samedi 9 mars 2013

Atelier du 9 mars 2013

          tostain                                                
Samedi 9 mars 2013, Christophe Tostain, auteur dramatique, metteur en scène et comédien, anime l’atelier d’écriture de la Médiathèque.
Des photographies de personnages sont posées sur la scène. Chacun doit en choisir deux, trouver le nom, prénom, âge, études, profession des personnages. Ce qu’ils aiment, ce qu’ils n’aiment pas, le lien qui les unit, puis un secret. Imaginer que l’un des deux personnages a un secret qu’il est le seul à savoir et qui concerne l’autre personnage (qui ne le sait pas).
Scène 1. Faire un entretien téléphonique, un des deux personnages invite l’autre à une rencontre.
Scène 2 Les deux personnages se rencontrent. Le secret n’est pas évoqué.
Scène 3. La vérité éclate.
Lourd Secret
2 personnages : DUCHEMIN Pierre, 40 ans, titulaire d’un BEPC, ouvrier d’usine, délégué syndical.
Il aime : les soirées entre copains, les vacances en Bretagne, la pêche en bateau, sa famille, l’humour vachard.
Il ne supporte pas l’égoïsme, le snobisme, les tenues habillées, les mensonges des hommes politiques.
Son fils : Jean-Baptiste, 14 ans en 3ème au collège.
Il aime : le rugby, les copains, la musique, le sport en général.
Il n’aime pas les contraintes sauf celles du rugby, les filles qui lui prennent la tête, l’individualisme.

Il existe un secret pour un personnage, que personne ne connait évidemment :
Pierre est un homme charmant. Tout le monde s’accorde à dire que c’est un brave type : ses copains, en général, les syndicalistes qui le côtoient. Sa femme et son fils partagent avec lui une vie de famille épanouie.
Pierre a toujours eu beaucoup de copains et même de bons copains. C’est en Bretagne qu’il a rencontré sa femme. Ils campaient l’un et l’autre sur un petit terrain proche de la mer, elle avec sa famille, lui avec ses copains. Tous étaient très libres et il sait qu’avant lui, Isabelle, sa femme, avait certainement couché avec certains de ses copains.
Quand il était petit, Pierre avait eu les oreillons. L’épidémie avait été très forte et lui en a payé le prix, ses parents ont su tout de suite qu’ils n’auraient jamais de petits enfants. Ils l’ont donc appris très tôt à leur fils.
Malheureusement pour lui, ses parents se sont tués dans un accident de la circulation, il est donc le seul détenteur de ce secret. C’est peu de temps après qu’il est parti passer ses vacances en Bretagne.
Son histoire avec Isabelle est devenue sérieuse et très vite, elle lui a annoncé qu’elle était enceinte. Pierre n’a rien dit trop heureux du cadeau qu’elle lui faisait.
Scène 1 : entretien téléphonique, l’un des personnages invite l’autre à un e rencontre (celui qui ne détient pas le secret, le connaît maintenant).
Jean-Baptiste : Allo, Papa ? Tu vas bien ?
JB – Je sors du bahut, le prof de math est absent, je n’ai plus cours, est-ce que tu peux venir me chercher ?
JB – Oh ! Papa ! ça me barbe d’attendre ici, pour une fois qu’on pourrait passer du temps ensemble !
JB – Je t’attends devant le bahut, à toute à l’heure !
Scène 2 : rencontre
JB( ouvrant la portière) :
-« Bonjour, merci d’être venu me chercher. »
Pierre (riant)
-« Pour mon fils qu’est-ce que je ne ferais pas ! » (Sur un ton de reproche) « Tu sais, moi à ton âge, il n’aurait pas fallu que je dérange mon père ainsi. »
JB-(péremptoire) « Ton père, c’est ton père, toi c’est autre chose ! »
P- (toujours sur un ton de reproche mais se voulant conciliant) « N’empêche, j’ai laissé en plan mon travail au jardin pour toi. »
JB-(ironique) « C’est beau l’amour d’un père ! »
P-« Ne te moque pas, tu verras quand tu auras des enfants si c’est si facile de les élever. »
JB-(provocateur) « Mais toi, tu n’en as qu’un, et quel fils ! »
P-(souriant et rêveur) « C’est vrai que j’aurais pu tomber pire ».
Scène 3 : la vérité éclate.
Jean-Baptiste : « Tu sais Papa, juste avant de sortir, on avait cours de sciences. C’était sur l’hérédité. Le prof nous a fait un schéma sur l’hérédité des cochons d’Inde avec des poils différents et les probabilités des fourrures de leur descendance. C’était très intéressant.
Et puis, il a enchaîné sur la couleur des yeux. As-tu remarqué que Maman et toi vous avez les yeux bleus ? Et moi ? Tu sais de quelle couleur ils sont ? ILS SONT NOIRS !
Eh ben le prof, il dit que c’est impossible. Des parents aux yeux bleus ne peuvent avoir que des enfants aux yeux bleus.
Rassure-toi, j’ai pas fait de commentaires devant les copains, mais n’empêche que ça a fait tilt !
Alors j’sais pas c’qui s’est passé ; est-ce que Maman t’a trompé ? Ce s’rait dégueulasse ! Pourtant on est bien tous les trois, mais qu’est-ce que j’fous là moi ?
J’voulais d’abord qu’on en parle entre hommes. Etais-tu au courant ? Dans c’cas, chapeau ! T’es un grand bonhomme !
Ne dis pas non, le prof a confirmé la théorie des yeux bleus, alors, tu m’expliques !
A mon âge je peux tout comprendre mais il faut qu’on m’explique.
J’ai plutôt les boules, tu sais ! Après j’me sentirais mieux.»
E
Les deux personnages :
GARGUANTA Léopold 70 ans
Aucune étude ; autodidacte
Aime l’écriture, la vie ; transmettre, écouter, échanger, rencontrer les générations ; la musique classique ; les voyages
N’aime pas la médiocrité et la bêtise de l’homme ; la solitude contrainte ; l’hiver maussade et la grisaille ; le bruit agressif.
Retraité de la fonction publique territoriale
ROMANEL Elisabeth 30 ans
Etudes en écologie et tourisme
Aime la liberté d’action ; organiser ses journées de manière autonome ; voyager ; anticiper sur l’avenir et se projeter ; la nature, les ballades dans la forêt, les animaux et la végétation ; faire la cuisine.
N’aime pas la violence, l’embrigadement, le formatage de la pensée et du mode de vie ; être stressée inutilement ;
Animatrice en écologie dans un parc naturel.
Le lien : œuvrent pour la paix, la bonification de l’humain
Le secret : Léopold sait que le père d’Elisabeth, riche industriel ébauche des plans afin d’appuyer la réalisation de la construction d’une usine nucléaire proche du parc où travaille Elisabeth.
Scène I _   Au téléphone
L – Allo,
E - ………….
L – Oui
E -………
L - Bonjour M.de Romanel
Couvrant le combiné, il se racle la gorge
E -……………
L - Que, Que puis-je pour vous ?
E -………….
L - Ah ! Oui !
Agréablement surpris et curieux de connaître la suite et tentant de calmer sa respiration
E - …………….
L - Oui, je vous écoute …
Il arrive enfin à s’asseoir dans son fauteuil près de la fenêtre. Dehors le vent souffle…
E - …….
L - Effectivement, ça serait intéressant si nous pouvions travailler ensemble auprès des enfants
E - ………..
L - Ah ! Pour ce début d’été ?
E - ……
L – Ah oui, dans ce cas il faut de se voir rapidement
Il change de position dans son fauteuil ; prend son agenda posé sur le bureau
E - …….
L – Eh bien d’accord Mardi 13 avril à 13h30 au Parc
E - ……
L – Oui, je pense que je trouverai
E - ……
L – Au revoir
Il se lève, se rapproche à nouveau de la fenêtre, pensif et agité à l’intérieur

Scène II _ La rencontre
E – Bonjour Monsieur Guarguanta. Vous avez trouvé facilement ?
Alors qu’il entre dans le bureau, Elisabeth se lève de son fauteuil derrière le bureau.
L – Oui sans problème. J’ai fait bonne route. Merci
E – Désirez-vous un thé, un café ?
L- Volontiers un café. Merci
Pendant qu’elle prépare les tasses et le café, tout en lui tournant le dos…
L – Ah ! Ce parc est vraiment magnifique. J’ai pu le découvrir un peu sur le chemin qui mène jusqu’ici. Ces arbres ….
Les mains d’Elisabeth tremblent un peu alors qu’elle tend en se retournant une tasse de café à Léopold. Sa voix est moins claire que d’habitude lorsqu’elle prend la parole
E- N’est-ce pas ! C’est pour cela que ce projet me tient tant à cœur. Les enfants sont vraiment sont peu nombreux à le fréquenter et … Oh ! Et je ne vous parle même pas des gens de la région.
L – Tentant de rester calme devant l’enthousiasme de la jeune femme.
J’ai une question, tout de même, si je puis me permette.
E – Mais je vous en prie.
L – Pourquoi faire appel à moi. Il y a bien d’autres retraités qui peuvent le faire ce que vous me demandez.
E- Ah, mais vous ne serez par le seul, évidemment. Aujourd’hui, je voudrais surtout vous décrire mes idées et mon projet afin de déterminer si on peut effectivement travailler ensemble. Car comme je vous l’ai dit au téléphone, je n’ai pas les moyens de vous payer. Ça sera du bénévolat.
El les articles que j’ai lus sur vous dans les revues spécialisées m’ont laissée penser, peut-être naïvement, que ce n’est pas cela qui vous empêcherait de venir me donner un coup de main.
Me serai-je trompée à ce point ? La gorge serrée tout d’un coup, les joues rougissant.
Moment de silence. Léopold gêné soudainement, sentant les choses se compliquer, tourne lentement la cuiller dans son café.
Le vent se lève. Une porte claque. Il reprend son inspiration et…
L – Je ne sais pas comment vous ….
Léopold n’a pas le temps de finir sa phrase. Elisabeth s’est soudainement levée
Scène 3 _ La vérité éclate
E – Monsieur Garguanta Je suis hors de moi. Ça fait dix ans que je consacre sans relâche tout mon temps, mon énergie à ce parc. Je gagne à peine le SMIC. Et j’apprends que c’est un riche industriel qui est derrière tout ça, ce projet d’usine nucléaire. Et que ce type est mon père.
(Texte inachevé…)
N

Description des protagonistes.
Homme : Alceste Briand
50 ans
A fait des études de théologie.
Aime la photographie, la bonne chère et les femmes.
N’aime pas les contraintes et l’autorité.
Femme : Manon Legoupil.
20 ans.
Etudiante en master de communication. Se destine au métier de journaliste.
Aime la musique techno et le chant grégorien, les voyages et son petit ami.
N’aime pas la nourriture, faire la cuisine et les animaux.
Le rapport entre les deux personnages : sont colocataires.
Entretien téléphonique
Allo Manon, c’est Alceste. Est ce que l’ont peut se voir et dîner ensemble samedi soir ?
Manon au bout du fil mais on ne l’entend pas.
Non rien de précis mais j’ai quand même quelque chose à te dire. Essaie de t’organiser pour rentrer vers 20 heures.
Manon toujours au bout du fil.
Oui, oui c’est promis je prépare quelque chose de léger. A demain je compte sur toi.
La rencontre.    
     Ils s’embrassent chaleureusement.
Alceste : bonjour Manon, comment vas-tu ?
Manon : Bien et toi ?
Alceste : Justement je voulais te voir et discuter avec toi. Depuis quelques temps je me sens mal et angoissé.
Manon : Pourquoi ? Est ce que tu supportes mal la solitude ?
Alceste : Oui en quelque sorte. Depuis que tu es moins présente, je ressens comme un grand vide. Même ta musique techno me manque.
Manon : Alceste, il va falloir t’habituer à mon absence. Je reste en coloc avec toi encore un mois mais tu sais que Manuel me pousse à déménager et venir vivre avec lui. Je suis d’ailleurs aussi   impatiente que lui tant je suis amoureuse.
Alceste : Je sais et je trouve cela tout à fait normal.
Manon : Il est vrai que notre complicité est si parfaite. Tu auras du mal à te trouver un colocataire avec qui tu t’entendras aussi bien. Je ne me suis jamais expliqué notre complicité malgré tout ce qui nous sépare.
Alceste : Justement Manon je voulais te dire…..
Le secret est révélé.
       Avant de travailler à la mairie et d’acheter cette petite maison, ma vie d’avant n’avait rien à voir avec ce que tu peux constater actuellement. Je ne l’ai jamais dit à personne, mais je suis ce qu’on appelle un prêtre défroqué. Apres quelques années de prêtrise, lors d’une retraite spirituelle, j’ai rencontré une femme dont je suis tombé éperdument amoureux. Nous nous sommes revus régulièrement et ce fut une évidence: la vie religieuse ne me suffisait plus, l’amour de cette femme était le plus fort.
Un jour, elle m’annonçât qu’elle était enceinte mais ne voulait pas m’influencer dans un choix de vie que je pourrais regretter. Elle tenait à assumer seule l’avenir de cet enfant.
J’étais brisé, avec le sentiment d’avoir tout perdu. Je décidais de quitter les ordres et de revenir à la vie laïque.
Ayant appris où vivait cette femme que j’avais aimé, je décidai de m’installer dans le même village. Il me semblait que même de loin je participais à la vie de mon enfant.
Manon j’espère que tu entends ce que je te dis et que tu commences à comprendre. Car cette enfant, c’est toi.
Quand j’ai su que tu cherchais une location pour la durée de tes études afin d’être plus indépendante sans trop t’éloigner de ta mère, j’y ai vu comme un signe du ciel. Enfin je pourrai partager un peu de ta vie. A l’heure où je t’ai retrouvée tu t’apprêtes à me quitter et je ne le supporte pas. Je suis désespéré.
AM
Fiche d’identité des 2 personnages
Nom
Argo
Tarame
Prénom
Geoffrey
Léa
Age
40 ans
30 ans
Etudes
Ecole de commerce
Etudes littéraires Anglais-Chinois
Aime
La vie, la compétition, les chiffres, les villes, le vin
La littérature, l’expression orale, la nature
N’aime pas
Les livres, les héritiers, l’inutilité
Le temps qui passe, la platitude, le sans-relief
Lien
Cousin d’un second mariage
cousine
Profession
Financier
Interprète
La conversation téléphonique :
Léa appelle son oncle au cours d’un déplacement au congrès du G8 à Deauville, où elle est interprète pour la Chine.
Geoffrey fait partie des financiers invités au G8 pour nouer des contacts commerciaux avec les pays représentés.
Léa appelle son oncle pour l’inviter à boire un verre.
Léa sort quelques instants entre 2 interventions de chefs d’états ; elle prend son téléphone portable, hésite un instant et compose le numéro de son oncle.
Léa (joyeuse): Allo ! Puis-je parler à Geoffrey Argo ?...C’est Léa, je vous ai entre-aperçu parmi les officiels du congrès ! 
Léa (mystérieuse): Oui ! J’aurai souhaité poursuivre notre conversation…
Léa : Vous avez notre échange, il y a quelque temps…rendez-vous au bar de la plage à 18h00.
Léa (affirmée) : 18h00 au bard de la plage, cela vous va.
La rencontre :
Geoffrey s’installe à 18h00 pile à une table face à la mer. Léa arrive avec quelques minutes de retard, le visage ouvert et souriant.
Léa : Bonjour Geoffrey, comment vous portez-vous ? (elle pose son manteau, essoufflée)
Geoffrey (nerveux) : Bien Léa, alors…
Léa : Je respire mieux, je commanderai bien un verre et vous ?
Geoffrey (sèchement) : Comme vous voulez.
Léa : Je voulais vous entretenir…
Geoffrey : Oui, j’ai bien compris (dit-il en lui coupant la parole) Vous avez besoin de mon aide.
Léa (le regarde fixement) : De votre aide peut-être.
Geoffrey (hargneux) : Je ne pourrai pas vous l’apporter.
Léa (irritée) : Eh bien ! Peut-être une fois (elle ramasse ses affaires et puis s’en va)
Geoffrey lui reste à regarder son café fixement.
Le secret divulgué :
Léa, au milieu du hall, parmi plein de personnes, croise Geoffrey.
Geoffrey, se rendant au distributeur de boisson, se retrouve face à Léa ; il la regarde, tendu.
Léa(ironique) : Mon oncle !
Geoffrey (agacé) : Encore toi !
Léa : Charmant accueil !
Geoffrey : Je suis pressé, je reprends ma réunion dans 5 mn
Léa : 5mn, tout un espace- temps ! Je sollicite donc votre attention, j’ai rencontré votre père.
Geoffrey : Ca m’est égal, je dois m’en retourner.
Léa : Votre père vous ai-je dit !
Geoffrey : Je n’ai jamais eu de père (il le dit en murmurant et en s’éloignant à pas vifs)
S
Personnages
Nom Tartampion Imogène
Prénom moi Je
Age sans entre deux
Etude l’autre permis de conduire mœurs du cabillaud
Aime le désert les religieuses
N’aime pas son patron plein de saucisson à l’ail Les chauffeurs de taxis
Veille de grandes vacances. 18h place de l’Etoile. Embouteillage à ras bord. Tartampion et Imogène se téléphonant gentiment depuis un moment. Dehors « la lutte était ardente et noire »… Vicieusement une voiture de maître réussit à s’infiltrer devant un taxi tout terrain. Au millimètre. Imogène car ô surprise, c’était lui ; hurla : Va donc hé ! Cresson de pissotière. Le chauffeur casquetté éructa poliment : et toi va donc ! Avec tes deux religieuses… Imogène suffoque et brame : quoi, mes bonne-sœurs, mes bonne-sœurs et bien elles t’em…erdent mes bonnes sœurs et se retourne : pas vrais mes sœurs ? A la suite de quoi, il philosopha sur l’amour du prochain.
B
Personnage masculin
ELVIREZ Rodrigo 37 ans Doctorat de sociologie, puis après une longue recherche d’emploi, CAP de mécanique auto Aime sa sœur, les livres, n’aime pas l’ordre, l’appartement de sa sœur. Profession : garagiste. Foutraque
Personnage féminin
ELVIREZ Maria 39 ans A raté son bac scientifique, stages à pôle emploi (informatique, vente) aime que ce soit propre chez elle, son frère, n’aime pas le désordre, l’inconnu, son frère. Profession : recherche d’emploi (technicienne de surface) psychorigide
Rodrigo, c’est moi Maria, ça fait trois fois que je t’appelle
Si tu rangeais un peu mieux ton garage, tu perdrais pas ton téléphone… C’est important, il faut qu’on se voie.
Non, ça peut attendre
Bon, devant la droguerie à 19h, OK ?
A tout à l’heure.
Maria est devant la droguerie, chargée de sacs de produits d’entretien. R. arrive en courant.
R- t’es vraiment obligée d’acheter tout ça ? Tout ton RSA doit y passer !
M- c’est pas pour ça que je t’ai appelé.
R- Mais enfin, Maria, c’est n’importe quoi, sors de ton ménage, va te faire soigner…
M- Ecoute, c’est peut-être compulsif, mais ça me fait du bien, surtout en ce moment.
R- En ce moment ? Tu as des problèmes ?
M- Je ne peux pas t’en parler ici, en pleine rue. Viens, on va chez moi.
R- Ah non alors ! pour mettre des patins et sentir la Javel !
M- Rodrigo, qu’est ce que tu peux être pénible quand tu t’y mets ! Il faut que je te parle, et c’est pas dans ton atelier bordélique que je vais me sentir à l’aise pour ce que j’ai à te dire.
R- Bon, c’est comme ça, salut, je me tire !
M- Tu fais chier Rodrigo…. (Rodrigo s’éloigne…M. crie de plus en plus Rodrigo ! puis baisse les bras)
19h30 Maria arrive devant le garage, énervée et essoufflée.
M- Bon, Rodrigo, tu fais vraiment le gamin… Mais c’est vraiment important, tu vois, je suis même venue jusqu’au dépotoir qui te tient lieu de garage.
R- ça a l’air grave, Maria, tu me fais peur. T’es pas malade au moins ?
M- Mais non…C’est autre chose.
R- Maria, accouche, tu m’énerves.
M- C’est un truc sur le pays, sur l’Argentine.
R- Quoi, l’Argentine ? On en est partis depuis 15 ans. C’est du passé. J’veux plus entendre parler de ce foutu pays.
M- Mais, c’est notre pays, Rodrigo, c’est nos racines, et…
R- Arrête Maria, j’ai pas envie d’en savoir plus. J’en sais bien assez comme ça. C’est un pays de fachos et de menteurs. Point final. On revient plus sur le sujet.
M- Rodrigo, il faut que tu m’écoutes, ça te concerne aussi. C’est nos parents.
R- Ah non, pas eux, les plus gros fachos et les plus menteurs de toute l’Argentine.
M- Fous le camp Maria ! Rentre faire ton petit ménage et fous-moi la paix ! Adios !
Secret
Rodrigo a découvert que leurs vrais parents étaient des opposants au Général Videla en Argentine. Ils ont disparu et les deux enfants ont été adoptés par des militaires alliés du régime (avant de venir vivre en France) Il est persuadé que les pulsions de Maria pour la propreté viennent de là (faire le ménage dans sa vie, balayer le passé, … finalement, il aurait du faire psycho) Lui-même aurait sérieusement besoin d’une bonne thérapie.
D
Idalgo Canne film 2013 N° de tel 02.31.32.34.19
Mme Lebihan Edith née Deschamps de Boisheleut née à Lisieux en 1939 74 ans 1954 Certificat d’étude 974 CAP Couture petite main chez Dior Paris 16ème retraitée
10h15 Bonjour Monsieur
01 Les deux personnes sont des figurants pour équilibrer un film pour faire une bonne publicité pour centrer chaque personne vue le travail établi et suivie de la foule.
2. Le deuxième personnage la prise de vue et rentrer dans son personnage pour une série debout loin de la voiture
10h45 fin pour réaliser un film, un film théâtral sur la criminalité et la corruption
11h15 Le Secret entre personne le secret et le silence pour la personne très dure à garder dans soi même rien que dans famille. Le producteur doit choisir les personnages qu’il emploie.
E
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Homme Woods Maximilien 35 ans Fac de gestion Docteur en sciences économiques aime finance de marché, macro et micro économie, roman d’anticipation, golf (professeur), natation
N’aime pas l’inconnu, ne pas maitriser, trop de monde, trop parler, avoir tort, joueur d’échecs Professionnel
Femme Falcon Esméralda 29 ans Fac de lettres modernes Maîtrise FLE (chômage hypo…), aime écriture, chant, piano, dessin, n’aime pas le mercantilisme, les machos et les préjugés, standardisation, les non passionné, la solitude, profession mannequin
Lien entre eux amants
L’un des personnages a un secret et concerne l’autre personnage qui ne le sait pas.
Description du secret Max échange beaucoup avec Esméralda sur son travail. La modélisation d’un nouveau paradigme économique. Mais Esméralda, par jalousie et ayant appris que Max l’a trompé, a photocopié les principales pages de cette modélisation pour les vendre au plus offrant.
Scène 1 Entretien téléphonique L’un des personnages invite l’autre personnage alors que Max a découvert le secret sans le préciser à Esméralda. (Avec une seule voix)
Scène 2 Rencontre : Echange physique mais secret non dévoilé.
Scène 1
Max appelle Esméralda (Esma)
M- Hello Esma, j’ai très envie de te voir. Ma semaine à New-York s’est mal passée. Ma place de troisième est décevante. J’ai besoin de te toucher et de t’aimer. Je t’ai manqué ?
E- Oui, bien sûr, Max. Pourquoi dois-je te rassurer ? A tout à l’heure. Bises.
Scène 2
Max entend frapper à la porte de son appartement.
M- Tu peux entrer Esma.
Il se lève de son fauteuil et marche vers la porte. Il jette un œil à la petite table dans l’entrée sur lequel il a laissé son manuscrit.
M- Rentre, rentre.
E- Enfin avec toi.
Elle se jette passionnément dans ses bras et l’embrasse fougueusement.
M- Veux-tu un café, Esma, je te sais plus coquine que jamais après.
Essayant de résister
E- Si tu veux mais j’ai très envie de toi.
M- Avec du recul et allant vers la cuisine et essayant de contrôler ses hormones. Il sait qu’elle est capable de le faire craquer. Il est totalement excité. Mais ce qu’elle lui a fait….C’est cavalier.
M- Contrôle-toi, nom d’un chien.
Emma se jette sur lui et commence à se déshabiller. Il sait qu’il va craquer, son regard brûlant, sa peau, son odeur presque criminel. Elle est magnifique. Sa passion transpire dans son dans son envie et dans ses mots. Il se dit en une seconde. Et si c’était un mensonge, et si elle n’avait jamais fait cette copie et si j’avais trouvé une femme non intéressée. Laisse-toi aller Max, tu pourras toujours lui en parler après… et vérifier cette information.
E- Allez, viens, arrête de penser, et fait-moi du bre.
Scène 3 Max et Esma se réveillent peu de temps après secret dévoilé.
P
De Richebourg Pierre Antoine 39 ans Ingénieur option science des métaux. Aime le jogging, tennis, le sport, le rugby, les rencontres entre amis, les bons restos, les musées, les enfants.
N’aime pas les conflits, la cigarette. Directeur d’usine
Lecoq François 39 ans BEP de mécanique. Aime Défendre des idées, les autres, la lutte syndicale, les rencontres entre amis. Le foot (supporter club local), le vélo, la famille.
N’aime pas Les inégalités, le profit à tout prix.
Ouvrier spécialisé en mécanique.
Lien travaillant dans la même usine. Ils ont grandi dans la même ville et fréquenté les mêmes écoles.
Scène1
PA- François Lecoq, Pierre Antoine de Richebourg à l’appareil.
Non cela n’a rien de professionnel, voulez-vous manger à la maison, samedi ?
Il faut oublier les conflits.
La famille c’est important.
Vous manquez aux enfants, ils vous réclament.
Mais à Céline aussi.
C’est le passé
Juste pour l’apéritif
OK à samedi 19h.
Scène 2
Dans le bureau de Pierre Antoine à la maison qui prépare l’apéritif
PA- François, je vous remercie d’être venu, cela fait des années que je pense à ces retrouvailles.
F- Ma sœur vous a épousé contre l’avis de toute la famille.
PA- Céline et moi nous nous sommes toujours aimé.
F- Enfin, vous vous êtes marié avec une autre.
PA- A cause de votre famille, nous étions jeune. Mais après mon divorce … le courage de vivre et de construire ensemble
F- Et d’avoir des enfants
PA- Oui les enfants…Ils ont tellement désiré vous rencontrer.
Scène 3
Après le repas, vers minuit, tout le monde est couché.
PA – Céline et moi ne comprenions pas l’opposition de la famille dans notre jeunesse.
Votre sœur a tellement souffert de cette situation, de cet éloignement.
Pourquoi n’avoir rien dit avant mon remariage.
Maintenant, nous avons des enfants ensemble.
A la mort de votre père, pardon de notre père, ma mère a osé tout me dire
Et vous, vous saviez depuis toujours.
Le secret
François sait qu’il est le demi-frère non connu de Pierre Antoine. Le père de François et celui de Pierre Antoine qui est marié avec la sœur de François.

samedi 9 février 2013

telier d'écriture 9 février 2013

dsc03506Patric Serc expose à la médiathèque, Annie nous propose de voyager à ses cotés.
Chacun a cinq papiers de couleurs, où il doit inscrire un mot pour:  se repèrer- survivre-un moyen de transport- un végétal qui fait rêver - un héros de voyage.
Tous les papiers sont mélangés, chacun pioche 5 mots qui ne sont pas les siens et pointe sur un globe une destination. Avec tous ces éléments, Annie nous invite à écrire un texte.

Aujourd’hui, 9 février 2713, c’est le grand jour, nous sommes partis depuis quelques dizaines d’années, nous savions que ce serait inéluctable.

La planète est en train de crever : depuis le grand crash, celui de 2645, tout va de mal en pis.
D’abord, il y eut seulement quelques signes, peu inquiétants : quelques degrés de plus dans les « normales saisonnières », plusieurs étés de grandes sécheresses… Bien sûr, les météorologues et les scientifiques tirèrent la sonnette d’alarme, mais les gens étaient plutôt contents et les stations balnéaires enregistrèrent ces années-là des profits considérables.
Puis ce fut la période que l’on appela par la suite « Le temps des grandes pénuries ». Les récoltes étaient de moins en moins fructueuses ; les céréales de base, le blé, le riz vinrent à manquer, puis peu à peu, tous les végétaux disparurent. Tous sauf un : le palmier. C’était le seul qui pouvait résister à ce nouveau climat qui s’était installé sur la planète.
Alors, on « fit avec » ; les menus étaient de plus en plus monotones : cœur de palmier, dattes ; dattes au cœur de palmier ; dattes aux dattes… Clairement, on n’avait plus rien à bouffer !
Les populations étaient partagées entre plusieurs réactions : d’une part l’instinct de survie, qui permit entre autres aux grands chefs cuisiniers d’exercer leur créativité face à la contrainte, et d’autre part un profond désir de trouver une solution à cette gigantesque crise.
Assez rapidement, tous en vinrent à la même conclusion : puisque la planète ne pouvait plus se nourrir, il fallait partir, trouver dans l’univers un endroit plus accueillant, et surtout plus fertile.
C’est notre équipe de recherche, dirigée par le Pr Estaban, qui fit LA découverte : le Crayon.
Après de nombreuses années de travail, d’expérimentations en laboratoire, Esteban avait imaginé le concept du crayon, puis l’avait créé. Grâce à des procédés techniques qu’il m’est interdit de divulguer ici, le crayon permet en réalité d’aller où on veut : le principe est d’une simplicité enfantine, il suffit d’écrire le nom de l’endroit, et on y est.
Cette découverte eut immédiatement un succès foudroyant dans l’opinion publique : des chansons parlaient du crayon, les humoristes de tout poil en faisaient des spectacles, les créateurs de mode s’emparèrent de la chose… Le crayon était devenu l’espoir de la planète entière, il allait nous permettre de fuir la Terre, devenue inhospitalière !
Après quelques essais en laboratoire, la décision fut rapidement prise, et notre équipe de recherche se porta volontaire : nous saurions bien manipuler le crayon puisque nous l’avions créé…
Alors voilà, le grand départ a eu lieu : toute l’équipe est montée dans le Navire interspatial, et Esteban lui-même, sous l’œil des médias du monde entier, a écrit solennellement, avec le Crayon, le nom de la planète que les astronomes avaient désignée comme la plus accueillante : Tonimbar Kolefam.
Ce que nous ignorions tous, c’est qu’Esteban souffre d’une légère dyslexie… Nous ne l’avons découvert qu’à notre arrivée, en ouvrant le sas du Navire, et en découvrant, à perte de vue, une planète entièrement couverte de palmiers… Tanomkol Berlegam
D
Hong Kong
Deux valises, un globe, 5 mots déposés dans une valise et mon voyage est prêt au loin , très loin !
Et non ! 5 couleurs dans ma main, récupérées, dans une valise, et un doigt pour cette terre inconnue.
J’ai voulu le bateau, j’ai le train
Comme guide du matin, nous avions choisi le soleil
Pour héros, je voulais Christophe Colomb, me voici avec Nicolas Bouvier : ils sont présents dans nos aventures !!
Pour ce voyage, j’ai demandé un couteau, j’ai reçu un petit mot jaune mais avec un grand titre : le mot « Culture » ! Avant, maintenant ! Plus tard gardons ce mot, protégeons le, et puis voici le petit dernier : dans cette petite valise, j’ai trouvé des arbres, et je voulais des épices.
A Hong Kong, cela m’intrigue la forme des arbres ; court, long, large, touffus, cachant ou protégeant du soleil.
Le grand Christophe Colomb, avec son couteau, son bateau, sa recherche des épices, se retrouve au lever du soleil, tous les matins dans un train pour visiter la région de Hong Kong.
Huit jours de tourisme, tout compris, en 2013, ce n’est pas de l’aventure ?
MD
Saule pleureur,
De tes branches retombant en nonchalance
L’espoir renait en moi dès que tu touches le sol
Montgolfière, légère bulle d’air
De ta nacelle
Je vois au loin les confins du Tibet
L’espoir d’un renouveau renait en moi
Dès les abords des montagnes éternelles.
Phare, cierge illuminé dans la brume
Des rives de Saint Malo
Je perçois ta solitude dans l’immensité
L’espoir de ta tranquillité renait en moi
Dès que tu me fais signe.
Sur le Petit Prince, je ne sais quoi dire
Sinon Petit Prince de lui l’autre jour
M
J’avais quitté mon village normand en hiver, ça faisait bien 6 mois que je voguais. Moi qui n’avait pas le pied marin, je n’en pouvais plus des vagues grandes comme trois clochers. Enfin, en juin, j’ai aperçu Muscate toute blanche, la mer était d’huile, mon bateau glissait. Au port, personne ne m’attendait, mais je devais tout de même rencontrer le sultan d’Oman. Je réussis enfin à pénétrer dans son plais. Ma mission était de lui remettre un rosier dont les fleurs étaient noires. Il avait un peu souffert pendant la traversée, mais j’avais utilisé presque toute ma réserve d’eau douce pour nettoyer ses feuilles et humidifier ses racines. Je me rappelle la traversée de son jardin : des palmiers royaux de chaque coté de l’allée, des plantes que j’avais vu chez ma mère minuscules et qui, dans ce jardin mesuraient plusieurs mètres, des oiseaux multicolores, des fontaines où nageaient des poissons rouges. Moi, avec mon rosier minuscule, sans roses dessus juste un maigre bouton, dans toute cette luxuriance végétale, je n’étais pas très à l’aise. Je connaissais mal les coutumes locales, le sultan fut ravi de recevoir mon présent, même si le rosier n’avait pas bonne mine. Il m’invita à partager son repas, il mangeait avec ses doigts bagués. Il était élégant paré de soie. Moi, j’avais mis mon plus bel habit noir. Incapable de manger avec mes doigts, je sortis de ma vareuse une fourchette. Le sultan sourit de mes usages.
Lorsque le repas fut terminé, le sultan me pria de l’accompagner dans le jardin. Je crus rêver quand je vis une magnifique jeune fille, vêtue de soie multicolore. Elle nous attendait. Elle prit le rosier pour le planter. Lorsqu’elle ôta la plante du pot de terre où je l’avais soignée, un ver tomba à terre. Un gros ver noir qui frappé d’un rayon de soleil mourut sur le champ. La jeune fille planta le rosier, le bouton de rose s’ouvrit. Il était noir mais dans son centre, il y avait des pétales des couleurs des tissus que portait la jeune fille. Le sultan sourit. Je vous laisse deviner la suite, je suis toujours à Marcate.
G
De Wiki à Hawaï
A partir de 1793, la terreur s’installe en France.
La révolution française se durcit et les « ennemis du peuple » sont envoyés par charrette entière à la guillotine.
Parmi les anciens royalistes, il y a un homme qui a du flair. Il va réussir, sans prendre de positions tranchées, à naviguer dans cette période trouble jusqu’au coup d’état du 18 brumaire, qui met fin à la révolution, sans une égratignure.
C’est un lointain ancêtre de Christophe Colomb qui rêve à son tour de voyager, de traverser les mers, de découvrir, pas les Indes cette fois, mais un nouvel eldorado, au-delà de cette Amérique qui bouillonne elle aussi depuis que M de Lafayette est allé y exporter les idées des Lumières.
D’un coup de crayon, il trace sa route jusqu’aux iles Sandwich, dans le Pacifique, découverte en 1778 par l’anglais Cook et projette de s’y installer.
Il quitte la France en 1810 et fait la traverser dans le sillage de son illustre prédécesseur, le découvreur incontesté des Amériques, malgré quelques traces Viking du côté de Terre Neuve qui pourrait lui être antérieure.
En cette même année 1810, il participe, à peine débarqué, à l’unification des iles Sandwich, au côté de son roi.
Sa famille se mêle au fil des générations avec les polynésiens.
Une brève influence française autour de 1837 quand l’administrateur Thouars gouverne une partie de l’archipel permet à ses descendants de découvrir l’œuvre de Jules Verne.
Plus tard, le 4 aout 1961, son aïeule donne naissance à Honolulu au futur 44ème président des Etats-Unis.
Hawaï. 09/02/2013.
N
Voyage
            Il était temps de partir, le climat politique en Grèce devenait dangereux pour nous. Icare devait fuir au plus vite cet endroit maudit sinon il y perdrait sa tête et nous aussi par la même occasion.
Nous, se résumait simplement à nous trois : Icare, grand, blond, athlétique ; Ariana, fille cachée d'un érudit grec du nom de Socrate (plus père de la maïeutique que de sa propre fille) ; et moi-même, fille d'artisan sans grand intérêt. Notre amitié datait de l'enfance et le destin avait jugé sage de ne jamais nous séparer.
Enfin, nous devions quitter la Grèce en toute hâte. Mais comment faire lorsque la mer était envahie par le millier de navires de l'armée venue envahir notre nation ? Et où aller ? Ariana avait entendu parler d'une île où chacun était libre de penser, de raisonner et de s'exprimer. Il nous suffisait pour cela de suivre le soleil levant.
Bon, nous connaissions le où mais toujours pas le comment, et nous nous retrouvions tapis derrière la maison d'Icare sans savoir quoi faire. C'est toujours au même endroit, qu'une heure plus tard, le père de notre compagnon nous trouva. Il avait l'air excité et effrayé. Il nous poussa dans son atelier et nous expliqua qu'il avait mis au point une machine pouvant voler comme un oiseau. Sa création me faisait froid dans le dos. Comment un enchevêtrement de plumes, de bois et de toiles pourraient nous emmener dans les airs ? Mais de toute façon, nous n'avions pas le choix.
Nous montâmes donc sur la montagne la plus haute de la cité et le père d'Icare nous poussa dans le vide. Après une chute de plusieurs mètres, Ariana tira sur les fils, déployant ainsi les ailes de la structure. Contre toute attente, l'engin se mit à voler et nous emmena loin de l'endroit où nous avions grandi.
            Après plusieurs jours de voyage avec le soleil levant comme unique repère, il ne nous restait plus qu'une seule outre d'eau pour survivre. Nous étions perdus, jamais nous ne verrions cet endroit de liberté. Puis en sortant du brouillard qui nous entourait depuis un moment, l'île fut en-dessous de nous, enfin. Arina rabattit les ailes et nous atterrîmes dans l'herbe. Une herbe douce et soyeuse.
Arrivés sans encombre, un homme étrangement vêtu vint nous accueillir.
"-Bienvenue étranger dans l'île des neuf provinces, l'île de Kyushu."
M
L’eau, l’océan, au loin les Açores. Je suis un avion, je tourne, vole, tourne, vole encore
Là, au dessus de l’eau, une eau, immense océan. Comment se poser sur l’eau, lorsque l’on est avion, Avion géant !
Abracadabra… Je ferme les yeux, me voilà déployant mes grandes ailes, je suis avion oiseau,
Bel albatros qui doucement sur l’eau se pose.
Au dessus de cette eau, immense océan, un instant j’étais Grand Pilote Sceptique (GPS).
Devant moi… une île, je suis Vendredi. Dans les yeux de Florent fidèle ami et sage ex-pilote qui me sourient, un reflet jaune, des Mimosas.
Incroyable aventure, nous avons réussi.
R
UNE AVENTURE EXTRAORDINAIRE SANS BOUGER DE CHEZ MOI
Une fin d’après-midi d’été, après une journée de travail bien remplie, je compte bien profiter de la douceur du soir depuis mon balcon. Tout est prêt : thé, chocolat, bon bouquin, téléphone coupé, personne pour me déranger. Je sens que ça va déjà mieux.
Toc, toc, toc ! Il me semble que c’est à ma porte. Décidément il faudra que je fasse installer une sonnette ! Dans le doute je vais quand même voir, maugréant déjà en moi-même contre la personne importune. Surement un démarcheur que je vais renvoyer le plus aimablement possible mais surtout le plus rapidement possible.
J’ouvre.
Silence abyssal. Stupeur sans fond. Je suis statufiée : Robinson Crusoë, en personne, sur le pas de ma porte ! Je n’ai pas encore recouvré mes esprits qu’il me pousse délicatement sur le côté, entre et se rend directement sur le balcon, boit le thé et mange le chocolat. Je suis toujours planté là !
C’est lui qui parle le premier :
« Surprise, non ? Tu as fait ma connaissance dans un livre et me voici devant toi. Et tu dois te demander pourquoi je suis venu ici ; pourquoi je t’ai choisi. C’est comme ça ! Tu m’as apprécié dans un roman, je veux t’en remercier »
« Mais ? Comment êtes-vous arrivé jusqu’ici ? »
« Mon sens de l’orientation » répond-il. Sur un ton que je trouve suffisant.
« Mouai. Mais d’où venez-vous ? »
« En quittant mon île, j’ai dérivé des jours et des jours avant d’arriver dans un lieu qui m’a paru monstrueux. Il s’appelle Bandung. Les gens avaient la peau cuivrée et les yeux presque fermés. Ils m’ont dit qu’on les appelait Malaisiens et que Bandung est une ville moderne. Mais j’étais trop mal à l’aise dans ce lieu et j’ai cherché un moyen de la quitter. Je me suis rendu compte que, pendant que je dérivais, le monde avait tellement changé. Je ne reconnaissais plus rien. Mais j’ai vite vu qu’il y avait de grandes améliorations. C’est comme ça que j’ai trouvé un avion. Il m’a permis de voyager de pays en pays jusqu’à toi. »
J’avais écouté en silence cette histoire aussi merveilleuse qu’hallucinante.
Robinson s’est levé et m’a regardée droit dans les yeux.
« C’est grâce à des gens comme toi, qui m’aiment dans un roman, que des héros comme moi peuvent continuer à vivre »
J’avais la gorge serrée et l’œil humide. Ainsi la lecture, lire un livre, est un acte important qui dépasse le plaisir ou l’ennui qu’on en ressent. Lire est aussi un acte de création. Je ne savais que dire à Robinson. J’avais trop peur de briser le charme de cette rencontre.
Il continuait à me regarder en souriant mais l’œil grave.
Il ouvrit la sacoche qu’il portait en bandoulière, en sortit une jeune plante qui avait l’air bien délicat.
« C’est pour toi. C’est un lys martagon. Je l’ai découvert au cours de mes pérégrinations. Je te l’offre en remerciement pour l’amitié que tu m’as accordée et l’accueil que tu m’as réservé ce soir. »
Il pose la plante sur la table. Pivote sur lui-même et repart en refermant la porte derrière lui.
Je suis réveillée par la fraicheur de la nuit. Il n’y a plus de chocolat dans l’assiette. Quel rêve extra-ordinaire !
En me tournant, j’aperçois sur la table, une jeune plante qui a l’air bien délicat.
L
Lieu : sana au Yémen
Mots : pégase, cailloux blancs, épée, baobab, trottinette.

Cette invitation, à partir en voyage, est déjà un délice. Qui aurait dit qu'en plein centre ville de Lisieux, dans une médiathèque correspondant à une bulle d'air et qui est déjà un voyage en soi, un samedi matin qui plus est, je partirai au Yémen. Le hasard faisant bien les choses, je tombe sur un pays dont la température peut réchauffer les muscles de mes doigts. En effet, sans être trop critique, la salle dans laquelle j'écris, est légèrement frigorifique. Ah, ce besoin de prendre de la hauteur (salle en jeunesse) me perdra. Oui, je sais, je dérive ou plutôt je vole grâce à pégase, mot du papier rouge. Là, encore, le hasard fait bien les choses.
Cet animal mythique me rappelle toute mon adolescence et me fait voyager dans le passé. J'étais fan de mythologie grecque où les défauts et les qualités des hommes apparaissent à travers des mythes.

Allez, partons vraiment maintenant. Pégase m'attend devant les portes de la médiathèque. La foule s'attroupe. Un cheval ailée dans Lisieux. Incroyable. Ne m'occupant que de ma mission (Annie m'a demandé d'aller au Yémen)
Je monte sur pégase assez rebelle, il faut le dire. Après quelques après négociations, je vole au dessus des nuages. Je m'aperçois que pégase est déjà tout équipé, genre produit package. Alors, qu'ai-je en magasin ? Des cailloux blancs à gauche de ma selle (papier vert). Celui qui a conçu pégase s'est dit que l'on pourrait se perdre. J'ai repensé à l'histoire du petit poucet. Je me suis dit que si j'en jeté un de temps en temps, je pourrais retrouver mon chemin. Sur la droite de ma selle, il y a une épée (papier jaune). Sans nul doute, pour mon côté héroïque. Pendant que je volais, je repensais à ce qu'avait demandé Annie. Nous avons donc les mots pégase, cailloux blancs, épée, reste à utiliser les mots baobab et trottinette. Bon, imaginer les mots pégase et trottinette dans la même phrase me paraît délicat. Et donc reste le boabab. N'oublions pas que le but du voyage est le Yémen. Avec un gros baobab en plein milieu du pays, c'est plus facile. J'aurais pris le mot "pâquerette", mon voyage aurait été plus long ! Merci Annie pour ce voyage pour ce voyage lexovien. Ne dit-on pas que le voyage est plus important que le but. Et quel voyage. Encore merci Annie.
P
Utilisation obligatoire. Cinq mots imposés par tirage au sort : Ulysse Godillot Lion Rose Boussole (quel cadeau, ma sœur !)
Ulysse, au cours d’un long voyage sur la mer farouche, avait ouï dire que des sirènes attiraient les navigateurs vers des lieux où le stupre et la fornication étaient d’une pratique non négligeable. Aussi, avait-il scellé les godillots d’usage courant à l’époque ; de ses sept matelots. Sept marins pour sirènes eut été source de désordres et même conflictuel.
Bref , il naviguait depuis fort longtemps et s’était endormi de même. Prenant sa boussole pour le noyau de pêche dont il rêvait, il le balança par-dessus son épaule gauche, le faible flop le réveilla et ö surprise, une côte était là, hostilement rocheuse, et son inhospitalité ne prêtait pas à rire.
Toutefois, là, une pancarte moche, ballait et bavait. Ulysse déchiffra péniblement : Saint Pierre et Niquelion. Au pied ou presque, un court pont visiblement bricolé par un portier nul à la retraite (Saint Pierre sans doute) était seul accessible. De chaque coté sur la longueur, sept lions bavaient. Aussi, Ulysse, homme de caractère, méprisait le danger et comme l’escargot, ne reculait jamais. Il s’engagea, jouant des coudes : pardon dit-il dignement, pardon… pardon je vous dérange peut-être, pardon…Au bout, son chien fidèle, seul à le reconnaître, frétillait de la queue, une rose entre les crocs…et quelques phoques alentour.
B
C'est décidé, ce serait ce matin-là. Alors que la lune brillait encore et dessinait les ombres des arbres sur le mur du cloître, Saint Antoine franchit silencieusement le porche, une valise dans sa main gauche et son chapelet dans la main droite.
Sans un regard, sans hésitation, il referma la lourde porte et se retrouva sur le chemin encore gelé qui mène au lac. Mais il s'en éloigna, marchant à travers le bois pour rejoindre son compagnon de route Saint Augustin.
Saint Antoine entendit soudain des craquements, non pas ceux qu'il faisait en marchant sur les feuilles, mais des craquements derrière lui. Plus il marchait vite, plus les craquements s'intensifiaient. Serait-ce Saint Augustin qui le suit ainsi ? Il s'arrête, se cache derrière un arbre, pose sa valise : plus de craquement.
Il reprend son chemin avec grand espoir qu'aucun incident ne l'empêchera d'entreprendre ce grand voyage sur la route de l'inquisition. C'est son destin : la voix lui a parlé. « Il doit se mettre en route, c'est le moment. » Il serre plus fort sa besace, s'assure qu'il a bien prit la pochette avec les épices qui lui seront nécessaires pour accomplir cette mission.
N
J’ai tellement froid, je ne sais plus où je suis, j’ai perdu tous mes repères.
Je ne sens pas la chaleur du soleil me réchauffer.
Mais quel est donc ce paysage qui se trouve devant moi ?
Je ne le reconnais pas.
Je vois cette grande ville entouré d’innombrables lacs. Toutes ses fumées qui sortent de ses usines.
Au loin, je vois une forme étrange, on dirait un animal mais il ne m’est pas familier.
Un homme qui se trouve à coté de moi me dit que c’est un caribou.
Un caribou ? Alors, je suis dans le Canada. C’est exact- me répondit l’homme. Vous êtes au Labrador. Ici, il y a beaucoup de caribous et aussi de grandes courses de traîneau de chiens.
On s’y sent très bien, vous verrez. Et là, tout se mit à tourner autour de moi. Que faisais-je ici ?
Comment avais-je pu me retrouver là ?
Je n’étais plus chez moi, dans ma Normandie où il y a tous ces champs de blé à perte de vue. Tout à coup, le réveil sonna et là je compris que je rêvais, que tout s’était passé dans mon imagination. J’étais heureuse de me retrouver dans ma chambre avec sur ma table de nuit mon livre préféré Le petit Prince de Saint Exupéry  et mon couteau fétiche qui ne me quitte pas.
C

samedi 12 janvier 2013

Atelier 12 janvier 2013

Pour cet atelier, Annie invite chacun à fermer les yeux dans l'attente d'un objet qu'elle va déposer dans nos mains.
Trois propositions d’écriture :
  1. Contact sensation impression
  2. Evocation
  3. Souvenirs projets…
Les boites
Rectangulaire, granuleuse, parfaitement hermétique.
Intérieur tapissé d’un coussin de mousse synthétique. 2 trous pour des boucles d’oreilles disparues, je ne sais où, je ne sais comment, je ne sais rien.
Extérieur rouge grenat

Dessus : inscription gravée dorée : « Past times » temps passé / passe-temps.
Dessin ressemblant à une broche. Et si c’avait été une broche !
Un cadeau, en tous cas, sans doute. Anniversaire ? Quel âge avait donc la femme, c’est forcément une femme !
Souvenir du temps passé, anniversaire de mariage ?
La boite est un peu écornée, elle a donc servi, voyagé, avec son trésor. Bousculée, une petite tache ; l’intérieur est toujours aussi doux.
Resservira-t-elle ?
Pourquoi ce petit R encerclé ? R comme se rappeler, copie d’un bijou ancien ?
C’est vrai que j’ai du mal à jeter une boite. J’en conserve quelques unes : boites à chaussures, beaux ballotins, boite de cotons tiges, en carton, en plastique, en bois…Ces boites sont le souvenir de leur contenu.
C’est important une boite quand on fait un cadeau. Après le ruban denoué, le papier déchiré, la boite cache le cadeau. .L’attente est à son comble, l’excitation de la découverte avant l’enthousiasme ou la déception.
Main droite ou main gauche ? La main est une boite magique qui instaure une relation entre les personnes. Le cœur sur la main, les cœurs battent à l’unisson, les yeux s’observent, complices d’un secret.
La boite contient un secret. Même vide. Même vieille. Comme l’être humain.
Chacune est unique. Même fabriquée en série.
Caisse en bois, container : 6 faces comme le dé. Fermé, mais contrairement au dé, une face peut s’ouvrir, le haut, le côté.
Ma boite à moi, mon cercueil, en bois, matière vivante. Pas la peine d’y mettre cher, le plus simple est le mieux, bien sous terre. Terre au ras du sol.
Avant la mort, pas de boite. La liberté, toute, de respirer le soleil, de voir le ciel à chaque instant, d’entendre le frissonnement du vent dans les feuilles et le murmure des vagues et les oiseaux, les cigales.
Pas de boite. Nomade. Tant encore à découvrir. Emerveillement perpétuel.
Pourtant « past times », ne pas oublier d’où on vient, qui étaient-ils ? Quelle fleur, quelle semence ?
Le retour vers le passé est une boite noire, un tunnel, retour en arrière dans la nuit des morts sans voix parmi les âmes insaisissables qui font fi de toutes les boites. Ah ! l’infini…
Dites-moi, comment disait Pascal déjà ?
« Le silence de ces espaces infinis m’effraie. »
C
Petites boites
Petite boite peu encombrante, légère et lisse, sûrement un peu fragile. Sur un pan un trou avec deux aspérités qui pourraient presque piquer. Une odeur de papier, de bois s’en dégage. Je l’approche de mon oreille et la gratte avec la pulpe de mon doigt. On dirait le bruit d’une souris qui trottine. J’ouvre les yeux. Je suis un peu déçue de sa banalité, hormis l’opercule qui la compose. Cela ressemble à un trou de serrure qui n’attend plus que sa clé pour s’ouvrir. Sur une autre face je lis: savon d’Alep royal200g avec sa composition, sa provenance et son distributeur. Alep qui me faisait rêver, la Seyne sur mer que je connais très bien.
Alep, Syrie : pays actuellement divisé, dévasté, martyrisé. Je pense a ce peuple qui doit être bien loin des préoccupations d’hygiène du monde occidental .A tous ces martyrs opprimés qui souffrent sans issue visible je dis oui retrouvons vite la clé de la liberté.
Une autre boite me fascine : la boite de Pandore. Elle me fait peur. Car parait il lorsqu’on l’ouvre elle se déverse à l’infini, au fur et à mesure que l’on tire sur les éléments qui la compose. Elle n’en finit pas car elle est inépuisable. Mais comment peut-on imaginer une chose qui ne se terminerait jamais ? L’éternité plus un jour ?
AM
Elle pèse pas, elle pique pas, elle sent rin. Elle existe pas.
Caisse ? Dis-y pas caisse d’orange dis-y caisse dépêche.
Quelque part dans et autour de l’ailleurs. Je remonte à la surface.
J’ouvre la main, la chose tombe, petite boite innocente, comme la grenouille qui létargeait inoubliablement parmi les nouveaunénuphars. Cédant à la curiosité, elle sautait sur notre épingle recourbée adorée d’un chiffon rouge fauché au toréro local ou à la petite culotte de ma sœur. Récupéré, le petit animal glissait de sous mon pouce comme la boite mais plus vite et sautait vers son marigot. Ce soir, la nuit tombée, une planchette, une bougie petite, les attirant. Avec la ficelle, nous les tirons jusqu’à nous. A vrai dire c’était rare. Soit qu’elles étaient prises du mal de mare, soit nos mines patibulaires quoique enfantines, éveillaient leurs méfiance. Ceci-dit, les grenouilles ne pensent pas, exactement comme le carton astucieusement plié que j’ai dans la main gauche et qui commence à me briser sérieusement les phalanges. Soudain brisé aussi par l’émotion. Ah les souvenirs un parfum subtil, léger m’a frisé les naseaux. La boite a susurré nettement : rose fraiche. Logique. Pourrie ferait désordre comme les 30 minutes allouées à des âmes enfermées. Allez pour la plus belle, la poubelle.
B
Cette boite me fait penser au Kinder surprise, à l’intérieur se place pour moi une petite boite en plastique bombée qui bombe le torse pour faire sortir l’oiseau de mes rêves, en morceau pour l’instant, peut-être deviendra-t-il réalité cet oiseau de toutes les couleurs, asiatique, jauni par son enveloppe et noir de chocolat à l’intérieur. Pourrait-il voler cet oiseau ? Non, je ne le pense pas, car c’est un poussin et un qui pousse l’un pousse l’autre qui trébuchera dans cette marée de poussins à la cage n°10, tous anonymes très formatés autant les uns que les autres. Moi, finalement je vais pour l’adopter l’appeler, Alfred, mon poussin, ce qui veut dire AVIDE LIBERTE FOLLE RECHERCHANT ENVOL DURABLEMENT
Elle fait peur car elle se déverse sans arrêt.
M

.
  1. Mes premières sensations sont simples = rectangulaire, avec vécue et entravée  entourée d'un élastique sans doute du fait d'une trop grande utilisation. Ma pensée va vers la boite d'allumettes. Je m'aperçois que mon imaginaire est bridé par manque de vue. Même si je n'aime pas le contact de l'élastique et de la pastelle ainsi que l'odeur de vieillot qui s'en dégage et le silence me gêne. Cette boite n'a aucune musique.
  2. L'ouverture de mes yeux est synonyme de l'ouverture d'état d’esprit, je découvre une petite boite nationalisée sur les cotés avec un dessin sous forme de fresque intitulé « Napoléon au tombeau du grand Fréderic (1806) » Et là, je découvre tout d'un coup, que je suis inculte merci  Annie pour ce samedi noir, ce 10/11, dont je me serais bien passé et je me rassure en disant que toute culture a une limite, comme un boite soit dit en passant. Comme je suis honnête (au moins intellectuellement) tout ce laïus pour cacher ma méconnaissance de cet événement. Bon allez je tente un nom de famille pour ce Frédéric = DARD, DIEFENTHAL, NIETCHE… En fait je m’en moque et passons à ce qui m’intéresse vraiment : la boite dite « idéale » (totalement imposée par Annie, encore cette Annie)
  3. Je suis obligée d’imaginer une boite, la mienne, mon idéale de boite et justement qu’il n’y en ait pas. Je sais j’exagère. Mais cette idée de boite me fait penser à une case psychologique dans laquelle on enferme un état d’esprit, une culture, des compétences professionnelles, un rôle dans la personne humaine. Je suis conscient que l’invention de la boite est de structurer, d’organiser et de ranger. Et c’est bien, surtout lorsque je me rappelle avoir acheté un livre hier AM avec pour titre « De l’enfant roi à l’enfant tyran ». Il faut au moins une boite éducative pour équilibrer notre boite mondiale dans laquelle nous vivons.
P
Annie me pose dans la main une boite cylindrique, assez haute. On sent la forme circulaire en cheminant avec les doigts autour de la forme.
Elle est légère, papier, carton ? Elle est forcément bleu marine- non rouge sombre- non vert sapin. Elle est forcément féminine. Elle s’ouvre ? Elle ne s’ouvre pas. Pas de rainure qui permette d’en explorer l’intérieur. Si, elle s’ouvre, mais la rainure est bien dissimulée (tout en haut – Tout en bas ?) Rien dedans, sensation de carton. Oui, sûr, c’est du carton.
Allez, j’ouvre les yeux. Déception idiote : elle n’est pas bleue, ni rose, ni verte. Une boite à savonnette parfumée, à l’ancienne.
Inscription énigmatique : Quelques fleurs naturelle. Quoi ? Une faute d’orthographe sur une boite de savon. Annie n’aurait pas permis cela ! J’ouvre pour sentir : Quel parfum, ce savon ?
Des inscriptions au fond de la boite : Cette poudre » (Ah, c’est de la poudre !) se fait dans les nuances : blanche, rosée, Rachel (Rachel ?), naturelle, ocre, ocre rosée, Rachel Soleil (Rachel soleil !)
C’est donc ça, la faute d’orthographe :
Parfum : Quelques fleurs
Nuance : Naturelle
Les noms des parfums fleurent bon (c’est le cas de le dire) le début de siècle- Non, pas le nôtre- La Rose France, Cœur de Jeannette, Royal bégonia.
Plus aucune trace de poudre dans la boite. Combien de matins a-t-elle coloré les jours d’une Germaine, d’une Philomène, d’une Emma ? Etait-ce la peau fraiche d’une jeune fille, la peau fanée d’une vieille dame ?
Dans quel tiroir a-t-elle passé tous ces jours avant de finir posée sur une tablette, devant ma feuille, à la médiathèque de Lisieux ?
Si tu ouvres cette boite, mon ami- si tu as le courage, l’audace, d’ouvrir cette boite, tu pourras y trouver tout objet perdu, cassé, disparu, volé, que tu souhaiterais récupérer.
Peu importe la taille, la boite s’adaptera.
Peu importe les circonstances, la boite retrouvera.
Il te suffira de le désirer assez fort, il suffira que l’objet te manque suffisamment.
Je te donne cette boite car je l’ai assez utilisée. Je l’ai trop utilisée- J’ai retrouvé des centaines d’objets, les objets de mon enfance (ours en peluche, jouets, livres), les objets de ma jeunesse (bijoux, lettres, photos), tout ceux que j’avais abimés, cassés, qu’on m’avait pris, empruntés et jamais rendus.
Aucun ne m’a satisfaite.
Il fallait que j’ouvre à nouveau la boite, toujours et encore ; Et ma maison a commencé peu à peu à se remplir, à s’encombrer, à déborder ;
C’est alors que j’ai tenté- oui, mon ami, j’ai tenté et réussi- ce que je n’aurais jamais dû oser : faire revenir les êtres.
Et là, le passé m’a explosé à la figure : tous ceux qui m’avaient entouré tout au long de ma vie sont revenus, grâce à la boite. Comme les objets, ils ont peu à peu envahi mon espace, m’ont éjecté de ma propre vie.
Alors voilà, mon ami, je te la donne, cette boite.
Fais-en bon usage !
D
Boites et caisses
La boite est constituée d’un fond carré ou rectangulaire autour de ce fond quatre cotés forment un réceptacle. Tout ça tient ensemble et permet de placer deux chaussures, un chapeau, des bijoux, des gâteaux, un loukoum. Sur ce premier élément vient s’encastrer un couvercle très semblable au fond, il a lui aussi quatre cotés mais cette deuxième partie est un peu plus grande que la première et grâce à des mesures méticuleusement prises, elle vient « chapeauter » le fond et ainsi protéger les divers objets mis à l’intérieur.
La caisse, elle, peut-être simplement un fond, des parois de planches non rabotées, clouées rapidement sans souci d’esthétique, elle sert à entreposer du savon, des clous, des outils. Le cageot est lui aussi une caisse et non une boite puisqu’il n’y a pas de joli couvercle. La boite est plus précieuse que la caisse, peut-être parce qu’elle peut contenir des trésors. Un coffre est-il une boite ?
« On prend ma caisse pour aller en boite ? »
Si on disait
« On prend ma boite pour aller en caisse ? »
Qui aurait envi d’aller danser en caisse ?
Qui prendrait une boite pour se déplacer ?
Par contre la caisse, comme les caisses à savon munies de roues de notre enfance, c’est très attractif.
Danser en caisse, c’est un peu lugubre, Ce n’est pas jolie, une caisse. On préfère danser en boite surtout avec des jolis murs de toutes les couleurs.
Caisse boite caisse boite
Jolies boites très étroites, jolies boites toutes pareilles
Je rêve d’une Mercedes décapotable siège cuir avec un prince à l’intérieur, en route pour Vienne et ses valses interminables.
Caisse boite caisse boite
De toute façon tout se termine par une mise en boite.
G
Moi je vois la mer
Vieille comme un dinosaure
S’affaissant sur la grève
En un lit de bulles éparses
Disséminés par le vent
Moi je vois la mer
Je la médite, frugale, ancienne
Sur le corps et l’âme humaine
Mêlée d’amour et de haine
Sa houle s’étale d’écumes
Comme draps de satin
De blanc marié
Sur de ces grèves dispersées
Moi je vois la mer tapissée
De constellations et d’étoiles
Où les marins même les yeux du ciel
Puisent dans leurs cerveaux
La quintessence de parfums marins
Qu’ils exhaleront de leurs pores
Jusque dans le fond des ports
Moi je vois la mer gardienne souveraine de sirènes
Et là, elles entonnent dans les alizés
Des rengaines que le vent entrain
Vers des horizons sans limite
Moi je vois la mer, la mer avec des yeux bleus
Que les oiseaux de passage n’ont pas
La mer, la mer, elle dicte ses colères le long des écueils
Polis par l’allée et le retour de marée rougies par
La fatigue que les digues lui prodiguent.
La mer, la mer, elle étale ses marées d’écumes en des dentelles tapies d’étoiles où des rêves même en moi élèvent des visions d’embruns que le vent arrache au sommet des vagues où le matin au sommet de sa puissance
En des trésors marins emplit ses calebasses
Dans ces criques à marée basse
Où des ancêtres dans le clair obscur trépassent
Mais dont la mémoire ne s’efface.
M

samedi 8 décembre 2012

Atelier du 8 décembre 2012

Pour cet atelier, Annie invite chacun à fermer les yeux dans l'attente d'un objet qu'elle va déposer dans nos mains.
Trois propositions d’écriture :
  1. Contact sensation impression
  2. Evocation
  3. Souvenirs projets…
Les boites
Rectangulaire, granuleuse, parfaitement hermétique.
Intérieur tapissé d’un coussin de mousse synthétique. 2 trous pour des boucles d’oreilles disparues, je ne sais où, je ne sais comment, je ne sais rien.
Extérieur rouge grenat

Dessus : inscription gravée dorée : « Past times » temps passé / passe-temps.
Dessin ressemblant à une broche. Et si c’avait été une broche !
Un cadeau, en tous cas, sans doute. Anniversaire ? Quel âge avait donc la femme, c’est forcément une femme !
Souvenir du temps passé, anniversaire de mariage ?
La boite est un peu écornée, elle a donc servi, voyagé, avec son trésor. Bousculée, une petite tache ; l’intérieur est toujours aussi doux.
Resservira-t-elle ?
Pourquoi ce petit R encerclé ? R comme se rappeler, copie d’un bijou ancien ?
C’est vrai que j’ai du mal à jeter une boite. J’en conserve quelques unes : boites à chaussures, beaux ballotins, boite de cotons tiges, en carton, en plastique, en bois…Ces boites sont le souvenir de leur contenu.
C’est important une boite quand on fait un cadeau. Après le ruban denoué, le papier déchiré, la boite cache le cadeau. .L’attente est à son comble, l’excitation de la découverte avant l’enthousiasme ou la déception.
Main droite ou main gauche ? La main est une boite magique qui instaure une relation entre les personnes. Le cœur sur la main, les cœurs battent à l’unisson, les yeux s’observent, complices d’un secret.
La boite contient un secret. Même vide. Même vieille. Comme l’être humain.
Chacune est unique. Même fabriquée en série.
Caisse en bois, container : 6 faces comme le dé. Fermé, mais contrairement au dé, une face peut s’ouvrir, le haut, le côté.
Ma boite à moi, mon cercueil, en bois, matière vivante. Pas la peine d’y mettre cher, le plus simple est le mieux, bien sous terre. Terre au ras du sol.
Avant la mort, pas de boite. La liberté, toute, de respirer le soleil, de voir le ciel à chaque instant, d’entendre le frissonnement du vent dans les feuilles et le murmure des vagues et les oiseaux, les cigales.
Pas de boite. Nomade. Tant encore à découvrir. Emerveillement perpétuel.
Pourtant « past times », ne pas oublier d’où on vient, qui étaient-ils ? Quelle fleur, quelle semence ?
Le retour vers le passé est une boite noire, un tunnel, retour en arrière dans la nuit des morts sans voix parmi les âmes insaisissables qui font fi de toutes les boites. Ah ! l’infini…
Dites-moi, comment disait Pascal déjà ?
« Le silence de ces espaces infinis m’effraie. »
C
Petites boites
Petite boite peu encombrante, légère et lisse, sûrement un peu fragile. Sur un pan un trou avec deux aspérités qui pourraient presque piquer. Une odeur de papier, de bois s’en dégage. Je l’approche de mon oreille et la gratte avec la pulpe de mon doigt. On dirait le bruit d’une souris qui trottine. J’ouvre les yeux. Je suis un peu déçue de sa banalité, hormis l’opercule qui la compose. Cela ressemble à un trou de serrure qui n’attend plus que sa clé pour s’ouvrir. Sur une autre face je lis: savon d’Alep royal200g avec sa composition, sa provenance et son distributeur. Alep qui me faisait rêver, la Seyne sur mer que je connais très bien.
Alep, Syrie : pays actuellement divisé, dévasté, martyrisé. Je pense a ce peuple qui doit être bien loin des préoccupations d’hygiène du monde occidental .A tous ces martyrs opprimés qui souffrent sans issue visible je dis oui retrouvons vite la clé de la liberté.
Une autre boite me fascine : la boite de Pandore. Elle me fait peur. Car parait il lorsqu’on l’ouvre elle se déverse à l’infini, au fur et à mesure que l’on tire sur les éléments qui la compose. Elle n’en finit pas car elle est inépuisable. Mais comment peut-on imaginer une chose qui ne se terminerait jamais ? L’éternité plus un jour ?
AM
Elle pèse pas, elle pique pas, elle sent rin. Elle existe pas.
Caisse ? Dis-y pas caisse d’orange dis-y caisse dépêche.
Quelque part dans et autour de l’ailleurs. Je remonte à la surface.
J’ouvre la main, la chose tombe, petite boite innocente, comme la grenouille qui létargeait inoubliablement parmi les nouveaunénuphars. Cédant à la curiosité, elle sautait sur notre épingle recourbée adorée d’un chiffon rouge fauché au toréro local ou à la petite culotte de ma sœur. Récupéré, le petit animal glissait de sous mon pouce comme la boite mais plus vite et sautait vers son marigot. Ce soir, la nuit tombée, une planchette, une bougie petite, les attirant. Avec la ficelle, nous les tirons jusqu’à nous. A vrai dire c’était rare. Soit qu’elles étaient prises du mal de mare, soit nos mines patibulaires quoique enfantines, éveillaient leurs méfiance. Ceci-dit, les grenouilles ne pensent pas, exactement comme le carton astucieusement plié que j’ai dans la main gauche et qui commence à me briser sérieusement les phalanges. Soudain brisé aussi par l’émotion. Ah les souvenirs un parfum subtil, léger m’a frisé les naseaux. La boite a susurré nettement : rose fraiche. Logique. Pourrie ferait désordre comme les 30 minutes allouées à des âmes enfermées. Allez pour la plus belle, la poubelle.
B
Cette boite me fait penser au Kinder surprise, à l’intérieur se place pour moi une petite boite en plastique bombée qui bombe le torse pour faire sortir l’oiseau de mes rêves, en morceau pour l’instant, peut-être deviendra-t-il réalité cet oiseau de toutes les couleurs, asiatique, jauni par son enveloppe et noir de chocolat à l’intérieur. Pourrait-il voler cet oiseau ? Non, je ne le pense pas, car c’est un poussin et un qui pousse l’un pousse l’autre qui trébuchera dans cette marée de poussins à la cage n°10, tous anonymes très formatés autant les uns que les autres. Moi, finalement je vais pour l’adopter l’appeler, Alfred, mon poussin, ce qui veut dire AVIDE LIBERTE FOLLE RECHERCHANT ENVOL DURABLEMENT
Elle fait peur car elle se déverse sans arrêt.
M

.
  1. Mes premières sensations sont simples = rectangulaire, avec vécue et entravée  entourée d'un élastique sans doute du fait d'une trop grande utilisation. Ma pensée va vers la boite d'allumettes. Je m'aperçois que mon imaginaire est bridé par manque de vue. Même si je n'aime pas le contact de l'élastique et de la pastelle ainsi que l'odeur de vieillot qui s'en dégage et le silence me gêne. Cette boite n'a aucune musique.
  2. L'ouverture de mes yeux est synonyme de l'ouverture d'état d’esprit, je découvre une petite boite nationalisée sur les cotés avec un dessin sous forme de fresque intitulé « Napoléon au tombeau du grand Fréderic (1806) » Et là, je découvre tout d'un coup, que je suis inculte merci  Annie pour ce samedi noir, ce 10/11, dont je me serais bien passé et je me rassure en disant que toute culture a une limite, comme un boite soit dit en passant. Comme je suis honnête (au moins intellectuellement) tout ce laïus pour cacher ma méconnaissance de cet événement. Bon allez je tente un nom de famille pour ce Frédéric = DARD, DIEFENTHAL, NIETCHE… En fait je m’en moque et passons à ce qui m’intéresse vraiment : la boite dite « idéale » (totalement imposée par Annie, encore cette Annie)
  3. Je suis obligée d’imaginer une boite, la mienne, mon idéale de boite et justement qu’il n’y en ait pas. Je sais j’exagère. Mais cette idée de boite me fait penser à une case psychologique dans laquelle on enferme un état d’esprit, une culture, des compétences professionnelles, un rôle dans la personne humaine. Je suis conscient que l’invention de la boite est de structurer, d’organiser et de ranger. Et c’est bien, surtout lorsque je me rappelle avoir acheté un livre hier AM avec pour titre « De l’enfant roi à l’enfant tyran ». Il faut au moins une boite éducative pour équilibrer notre boite mondiale dans laquelle nous vivons.
P
Annie me pose dans la main une boite cylindrique, assez haute. On sent la forme circulaire en cheminant avec les doigts autour de la forme.
Elle est légère, papier, carton ? Elle est forcément bleu marine- non rouge sombre- non vert sapin. Elle est forcément féminine. Elle s’ouvre ? Elle ne s’ouvre pas. Pas de rainure qui permette d’en explorer l’intérieur. Si, elle s’ouvre, mais la rainure est bien dissimulée (tout en haut – Tout en bas ?) Rien dedans, sensation de carton. Oui, sûr, c’est du carton.
Allez, j’ouvre les yeux. Déception idiote : elle n’est pas bleue, ni rose, ni verte. Une boite à savonnette parfumée, à l’ancienne.
Inscription énigmatique : Quelques fleurs naturelle. Quoi ? Une faute d’orthographe sur une boite de savon. Annie n’aurait pas permis cela ! J’ouvre pour sentir : Quel parfum, ce savon ?
Des inscriptions au fond de la boite : Cette poudre » (Ah, c’est de la poudre !) se fait dans les nuances : blanche, rosée, Rachel (Rachel ?), naturelle, ocre, ocre rosée, Rachel Soleil (Rachel soleil !)
C’est donc ça, la faute d’orthographe :
Parfum : Quelques fleurs
Nuance : Naturelle
Les noms des parfums fleurent bon (c’est le cas de le dire) le début de siècle- Non, pas le nôtre- La Rose France, Cœur de Jeannette, Royal bégonia.
Plus aucune trace de poudre dans la boite. Combien de matins a-t-elle coloré les jours d’une Germaine, d’une Philomène, d’une Emma ? Etait-ce la peau fraiche d’une jeune fille, la peau fanée d’une vieille dame ?
Dans quel tiroir a-t-elle passé tous ces jours avant de finir posée sur une tablette, devant ma feuille, à la médiathèque de Lisieux ?
Si tu ouvres cette boite, mon ami- si tu as le courage, l’audace, d’ouvrir cette boite, tu pourras y trouver tout objet perdu, cassé, disparu, volé, que tu souhaiterais récupérer.
Peu importe la taille, la boite s’adaptera.
Peu importe les circonstances, la boite retrouvera.
Il te suffira de le désirer assez fort, il suffira que l’objet te manque suffisamment.
Je te donne cette boite car je l’ai assez utilisée. Je l’ai trop utilisée- J’ai retrouvé des centaines d’objets, les objets de mon enfance (ours en peluche, jouets, livres), les objets de ma jeunesse (bijoux, lettres, photos), tout ceux que j’avais abimés, cassés, qu’on m’avait pris, empruntés et jamais rendus.
Aucun ne m’a satisfaite.
Il fallait que j’ouvre à nouveau la boite, toujours et encore ; Et ma maison a commencé peu à peu à se remplir, à s’encombrer, à déborder ;
C’est alors que j’ai tenté- oui, mon ami, j’ai tenté et réussi- ce que je n’aurais jamais dû oser : faire revenir les êtres.
Et là, le passé m’a explosé à la figure : tous ceux qui m’avaient entouré tout au long de ma vie sont revenus, grâce à la boite. Comme les objets, ils ont peu à peu envahi mon espace, m’ont éjecté de ma propre vie.
Alors voilà, mon ami, je te la donne, cette boite.
Fais-en bon usage !
D
Boites et caisses
La boite est constituée d’un fond carré ou rectangulaire autour de ce fond quatre cotés forment un réceptacle. Tout ça tient ensemble et permet de placer deux chaussures, un chapeau, des bijoux, des gâteaux, un loukoum. Sur ce premier élément vient s’encastrer un couvercle très semblable au fond, il a lui aussi quatre cotés mais cette deuxième partie est un peu plus grande que la première et grâce à des mesures méticuleusement prises, elle vient « chapeauter » le fond et ainsi protéger les divers objets mis à l’intérieur.
La caisse, elle, peut-être simplement un fond, des parois de planches non rabotées, clouées rapidement sans souci d’esthétique, elle sert à entreposer du savon, des clous, des outils. Le cageot est lui aussi une caisse et non une boite puisqu’il n’y a pas de joli couvercle. La boite est plus précieuse que la caisse, peut-être parce qu’elle peut contenir des trésors. Un coffre est-il une boite ?
« On prend ma caisse pour aller en boite ? »
Si on disait
« On prend ma boite pour aller en caisse ? »
Qui aurait envi d’aller danser en caisse ?
Qui prendrait une boite pour se déplacer ?
Par contre la caisse, comme les caisses à savon munies de roues de notre enfance, c’est très attractif.
Danser en caisse, c’est un peu lugubre, Ce n’est pas jolie, une caisse. On préfère danser en boite surtout avec des jolis murs de toutes les couleurs.
Caisse boite caisse boite
Jolies boites très étroites, jolies boites toutes pareilles
Je rêve d’une Mercedes décapotable siège cuir avec un prince à l’intérieur, en route pour Vienne et ses valses interminables.
Caisse boite caisse boite
De toute façon tout se termine par une mise en boite.
G
Moi je vois la mer
Vieille comme un dinosaure
S’affaissant sur la grève
En un lit de bulles éparses
Disséminés par le vent
Moi je vois la mer
Je la médite, frugale, ancienne
Sur le corps et l’âme humaine
Mêlée d’amour et de haine
Sa houle s’étale d’écumes
Comme draps de satin
De blanc marié
Sur de ces grèves dispersées
Moi je vois la mer tapissée
De constellations et d’étoiles
Où les marins même les yeux du ciel
Puisent dans leurs cerveaux
La quintessence de parfums marins
Qu’ils exhaleront de leurs pores
Jusque dans le fond des ports
Moi je vois la mer gardienne souveraine de sirènes
Et là, elles entonnent dans les alizés
Des rengaines que le vent entrain
Vers des horizons sans limite
Moi je vois la mer, la mer avec des yeux bleus
Que les oiseaux de passage n’ont pas
La mer, la mer, elle dicte ses colères le long des écueils
Polis par l’allée et le retour de marée rougies par
La fatigue que les digues lui prodiguent.
La mer, la mer, elle étale ses marées d’écumes en des dentelles tapies d’étoiles où des rêves même en moi élèvent des visions d’embruns que le vent arrache au sommet des vagues où le matin au sommet de sa puissance
En des trésors marins emplit ses calebasses
Dans ces criques à marée basse
Où des ancêtres dans le clair obscur trépassent
Mais dont la mémoire ne s’efface.
M