivrez s'il y a lieu.

Servez bien chaud.
Garniture à volonté.

(1) Le BOUILLON KUB se trouve dans toutes les maisons d'alimentation et d'épicerie.
Nota - Le BOUILLON KUB étant déjà salé, n'ajouter du sel qu'après avoir goûté les mets et si cela est nécessaire.

Réf. : Recettes de cuisine. III.- Paris : Société du Bouillon Kub, 1924.-32 p. : ill., couv. ill. ; 15,5 cm.

mardi 8 décembre 2015

Paysans de Normandie aujourd'hui


Ils n'avaient pas pu venir il y a quelques semaines à cause de l'actualité dramatique. Le géographe Armand Frémont et le photographe Christian Malon ont accepté notre nouvelle invitation samedi prochain. Ils parleront de leur livre commun Paysans de Normandie.

Samedi 12 décembre 2015, 15h. Auditorium de la Médiathèque. Entrée libre et gratuite.

« Les paysans normands ont beaucoup évolué depuis un demi-siècle. Moins nombreux, plus professionnels, ils sont devenus agriculteurs, entrepreneurs, innovateurs, producteurs efficaces de blé, de lin, de lait, de viande, de pommes ou de chevaux. Mais les craintes sur le présent et l'avenir les interrogent chaque jour. Les marchés ? La rentabilité ? L'Europe ? Le réchauffement climatique ? Entre les technologies les plus avancées ou le recours à des usages plus économes, beaucoup hésitent. Sans prendre parti, mais non sans quelque émotion, Christian Malon et Armand Frémont, témoins de cette société en évolution, ont fait ce livre, Paysans de Normandie aujourd'hui, sous forme de portraits, d'études, de statistiques, de souvenirs vécus. »

A l’issue de la rencontre, séance de dédicaces par les auteurs et vente de l’ouvrage par la librairie Les Grands Chemins.   

Paysans de Normandie aujourd'hui / Armand FRÉMONT & Christian MALON.- Bayeux : OREP, 2015.- 160 p. : ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 23 cm. [ISBN : 978-2-8151-0242-1 - 29,90 €]

L'exemplaire de la Médiathèque, c'est ici.

jeudi 3 décembre 2015

Playlist contre la grisaille



Photo : Autumn music, Eredel / Deviantart


Beirut - album No no no - "Gibraltar" // Karin Park - album Apocalypse pop - "Shine" // E. Elgar - album Symphonie n°1 - "Cockaigne (in London town // Jul - album Je trouve pas le sommeil "je m'évade" // I Muvrini - album Invicta "Dai Dai" // Melody Gardot - album Currency of man - "Same to you" // Coeur de pirate - album Roses - "Oublie-moi" // Mario Biondi - album Beyond - "Love is a temple" // Boulevard des airs - album Bruxelles - "Emmene-moi" // Jehro - album Bohemian soul songs - "How long"

 
Bonne écoute à tous, nos CD sont disponibles dans les bacs de la Médiathèque

mardi 1 décembre 2015

Au menu de décembre de la Bibliothèque électronique de Lisieux

http://www.bmlisieux.com/images/robert_campion_001.jpg

Les Clos de jadis (1926) par Robert Campion (1865-1939)

(TABLEAUX DE MŒURS NORMANDES)
 
« Le chemin rural qui mène au clos des Neuville ouvre sa charrière sur la route unie et claire de Fervacques, au lieudit de la Forge. Ce chemin est creusé dans le coteau. Les pluies l’ont raviné, le balancement des hautes cimes a dégradé ses talus, le gel a provoqué l’éboulis de ses sables. Il est devenu profond, et sa pente est rude, si rude qu’on n’y monte qu’à « bêtes de somme » qui s’y reprennent par trois fois pour gagner le clos.

« Autrefois, ce chemin, aux arêtes rocheuses, était l’unique raccourci qui joignait la vallée de la Touques à sa sœur jumelle, la vallée de l’Orbiquet. Il franchissait le haut plateau au carrefour des Quatre-Maillots, point où quatre communes se touchent pour s’épandre au versant opposé.

« Dans de vieux actes, où il est fait mention d’obligations rurales, les riverains devaient fournir des bourrées pour combler ses fondrières, mais les générations avaient passé sans adoucir son échine, si bien que, lassés, les paysans s’en détournèrent pour prendre une voie nouvelle et qu’ils laissèrent croître dans le sentier ingrat la ronce envahissante, la viorne et l’églantier brutal. Dès lors, dans ses parties hautes du plateau, l’eau stagna, les bêtes puantes creusèrent ses rebords, et toutes les herbes d’ombre l’accaparèrent si pleinement qu’on ne le désigna plus, dans le canton, que comme le « chemin perdu ».

« Aujourd’hui encore, en dépit de l’impôt des prestataires, qui ne s’applique que dans le court espace de sa montée à la ferme Neuville, il y faut, pour rouler un charretis à vide, l’effort de deux chevaux en flèche, pousser à hue, tirer à dia, et jurer d’ahan jusqu’au sommet, où les bêtes arrivent boiteuses et le charretier damné.

« C’est par ce chemin qu’ont passé mes grands et arrière-grands-pères ; ceux-ci habillés d’habits marron et de hauts-de-chausses ; ceux-là plus modernes, vêtus de blouses à fins liserés et coiffés du chapeau « castor ».

« Par là s’en est allée ma bisaïeule, ornée du haut bonnet normand, jupe fleurie, fichu croisé. Et tous ont dévalé du clos avec leur monture sellée de velours rouge, garnie de pompons chatoyants.

« La pierre énorme émergeant du talus n’est que le marche-pied de ces vieux cavaliers... »

[Poursuivre la lecture... ici]

[Les autres nouveautés... ]

dimanche 15 novembre 2015

Atelier d’écriture du 14 novembre 2015



Ecrire en colonne 14 mots liés à l’automne. Puis les numéroter. Puis écrire un texte reprenant pour la première ligne le mot 1 et 14. Pour la 2ème 2 et 13. 3ème 3 et 12 etc…
Pour la deuxième proposition, reprendre le personnage du dernier atelier. Imaginez une situation bien concrète. Raconter la scène vue par 3 personnes différentes.

La pluie crépite sur les sur les feuilles mortes
Le brouillard m’aveugle sous la pluie
Les arbres s’épanouissent dans le jour
Amour défuntes je m’en souviens
A la racine où je m’assoupis
Tristesse du semeur au geste créateur
L’ocre tapisse les labours
Des beaux jours de pluie
Des vers luisants fourmillent dans mon compost, j’écris des vers.
Ils fourmillent dans ma tête

Mort à ceux qui veulent tuer l’imagination, car l’imagination est heureuse, ou crazy comme on veut.
Je bois du thé, t’es réconfortante.
Le chef cuisinier met son tablier blanc ; de bonne heure et accueille le petit mitron, le maraîcher et le boucher. La brigade est déjà en place. Ses cuisiniers grouillent de partout dans cet enfer de casseroles, de couteaux, de fours brûlant comme la braise. En les voyant, le petit mitron est saisi par leurs gestes amples et rapides dictés par le chef qui les mène à la baguette. Enfin, il faut bien gagner sa croûte ! Non de non. Le maraîcher y voit aussi ses légumes bouillir dans des cocotes-minutes, et là adieu à ses légumes. Tant chéris dans ses serres comme dans ses jardins. Pour lui, c’est la fin des haricots, quand même ! Tout va y passer, même dans la purée. Le boucher y voit sa viande débitée, cuisinée à l’étouffée goûtée par le saucier et le chef, qui je l’espère ne va pas s’étouffer, il est tellement gentil ce chef ! Sauf pour les volailles s’abattant comme des châteaux de carte sur l’établi, malléables à merci dans les mains de ces fins cordons bleus. Conclusion : Les histoires d’amour pour la cuisine finissent mal en général.
M

Je la regarde douce et calme coiffer ses clients. Aujourd’hui le salon est bondé ; Malgré la charge de travail, Séverine une femme petite et délicate, les cheveux en brosse garde son calme et sa gentillesse.
Mon fils Raphaël n’aime pas le coiffeur. Lorsque ses cheveux coupés lui tombent sur le bout du nez, il rouspète. Pour lui c’est toujours trop long de rester assis sans bouger. Le bruit des ciseaux coupant les mèches de ses cheveux l’effraie. Séverine le rassure.
La dame au pull rouge et jupe noire hausse le ton. Sa coupe ne lui convient pas. Elle se plaint d’avoir été coupée trop court. Son visage renfrogné forme une grimace renfrogné forme une grimace qui fait sourire mon fils. La coiffeuse s’excuse en lui indiquant que la coupe était identique au modèle demandé.
B

Je me souviens des automnes de mon enfance, de la rentrée à l’école.
Je me souviens qu’il gelait, nos joues étaient toute rouges.
Je me souviens de mon petit manteau jaune et de l’odeur des feux de cheminée.
Je me souviens des châtaignes que nous dénichions sous les feuilles.
Je me souviens du bois qu’il fallait aller chercher dans une remise parce que nous avions vite froid.
Je me souviens du jour qui déclinait rapidement et de l’odeur des champignons qui précédait le souper.
Je me souviens de nos doigts tachés de mûres et des pommes chapardées au verger voisin 

Bonjour Monsieur Michel, c’est pour un anniversaire le 14 novembre. Vous avez quoi en rayon pour mon petit-fils de 10 ans. Des Légos ? Mais, il est très jeux vidéo. Ma belle-fille est contre la playstation, mais il aime tellement ça. Les légos, ça fait pas un peu ringard. Vous n’avez pas entendu parler du nouveau jeu Daeche War Game? Ça fait un tabac chez les 10-12 ans. Vous trouvez ça violent ? Pourtant vous avez connu la guerre, non ? Ha, vous ne faites pas dans le jeu vidéo ? Je suis déçu, vous devriez un peu vous recycler. Tant pis, tiens, donnez-moi une de vos boules antistress en forme de Terre, c’est pour moi, inutile de faire un paquet cadeau, malaxer la terre, c’est d’une toute puissance. Il est où le magasin de jeux vidéo ?

Hé, Monsieur Michel, vous avez vu votre Légo fétiche dans la vitrine ? Venez-voir, vous ne voyez rien de changé ? Regardez bien. Ben oui, il rigole plus, il a le sourire dans l’autre sens. Ben vous aussi Monsieur Michel, vous avez pas l’air dans votre assiette. Qu’est-ce qui vous arrive ? Vous avez entendu la radio ?

Bonjour, m’sieur Michel. Ouais, on vient regarder vos nouveaux arrivages pour Noël. On ne touche pas. On vous promet.
Un peu plus tard. – Des kalash, trop bien. Ouais, une ceinture de bombes pour faire mine, trop bien, on dirait vraiment des vraies. On fait une blague à M’sieur Michel ? T’as les cagoules noires ? Chut ! tu fais trop de bruit. T’es prêt ? Un- deux- trois allah wakbarr…
G
ô tonne
Automne
craque
froisse
feuille
douillet
silence
nue
mue
scrabble
automnal
Annie
Atchoum
Non
B



Le poème :

Sur un sol jonché de feuilles mortes, nèfles tombées,
Champignons odorants, châtaignes, dans mon petit panier.
Le brouillard, longue écharpe blanche, de mes doigts ravive
La douleur dans mes gants mouillés et froids, la pluie arrive.

Un personnage vu par moi :

Qui c'est ce bonhomme ? Quelle dégaine ! Son chapeau avec une plume sur le côté, on dirait un chapeau de cow-boy ! Et pourtant il est plus petit. Son manteau ample rappelle l'imperméable des vachers. Il porte une espèce de besace sur le côté, qu'y met-il ? Ses sous ? Ses courses ? Pas ses litrons, il n'a pas l'air d'un alcoolo.
Mais quelle mine, pas aimable, pas souriant, patibulaire mais presque aurait dit Coluche, le visage anguleux, l'air sévère, je ne l'ai jamais vu sourire. Il regarde les gens avec certitude mais ne les salue pas.
Il marche avec une canne, d'un pas décidé pourtant. Il ne semble pas avoir d'amis, je le vois toujours tout seul, il ne parle à personne. Vit-il à la maison de retraite de l'hôpital ? Pourtant tout semble indiquer qu'il est autonome.

Ce même personnage vu par une autre personne :

- Connaissez-vous cet homme-là ? Là-bas, celui-là avec une canne et un chapeau ? Je le croise souvent en ville mais il donne l'impression que personne ne le connaît.
-Ah ! Celui-là ! Il n'est pas commode vous savez ! Il ne faut pas trop s'y frotter.
-C'est donc pour cela qu'on le voit toujours seul ? Il ne parle à personne. Il va son petit bonhomme de chemin malgré sa canne. Vit- il à la maison de retraite ?
-Non, je crois qu'il habite dans le quartier ancien. Il se débrouille seul, il fait ses courses, se fait à manger. Peut-être a-t-il une aide-ménagère pour les tâches quotidiennes ? Je ne sais pas quel âge il peut avoir. Sa canne semble dire qu'il est âgé mais ses cheveux noirs le démentent. Il a l'œil noir aussi !

Et vu par ma petite fille :

Oh ! Mamie, t'as vu le vieux monsieur Lucky Luke ?

E

Noter 14 mots en rapport avec l’automne puis faire un texte poétique en mettant le 1° et le 14° mot dans la 1° phrase, le 2° et le 13 ° mot dan le 2° phrase et ainsi de suite.
1 : feuille
2 : vent
3 : écharpe
4 : pluie
5 : rafraichissement
6 : changement d’heure
7 : soirées courtes
8 : grippe
9 : virus
10 : vaccination
11 : soupe
12 : boisson chaude
13 : citrouille
14 : Toussaint

Les feuilles de la Toussaint jonchent les trottoirs de la ville
Le vent fait tourbillonner le tout sous le regard des citrouilles bien au chaud dans les vitrines des  magasins.
J’entre dans le salon de thé et après avoir retiré mon écharpe, je commande une boisson chaude.
Je regarde avec mélancolie la pluie qui, pleine des feuilles tombées, ressemble à une soupe peu appétissante.
Le rafraîchissement psychologique espéré dans cette halte n’est pas au rendez-vous : la vaccination que l’on m’a faite ce matin me donne un peu de fièvre.
Hélas, les virus ne sont pas au courant du changement d’heure de ce week-end.
Heureusement, les soirées sont courtes et je pourrai me coucher tôt, bien au chaud à l’abri de la grippe.
C’est l’automne !
II – choisir un personnage, quelqu’un qui retient l’attention. Le mettre dans une situation précise. Faire raconter la scène par 3 personnages différents.

Personnage : il s’agit d’un marchand de vélos. Il assiste au critérium de Lisieux.
# Un journaliste : Tiens ! un professionnel du vélo. Je vais aller voir s’il accepte une petite interview. Ca peut toujours faire un petit complément pour mon article. Et puis ça mettra en valeur son commerce. Peut-être même qu’il sponsorise une équipe ? Bon, faut que j’arrive jusqu’à lui. Y’a du monde. Faut jouer des coudes. Mince ! Il bouge. Allez, encore quelques pas. Ca y est ! J’y suis. « Bonjour, c’est Ouest-France, est-ce que je peux vous poser quelques questions ? »
# Un spectateur parisien : Tiens ! C’est qui çui là ? Ca doit être une star locale vu que Ouest-France l’interroge. Pourtant, il fait bien rural. Je vais essayer de m’approcher pour entendre ce qu’ils disent. Mince ! Si je bouge, je perds ma place au premier rang et je vais rater le maillot jaune. Je pensais pas qu’il y aurait autant de monde pour une course de province. Ca a été presque aussi difficile de se garer qu’à Paris. Et en plus, ils ont tous l’air content avec leur sourire de provinciaux. Il savent pas  que c’est riquiqui par rapport à l’arrivée du Tour de France. Bon, ben, le maillot jaune est passé, je saurai pas qui est le mec interrogé par Ouest-France. Je rentre.
# Une résidente de la rue au Char qui rentre du boulot : Pu…. de course de m…. ! Impossible d’approcher de chez moi. Et en plus je suis passée chez Thiriet et j’ai le coffre plein de surgelés ! Tu crois qu’ils auraient mis des papiers dans les boites à lettres pour nous prévenir ! Et puis quelle idée de faire ça un mardi ! Les gens bossent quoi ! Et les gars de la sécurité sont pas cools. Ils pourraient me laisser passer entre deux passages des vélos. Ca fait 30’ que je suis bloquée. Tiens ! le gars du magasin de vélos. Lui, il doit être à la fête. En plus y’a Ouest-France qui l’interroge. Ca doit être son heure de gloire ! Va falloir que je me gare et que je termine à pieds avec tous mes sacs de surgelés. Tu crois qu’il me donnerait un coup de main ? Penses-tu ! C’est plus fun de se faire interviewer par Ouest-France. Et puis c’est de la pub gratuite ! Pu…. de course de m…. !!!!
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vendredi 13 novembre 2015

Rose Harel au coeur de la dictée de Lisieux








- Samedi 7 novembre au matin, auditorium de la Médiathèque -

Vous êtes venus à trente-neuf personnes, hommes et femmes de tout âge, pour plancher c'est-à-dire souffrir en silence ou en soupirs sur le texte de la dictée. 
Bravo, elle était difficile, même si en première lecture, les mots coulaient doucement pour raconter la double vie de Rose Harel, Eugénie de son premier prénom.

À ceux qui sont tentés de l'écouter, on propose une version audio, avec diction alentie et ponctuation, comme si vous y étiez.


Pour ceux qui sont tentés de lire le texte.