samedi 5 octobre 2013

Atelier d'écriture du 5 octobre 2013

Décrire la sensation Chaud doux moelleux soyeux vivant ? Rond
Je devine quelque chose de ferme dessous – Animal? Museau ? Patte ?

Un souvenir de toucher
Palais de la Découverte, exposition sur les 5 sens, les perceptions,
Qu'est-ce que je fais là, avec ma horde de petits hurleurs ? Les Sixièmes ! Excités !!!
On entre dans une sorte de couloir, de part et d'autre des panneaux masquent on ne sait quoi.
À hauteur de main, des trous découpés, garnis de longues manchettes qui vont au fond de chaque case, vers ce « on ne sait quoi »
Les garçons, téméraires, s'y risquent. Exclamations :
« Wouah ! C'est bizarre... »
« C'est quoi ? »
« J'sais pas »
« ça fait quoi ? »
Les filles se poussent du coude, elles attendent, prudentes.
Bientôt, ils s'y mettent tous, jouent, se bousculent, crient ! Crient !
« Et vous M'dame, allez ! ... »
J'enfonce mes mains dans les manchettes, m'attendant à tout, c'est-à-dire au pire.
Ce n'est ni piquant, ni visqueux, ni glacé, ni grouillant...
C'est doux, soyeux, animal à coup sûr.
Animal ? La main amorce un repli prudent.
Non ! Pas vivant, tout de même !
C'est chaud, et là, on dirait... patte ou museau ? Un chaton ? Pas possible : pas de griffes, pas de dents.
Ça doit faire un moment que je m'oublie, soudain :
« Alors, M'dame ? Vous avez vu ? »
et mon cancre préféré soulève le petit volet sous lequel je découvre la solution de l'énigme que j'aurais tant aimé garder irrésolue...
Ce qui me touche dans la vie.
Ça fait longtemps
j'étais gamine
et depuis ça ne me quitte pas
une main sur ma main
c'est le geste le plus touchant que je connaisse
Poser ma main sur sa main
lui dire ainsi qu'il me touche
Peau à peau – chaleurs échangées – émotions à fleur de peau
Parfois je perçois le trouble, parfois je sens se dérober la main que je croyais amie
Je les aurais voulues guérisseuses mes mains, si seulement elles avaient pu chasser les chagrins de mes enfants, apaiser les angoisses de mes amis.
Comme ils me touchent ces couples, âgés ou non, qui se tiennent simplement par la main,
peau à peau – chaleurs échangées – confiance à fleur de peau
A
Texte 1.Décrire la sensation
C’est une boule de poil au creux de mes mains, comme un petit animal, tout rond, tout doux, le ventre moelleux, blotti dans mes paumes resserrées pour former un nid confortable.
La fourrure douce, me fait penser à la queue d’un écureuil roux ou ses adorables bébés pandas nés ces dernières semaines dans des zoos. C’est doux comme un câlin.
Texte 2. Raconter un souvenir
C’est doux comme le câlin ronronnant de mon adorable et espiègle félin. Ma petite chatte tigrée, mon « Bijou ». Peluche de canapé, aussi immobile que le coussin de fourrure sur lequel elle est le plus souvent couchée : je la confonds souvent. Tant elle ne fait qu’un avec l’objet.
Mais lorsqu’elle se met à ronronner, et que par la magie de la vie, l’objet se réveille… Je sais quel bonheur elle va me donner avec ce petit coup de tête du soir, petit bonheur de caresse toute simple, rituel immuable, rassurant et douillet du retour à la maison…
Un peu de douceur dans ce monde de brutes !
A
Doux, le doudou. Boule de poils qu’on a envie de porter au visage. S’enfouir dedans. Frissons de la caresse. Les mains sont rugueuses. Doux et moelleux. Détente. Relaxation.
Idées toutes faites. Les ai-je jamais vécues, ressenties, ces idées ? Pas de souvenir, en tout cas. Si, la peau douce de Marie. Cette peau toute noire et si douce. L’huile qu’il faut faire pénétrer dans la peau. Moment intense, moment de détente, moment d’intimité. Et l’enfant qui se laisse faire, abandonnée. Et l’enfant qui se détend et s’abandonne encore. Quelle est douce cette peau !
Et la peau toute froissée de Rafah. Froissée de la tête aux pieds. Pas un mm2 qui ne soit froissé. Résultat d’une vie pleine qui aujourd’hui s’en va. Peau froissée dans ma main pour essayer d’accompagner. Moment intense, moment d’échange, moment d’intimité.
Souvenir qui m’émeut, m’atteint et me façonne. Le contact est tellement important. Des savants ont dit qu’un enfant ne peut pas vivre sans contact. J’ai vu des bébés bien nourris se laisser mourir d’absence de contact. Et si on se donne la peine d’oser le contact, par les yeux, par la peau, par la voix, quelle récompense ! Le retour sur investissement est immédiat. Le thermomètre affectif dépasse les 40.
Qui n’a jamais été touché par un contact ?
A l’inverse, qui n’a jamais été blessé par un contact ?
Mais le poids du contact doux – douceur du toucher, douceur du regard, douceur de la voix – vous remet d’aplomb aussitôt, vous requinque, vous ragaillardit. Et vous en gardez le souvenir doux et chaleureux pour continuer la route. Personne ne peut vous le reprendre.
L
C'est doux, c'est tiède. C'est de la fourrure, de la soie, du velouté, ça n'a pas de forme (La douceur a-t-elle une forme,) ça ne se pose pas dans la main, ça s'insinue- sur la paume, entre les doigts. C'est mou; c'est glissant. C'est rampant. C'est vivant? C'est vivant!
Toucher sa propre peau. Reconnaître le grain, les plis familiers, les cicatrices, les cales, les jointures. Parcourir des doigts ces paysages, les chemins des veines, les talus et les collines des articulations, les côtés faces (plus rêches) et les côtés piles (plus tendres);
Trouver une aspérité nouvelle: le bouton! Ralentir, contourner, tâter, hésiter;;; gratter, gratter encore; se dire qu'on gratte trop et que, si on insiste...gratter toujours, écorcher, saigner.
A chaque fois, c'est pareil. C'était plus fort qu'elle, elle ne pouvait s'en empêcher. Pourtant, elle se préparait, elle se concentrait même, à la manière des champions olympiques qui anticipent sur l'épreuve en simulant mentalement leurs parcours.
Parfois même, il lui arrivait de tricher: "Non, celui-ci, c'est vraiment pas pour moi; J'abandonne. J'y vais pas"
Mais la plupart du temps, ça le prenait par surprise, traitreusement; elle baissait la garde, se laissait amadouer et paf, ça la reprenait.
Elle se trouvait ridicule. Elle était ridicule. Alors elle essayait d'être la plus discrète possible. Elle se retenait jusqu'au dernier moment, celui où elle ne dominait plus rien, où elle se laissait submerger.
Et là, alors, tout sortait en même temps. Elle reniflait le plus doucement possible à petits coups, pour faire moins de bruit, pour que les autres n'entendent pas. Elle essayait de ralentir sa respiration, de relativiser, de penser à autre chose- un comble! Elle ne venait quand même pas ici pour penser à autre chose...
Elle se tapotait les paupières- surtout ne pas frotter, ça marque, et surtout, SURTOUT, ne pas avoir les yeux rouges et le nez qui coule en sortant au grand jour de la salle de cinéma.
D
Cet objet est doux et soyeux. Cela me rappelle la fourrure de mon chat quand je le caresse le soir.
C'est l'hiver, le soir. Installée confortablement sur mon canapé, enroulée dans une couverture en laine pour renforcer cette sensation de douceur et de chaleur, je regarde les flammes du feu qui crépitent dans la cheminée. Je suis bien, isolée du monde extérieur, je baigne dans la chaleur et la douceur du foyer. Maintenant, je caresse la tête de mon gros chat qui se met à ronronner. Alors là, je plonge ma main sur son dos. C'est doux, c'est soyeux. Cette douce fourrure touche et réconforte ma main et bientôt tout mon être. La douceur de la fourrure, le ronron, le crépitement et la chaleur du feu m'inonde de bien-être.
Dans ce cadre, doux et réconfortant, je regarde la télévision. J'aime qu'elle m'apporte aussi des images douces et réconfortantes mais ce n'est pas toujours le cas. Parfois, elle me présente des films drôles, des reportages, intéressants mais parfois bouleversants aussi, et des comédies dramatiques.
Quand le film est bien fait et que les comédiens jouent bien leur rôle, je suis très touchée et émue. Oui, les bons films me touchent beaucoup quel qu’en soit le thème. Là, devant le feu, les émotions sont amorties, car dans la vie beaucoup de choses touchent et parfois révoltent. C'est une façon différente, plus linéaire et compréhensible, plus détachée aussi de voir des vies, des destins qui se croisent avec leur lot de bonheur et de malheur. Je vois ces personnages devenir les héros du quotidien et leur histoire me touche beaucoup car elle me rappelle souvent la mienne et celle de mes proches.
E
L'espace devient immensément grand, les yeux fermés et inexploité.
J'ai été étonné par cette légèreté soudaine dans mes mains. Je tentais de saisir fébrilement cette forme anonyme, précautionneusement, comme si son poids infiniment petit, arachnéen comme les fibres d'une toile, en démontrait sa fragilité.
Paradoxalement, cet objet, d'une douceur profonde semblait résister et se dérober de mes mains. Il me paraissait tenir une proie évanescente, presque vivante, fluide et agile, roulant comme un serpent. Sa volupté fût agréable, ses rondeurs tièdes glissaient ainsi que des volutes fuyantes, des étoffes brumeuses s'échappait vers l'inconnu.
Un sentiment familier m'est apparu, m'a investi de confiance. Cette douceur prend un nom, une identité, celui de mon félin de salon, et je vois apparaître sa fourrure noire au corps bombé et sensible- au velours silencieux- où mes mains s'établissent dans une communion égoïste.
Nous observons des espaces clos, tassés, des ombres bridées aux mœurs: notre esprit devant ce constat, la pupille soumise demeure dans son flacon de verre, ainsi qu'un parfum aux essences inavouées.
L'obscurité me conduit à une .... plus exploitable à notre créativité peut s'éventer, se libérer...
C
Avant tout, je me suis installée, yeux fermés, dans l'attente de l'objet. Mais subtilement, habitée des informations orales que j'avais entendues, une sorte de fébrilité s'est emparée de mon esprit. J'attendais en effet, j'attendais cet objet à toucher bien sûre, mais surtout, j'attendais d'être touchée car c'est bien ce contact, là qui allait arriver en premier. Etre touchée. J'attendais... Et tout à la fois mon esprit galopait déjà vers le texte à écrire. Celui-ci...
Et puis, vous m'avez touchée. Un toucher attendu est arrivé, tel que je l'avais imaginé, à l'image du toucher des mots qui l'avaient annoncé: léger, respectueux et annonciateur, annonciateur de découvertes et de créativité. Vous m'avez touché dans tous les sens du terme et vous m'avez donné à toucher. Comme je l'espérais d'ailleurs, l'objet était doux: une boule de poil soyeux. Yeux fermés, je ne sais pourquoi, je l'ai imaginé noir. Et puis j'ai senti que cette boule de poils pouvait se déployer et mes doigts ont cherché ce déploiement. Alors comme un collier de perles des boules plus petites accrochées et distanciées les unes des autres par un cordon se sont déroulées. D'une boule complète tenue dans le creux de mes mains réunies, j'ai expérimenté la longueur de ce "collier" de douceur. Une fois en tenant l'extrémité de la main gauche pour déguster avec délice la taille, la densité et la caresse de chacune d'elle, l'autre fois en partant de l'autre main; je mesurais en même temps la longueur. Je la mesurais sensoriellement à la mesure de mon propre corps. Mes bras se sont ouverts, ni trop largement, ni trop étroitement. Et puis à nouveau j'ai rassemblé les petites boules dans le creux de mes mains pour vous tendre l'objet. Un léger contact de nos mains a marqué cette transmission et donné le signal de l'écriture.
Cette boule de poil m'évoque une autre boule de poil plus vivante: ma chatte. Identiquement le toucher proprement dit est soyeux avec en plus cette vie qui palpite en elle. Il s'agit d'un contact habité, habité d'une personnalité et du contexte dans lequel il se déroule car le chat se laisse ou ne se laisse pas toucher. S'il est consentant, il s'abandonne à la caresse qui alors porte en elle le délice et la douceur d'un contact partagé porteur de bienveillance.
Car je crois que c'est justement la bienveillance qui me touche le plus dans la vie. Elle me semblait d'ailleurs avoir habiter les propos préliminaires à l'écriture. Pas de jugement! Il y a en cela, la bienveillance à soi-même
S
1-J’ai cru un instant que mon chat avait sauté sur mes genoux, mes doigts se sont enfoncés dans les poils avec volupté. J’ai retrouvé sa fourrure douce, soyeuse mais froide. Puis j’ai rencontré les petites boules de poil reliées par un cordon, un collier, une ceinture ? la sensation était moins agréable !
De la vie j’étais passée à la mort.
2- Un souvenir d’enfance, d’adolescence, de jeunesse : marcher nu-pied dans la vase, dans la bouillasse comme disent les enfants, dans le sable détrempé. Sentir la matière ni liquide, ni vraiment solide, glisser entre les doigts de pieds, un chatouillis supportable, comme une vraie caresse, quelque chose de doux, de chaud même, mais le frais est tout aussi plaisant.
Le pied s’enfonce légèrement mais n’est pas déstabilisé, la matière colle à la peau mais ne la retient pas. L’impression d’un massage mais aussi d’un nettoyage ; le pied est allégé quand il retrouve la terre ferme, le séchage et sa chaussure.
3-L’œuf que je ramasse dans le pondoir, encore chaud du ventre de la poule.
L’œuf solide sous la patte des poules et si fragile à la cuisine, ressemblant à un galet mais déjà plein de vie ; blanc, ivoire, brun.
Présentant quelques anomalies : presque rond, rugueux, strié.
A-t-il blessé la poule au passage ?
E

samedi 21 septembre 2013

Atelier d'écriture du 21 septembre 2013

KUB et Casseroles
Casseroles !!! Quel tintamarre ! On en a plein les oreilles… quelle idée de sortir les casseroles pour dire son mécontentement. D’habitude elles sont sagement rangées dans le placard de la cuisine, ou suspendues par ordre de grandeur sous l’étagère fixée au mur. A moins que, posées sur le feu, elles ne participent à la cuisson de quelques bons plats.
Mais là, dans la rue. Est-ce leur place ? Dans les mains de toutes les ménagères qui crient leur ras-le-bol de la vie trop dure, des légumes qui augmentent sans cesse, des salaires toujours trop justes pour boucler la fin du mois. Et puis toutes ces casseroles sonores, tambourinantes vont finir cabossées, bosselées, déformées et il faudra les remplacer. Alors !?

1.M
Kub Or
J’ai pensé à la soupe à l’oignon que j’ai préparé hier matin.
J’ai visualisé le contenant.
J’ai pensé aux différents plats cuisinés qui nécessitaient un ou deux Kubes ; poissons, viandes rouges etc….
J’ai essayé de me souvenir de l’âge que je pouvais avoir lorsque j’ai commencé à acheter régulièrement ce KUBE.
Cette odeur me rappelle que je ne sale pas ma cuisine.
Les casseroles sont indispensables et peuvent durer une vie. J’ai connu une personne qui par contre ne faisait pas durer ses casseroles. Toutes ses casseroles avaient perdu leur queue- tombées ou brûlées par la flamme de la gazinière. On peut imaginer le nombre de casseroles maltraitées dans la vie de cette personne.
2.D
Muscade ? Chocolat ? Kub-Or !
Le bouillon-cube est un menteur.
  1. 1.Ce n’est pas un cube. Au mieux un parallélépipède rectangle- voire un tas informe en cas d’humidité importante dans la cuisine.
  2. 2.Malgré son nom, il n’est pas en or.
  3. 3.Il ne bout pas, sauf si on l’y oblige en le mettant à chauffer dans une casserole avec beaucoup d’eau.
  4. 4.Il ne sent ni le bouillon, ne le! Celui-ci sent la muscade, il ressemble à un chocolat.
Il est d’ailleurs nimbé de mystère : tout le monde est capable de faire une recette de cuisine où il entrera en action. Là, il n’est pas mystérieux, il est quotidien, aussi banal que le sel, le beurre et la farine. Non, ce n’est pas dans son utilisation qu’il questionne… C’est dans son origine.
D’où vient-il, ce petit bout de saveur ? Est-il ainsi dans la nature ? Non bien sûr, ne soyons pas naïfs : pas d’arbres à bouillon, pas de racine cubique dans les champs et dans les jardins.
Dans l’imaginaire collectif, il est censé être d’origine animale : on aurait fait bouillir (bouillon…) quelques poules avec des petits légumes, ça aurait mijoté longtemps, on aurait touillé, puis… Puis quoi ? Desséché au fond d’une gigantesque casserole, et alors on aurait gratté le fond pour récupérer une sorte de poudre qu’on aurait ensuite …aggloméré ? Mis dans de petits moules rectangulaires (non : parallélépipèdiques), laissé sécher (au soleil ? Dans un four ?)
Des dames avec des coiffes blanches et des gants en caoutchouc auraient ensuite démoulé précautionneusement les petits cubes (parallélépipèdes rectangles…) auraient découpés des petits morceaux de papier- argent avec lesquels ils les auraient emballés…
… N’importe quoi ! Réveillons-nous, levons le doute une fois pour toutes.
« Ingrédients : sel-exhausteur de goût : glutamate, et inasinate de sodium, huiles végétales, arômes, blé, soja, sucre, oignon, sirop de glucose, acidifiant : acide citrique ; antioxygène…
Peut contenir des traces de lait et d’œuf. (Tiens, voilà la poule, enfin !) Je maintiens : le bouillon cube est un menteur !
On ne parlera jamais assez du drame d’être un enfant du milieu. On n’est pas l’aîné, nos parents ne nous ont pas choyés comme l’unique trésor de leur vie pour quelque temps. On n’est pas non plus le petit dernier, le « chouchou » comme disent les autres, les plus grands, jaloux de ce tout-petit qui leur pique la place dans la chaise haute et dans le cœur des parents. Non, on est au milieu. Ni le plus grand, ni le plus petit. On est toujours entre deux… Et moi, je suis au milieu. Pas toute seule : on est deux. Moi, je suis la plus petite du milieu : la troisième en partant de la grande, l’avant-dernière.
Pour les pâtes, le riz, les cuissons avec beaucoup d’eau, c’est l’aînée qu’on choisit, la grande, la responsable, celle qui ne laissera jamais déborder la cuisson. Avec elle, c’est sûr, pas de dégâts. Eventuellement, on peut prendre la deuxième, juste un peu moins grande, mais aussi très raisonnable. On court peu de risques avec elle, et, cerise sur le gâteau, elle est moins lourde que la première. Pour les cuissons précises, de détail, pour faire fondre le beurre, le chocolat, tous ces mets délicieux qu’on accommode en cas de grande cuisine, c’est la petite dernière qui a l’exclusivité. Avec elle, le caramel frétille sur une surface pas trop grande, la praline fond sans se répandre.
Et moi dans tout ça ? Trop petite ou trop grande, je ne conviens jamais. Ah ça, c’est sûr, j’ai le fond propre ! Et pour cause… Je ne vois pas souvent la flamme ! Je reste la seule des quatre suspendue à mon crochet, dernière inactive de ma série, je lorgne de loin mes sœurs qui frétillent sur les feux de la cuisinière, empoignées, cajolées, lavées rapidement puis réutilisées aussitôt… Eh ! Oh ! J’existe ! Je peux être utile, moi aussi… une petite crème anglaise, une sauce au vin, c’est pour moi ! C’est pile mon format, je suis faite pour ça !
Mais c’est sans espoir… nos maîtres n’apprécient ni la crème anglaise, ni la sauce au vin ; alors je reste à mon crochet, je déprime. Un jour, je prendrai ma liberté, je partirai d’ici… Je suis sûre que personne ne s’en rendra compte et je pourrai enfin vivre ma vie, peut-être dans une cantine, dans une cafétaria, peut-être même un grand restaurant !
Et là, je leur montrerai, à tous, qui je suis ! Moi, la troisième casserole de la série !
3.D
Rester sous les couvertures, bien au chaud, encore un peu, yeux fermés dans le noir. Ne pas se lever malgré les aiguilles de lumières qui annoncent le jour. Mais l’odeur de cuisine, montée du bas, têtue me rappelait la faim, le petit déjeuner me manquait, la petite douleur là dans le creux du ventre m’incita à me lever. L’escalier descendu, je retrouvais ma mère en pleine lumière affairée à préparer le bouillon, entourée de légumes et d’épluchures, la bête nue prête pour le grand plongeon trônait sur la table… Je dégageai un coin de table pour poser mon bol et ce qui m’avait été préparé par le tourbillon maternel avant qu’il ne reparte prodiguer ses soins à l’élue du repas dominical. Parfois je participai à cette course alimentaire épluchant ça et là pomme de terre ou oignons. Le calme retombait avec le bruit du couvercle posé sur la cocote. Victoire du matin qui trouvait son apogée dans l’assiette du midi.
Des casseroles
Des gamelles melles melles melles- des bidons dons dons dons –Bis
Un peu de savon noir sur les fesses et te voilà prête pour le feu ! Ton âge se compte au nombre de tes bosses. En équilibre précaire sur le sol herbeux qui vit verser plus d’un liquide précieux !
D’usages variés plus qu’alimentaires, tintamarre joyeux associé à la louche. Passe d’arme pour assommer les copains. Accessoire de douche pour réveil matin. Te voilà au fond de la cantine. L’été prochaine… prête pour
4.D
K.U.B Koala Utopique Bedonnant
Depuis l’introduction en Afrique des bouillons cube, largement utilisés dans les sandwiches et sauces accompagnant le riz, le taux de mortalité par maladie cardiovasculaire a énormément augmenté. Doit-on conclure que les cubes importés ne sont pas dégraissés ??
Le bourguignon au micro-onde, ça sent mais pas longtemps.
Ding fait le microonde, languette à ouvrir, avant de manger, fermer les yeux.
Bloup, bloup bloup fait la sauce du boeuf en cuisant doucement sur le bord de la cuisinière.
Cot cot cot fait la poule dans la cour en voie d’être mangée mais encore vivante et inconsciente
La belle de Cadix chante Paulette en montant sa mayonnaise
Gling Gling, dong dong font les gamelles
Ding dong font les cloches il est midi
Miaou fait le chat qui réclame sa part de lait.
5.G
Expérience olfactive : l’odorat.
Les mots qui viennent au moment où je sens : Jérusalem, Afrique, les mamans, cube magique, tambouille.
Gastronomie africaine : Dans les différents pays d’Afrique centrale ou de l’ouest où j’ai pu passer ou vivre, la cuisine occupe une grande place dans la vie des femmes. Place spatiale et horaire. Allumer le feu, étaler la cendre sur la casserole en étain, piler le manioc, trancher la viande. Ah ! Trancher la viande : toujours de la même manière, en cubes, quel que soit le morceau. Et la française gourmande que je suis reste muette de stupeur devant ce qui lui semble un vrai crime. Et puis, la pâte d’arachides qui sert de base à tous les plats. Tous. Absolument tous : salés, sucrés, neutres. Il faut de la pâte d’arachides.
Mais le MUST. Le chic suprême. L’indispensable. L’élément qui fait que le plat cuisiné sera appréciable. La touche de raffinement. La touche exotique (oui ! oui ! exotique) L’heure de gloire de la France. Le seul moment où les colonisés ont une pensée émue pour leurs colonisateurs. La pointe d’or : le CUBE MAGIQUE. Attention, pas le cube Maggi mais MA-GI-QUE. Bon, si vous regardez la boite, il s’agit bien d’un Kub-Or Maggi. Mais c’est tellement magique qu’on ne l’appelle plus que comme ça. C’est le secret de cuisine qui se transmet de mère en fille.
Pour un plat ordinaire, de tous les jours, on met un cube. Quelle que soit la quantité cuisinée. Plus on veut monter en qualité, faire chic, plus on met de cubes. Là encore, quelle que soit la quantité. Parfois les plats ont le goût du cube magique.
Bizarre pour une française gourmande chez qui le kub-or n’était utilisé que faute de mieux.
Mais bien pratique. A chaque retour d’un voyage en France, un grand sac, rempli de boites Maggi kub-or, me permettait d’avoir mon heure de gloire. Arrivée en fanfare : tam-tams, escorte de pick-up branlants, you-yous … et à la fin de la journée, en provenance directe de leur pays d’origine, originaux garantis, non contrefaits, distribution des cubes magiques.
La gloire dorée !
6.L
Ce papier doré que j’ouvre délicatement en fermant les yeux un peu comme un trésor et qui laisse échapper cette délicieuse odeur, me transporte bien des années en arrière, au temps où, enfant, j’allais cueillir et récolter les légumes dans le jardin de mes grands-parents. Cette odeur, c’est celle du cerfeuil, encore humide de la rosée du matin. Celle du bonheur de mon grand-père de me montrer un escargot, une coccinelle ou un ver de terre. Ce papier doré, ce sont aussi les yeux de ma grand-mère quand je dévore avec gloutonnerie sa soupe. Ce papier doré et son odeur, c’est mon enfance qui me revient de loin.
Ha Bernard ! Quelle idée ! que veux-tu écrire sur des casseroles ? Finalement, oui, je sais. Tes casseroles me font penser à mon voisin. Le matin sous ma douche, il fait profiter tout l’immeuble de ces vocalises. Faut dire, les appartements sont tellement bien isolés que du rez de chaussée au cinquième tous en profitent. D’ailleurs, à ce propos, la pharmacie du quartier est en rupture de stock… rupture de quoi ? Ben de Boules « Quies » pardi ! Il chante comme une casserole.
7.C
L’odeur du K . U . B
Fermer les yeux, sentir la chose.
Après l'odeur, la vision du cube d'or.
Celui que je n'achète plus depuis longtemps.
Que l'on rajoute à l'eau du bouillon. BEURK !
Plusieurs fois sous le nez je renifle cette odeur :
fort parfum cuisiné. Sans souvenir.
La poule au pot peut être ?
mais depuis quand n'en ai-je pas mangé ?
Cette odeur couvre toutes les autres.
Maintenant je l'ai dans le nez.
Qu'allons- nous manger?
Qu'allons- nous manger ce midi ?
A première vue, dans le placard
de la cuisine pâte, riz, nouilles ;
les féculents s'accommodent eux
aussi d'un bouillon KUB .
J'envisageais plutôt des légumes frais !
Faire, avec trois feuilles de laurier, du
thym, un tour dans le jardin.
Cueillir les aromates et recueillir
leur odeur. Rajouter un clou de girofle
s'il en reste, piquer dans un oignon.
Voilà qui est plus naturel et me donne
envie de souper, de potage.
Proposer par Bernard
de vieilles Casseroles
« Nature morte aux trois casseroles »
La composition du tableau de Picasso, collage d'objet, date de 1913.
Cette version 3D reconstituée pour l'exposition est une pâle copie
de ce que nous avait habitué le grand maître. (Casse se la ne tienne ! Casse role Etienne! )
Elles sont devant nous et nous devons les reproduire à notre tour.
Version papier, coller ou coucher de mots sur le cahier ? Je n'ai aucune idée.
Comment aborder ce sujet ? Quel angle de vue ? Par quelle queue prendre la casserole?
Je n'en ai aucune idée...Les voilà qui s'envolent ! Prise de cours elles sortent.
La chaise sur laquelle elles reposaient comme du lait sur le feu est maintenant seule.
Figée devant nous. Incapable de bouger. De prendre ses jambes à son cou.
(en italique rajoutez au moment de taper l'exercice)
8.C
Le réveil des sens passe par un bon petit plat préparé.
Avec amour souvent, c’est mieux, que par simple obligation.
Le souhait de faire plaisir, de préparer sa table pour un repas en famille, un soir de semaine, simplement.
On se retrouve. Ses enfants présents.
Les odeurs parcourent les pièces.
Ses notes si fragiles, si douces et, si légères amènent la chaleur, la douceur au foyer.
La cuisinière tient son rôle. Celui d’ouvrir les papilles, de mettre en appétit.
Elle dose les saveurs.
La muscade pour le goût, quelques notes poivrées pour saisir, et une touche de réglisse vient colorer ce délicieux mélange.
Ces odeurs sont chez elle, partout.
Elles parcourent toutes les pièces en quête de nez pour les sentir.
Elles se répandent même ; jusque chez nos voisins, jusque dans nos rues.
Le partage n’est pas trop peu pour elles.
Quant au plat, seules les bouches concernées le dégusteront.
Ce sont ses privilégiées.
Avec la sensation d’avoir accompli sa tâche, la cuisinière aura réuni sa famille autour d’une table, dans la douceur et la chaleur de son foyer.
Aussi, le réconfort, le soulagement, la sécurité d’une journée qui se termine.
Le plaisir de se retrouver.
Ah, famille, je vous aime !
Les casseroles
Ces casseroles ont du vécu.
C’est sûr. Même certain.
Ça se voit !
Rien qu’à leur apparence
Terne, bosselée, usagée.
En vieux métal, en plomb,
Ou peut-être, est-ce en fer ?
Quoiqu’il en soit,
Elles sont cabossées ces casseroles.
Le fond est noirci
Par l’aliment trop cuit.
Sous les bombardements, les éclats d’obus
Elle ont su résister
Peut-être pas, leurs usagers.
Elles ont menées bien des combats
Lâchées par les soldats
Surpris par les attaques du camp adverse.
Ils ont été pris dans les coups de feu, les bombardements.
Ils en oublient leur répit.
La casserole restée sur le réchaud
Finit renversée, gâchée ou bien même brûlée
Car les soldats qui s’en servaient
Sont restés dans la tranchée. Couchés.
Cette casserole est là,
Pour nous en témoigner.
Le réveil des sens passe par un bon petit plat préparé.
Avec amour souvent, c’est mieux, que par simple obligation.
Le souhait de faire plaisir, de préparer sa table pour un repas en famille, un soir de semaine, simplement.
On se retrouve. Ses enfants présents.
Les odeurs parcourent les pièces.
Ses notes si fragiles, si douces et, si légères amènent la chaleur, la douceur au foyer.
La cuisinière tient son rôle. Celui d’ouvrir les papilles, de mettre en appétit.
Elle dose les saveurs.
La muscade pour le goût, quelques notes poivrées pour saisir, et une touche de réglisse vient colorer ce délicieux mélange.
Ces odeurs sont chez elle, partout.
Elles parcourent toutes les pièces en quête de nez pour les sentir.
Elles se répandent même ; jusque chez nos voisins, jusque dans nos rues.
Le partage n’est pas trop peu pour elles.
Quant au plat, seules les bouches concernées le dégusteront.
Ce sont ses privilégiées.
Avec la sensation d’avoir accompli sa tâche, la cuisinière aura réuni sa famille autour d’une table, dans la douceur et la chaleur de son foyer.
Aussi, le réconfort, le soulagement, la sécurité d’une journée qui se termine.
Le plaisir de se retrouver.
Ah, famille, je vous aime !
Les casseroles
Ces casseroles ont du vécu.
C’est sûr. Même certain.
Ça se voit !
Rien qu’à leur apparence
Terne, bosselée, usagée.
En vieux métal, en plomb,
Ou peut-être, est-ce en fer ?
Quoiqu’il en soit,
Elles sont cabossées ces casseroles.
Le fond est noirci
Par l’aliment trop cuit.
Sous les bombardements, les éclats d’obus
Elle ont su résister
Peut-être pas, leurs usagers.
Elles ont menées bien des combats
Lâchées par les soldats
Surpris par les attaques du camp adverse.
Ils ont été pris dans les coups de feu, les bombardements.
Ils en oublient leur répit.
La casserole restée sur le réchaud
Finit renversée, gâchée ou bien même brûlée
Car les soldats qui s’en servaient
Sont restés dans la tranchée. Couchés.
Cette casserole est là,
Pour nous en témoigner.
9.S
Mots : Odeur de cuisine, épices, agreable, comme à la maison. Du temps de ma grand-mère, qui vivait avec nous, on ne parlait pas de mal bouffe.L’odeur de cuisine,qui embaumait toute la maison,témoignait d’un labeur incessant,au services de nos estomacs toujours vides.Thym,laurier,persil, sel et poivre,étaient les ingrédients essentiels qu’elle utilisait.Nous étions trois petits ogres, avec mon frère et ma sœur, répétant inlassablement : Mémére qu’est ce qu’on mange ? Je me souviens du vermicelle que nous faisions craquer sous nos doigts pas toujours propres.le manque d’hygiène la faisait raler.Mon frère,dans une rédaction avait expliqué pourquoi il aimait sa grand-mère :parce qu’elle prépare mon petit déjeuner et donne à manger à mon chien.Tous les samedis après midi, elle préparait un cake délicieux, toujours le même, en prévision du goûter dominical.Regroupés autour d’elle, nous espérions qu’elle nous laisserait un peu de cette pâte onctueuse et parfumée, que nous lécherions sur nos doigts.Senteurs d’hier jamais oubliées : la soupe de poireaux pommes de terre qu’il nous fallait ingurgiter.Comme beaucoup d’enfants nous n’aimions pas le potage même s’il faisait grandir. Je suis fière actuellement de l’avoir observée et savoir faire comme elle la blanquette de veau et le pot au feu à l’ancienne.Quand j’épluche des légumes, prépare des bons petits plats, je sais que quelque part elle sera toujours vivante.         
Les casseroles
On voit encore de vieilles casseroles dans les cours de fermes, à l’ancienne. : On y met des graines ou de l’eau pour les poules, la pâtée du chien qui dort dans la niche.
Je possède deux ou trois petites gamelles émaillées, ternes et rouillées.J’ai voulu les jeter au grand dam du mari, qui les transportait depuis des années.Témoins d’un passé culturel et familial, il ne l’aurait pas supporté.
Traînait il ainsi ses casseroles ? J’avoue que cette expression reste toujours un peu mystérieuse pour moi.Sont elles bruyantes, afin que tout le monde vous remarque ? Ou éloignent elles la foule, telles les crécelles accrochées au cou des lépreux ? Je ne sais que dire sur l’inconscient de ces pauvres casseroles brinqueballées de droite et de gauche : Freud n’en a pas encore parlé !
10.AM
Thème : Que vous suggère un produit délétère mis de force sous les naseaux.
Une agression pure et mijotée, perpétrée par une grande prêtresse juste descendue du métro riche en odeurs épaisses et même variées, le métro pas la dame  intriguée  jusqu’aux yeux, qui s’est mise à errer dans la salle probablement stressée en mal de couloirs. Elle était une amie d’une cassolette d’un morne aspect, exhalant une odeur innommable. Les yeux fermés ordonna-t-elle. Sa langue avait fourchée, voulant parler de mes soufflets surpris et désolés qui se contractèrent illico, tandis qu’un mal au cœur me retournait la luette. Vite la prairie, Ah ! Les vaches, l’herbe fraîche, les sous-bois à la chlorophylle. Alors dans le plus grand silence emportée par le vent vers le client suivant, l’air est redevenu plus léger et j’ai retiré ma main de sur mon portefeuille.
11.B
il manque 5 textes

samedi 8 juin 2013

Atelier d'écriture du 8 juin 2013


Les textes de cet atelier juste avant l'été ne nous sont pas tous parvenus. Un atelier avait lieu à la Médiathèque le matin, et un autre atelier l'après-midi au Chateau de Saint Germain de Livet. Les écrivains étaient les mêmes, Annie Bons était l'animatrice des deux ateliers. Les textes de l'après-midi sont parfois mêlés à ceux du matin. Bonne lecture tout de même.Si des retardataires se décident à envoyer leurs textes, nous pouvons les intégrer sans souci à ceux ci-dessous.


Trouver un miroir, un lieu qui réfléchit une image. Observer le reflet, ce qu’on voit en arrière ou au travers. Après l’observation, noter 4 ou 5 mots qui viennent de l’observation. Puis faire quelque chose avec ces mots.
Le miroir de l’âme
Mieux qu’un cauchemar, pire qu’un mauvais film. L’image est nulle : floue, distordue, illisible. Quoique … les boites rose fuchsia du marchand de chaussures font bel effet dans cette façade de verre de la médiathèque. Et puis, la forme en Y des fenêtres de l’immeuble en face est plutôt rigolote. Bon ça ne fait quand même pas un bon scénario. Tiens, le monsieur qui se met le doigt dans le nez en pensant que personne ne le voit ! Bon ça ne fait toujours pas une page d’écriture pour l’atelier d’Annie. Elle risque d’être déçue, Annie !
Le soleil tape. Je vais rentrer. Non, un dernier effort. Je regarde, je regarde et je vois … de l’Hébreu. Si ! Si ! Je lis « croissanterie » de droite à gauche. Sympa ! Non ? Je regarde encore un peu et je distingue un mouvement de l’autre côté de la vitre. Des gens, peut-être ? Une plante ou une forêt tropicale ? Et puis moi. Immobile au milieu du tableau. Mais de quel côté suis-je ? Où est ma droite ? Où est ma gauche ?
Bizarre.
Réflexion …
Cette façade qui réfléchit tout mais déformé. Qui laisse tout deviner de l’intérieur mais ne livre aucun secret. N’est-ce pas moi ? N’est-ce pas l’image de ma vie intérieure ? Je peux tout y voir et tout y deviner mais ne saisis rien. Je dois décoder et deviner tout en sachant bien de quoi il s’agit.
Bizarre cette façade en verre de la médiathèque.
N’est-elle pas aussi l’image de l’Autre ? L’Autre qu’on croit connaître mais dont en fait on ne sait que du flou, du déformé, de l’à peu près ?
Bizarre cette façade. Bizarre cet exercice.
Mieux qu’un cauchemar mais pire qu’un mauvais film.
E

Tout pour l’audition
Oui au marché
Si l’on a une bonne audition
On peut entendre des tas de bruits.
Tout pour la vue
Oui au marché
On peut apercevoir des reflets
Dans les vitrines des magasins
Echoppes diverses, ombres fuyantes
Sous le soleil de Lisieux
Où parfois on en prend plein les yeux
Le soleil dont je ne sais quel Satan
M’avait privé ces derniers temps
Se fixe sur la lunette arrière de la voiture
Me brûlant les yeux
Au point que je doive détourner le regard.
M

Le miroir ocre m’habilla de chaudes couleurs.
Les pâles visages se teintaient d’un hâle fictif.
La vie se réchauffait de milles paillettes cuivrées.
Mirage sur la route des vacances où la brume de chaleur déformait les êtres et les choses… Le reflet des immeubles annonçait leur chute prochaine, château de cartes déséquilibré Miroir du « Palais des glaces » de mon enfance où es-tu ?
S

100 Millions d’Euros !
100 millions d’Euros voilà ce que disait l’affiche bleue de JackPot derrière la vitre du kiosque à journaux.
Et même, si on s’arrêtait un peu devant, elle disait « 100 millions d’euros MINIMUM » !
Déjà, 100 Millions, c’était pas mal : je pouvais m’offrir 100 maisons à 1 million, 45000piscines à 22222,222€, 2 millions 400,08 paires de chaussures à 49,99 €, 13333333kg de cerises, 66 666 666,666 cafés en terrasse, 12 784 815 plants de tomates sur le marché… Je pouvais m’offrir… le monde entier.
(Je pouvais même acheter 1000 millions (minimum) de tickets de Jackpot pour gagner encore une fois les 100 millions d’Euros (minimum).
Dans le reflet de la vitre du kiosque à journaux, les billets virevoltaient, les petits bleus de 5, ceux de 20, de 50, et même ceux qu’on ne voit jamais, 200, 500…
Dans le reflet de la vitre du kiosque à journaux, je me voyais aussi en transparence sur l’affiche du Jackpot : ce que je voyais, c’était la millionnaire, la propriétaire bienheureuse des 100 maisons, des 45000 piscines, des 13333333,3 kg de cerises !
Les 2 millions 400,08 paires de chaussures scintillaient à mes pieds, telles des pantoufles de vair d’une Cendrillon enfin reconnue par la chance.
Les 12784815 plants de tomates ondulaient doucement, chargés de 76708890 tomates bien mûres, clignotant derrière mon reflet dans la vitre.
C’est alors que le reflet de la vitre du kiosque à journaux explosa, le verre se brisa en 100Millions (minimum) de petits débris, et l’affiche apparut sans le titre explicite : « Super JackPot, 100 Millions d’Euros Minimum. Tirage Vendredi 7 juin » Et on « était samedi –samedi 8 juin.
D

2° exercice :
Se mettre à deux. Dans l’exposition de Muzo, choisir un tableau où il y un reflet. Lui donner un titre, puis faire dialoguer les deux parties du tableau.
Tout
Exercice fait en compagnie de S.
Tableau choisi : deux profils emmêlés forment un seul visage. L’un des profils a un nez immense et une oreille. L’autre une immense bouche avec 6 dents.
Le nez parle à la bouche
Le nez : c’est quoi l’adresse de ton dentiste ?
La bouche : c’est le dentiste à 6 dents, pas dissident.
Le nez : tu crois qu’il soigne les tarins aussi ?
Les dents : tarin, tartarin, se tartarer. J’peux lui demander. J’pense pas qu’il ait la dent dure.
Le nez : le dérange pas, j’irai au pif. Je prêterai l’oreille au bruit de la roulette.
Les dents : avec ton grand nez et mes six dents, les deux yeux au milieu, nous sommes prêts à y aller ensemble …
Les deux ensembles : ça roule !
E. S.

En chasse ! D’abord la Médiathèque. Logique, j’y suis. Illico presto, subito, direction la salle de prêts et pourtant propre de près ; soit dit en passant. Excepté l’ictodon à queue plate qui ne sort que la nuit, on y trouve… tout ; surtout des livres et des vitres, lourdes de promesses vitrifiées et ce jour voilées pour cause de soleil et ceux et celles qui les font vivre…les livres et les cachent parfois. J’entre, virage à droite : Extase, jubilation. Tout est là. Miroir, reflets, réflexion, transparences, apparence, apparitions : superpositions ; sur six ou sept mètres de haut. Véhémente surprise. Face à la chose je m’affale sur un fauteuil bas sans bras. Evidence, spectacle parfait, forcément à la Médiathèque André Malraux. Cinq images superposées, sans rapport ; quoique leur dissemblance contribue à leur originalité. En bas, deux poteaux avec chaussures supportent une vue du Havre avec eau sèche, œuvre de Pissarro, sublime bien sûr. Au dessus, si ce n’est pas un chantier de démolition, c’est un atelier de menuiserie avec poutres que des bipèdes semblent passer à la dégauchisseuse, une surtout, les autres sont au plafond ; les poutres ; avec chat incertain en bas à droite. On doit pouvoir s’en passer. D’ailleurs ce n’est pas un chat et ça se passe sur la tôle d’une camionnette du marché à fanfreluches. Rien ne bouge. Entre le peintre et les hommes du bois, posé sur le Havre beau quoique incongru, un demi melon adulte de Cavaillon. Je tâte, tâtonne, je soulève, on voit les dents. Un peu surpris mes orteils se contractent. En bas le pied bouge. Ça doit être à moi tout ça. Instinctivement, je bigle vers le haut. D’un seul élan l’Eglise Saint Jacques quoique légèrement tronquée, s’élève, …, m’éblouit. Splendeur lumineuse, les hommes industrieux, le peintre inspiré, le sanctuaire hors du temps, la beauté toujours.
Si soleil chaud, ensemble visible gratuitement aux heurs d’ouverture de la Médiathèque. Demandez à la caisse avec précaution. Guide bilingue.
B

Ce samedi matin, derrière les étalages du marché, un miroir, placé à côté d'une mercerie, m'attire. Je m'approche et je me regarde. J'éprouve le besoin de déplacer une mèche de cheveux qui tombe trop sur les yeux. Puis, je réajuste un peu mieux ma coiffure.
Alors, j'ai envie de me regarder dans la vitrine.Là, je vois encore mon image, mais elle a changé,elle est devenue beaucoup plus floue,,suggérée presque, se mêlant aux passants qui se promènent. Je vois aussi la vendeuse qui mesure et taille le tissu dans son magasin. Mon image ou plutôt, la silhouette d'un visage au milieu d'une mosaïque de couleurs, flotte  au dessus des canevas. C'est comme si j'étais au milieu de ces canevas, de ces napperons, de ces fils à broder aux couleurs magnifiques et j'aimerais presque les acheter. Et en même temps, c'est comme si j'étais aussi au milieu du marché, avec ces passants, ces badauds, ces dames derrière moi qui essaient des chaussures.
Alors, je reviens me regarder devant le vrai miroir fixe et net. Je compare les deux images et je m'aperçois que je préfère celle de la vitrine où tout se mêle. Là, mon image est liée à cette vie extérieure et à toutes ces personnes qui portent chacune une histoire, leur vie personnelle.
Aujourd'hui, en me regardant dans cette vitrine, tout se mêle,mon image, ma vie, toutes ces images, ces vies individuelles, si différentes les unes des autres. Tout cela est rassemblé, assemblé, dans ce même lieu, au même moment,  sur le Marché. Le Marché, lieu de vie et d'histoires...
E

Une idée de soi
Sa silhouette se découpe sur l’image de l’apéritif. Drôle d’histoire, l’apéro à 10h30 du matin, trop tôt, même si la brasserie auquelle elle tourne le dos se trouve pleine à craquer. C’est quand même pas l’heure !
Du coup son regard accroche le rose des boîtes à chaussures. Il faut dire que le rose flashy sur l’image en noire et blanc de Muzo, ça la ramène quelques années en arrière, robe rose, chaussures noires sur fond blanc d’amertume. Son esprit vagabonde parmi les souvenirs puis revient à l’agitation des bras, des bustes, des têtes qui lui tournent le dos. L’image s’anime, tout d’un coup les gens de la rue s’accrochent au tableau et s’invitent à l’apéritif. Muzo prend de la couleur et revient à la vie. Elle devient une passante qui regarde les gens à l’apéro chez Muzo. Pas trop longtemps, même si les livres l’attirent, elle se laisse entraîner par l’agitation et participe à la fête du soleil, un verre à la main.
Le nez parle à la bouche
N : C’est quoi l’adresse de ton dentiste ?
B : C’est l’adresse du dentiste à six dents, pas dissident !
N : Tu crois qu’il soigne les tarins aussi ?
B : Tarin, tartarin, se tartarer, je peux lui demander ! je pense pas qu’il a la dent dure !
N : Le dérange pas ! J’irai au pif ! Je prêterai l’oreille au bruit de la roulette !
B : Avec ton grand nez et mes 6 dents, les 2 yeux au milieu, nous sommes prêts à y aller ensemble.
B&N : Ça roule !


Saule pleureur
Impression de vie
Chatoiement et splendeur

Clapotis de l’eau argentée
Jaune doré de l’églantier
Passage du cygne blanc, glacé

L’onde s’exprime, sous- jacente
La régularité devient apaisante
La sensation au cœur du monde

Tâches de couleurs entre les pâquerettes
Apparition magique du château
La fée n’a pas daigné apparaître

Feuilles en mouvement
Balancier de la vie
Couleur d’espoir, vert profond


Harmonie du temps qui passe
Les feuilles qui bruissent
Les écrits qui naissent


Crise de bord mer,
Il s’assit, rêveur. Laissant son regard vagabondé de l’autre côté de l’anse. Il se remémora la scène qui venait de se dérouler une heure plutôt, plein de tempête et sentant la peur. Tristes dégâts de son existence passée. Pour chasser ce souvenir désagréable, il se mit à longer le chemin côtier. Son regard se portait sur la falaise brune au loin. Il parcourut en pensée, la peau brune de sa femme. La colère le prit par surprise et il serra les dents, sa main accrocha les genêts, les herbes sauvages ; ses pieds piétinèrent le sol caillouteux ; il n’entendait même plus le roulement des vagues. Sa tête s’emmêlait et se démêlait au gré du ciel gris ardoise. Il se calma, et se remit à marcher rapidement, sans état d’âme. Il longea la bande de sable au pied des roches brunes. Il ne s’occupait pas de l’espace bleuté à côté de lui. Il s’accrochait tout d’un coup à l’espoir qui l’envahissait. Il lui dirait qu’elle l’avait profondément blessée et que la renaissance passerait par le dialogue et la tendresse. Il en avait besoin comme le sable qui coule doucement dans les mains. Son visage se tendit, et il gouta la sueur salée de son front. Le courage lui vint, il accéléra le pas ; l’odeur iodée de la mer l’accompagnait. Il se ressourçait du souffle de la brise. Quand il la vit au bout de la falaise, un grand souffle intérieur, couleur dorée, le transperça.
S

Lady Chatterley
  

L’automne est là, paré de ses douces couleurs. L’aube n’est pas loin. Une odeur de mousse, de champignons rend l’air frais, exaltant. Au loin les cloches du château sonnent pour appeler à la messe du matin. La femme debout, sombrement vêtue, hume l’odeur douceâtre de l’humus. Elle est à l’arrêt, devant un grand chêne dénudé. Elle a rendez- vous devant la cabane située près du ruisseau. Propriétaire du château, elle a des instructions à donner pour l’entretien des bois alentours. Perdue, un peu tremblante, légèrement essoufflée, elle se repose. Elle n’est pas habituée à l’exercice physique et elle sent que la vivacité de l’air met ses sens en éveil.
Non loin du pont qui traverse la rivière, un homme s’approche et la salue bien bas : Bonjour Lady Chatterley.

Portrait de sa fille Rosalie.
Elle pose d’une manière académique, comme il sied à l’époque. Elle n’est pas vraiment jolie, ses traits sont même un peu masculins. Sa belle robe bleue met en valeur son teint d’albâtre, son long cou et ses jolies épaules. Sa coiffure sage et peu seyante donne envie de dénouer ses cheveux, dégageant une fragrance lourde et épicée. Tout semble paisible et aucun bruit ne transparaît durant cette séance de pose.
C’est un calvaire pense t-elle en son for intérieur.Elle ne voit rien devant elle hormis la prairie à perte de vue. Sa bouche est sèche, elle n’a rien bu depuis le repas de midi. Qu’est ce qu’elle ne donnerait pas pour un verre bien frais de sirop d’orgeat ! L’odeur nauséabonde des étangs proches lui soulève le cœur et le pépiement des oiseaux l’agace au plus haut point.
A vingt trois ans elle rêve d’un autre avenir Non elle n’envisage pas de servir de modèle à son père toute sa vie. Ce dernier, peintre talentueux mais qui n’est pas encore célèbre la couvre d’invectives : Tiens toi droite mais sans raideur, souris, donne une âme à ce portrait.
Franchement, si sa fille continue ainsi, c’est sur, ce pastel sera sûrement raté !

Grenouille fugueuse
Dans l’eau moirée
Tu t’évades  

Cygnes majestueux
Sur l’onde mutine
Naviguent au vent.

Saule ancien
Couhé dans l’eau
Pleure tristement.

Visiteurs hagards.
Dans le parc somptueux
S’égarent.
AM
Le troupeau progressait vers la mer. Les sabors englués dans le sable comme une flottille en perdition attirée par le chant des sirènes. Un beuglement dans le lointain. Qu'avons-nous fait? Quel sort nous a été jeté? La roche noire raisonnait de ses cris, le liseré de l'horizon tranchait le ciel de son gris acier. la soie blanchâtre des nuages adoucissait la scène. est-ce l'été ou bien l'hiver? Nul bruit sur la route. nul bateau sur la mer. Sûrement un marée basse. Du haut de la jetée, le regard glissait du champ du massacre aux froides falaises, impassibles, immuables, devant cette détresse.
D

Atelier d'écriture du 8 juin 2013

muzo1
Pour ce dernier atelier d'écriture avant l'été, deux propositions:
1.Trouver un miroir, un lieu qui réfléchit une image. Observer le reflet, ce qu'on voit en arrière ou au travers. Après l'observation, noter 4 ou 5 mots qui viennent de l'observation. Puis faire quelque chose avec ces mots.
2.Se mettre à deux. Dans l'exposition de Muzo, choisir un tableau où il y un reflet. Lui donner un titre, puis faire dialoguer les deux parties du tableau.

Le miroir de l'âme
Mieux qu'un cauchemar, pire qu'un mauvais film. L'image est nulle : floue, distordue, illisible. Quoique ... les boites rose fuchsia du marchand de chaussures font bel effet dans cette façade de verre de la médiathèque. Et puis, la forme en Y des fenêtres de l'immeuble en face est plutôt rigolote. Bon ça ne fait quand même pas un bon scénario. Tiens, le monsieur qui se met le doigt dans le nez en pensant que personne ne le voit ! Bon ça ne fait toujours pas une page d'écriture pour l'atelier d'Annie. Elle risque d'être déçue, Annie !
Le soleil tape. Je vais rentrer. Non, un dernier effort. Je regarde, je regarde et je vois ... de l'Hébreu. Si ! Si ! Je lis « croissanterie » de droite à gauche. Sympa ! Non ? Je regarde encore un peu et je distingue un mouvement de l'autre côté de la vitre. Des gens, peut-être ? Une plante ou une forêt tropicale ? Et puis moi. Immobile au milieu du tableau. Mais de quel côté suis-je ? Où est ma droite ? Où est ma gauche ?


Bizarre.
Réflexion ...
Cette façade qui réfléchit tout mais déformé. Qui laisse tout deviner de l'intérieur mais ne livre aucun secret. N'est-ce pas moi ? N'est-ce pas l'image de ma vie intérieure ? Je peux tout y voir et tout y deviner mais ne saisis rien. Je dois décoder et deviner tout en sachant bien de quoi il s'agit.
Bizarre cette façade en verre de la médiathèque.
N'est-elle pas aussi l'image de l'Autre ? L'Autre qu'on croit connaître mais dont en fait on ne sait que du flou, du déformé, de l'à peu près ?
Bizarre cette façade. Bizarre cet exercice.
Mieux qu'un cauchemar mais pire qu'un mauvais film.
E
Tout pour l'audition
Oui au marché
Si l'on a une bonne audition
On peut entendre des tas de bruits.
Tout pour la vue
Oui au marché
On peut apercevoir des reflets
Dans les vitrines des magasins
Echoppes diverses, ombres fuyantes
Sous le soleil de Lisieux
Où parfois on en prend plein les yeux
Le soleil dont je ne sais quel Satan
M'avait privé ces derniers temps
Se fixe sur la lunette arrière de la voiture
Me brûlant les yeux
Au point que je doive détourner le regard.
M

Le miroir ocre m'habilla de chaudes couleurs.
Les pâles visages se teintaient d'un hâle fictif.
La vie se réchauffait de milles paillettes cuivrées.
Mirage sur la route des vacances où la brume de chaleur déformait les êtres et les choses... Le reflet des immeubles annonçait leur chute prochaine, château de cartes déséquilibré Miroir du « Palais des glaces » de mon enfance où es-tu ?
S

100 Millions d'Euros !
100 millions d'Euros voilà ce que disait l'affiche bleue de JackPot derrière la vitre du kiosque à journaux.
Et même, si on s'arrêtait un peu devant, elle disait « 100 millions d'euros MINIMUM » !
Déjà, 100 Millions, c'était pas mal : je pouvais m'offrir 100 maisons à 1 million, 45000piscines à 22222,222€, 2 millions 400,08 paires de chaussures à 49,99 €, 13333333kg de cerises, 66 666 666,666 cafés en terrasse, 12 784 815 plants de tomates sur le marché... Je pouvais m'offrir... le monde entier.
(Je pouvais même acheter 1000 millions (minimum) de tickets de Jackpot pour gagner encore une fois les 100 millions d'Euros (minimum).
Dans le reflet de la vitre du kiosque à journaux, les billets virevoltaient, les petits bleus de 5, ceux de 20, de 50, et même ceux qu'on ne voit jamais, 200, 500...
Dans le reflet de la vitre du kiosque à journaux, je me voyais aussi en transparence sur l'affiche du Jackpot : ce que je voyais, c'était la millionnaire, la propriétaire bienheureuse des 100 maisons, des 45000 piscines, des 13333333,3 kg de cerises !
Les 2 millions 400,08 paires de chaussures scintillaient à mes pieds, telles des pantoufles de vair d'une Cendrillon enfin reconnue par la chance.
Les 12784815 plants de tomates ondulaient doucement, chargés de 76708890 tomates bien mûres, clignotant derrière mon reflet dans la vitre.
C'est alors que le reflet de la vitre du kiosque à journaux explosa, le verre se brisa en 100Millions (minimum) de petits débris, et l'affiche apparut sans le titre explicite : « Super JackPot, 100 Millions d'Euros Minimum. Tirage Vendredi 7 juin » Et on « était samedi –samedi 8 juin.
D

muzo2
Tout
Exercice fait en compagnie de S.
Tableau choisi : deux profils emmêlés forment un seul visage. L'un des profils a un nez immense et une oreille. L'autre une immense bouche avec 6 dents.
Le nez parle à la bouche
Le nez : c'est quoi l'adresse de ton dentiste ?
La bouche : c'est le dentiste à 6 dents, pas dissident.
Le nez : tu crois qu'il soigne les tarins aussi ?
Les dents : tarin, tartarin, se tartarer. J'peux lui demander. J'pense pas qu'il ait la dent dure.
Le nez : le dérange pas, j'irai au pif. Je prêterai l'oreille au bruit de la roulette.
Les dents : avec ton grand nez et mes six dents, les deux yeux au milieu, nous sommes prêts à y aller ensemble ...
Les deux ensembles : ça roule !
E. S.
En chasse ! D'abord la Médiathèque. Logique, j'y suis. Illico presto, subito, direction la salle de prêts et pourtant propre de près ; soit dit en passant. Excepté l'ictodon à queue plate qui ne sort que la nuit, on y trouve... tout ; surtout des livres et des vitres, lourdes de promesses vitrifiées et ce jour voilées pour cause de soleil et ceux et celles qui les font vivre...les livres et les cachent parfois. J'entre, virage à droite : Extase, jubilation. Tout est là. Miroir, reflets, réflexion, transparences, apparence, apparitions : superpositions ; sur six ou sept mètres de haut. Véhémente surprise. Face à la chose je m'affale sur un fauteuil bas sans bras. Evidence, spectacle parfait, forcément à la Médiathèque André Malraux. Cinq images superposées, sans rapport ; quoique leur dissemblance contribue à leur originalité. En bas, deux poteaux avec chaussures supportent une vue du Havre avec eau sèche, œuvre de Pissarro, sublime bien sûr. Au dessus, si ce n'est pas un chantier de démolition, c'est un atelier de menuiserie avec poutres que des bipèdes semblent passer à la dégauchisseuse, une surtout, les autres sont au plafond ; les poutres ; avec chat incertain en bas à droite. On doit pouvoir s'en passer. D'ailleurs ce n'est pas un chat et ça se passe sur la tôle d'une camionnette du marché à fanfreluches. Rien ne bouge. Entre le peintre et les hommes du bois, posé sur le Havre beau quoique incongru, un demi melon adulte de Cavaillon. Je tâte, tâtonne, je soulève, on voit les dents. Un peu surpris mes orteils se contractent. En bas le pied bouge. Ça doit être à moi tout ça. Instinctivement, je bigle vers le haut. D'un seul élan l'Eglise Saint Jacques quoique légèrement tronquée, s'élève, ..., m'éblouit. Splendeur lumineuse, les hommes industrieux, le peintre inspiré, le sanctuaire hors du temps, la beauté toujours.
Si soleil chaud, ensemble visible gratuitement aux heurs d'ouverture de la Médiathèque. Demandez à la caisse avec précaution. Guide bilingue.
B

samedi 20 avril 2013

Atelier du 20 avril 2013

Pour cet atelier, Annie invite chacun à fermer les yeux dans l'attente d'un objet qu'elle va déposer dans nos mains.
Trois propositions d’écriture :
  1. Contact sensation impression
  2. Evocation
  3. Souvenirs projets…
Les boites
Rectangulaire, granuleuse, parfaitement hermétique.
Intérieur tapissé d’un coussin de mousse synthétique. 2 trous pour des boucles d’oreilles disparues, je ne sais où, je ne sais comment, je ne sais rien.
Extérieur rouge grenat

Dessus : inscription gravée dorée : « Past times » temps passé / passe-temps.
Dessin ressemblant à une broche. Et si c’avait été une broche !
Un cadeau, en tous cas, sans doute. Anniversaire ? Quel âge avait donc la femme, c’est forcément une femme !
Souvenir du temps passé, anniversaire de mariage ?
La boite est un peu écornée, elle a donc servi, voyagé, avec son trésor. Bousculée, une petite tache ; l’intérieur est toujours aussi doux.
Resservira-t-elle ?
Pourquoi ce petit R encerclé ? R comme se rappeler, copie d’un bijou ancien ?
C’est vrai que j’ai du mal à jeter une boite. J’en conserve quelques unes : boites à chaussures, beaux ballotins, boite de cotons tiges, en carton, en plastique, en bois…Ces boites sont le souvenir de leur contenu.
C’est important une boite quand on fait un cadeau. Après le ruban denoué, le papier déchiré, la boite cache le cadeau. .L’attente est à son comble, l’excitation de la découverte avant l’enthousiasme ou la déception.
Main droite ou main gauche ? La main est une boite magique qui instaure une relation entre les personnes. Le cœur sur la main, les cœurs battent à l’unisson, les yeux s’observent, complices d’un secret.
La boite contient un secret. Même vide. Même vieille. Comme l’être humain.
Chacune est unique. Même fabriquée en série.
Caisse en bois, container : 6 faces comme le dé. Fermé, mais contrairement au dé, une face peut s’ouvrir, le haut, le côté.
Ma boite à moi, mon cercueil, en bois, matière vivante. Pas la peine d’y mettre cher, le plus simple est le mieux, bien sous terre. Terre au ras du sol.
Avant la mort, pas de boite. La liberté, toute, de respirer le soleil, de voir le ciel à chaque instant, d’entendre le frissonnement du vent dans les feuilles et le murmure des vagues et les oiseaux, les cigales.
Pas de boite. Nomade. Tant encore à découvrir. Emerveillement perpétuel.
Pourtant « past times », ne pas oublier d’où on vient, qui étaient-ils ? Quelle fleur, quelle semence ?
Le retour vers le passé est une boite noire, un tunnel, retour en arrière dans la nuit des morts sans voix parmi les âmes insaisissables qui font fi de toutes les boites. Ah ! l’infini…
Dites-moi, comment disait Pascal déjà ?
« Le silence de ces espaces infinis m’effraie. »
C
Petites boites
Petite boite peu encombrante, légère et lisse, sûrement un peu fragile. Sur un pan un trou avec deux aspérités qui pourraient presque piquer. Une odeur de papier, de bois s’en dégage. Je l’approche de mon oreille et la gratte avec la pulpe de mon doigt. On dirait le bruit d’une souris qui trottine. J’ouvre les yeux. Je suis un peu déçue de sa banalité, hormis l’opercule qui la compose. Cela ressemble à un trou de serrure qui n’attend plus que sa clé pour s’ouvrir. Sur une autre face je lis: savon d’Alep royal200g avec sa composition, sa provenance et son distributeur. Alep qui me faisait rêver, la Seyne sur mer que je connais très bien.
Alep, Syrie : pays actuellement divisé, dévasté, martyrisé. Je pense a ce peuple qui doit être bien loin des préoccupations d’hygiène du monde occidental .A tous ces martyrs opprimés qui souffrent sans issue visible je dis oui retrouvons vite la clé de la liberté.
Une autre boite me fascine : la boite de Pandore. Elle me fait peur. Car parait il lorsqu’on l’ouvre elle se déverse à l’infini, au fur et à mesure que l’on tire sur les éléments qui la compose. Elle n’en finit pas car elle est inépuisable. Mais comment peut-on imaginer une chose qui ne se terminerait jamais ? L’éternité plus un jour ?
AM
Elle pèse pas, elle pique pas, elle sent rin. Elle existe pas.
Caisse ? Dis-y pas caisse d’orange dis-y caisse dépêche.
Quelque part dans et autour de l’ailleurs. Je remonte à la surface.
J’ouvre la main, la chose tombe, petite boite innocente, comme la grenouille qui létargeait inoubliablement parmi les nouveaunénuphars. Cédant à la curiosité, elle sautait sur notre épingle recourbée adorée d’un chiffon rouge fauché au toréro local ou à la petite culotte de ma sœur. Récupéré, le petit animal glissait de sous mon pouce comme la boite mais plus vite et sautait vers son marigot. Ce soir, la nuit tombée, une planchette, une bougie petite, les attirant. Avec la ficelle, nous les tirons jusqu’à nous. A vrai dire c’était rare. Soit qu’elles étaient prises du mal de mare, soit nos mines patibulaires quoique enfantines, éveillaient leurs méfiance. Ceci-dit, les grenouilles ne pensent pas, exactement comme le carton astucieusement plié que j’ai dans la main gauche et qui commence à me briser sérieusement les phalanges. Soudain brisé aussi par l’émotion. Ah les souvenirs un parfum subtil, léger m’a frisé les naseaux. La boite a susurré nettement : rose fraiche. Logique. Pourrie ferait désordre comme les 30 minutes allouées à des âmes enfermées. Allez pour la plus belle, la poubelle.
B
Cette boite me fait penser au Kinder surprise, à l’intérieur se place pour moi une petite boite en plastique bombée qui bombe le torse pour faire sortir l’oiseau de mes rêves, en morceau pour l’instant, peut-être deviendra-t-il réalité cet oiseau de toutes les couleurs, asiatique, jauni par son enveloppe et noir de chocolat à l’intérieur. Pourrait-il voler cet oiseau ? Non, je ne le pense pas, car c’est un poussin et un qui pousse l’un pousse l’autre qui trébuchera dans cette marée de poussins à la cage n°10, tous anonymes très formatés autant les uns que les autres. Moi, finalement je vais pour l’adopter l’appeler, Alfred, mon poussin, ce qui veut dire AVIDE LIBERTE FOLLE RECHERCHANT ENVOL DURABLEMENT
Elle fait peur car elle se déverse sans arrêt.
M

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  1. Mes premières sensations sont simples = rectangulaire, avec vécue et entravée  entourée d'un élastique sans doute du fait d'une trop grande utilisation. Ma pensée va vers la boite d'allumettes. Je m'aperçois que mon imaginaire est bridé par manque de vue. Même si je n'aime pas le contact de l'élastique et de la pastelle ainsi que l'odeur de vieillot qui s'en dégage et le silence me gêne. Cette boite n'a aucune musique.
  2. L'ouverture de mes yeux est synonyme de l'ouverture d'état d’esprit, je découvre une petite boite nationalisée sur les cotés avec un dessin sous forme de fresque intitulé « Napoléon au tombeau du grand Fréderic (1806) » Et là, je découvre tout d'un coup, que je suis inculte merci  Annie pour ce samedi noir, ce 10/11, dont je me serais bien passé et je me rassure en disant que toute culture a une limite, comme un boite soit dit en passant. Comme je suis honnête (au moins intellectuellement) tout ce laïus pour cacher ma méconnaissance de cet événement. Bon allez je tente un nom de famille pour ce Frédéric = DARD, DIEFENTHAL, NIETCHE… En fait je m’en moque et passons à ce qui m’intéresse vraiment : la boite dite « idéale » (totalement imposée par Annie, encore cette Annie)
  3. Je suis obligée d’imaginer une boite, la mienne, mon idéale de boite et justement qu’il n’y en ait pas. Je sais j’exagère. Mais cette idée de boite me fait penser à une case psychologique dans laquelle on enferme un état d’esprit, une culture, des compétences professionnelles, un rôle dans la personne humaine. Je suis conscient que l’invention de la boite est de structurer, d’organiser et de ranger. Et c’est bien, surtout lorsque je me rappelle avoir acheté un livre hier AM avec pour titre « De l’enfant roi à l’enfant tyran ». Il faut au moins une boite éducative pour équilibrer notre boite mondiale dans laquelle nous vivons.
P
Annie me pose dans la main une boite cylindrique, assez haute. On sent la forme circulaire en cheminant avec les doigts autour de la forme.
Elle est légère, papier, carton ? Elle est forcément bleu marine- non rouge sombre- non vert sapin. Elle est forcément féminine. Elle s’ouvre ? Elle ne s’ouvre pas. Pas de rainure qui permette d’en explorer l’intérieur. Si, elle s’ouvre, mais la rainure est bien dissimulée (tout en haut – Tout en bas ?) Rien dedans, sensation de carton. Oui, sûr, c’est du carton.
Allez, j’ouvre les yeux. Déception idiote : elle n’est pas bleue, ni rose, ni verte. Une boite à savonnette parfumée, à l’ancienne.
Inscription énigmatique : Quelques fleurs naturelle. Quoi ? Une faute d’orthographe sur une boite de savon. Annie n’aurait pas permis cela ! J’ouvre pour sentir : Quel parfum, ce savon ?
Des inscriptions au fond de la boite : Cette poudre » (Ah, c’est de la poudre !) se fait dans les nuances : blanche, rosée, Rachel (Rachel ?), naturelle, ocre, ocre rosée, Rachel Soleil (Rachel soleil !)
C’est donc ça, la faute d’orthographe :
Parfum : Quelques fleurs
Nuance : Naturelle
Les noms des parfums fleurent bon (c’est le cas de le dire) le début de siècle- Non, pas le nôtre- La Rose France, Cœur de Jeannette, Royal bégonia.
Plus aucune trace de poudre dans la boite. Combien de matins a-t-elle coloré les jours d’une Germaine, d’une Philomène, d’une Emma ? Etait-ce la peau fraiche d’une jeune fille, la peau fanée d’une vieille dame ?
Dans quel tiroir a-t-elle passé tous ces jours avant de finir posée sur une tablette, devant ma feuille, à la médiathèque de Lisieux ?
Si tu ouvres cette boite, mon ami- si tu as le courage, l’audace, d’ouvrir cette boite, tu pourras y trouver tout objet perdu, cassé, disparu, volé, que tu souhaiterais récupérer.
Peu importe la taille, la boite s’adaptera.
Peu importe les circonstances, la boite retrouvera.
Il te suffira de le désirer assez fort, il suffira que l’objet te manque suffisamment.
Je te donne cette boite car je l’ai assez utilisée. Je l’ai trop utilisée- J’ai retrouvé des centaines d’objets, les objets de mon enfance (ours en peluche, jouets, livres), les objets de ma jeunesse (bijoux, lettres, photos), tout ceux que j’avais abimés, cassés, qu’on m’avait pris, empruntés et jamais rendus.
Aucun ne m’a satisfaite.
Il fallait que j’ouvre à nouveau la boite, toujours et encore ; Et ma maison a commencé peu à peu à se remplir, à s’encombrer, à déborder ;
C’est alors que j’ai tenté- oui, mon ami, j’ai tenté et réussi- ce que je n’aurais jamais dû oser : faire revenir les êtres.
Et là, le passé m’a explosé à la figure : tous ceux qui m’avaient entouré tout au long de ma vie sont revenus, grâce à la boite. Comme les objets, ils ont peu à peu envahi mon espace, m’ont éjecté de ma propre vie.
Alors voilà, mon ami, je te la donne, cette boite.
Fais-en bon usage !
D
Boites et caisses
La boite est constituée d’un fond carré ou rectangulaire autour de ce fond quatre cotés forment un réceptacle. Tout ça tient ensemble et permet de placer deux chaussures, un chapeau, des bijoux, des gâteaux, un loukoum. Sur ce premier élément vient s’encastrer un couvercle très semblable au fond, il a lui aussi quatre cotés mais cette deuxième partie est un peu plus grande que la première et grâce à des mesures méticuleusement prises, elle vient « chapeauter » le fond et ainsi protéger les divers objets mis à l’intérieur.
La caisse, elle, peut-être simplement un fond, des parois de planches non rabotées, clouées rapidement sans souci d’esthétique, elle sert à entreposer du savon, des clous, des outils. Le cageot est lui aussi une caisse et non une boite puisqu’il n’y a pas de joli couvercle. La boite est plus précieuse que la caisse, peut-être parce qu’elle peut contenir des trésors. Un coffre est-il une boite ?
« On prend ma caisse pour aller en boite ? »
Si on disait
« On prend ma boite pour aller en caisse ? »
Qui aurait envi d’aller danser en caisse ?
Qui prendrait une boite pour se déplacer ?
Par contre la caisse, comme les caisses à savon munies de roues de notre enfance, c’est très attractif.
Danser en caisse, c’est un peu lugubre, Ce n’est pas jolie, une caisse. On préfère danser en boite surtout avec des jolis murs de toutes les couleurs.
Caisse boite caisse boite
Jolies boites très étroites, jolies boites toutes pareilles
Je rêve d’une Mercedes décapotable siège cuir avec un prince à l’intérieur, en route pour Vienne et ses valses interminables.
Caisse boite caisse boite
De toute façon tout se termine par une mise en boite.
G
Moi je vois la mer
Vieille comme un dinosaure
S’affaissant sur la grève
En un lit de bulles éparses
Disséminés par le vent
Moi je vois la mer
Je la médite, frugale, ancienne
Sur le corps et l’âme humaine
Mêlée d’amour et de haine
Sa houle s’étale d’écumes
Comme draps de satin
De blanc marié
Sur de ces grèves dispersées
Moi je vois la mer tapissée
De constellations et d’étoiles
Où les marins même les yeux du ciel
Puisent dans leurs cerveaux
La quintessence de parfums marins
Qu’ils exhaleront de leurs pores
Jusque dans le fond des ports
Moi je vois la mer gardienne souveraine de sirènes
Et là, elles entonnent dans les alizés
Des rengaines que le vent entrain
Vers des horizons sans limite
Moi je vois la mer, la mer avec des yeux bleus
Que les oiseaux de passage n’ont pas
La mer, la mer, elle dicte ses colères le long des écueils
Polis par l’allée et le retour de marée rougies par
La fatigue que les digues lui prodiguent.
La mer, la mer, elle étale ses marées d’écumes en des dentelles tapies d’étoiles où des rêves même en moi élèvent des visions d’embruns que le vent arrache au sommet des vagues où le matin au sommet de sa puissance
En des trésors marins emplit ses calebasses
Dans ces criques à marée basse
Où des ancêtres dans le clair obscur trépassent
Mais dont la mémoire ne s’efface.
M