samedi 18 octobre 2008

Terre et cendres


L'envie de découvrir Atiq Rahimi, l'auteur afghan de ce livre court -93 pages- Terre et cendres, m'est venue quand mon entourage m'a vivement conseillée de lire son dernier ouvrage Singha Sabour : la pierre de patience, qui sera très bientôt dans nos rayons et est en lice pour le Goncourt.

Terre et cendres.
C'est un moment immobile de la vie d'un vieillard afghan usé et épuisé qui, accompagné de son petit-fils devenu sourd par le bombardement soviétique de leur village, cherche à revoir son fils qui travaille dans une mine éloignée. Son message est court, terriblement court : ils sont les seuls survivants.
C'est le récit de ces deux personnages, respectivement au début et à la fin de la vie, dans l'attente d'un véhicule qui les conduira de ce poste de contrôle perdu dans la montagne, sur une piste désolée et poussiéreuse, jusqu'à l'extrémité de la vallée, jusqu'à Mourad, le mineur.
Le style concis, haché, rendu par une belle traduction du persan de Sabrina Nouri, nous renvoie la moiteur poignante et tragique de ces heures désespérées.
En voici les premières lignes :

- J'ai faim.

Tu sors une pomme du baluchon rouge gol-e-seb, et tu la frottes contre ton vêtement poussiéreux. La pomme n'en est que plus sale. Tu la remets dans le baluchon, en sors une autre, plus propre. Tu la tends à ton petit-fils, Yassin, qui est assis près de toi, la tête contre ton bras fatigué. L'enfant saisit la pomme de ses petites mains crasseuses, la porte à sa bouche. Ses incisives ne sont pas encore sorties. Il essaye de croquer la pomme avec ses canines. Un frisson parcourt ses joues maigres et crevassées. Ses yeux effilés se brident encore plus. La pomme est acide. Son petit nez se rétracte ; il renifle.

Tu t'es assis, le dos tourné au soleil automnal, contre le parapet du pont ; le pont qui, au nord de la ville de Pol-e-Khomri, relie les deux berges de la rivière asséchée. C'est là que passe la route du nord de l'Afghanistan à Kaboul. En s'engageant à gauche à l'entrée du pont sur la piste de terre qui serpente au-delà des collines désertiques, on parvient à la mine de charbon de Karkar...



Atiq Rahimi, né en 1962 à Kaboul, a écrit son dernier roman en français. Il se raconte au cours d'un entretien
http://s.p.a.m.free.fr/02/itw_rahimi.html
Il est aussi réalisateur : il a porté son texte à l'écran, disponible sur DVD au rayon Multimédia (DVD RAH)
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vendredi 17 octobre 2008

Marionnettes, objets et ombres

« Cent ans dans la forêt »

Libre adaptation du conte de fée de La Belle au bois dormant,
avec Colette Garrigan

Le Samedi 18 octobre à 15h à la Médiathèque

« Nous racontons ce qui se passe pendant les cent ans de sommeil, les cent ans de rêve, les cent ans dans la forêt.
La conteuse, avec des marionnettes et de la musique, emmène le public dans la forêt des rêves de la Belle.
Il y a certes quelque chose qui nous attends au coin de la forêt et c’est notre destin de la rencontrer. »

“va dans la forêt va
va dans la forêt
si tu ne vas pas dans la forêt
jamais rien n’arrivera
jamais ta vie ne commencera”

Colette intervient à Lisieux, dans les Centres de Loisirs, depuis le mercredi 24 octobre.

Avec elle, 24 enfants (8-11ans) se sont familiarisés aux techniques d’ombres : celles créées avec le corps et celles créées avec des objets. Ils ont écrit de petits textes et se sont essayés à la mise en scène.

A l’issue du spectacle, Colette et Franck (chargé de la lumière) échangeront avec les enfants et les parents, sur la manipulation des marionnettes et le spectacle.

Pour en savoir d’avantage sur le travail de Colette : http://cie.akselere.over-blog.com

Spectacle à partir de 3 ans
Entrée libre



jeudi 16 octobre 2008

Sortir ce vendredi 17 octobre

Eugène Durif et / ou Hubert Haddad.
Choisissez votre auteur :

Vendredi 17 octobre à 20h30

Hubert Haddad sera à la Salle des fêtes de Courtonne- la-Meurdrac. Il y accueillera Annie Cohen. Lectures par Cendres Delort. Soirée organisée par la Bibliothèque Départementale de Prêt et la Bibliothèque de Courtonne.

Renseignements et réservations : 02.31.78.78.87

Eugène Durif sera au Théâtre de Lisieux pour une Conférence théâtrale, musicale et déjantée « Nos ancêtres les grenouilles » Par la compagnie l’Envers Du Décor. Renseignements et réservations au 02.31.61.12.13

Hubbert Haddad et Eugène Durif sont chers à nos cœurs. Le premier nous a accompagné lors de l’ouverture de la Médiathèque en 2002-2003 : conférence sur sa pratique des ateliers d’écriture, rencontres d’auteurs. Le second rencontrera nos lecteurs en 2009.

Comment choisir ? Votre Cœur balance Courtonne / Lisieux ou Annie Cohen- Hubert Haddad / Eugène Durif. Une solution « Nos ancêtres les grenouilles » se jouent aussi ce jeudi, mais dépêchez-vous, il n’y a plus beaucoup de places.

mercredi 15 octobre 2008

Thérèse sur YouTube

La biographie filmée de Léonardo Defilippis : Thérèse : The Story of Saint Thérèse of Lisieux (2004) [nous vous en parlions sur ce blog le 11 juillet 2007) accède à la notoriété "internautique". A défaut d'être disponible sur nos écrans et en dvd zone 2, le film vient d'être récemment posté sur You Tube, découpé en 11 séquences (v.o. anglaise sous-titrée en portugais) ... [avis de l'OCFC* : Public concerné et amateurs de "nanars"]

Séquence 1 :



C'était la modeste contribution culturelle et laïque de ce blog aux fêtes de béatification de Louis et Zélie Martin (19 octobre 2008).
*OCFC : Office Catholique Français du Cinéma

mardi 14 octobre 2008

Allaitement : réaction à chaud d'une maman convaincue des bienfaits de l'allaitement et qui a essayé...

Je ne comprends pas pourquoi on organise cette journée d'allaitement. [voir La Grande Tétée]
Toutes les femmes savent qu'il vaut mieux, si on le peut, allaiter le bébé.

Culpabiliser les mères pour que les hésitantes allaitent. Culpabiliser les mères c'est tellement facile.

D'ailleurs j'ai même lu une étude qui décrétait que les enfants allaités étaient plus intelligents ! Donc si votre enfant semble un peu nonoche et que vous ne l'avez pas allaité, c'est de votre faute , mère indigne !!

Les freins à l'allaitement

Allaiter est vraiment un choix. Certaines femmes ne peuvent pas le faire car psychologiquement elles ont l'impression d'être mangées par l'enfant, certaines ne veulent pas" ressembler à une vache " (expression entendue) et certaines ne se sentent pas prêtes sans savoir pourquoi. Elles ne vont pas s'obliger à allaiter quand même, le bébé le sentirait et serait peut-être récalcitrant et le lien créé ne serait pas sain. Une femme peut se sentir incapable d'allaiter et l'y pousser serait fou, cela risquerait de fausser la relation mère-enfant.

Tout et son contraire !

Il serait plus judicieux d'améliorer la qualité des conseils donnés par le personnel soignant pendant l'hospitalisation de la mère. Une première personne dit qu'il faut allaiter à la demande, une deuxième vous dit qu'il faut imposer un rythme au bébé, tant de conseils contradictoires ne facilitent pas les choses... A l'issue de certains accouchements on ne met pas l'enfant tout de suite sur le ventre de la mère et au sein, c'est la mère qui doit le demander !

Le summum du drame arrive quand la nouvelle mère n'arrive pas à allaiter : elle veut bien mais elle ne peut point ! Alors elle finit par comprendre que ses appels répétés pour demander de l'aide ( au choix : le bébé ne tête pas, la montée de lait n'arrive pas ou si faiblement alors il faut compter sur la deuxième montée, les crevasses s'annoncent , il faut mettre un embout en plastique, il faut tirer le lait avec une machine genre à traire terrifiante !) embêtent tout le monde (cela on peut le comprendre, le personnel est réduit et court partout) . Comme cette mère pleure de ne pas avoir de lait, on lui répond qu'elle exagère qu'elle a un enfant en bonne santé , on lui donne un biberon ou on lui donne le conseil de faire moitié bib moitié sein en sachant que la lactation ne sera pas stimulée, que la source va se tarir, que le bébé préférera la tétine du biberon car c'est plus facile, moins fatiguant et que cela arrive plus vite. Le problème sera réglé.

En plus personne ne dit qu'au retour à la maison c'est l'enfer, le lait ne coule pas, bébé ne veut pas se fatiguer, joue avec le bout de sein et hurle parce qu'il a faim, il ne grossit plus ou pire maigrit (inquiétude des parents ! ). La mère lui donne le sein toutes les 2 heures même la nuit, elle craque, elle est super fatiguée et pour peu qu'il y ait d'autres enfants qui attendent qu'on s'occupe d'eux ! Ceux-ci savent se rendre insupportables....ils ont peur d'être oubliés, ils ont bien compris qu'ils ne seront plus allaités ! Et le contact très physique de Maman avec Bébé les dérange alors ils le font comprendre....

NON l'allaitement est très facile pour certaines mais pour d'autres c'est le parcours du combattant et cela gâche le premier mois : cela s'arrange quand la mère dit OK j'ai fait mon devoir on passe au biberon, avec un sentiment d'échec....

Il y a des mères qui veulent mais qui n'y arrivent pas . De grâce arrêtons de les culpabiliser et ajoutons "si on peut , bien .....sinon tant pis"

Et allaiter des enfants assez âgés on peut se demander si c'est pour eux ou pour soi : à un moment il faut lâcher l'enfant.

Certaines mères ne peuvent pas s'occuper de leur enfant , elles ne sont pas prêtes et l'enfant en souffrira forcément( battu ou pas) . Qu'elles allaitent ou pas cela n'a aucune importance, ce qui compte c'est plutôt si elles "voient" leur enfant et de quelle manière : dès l'accouchement on peut détecter certains comportements inquiétants.

L'image de la Mère ce n'est pas une mère allaitant c'est une mère regardant son enfant avec confiance et sérénité.

Dernière chose : l'expérience de l'allaitement je ne l'ai pas faite dans le Calvados, je ne doute pas que l'équipe sur Lisieux qui aide à l'allaitement soit super compétente et efficace !!! E t à l'écoute des mères en détresse...

Je suis triste de voir qu'en France on veuille tout uniformiser. Il n'y a qu'une Vérité et non pas plusieurs. Tout le monde doit faire et croire comme cela , il n' y pas de place pour la nuance. Chaque être est différent, ce qui est bien pour l'un n'est pas forcément bon pour l'autre. Il serait temps d'apprendre la tolérance et de cesser de vouloir faire des moules et des modèles pour TOUT....... et TOUT LE MONDE .......................

samedi 11 octobre 2008

Ukiyo-e


Une très belle exposition à venir organisée par la Fundació Caixa Catalunya et la Bibliothèque nationale de France : Estampes japonaises. Images d’un monde éphémère, à Paris du 18 novembre 2008 au 15 février 2009 à la galerie Mazarine et dans la crypte du site Richelieu [Bibliothèque nationale de France, 58 rue Richelieu, 75002 Paris].


En avant-première et depuis chez vous face à votre écran d'ordinateur découvrez la version virtuelle de l'exposition qui est déjà en ligne : http://expositions.bnf.fr/japonaises/index.htm



Le catalogue de l'exposition en librairie : Estampes japonaises. Images d’un monde éphémère.- Paris, Editions de la BnF (280 p.- 200 illustrations, 22 x 24,5 cm - ISBN : 978-2-7177-2407-3. - Prix : 39 € ).

vendredi 10 octobre 2008

Sans titre ou Scènes de la vie ordinaire en couleurs saturées

Au début de cette année, le centre de photographie de Lectoure, charmante ville du Gers labellisée ville d'art et d'histoire, a accueilli une exposition consacrée aux oeuvres photographiques de William Eggleston intitulée 'L'oeil démocratique'.



William Eggleston est un photographe américain né à Memphis, Tennessee, dans le sud des Etats-Unis où il vit toujours.
Du jour où il a expérimenté la pellicule couleur, il ne l'a plus quittée ou si peu.
Au point que depuis 1976 son nom est irrémédiablement associé à la photographie couleur contemporaine.
De plus, il utilise une technique particulière de tirage pour ses photographies, le dye transfert ou le transfert de colorant.
Je n'entre pas dans les détails de la technique mais si ce procédé n'est pas bon marché, il offre à ses photos une merveilleuse saturation des couleurs, des teintes sensuelles et une fidélité de reproduction supérieure y compris dans le temps.
Jugez-vous même du résultat sur le site qui lui est officiellement consacré.



Jusque ici, je n'ai vu ces photographies qu'en reproduction papier dans de très beaux livres, il est vrai, mais beaucoup m'ont laissée songeuse.
Il y a quelques semaines, Arte TV a diffusé un documentaire sur la vie et l'oeuvre de William Eggleston.
C'est un réel plaisir d'entendre l'artiste commenter le choix de ses cadrages, indiquer les pistes de lecture, les lignes de fuite, les oppositions et jeux entre les structures, les architectures, les textures.



C'est également un bonheur de voir l'homme, toujours élégamment vêtu et chapeauté, se déplacer dans les rues de sa ville ou se faire accompagner en voiture, sortir son Leica et prendre un seul cliché, toujours un seul et unique par sujet.


Parce que ces photos ont toutes un thème récurrent : les scènes de la vie ordinaire.
William Eggleston a commencé par photographier son entourage, ses proches, sa maison puis il a agrandi son cercle. Photographie après photographie, il a butiné dans tous les pays de la vieille Europe à l'extrême Orient en passant par l'Afrique :
Les gens, les proches, les boutiques, les rues sales, les Cadillac, les panneaux de signalisation, les cannettes abandonnées, les bords de route, les tas de ferraille, les maisons, les chiens, la vie urbaine, la vie rurale et dans tout cela un extraordinaire don de l'observation qui vous laisse un peu plus perplexe qu'avant.
A-t-on devant les yeux un instantané banal de notre quotidien ou l'essence captée de notre environnement y compris dans son malaise, son délabrement, son hostilité ?

°-°-°-°-°

Le quotidien parfois si laid, le réel tout cru ne serait-il une oeuvre d'art qu'aux yeux de ceux qui savent le regarder ?
A méditer...

Au printemps prochain, la Fondation Cartier pour l'art contemporain, dépositaire d'une partie des clichés de William Eggleston à Paris, exposera les photographies qu'elle lui a commandité sur le thème de Paris justement. D'ores et déjà, des expositions de ses travaux sont prévues jusqu'en 2011 à Los Angeles!

William Eggleston ne donne pas souvent de titre à ses photographies, beaucoup sont répertoriées comme 'Untitled' (Sans titre)
Sans titre - extrait du portfolio 'Los Alamos' - 2002