jeudi 8 novembre 2007

Le choc des civilisations aura-t-il lieu ?


J'aime beaucoup Emmanuel Todd parce que sa réflexion va souvent à l'encontre des idées reçues tout en se basant sur des données objectives. Cette fois encore, dans "Le rendez-vous des civilisations", livre qu'il signe avec Youssef Courbage, il démontre que, contrairement à ce qui est communément prétendu, nous n'allons pas vers un "Choc des civilisations" mais vers une convergence de celles-ci.

Pour affirmer cela les auteurs se basent sur des études démographiques. En effet la baisse du taux de fécondité et la hausse du niveau d'alphabétisation du monde musulman montrent que celui-ci est entré dans la révolution démographique, culturelle et mentale qui a permis le développement des pays les plus avancés. Bien évidemment ce processus génère des résistances parfois violentes. La transition est difficile mais la trajectoire inéluctable.

Après une analyse chiffrée, pays par pays, qui n'est pas pour autant rébarbative, Y. Courbage et E. Todd en arrivent à cette belle conclusion : "La convergence des indices de fécondité permet de se projeter dans un futur proche, dans lequel la diversité des traditions culturelles ne sera plus perçue comme génératrice de conflit, mais témoignera simplement de la richesse de l'histoire humaine". A lire pour ne pas désespérer en lisant ou en regardant les nouvelles du monde...
et à emprunter à la médiathèque, bien sûr !


Martine, l'amie des livres et de la Médiathèque




Johnny Guitar (1954)



Rien à dire, juste écouter la voix de Peggy Lee (attention, ça gratte merveilleusement) et revoir ce beau film de Nicholas Ray, sorti en 1954, avec Joan Crawford et Sterling Hayden. C'était du "True color" en grand écran, produit par la Republic Pictures. Digne de La dernière séance !

La musique est de Victor Young, les paroles sont de Peggy Lee



Vous trouverez à la Médiathèque le film sur support dvd et le roman :

Johnny Guitar / réalisé par Nicholas Ray ; scénario de Philip Yordan d'après le roman de Roy Chanslor ; avec Joan Crawford, Sterling Hayden, Mercedes McCambridge, Scott Brady, Ernest Borgnine, John Carradine, Ward Bond.- Paris : Editions Montparnasse, 1999.- 1 dvd (1h 45 min) ; V.F. et V.O. en anglais sous-titrée français ; 19 cm.- (Collection Diamant).







Johnny guitare / Roy Chanslor ; trad. de l'anglais (U.S.A) par André Algarron.- Paris : Phébus, 1998.- 215 p. : couv. ill. ; 21 cm.- (Collection D'aujourd'hui. Etranger).

Résumé : Une petite bourgade de l'Ouest assiégée par le soleil et par la poussière, sa place, sa prison, sa banque, ses tripots, ses bandits qui empêchent les braves gens de dormir, son shérif. Arrive un inconnu, Johnny, armé de sa guitare, qui offre ses services au bar tenu par l'énigmatique Vienna. Le shérif est abattu, elle est accusée. Un roman-western écrit en pleine époque de "chasse aux sorcières".

Pour aller plus loin sur le film et son réalisateur vous pouvez suivre ces liens : L'analyse du film et une notice sur le cinéaste publiées par le ciné-club de Caen.

Des extraits peuvent être visionnés sur You Tube, en voici un :

mercredi 7 novembre 2007

Tous les chemins mènent à Rome

Une belle exposition à visiter et à Bruxelles encore (décidément !).

Oui, mais le thème en est tellement littéraire !

C'est au musée d'Ixelles, du 10 octobre 2007 au 27 janvier 2008, dans le cadre du festival Europalia :

"TOUS LES CHEMINS MÈNENT A ROME"

Présentation :

"Vivante et originale, l’exposition « Tous les voyages mènent à Rome. Voyages d’artistes du XVIe au XIXe siècle » rassemble les récits d’illustres artistes, peintres, écrivains et philosophes qui traversèrent l’Europe. Les haltes, les auberges, la diversité des monnaies, les conditions et déplacements parfois difficiles et surprenants de voyageurs illustres tels que Bruegel le Vieux, Nicolas Poussin, Pierre Paul Rubens, Antoine Van Dijck et bien d’autres ont fait l’objet de nombreux témoignages que le Musée d’Ixelles exposera dès octobre 2007, au terme de trois années de recherche et documentation menée par la Commissaire de l’exposition Dominique Vautier, historienne de l’art.

Parallèlement, des œuvres de toute grande qualité viendront soutenir ces récits: peintures, dessins et divers objets mèneront le visiteur du Nord au Sud de l’Europe, en passant par les Alpes ou par les périls de la mer. Les œuvres proviennent notamment des célèbres collections de la Tate Gallery de Londres, du Musée du Louvre, du Musée des Beaux-Arts de Dijon et de collections privées du Danemark, d’Allemagne, d’Italie ou encore d’Autriche. Accompagnée par un catalogue largement illustré édité par le Fonds Mercator, l’exposition présente un regard nouveau sur l’art. Véritable dialogue entre celui-ci et l’histoire..."

A lire, à voir, et à entendre :

Outre le catalogue de l'exposition (Fonds Mercator, diffusion en France : Belles Lettres)

Italies : Anthologie des voyageurs français aux XVIIIe et XIXe. Édition établie par Yves Hersant.- Paris : Laffont (coll. Bouquins)

Voyage à Rome : La Rome antique ; Vivre dans la Rome antique ; L’Âme romaine ; Promenades romaines ; Guide : Nous partons pour Rome par Pierre Grimal.- Paris : Laffont (Coll. Bouquins)

Et puis sur le thème de la villégiature un très beau roman d'Elisabeth von Arnim : Avril enchanté (The Enchanted April, 1922), porté 2 fois à l'écran (1) (2).

Enfin souvenez-vous : Harold en Italie d'Hector Berlioz, une forme concertante magnifique pour alto et orchestre en hommage à Byron !



Extrait d'une version (concert du 29 novembre 1953) par Arturo Toscanini à la tête de son orchestre de la NBC (Carlton Cooley altiste). Le chef avait un train à prendre, c'est enlevé au pas de course ! (40'13"). Disponible en téléchargement légal et gratuit sur : http://operacritiques.free.fr/css/index.php

Pratique :

Musée d'Ixelles, Rue Jean Van Volsem 71 - 1050 Bruxelles
Mardi - vendredi : 13h-18h30 ; samedi & dimanche : 10h00-17h00
Fermé les : 01.11 - 11.11 - 25.12.07 - 01.01.08

mardi 6 novembre 2007

samedi 3 novembre 2007

La sérénade du pavé


La Sérénade du pavé (1898)
Paroles et musique de Jean Vanet, version par Eugénie Buffet (1933)


Connaissez-vous Eugénie Buffet (1866-1934) ?

«... Quelques survivants de la « Belle Epoque » (ou dite telle) se sont réunis pour commémorer amicalement le vingt-cinquième anniversaire de la mort d'Eugénie Buffet, chanteuse des rues puis comédienne de cabaret et de music-hall, mémorialiste enfin d'un temps où la vie des cigales n'était pas tellement plus facile qu'a notre atomique époque. Car, enfin, Eugénie Buffet, après avoir connu une large aisance, presque la fortune, mourut dans la misère et dut, en ses dernières années faire pitoyablement appel à la solidarité de camarades plus jeunes ou plus heureux.

Elle était née en Algérie, à Tlemcen, d'un père adjudant qui mourut alors qu'elle avait à peine 6 ans, et d'une mère couturière en chambre, dont les amours semblent avoir été assez nombreuses. Elle débuta sur les planches dans de petites troupes qui couraient les villes nord-africaines en chantant les opérettes classiques : Le Petit Duc, La Fille de Mme Angot, La Périchole, etc. Elle ne vint à Paris qu'en 1893, à 27 ans, mais y apparut aussitôt comme une des plus sincères animatrices de la chanson populaire. Maurice Donnay, qui la connut alors, disait d'elle : - Maigre, anguleuse, le teint mat, elle avait l'air, avec son jersey rouge, sa jupe noire et son tablier, d'une illustration de Steinlen pour une chanson de Bruant.

Et encore : - Elle était peuple avec tout ce que ce mot comporte de « petite fleur bleue », « de coeur sur la main », de « penses-tu, ma chère ! », de « pas froid aux yeux » et de « Vive la France! »

Et, en effet, Eugénie Buffet fut boulangiste puis chanta pour la Ligue des Patriotes de Déroulède et Jules Lemaître, tout en se liant d'amitié avec l'anarchiste Séverine. Elle eut, un instant, de grandes ambitions théâtrales ; elle prit même des leçons avec Delaunay, de la Comédie-Française, puis, un soir, lui vint l'idée de défendre les filles : elle se constitua un répertoire d'une dizaine de chansons qui, toutes obtinrent un immense succès. A la Cigale notamment où elle créa ce nouveau genre, avant même de grouper quelques camarades et d'aller chanter dans les cours sa fameuse Sérénade du pavé :

Sois bonne, o ma chère inconnue
Pour qui j'ai si souvent chanté...

Le cinéma l'attira, après la Première Guerre mondiale. Elle fut (elle en avait conçu un candide orgueil) Madame Mère, Laetitia Bonaparte, dans le Napoléon d'Abel Gance, et y montra une étonnante autorité. C'est en 1930 seulement qu'elle se décida à écrire ses souvenirs. Avec une franchise absolue, ne cachant aucune des liaisons, parfois très brillantes, qu'elle avait eues en son jeune temps, et pas davantage les désillusions qui lui en étaient restées. Elle s'était résignée à une philosophie assez plate, mais, tout compte fait, pas si sotte, et qu'elle expliquait ainsi : - Le bonheur, c'est comme la santé ; quelque chose de négatif. Pas d'ennuis ! Et surtout plus d'ennuis !

Elle ne disait d'ailleurs pas « ennuis » - ayant gardé un vocabulaire dru et sans façon : - Contrairement au proverbe, ajoutait-elle, chat échaudé aime l'eau froide. Malheur consolé, bonheur consolidé !

On peut ne pas partager ce point de vue, mais il est assurément celui où conduisent les vies trop agitées. » [Léon Treich, 10 mars 1959]

A signaler, le site incontournable de Pascal Dubé : Du Temps des cerises aux Feuilles mortes consacré à la chanson française de la fin du Second Empire aux années cinquante (1870-1945)

vendredi 2 novembre 2007

Quai des Bulles

Il y avait beaucoup de monde ce dimanche à Saint-Malo... C'était la 27 ème édition du festival de la bande dessinée...



Planche des "Orphelins"



J'ai assisté à une scéance de conte à bulles. Ce spectacle existe depuis 1994. Cette année, Yann-Fãnch Kemener racontait les histoires et chantait également en breton, Aldo Ripoche jouait du violoncelle, Jérôme Lereculey (dessinateur d'"Arthur") dessinait devant nos yeux : un écran géant nous montrait sa main en gros plan ainsi que chaque trait de crayon. Ces 4 contes nous parlaient d'Ankou, de Mort, d'ancêtres, de Sainte-Triffine, de Sorcière... d'Argent... C'était fantastique, ce mélange, cette Communion de tous ces Arts.



Dans la rotonde, Frank dessinait une fresque devant les visiteurs pendant que Philippe Bonifay racontait l'histoire de "ZOO" et que Joachim Bonifay jouait du clavier.

Conte musical "ZOO"



Grzegorz ROZINSKI exposait ses croquis, ses grands originaux dans la Chapelle St sauveur. Impressionnant. Au grand Palais, Jean-Louis MOURIER ("Trolls de Troy") , Régis Loisel et Jean-Louis Tripp ("Magasin Général"), Cyril Knittel ("Les Orphelins"), Raymond Poïvet ("Faust") exposaient dans des décors superbes...



Et, à l'espace Duguay -Trouin, beaucoup d'éditeurs, des libraires, des lecteurs prêts à tout pour une dédicace (exemple : attendre debout 2 heures et demi au stand Soleil)...



Des "à la manière de"





Peinture du dessinateur de Thorgal



Planches de Loisel




Le QUAI des BULLES, le plus grand salon de la BD après Angoulême, a attiré ce week-end 35000 visiteurs et 400 auteurs...

jeudi 1 novembre 2007

Chrysanthème



1er novembre 2007
Les chrysanthèmes d'automne

1887
Madame Chrysanthème



En 1885, l'officier de marine Julien Viaud arrive à Nagasaki. En 1887 son double en littérature, Pierre Loti, tirera de ce séjour Madame Chrysanthème, l'une des oeuvres les plus étonnantes du japonisme qui marqua si fort la fin du XIXe siècle. C'est en lisant ce livre que Vincent van Gogh, admirant les descriptions d'intérieurs japonais, écrivit à son frère Théo : « Est-ce que tu as lu Madame Chrysanthème ? Cela m'a bien donné à penser que les vrais Japonais n'ont rien sur les murs. La description du cloître ou de la pagode où il n'y a rien (les dessins et curiosités sont cachés dans des tiroirs). Ah ! C'est donc comme ça qu'il faut regarder une japonaiserie, dans une pièce bien claire, toute nue, ouverte sur le paysage. »




Le texte a inspiré à André Messager une comédie lyrique homonyme en 1893, qui ne connut pas un grand succès contrairement à l’opéra de Giacomo Puccini, Madame Butterfly, créée à la Scala de Milan en 1904 :


[Angela Gheorghiu chante "Un bel di vedremo"]