jeudi 10 janvier 2019

Atelier d'écriture du 15 décembre 2018


Pour cet atelier, deux phrases à écrire sur deux papiers, qui vont être mélangés. Chacun sera invité à raconter un rituel autour d'un moment de vie et à intégrer 2 phrases récupérées dans le chapeau. 





1)    Préparatifs



Ma valise est enfin bouclée

pour trois nuits, pas de quoi s'affoler

le dossier, les consignes, les papiers ...

ah oui, le téléphone, ses écouteurs et son chargeur

et puis "Mohammed, ma mère et moi" de Benoit  Cohen

Partir légère, sans oublier de fermer la porte à clé

Et dans ma besace, quelques pratiques méditatives

qui me portent pour ne pas oublier d'être heureuse,

laisser passer, couler, les idées négatives

laisser s'installer la sérénité

Ne pas oublier les béquilles

pour le retour dans trois jours

et me réjouir d'aller me faire réparer la mécanique usée

et, bientôt

ne plus souffrir

ne plus boiter

et pouvoir à nouveau galoper.



Hélène

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Comme chaque année, grande fête au Réseau. Qu’allons-nous faire ? Les propositions fusent…

D’abord, le repas partagé, c’est traditionnel. L’exposition de réalisations, des échanges… inviter un apiculteur ? Ah oui, c’est d’actualité avec le frelon asiatique qui s’invite dans les ruches ? Moi, je ferai une démonstration de décoration sur des œufs ; j’ai vu ça en Roumanie, c’est superbe ! Et il ne faut pas que j’oublie le petit œuf de caille découvert ce matin dans le poulailler, avec ses petites tâches, ce sera du plus bel effet.

On pourrait proposer à Michel de faire un exercice de Yoga avec les personnes de son groupe, ça peut donner envie à d’autres. C’est important de penser à bien respirer et de se centrer sur soi, sur son ressenti.

Et puis il y a la décoration de la salle, quelques chants, là aussi il faut respirer.

Bon encore un trimestre bien occupé. Le bénévolat, c’est bien. Mais qu'est-ce qu'on travaille!!!



Michèle

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Le stress gagne toute la famille lorsque le jour du déménagement est arrivé ! Il reste tant de choses à effectuer ! Les quelques cartons à finir, la cage de Jojo, la peluche bleue qui trône dans le salon à emporter. Le canapé rouge à amener jusqu’au camion. Il ne faut pas oublier non plus d’aller à l’atelier pour ramener quelques outils qui restent encore sur l’établi. Mais surtout, surtout, NE PAS OUBLIER DE VIVRE LE PRESENT !

Calmons-nous, tout va bien se passer…



Mathieu

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Nous venons, mon mari et moi, de décider de partir en voyage, mais où partir, dans l’hémisphère nord, dans l’hémisphère sud ?

Il fait froid en France cet hiver, nous choisissons donc le soleil, mais dans un endroit non pollué, au bord de la mer par exemple, puis on n’aura pas à s’encombrer de vêtements. Un maillot de bain, un paréo et le tour est joué, sans oublier les tongs et le chapeau.

Nous voici partis pour le Brésil et là-bas, nous achèterons un sombrero !!

Après toutes ces discussions, nous avons la tête en vrac mais quelle importance puisque nous fuirons les maux d’hiver. Et là-bas nous trouverons de belles cartes postales que nous enverrons à nos enfants avec quelques mots d’hiver pour les aider à vivre leur hiver et beaucoup de mots de soleil afin de les aider à supporter le froid et en même temps les faire rêver.



France



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Les aventures de ma grand-mère



Il y a bien des années, l’hiver était froid, très froid, pas un petit -4°C, non -20°C et ça pouvait descendre encore. L’endroit où se passe cet évènement s’appelle la petite Sibérie. Dans les maisons, il y avait souvent une pièce très chaude, la cuisine ou le poêle, la pièce s’appelait bien poêle. Là les températures voisinaient les 25°C. Pour arriver dans cet espace, il y avait des sas, véranda, couloirs où la température était inférieure. Mémé sortait peu et toujours vêtue chaudement : chemisette coton- chemisette laine- petit pull- gilet- gros gilet- manteau. Elle n’oubliait jamais de mettre son chapeau pour ne pas geler les oreilles, mais son chapeau laissait dégager une de ses oreilles. Le froid était si intense que l’extrémité de son lobe d’oreille a gelé, aïe, ça fait mal et notre mémé a eu désormais une oreille bizarre, un peu tordue. Mémé nous racontait volontiers son aventure, elle était pressée, c’était juste avant Noël, elle avait déjà installé le sapin qu’elle callait dans une botte noire en caoutchouc sur le petit meuble de la cuisine et comme les gosses, c’est comme ça qu’elle nous appelait, devait venir chercher leurs étrennes, elle était allée jusqu’à la boulangerie acheter quelques sachets de pièces en chocolats. En chemin, elle avait croisé une drôle de petite fille avec des savates, c’est aussi comme ça que les chaussons s’appelaient dans ces contrées, une petite robe légère et surtout des allumettes à la main, qu’elle allumait les unes derrière les autres. A cette époque, les gens dans la rue n’étaient pas encore des SDF, Sans Domicile Fixe, mémé s’est tout de même dit que ce n’était pas trop normal cette gamine perdue dans le froid. Du coup, à la boulangerie, elle n’a pas oublié de penser à elle. Elle s’est dit que c’était une gamine en souffrance et qu’elle n’avait rien à faire dans la rue à cette période. Mémé du coup lui a acheté des pièces en chocolat et sur le chemin de son retour, l’a cherché partout. Son oreille qui dépassait, s’est trouvée gelée. La gamine ? Elle ne l’a pas retrouvé. Mais dans le ciel, il y a eu comme un télescopage de nuages et elle a cru voir la vieille Germaine, morte, il y a quelques années avec à sa main une gamine en robe blanche. Mais son oreille gelée était, peut-être source d’hallucinations.



Ghislaine



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Le Mariage de Julie



Toute famille a au moins une célibataire qui a résisté à la tentation d’alourdir son annulaire : après des décennies d’immobilisme, patatras ! ma cousine Julie a craqué pour un bellâtre plus assidu que les autres. En m’annonçant la « bonne » nouvelle, elle déclara que j’étais désignée comme reporter de l’évènement. En chargeant les bagages dans la voiture, avant la grande migration vers le lieu du rassemblement familial, ma petite voix me souffla : « Ne pas oublier de prendre des photos ! » Zut, mais où vais-je mis l’appareil ? Quand l’avais-je utilisé pour la dernière fois ? Pour l’enterrement de vie de « jeune fille » de Julie ?! Le retour mouvementé de cette soirée m’avait plongée dans des brumes mémorielles…

Le voilà, camouflé sous un tas de pulls. Juste 2h de retard…

Je suis arrivée sur le lieu du crime, en plein essayage de « la » robe, aimablement accueillie par la mère de « l’élue » du jour, qui m’offre une tasse de café.

« Tu viens me photographier. Je veux voir à quoi je ressemble avant la cérémonie. »

Mon appareil, la tasse à café, les photos ; ne pas oublier de penser que ma tasse à café est parterre et qu’il ne fait pas la renverser !

Moi, je n’ai pas oublié mais Julie n’a pas vu ! En spécialiste du foot féminin, elle shoota et plash, une flaque colorée sur la robe !



Dominique



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Le compte à rebours a commencé : départ dans 24 heures pour la Bretagne. Déjà plusieurs lignes sont barrées sur la liste qui fera déborder les valises. Les vêtements bien sûr, les médocs pour les petits bobos, un bouquin pour s’occuper sur la plage, tandis que les enfants barboteront. Surtout, pour éviter un drame, ne pas oublier la tortue Ninja. Et se souvenir, quand nous irons nous coucher, pour ne pas froisser Tantine, de faire notre prière du soir. Clin d’œil à Eddy Mitchell.



Marie-Laurence



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A la maison, je suis comme un coq en pates, le coq c’est bon. Mais le coq avec des pates, ça ne me convient pas, surtout quand cela n’est pas salé. Par contre j’aime les pates quand elles ne me collent pas au palais. Et mon palais n’aime pas le salé.

Surtout que je n’ai pas oublié d’aimer mon palais.



Michel

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En cette période de festivités, gâchée un peu cette année par des évènements dramatiques, il y a tout de même une chose qui doit nous rassembler; je formulerai cela en un seul mot qui résume tout et qui est universel "AMOUR"
Ce mot qui peut paraître désuet, utopique mais qui reste un grand principe et qui peut se manifester dans les petites choses simples de la vie de tous les jours; comme cette recommandation qui peut sembler mineure pour certains, mais qui pour moi revêt une importance capitale: "NE PAS  OUBLIER DE NOURRIR LE CHAT DES QUE JE M'ABSENTE"...
En effet ce petit compagnon est une véritable boule d'amour qui ne me déçoit jamais, auquel je tiens beaucoup et lorsque je dois partir, je m'organise pour qu'il ne manque de rien!

Christiane  













2)    Faim ou Fin



Quand c’est la fin, fini la faim



Fin et faim sont en bateau, faim tombe à l’eau. Qu’est-ce qui reste ? Rien

Faim et fin sont en bateau, fin tombe à l’eau. Qu’est-ce qui reste ? Un ventre qui glougloute méchamment et rien à se mettre sous la dent.



Ghislaine

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J'ai faim de fin

ça suffit

stop

il faut que ça s'arrête

je n'ai plus faim

je n'en peux plus

je n'en veux plus

c'est fini

arrêtons de bouffer

apprenons à déguster

fini les estomacs dilatés

comme un petit oiseau j'apprends à picorer

pour ce qui est de manger

mais aussi de dépenser

de consommer.



Hélène



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Le loup noir surgit des bois en hurlant au lapin :

- « C’est la fin de ton chemin, ma faim n’a pas de fin ! 

- Comment ça ta faim n’a pas de fin ? C’est absurde ! Toutes les faims ont une fin ! Si tu crois que ta faim est sans fin, c’est que tu n’es pas très fin…

- Moi ? Pas très fin ! Je suis très fin et j’ai d’ailleurs très faim aussi ! Ma faim n’a pas de …

- Oh ! Stop ! Arrête avec ça !, cria le lapin, caché dans des buissons environnants.

Tu ne me trouveras pas ! Pas de chance, c’est la fin de ton dîner ! »



Mathieu



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Pascal Quenfin, quand la faim d’écrire lui vint, la fin de communiquer avec nous, dirent ses parents, est arrivée. Car écrire n’est pas une fin, mais un moyen de communiquer sans fin avec ce parchemin, se déroulant sans fin, sous les yeux de l’écrivain, jusqu’à la fin des siècles et des siècles, Amen.



Michel



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Ce n’est pas la fin, mais j’ai déjà faim.

Et si le fin du fin est de ne pas avoir faim,

Comment en finir sans tourner en rond ?

Car on n’en verra pas la fin et on aura toujours faim !

Non, çà n’est pas très fin…

En fait, de quoi ai-je faim ?



Michèle

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Le fin du fin est de n’avoir pas faim sans fin. Car enfin, la faim a une fin alors pas de repas sans faim. Mais la fin des repas, c’est la fin de la convivialité, et avoir faim de repas, c’est le début de la boulimie. C’est le fin repas qui aiguise la faim sans fin.



Dominique

vendredi 14 décembre 2018

Atelier d'écriture du 17 novembre 2018


Atelier écriture – 17 novembre 2018



1)    Mot rencontré…



Ecoute :

Ça peut être un ordre ! Ecoute donc !

Ça peut être un tic de langage. Chaque phrase commence par « écoute » ? Un peu comme « tu sais ».

C’est aussi un nom commun, féminin. Et là, ça m’intéresse. Ecouter quelqu’un. Ecouter attentivement, pour connaitre, pas par curiosité mais parce que l’Autre est toujours intéressant. Ecouter pour permettre à l’autre d’être important. Ecouter pour grandir. Mais aussi écouter pour ne pas avoir à dire. Ecouter pour soigner les cœurs. Ecouter pour désamorcer les conflits. Ecouter pour permettre d’arrêter le bruit du monde qui nous entoure. Ecoute ! C’est tellement important.

Et, vous savez quoi ? L’écoute, ça s’apprend !



Léonie

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Justice :

C’est pas juste, disent les enfants, qui ont un sens aigu de la justice, quelque fois à leur manière. Rendre la justice… Faire justice… apparemment cela se ressemble et pourtant, pour moi, faire justice, c’est donner à chacun ce qui lui ai dû et lui permet de vivre humainement, dignement. Alors que rendre la justice, ce peut être porter un jugement sur un ou des actes et agir en fonction de ce jugement, alors que les personnes concernées peuvent se sentir lésées. Mais je me trompe peut-être ? Vaste sujet !



Michèle

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Révolte :

Les tâches lumineuses fluorescentes sur les tableaux de bord des véhicules attirent le regard comme signe d’adhésion à une même cause, communauté solidaire dans la dénonciation d’un rejet d’une même souffrance. La force de chacun amplifiée par le nombre.

Pacifique lumière annonciatrice de davantage d’obscurité.



Dominique (1)

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Jaune :

Peindre les murs pour faire entrer le soleil dans la maison- illumination

Ramasser des jonquilles au printemps, aller vers les beaux jours- renaissance

Ni rose, ni bleu peut vêtir tout le monde- antisexiste

Se mélange au rouge pour devenir couleur d’orange- brassage

Syndicat pro-patronat contre syndicats ouvriers- dégonflé

Accident bord de route- attention freiner- signalement

Yellow submarine



Ghislaine

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Violence :

Conférences sur la violence

Ateliers sur la violence

Violence faite aux femmes

Violence subie par les enfants

Violence de la société

Violence subie par les enfants

Mais que les enfants reproduisent à leur tour

Violence et vengeance perpétuées par les peuples

Au fil des siècles et des millénaires

Violence du modèle patriarcal inscrit dans nos gênes

Violence ordonnée par les nations

Violence et soumission imposées par les religions

Violence en soi



Violence, je ne connais pas ta définition.

Mais on parle beaucoup de toi,

On sait que tu existes, on te redoute

On t'a tous ressentie, un jour.

Violence, on peut aussi arrêter ton cours

Si on comprend d'où tu viens,

Si on peut parler et être écouté,



Si, tu t'effaçais, Violence

Pour laisser la place à Bienveillance.



Evelyne



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Manifestation :

Ce mot très entendu chaque jour en cette période troublée

-          Manifestation de colère

-          Manifestation d’amour ; c’est de celle-ci dont je veux parler, car elle est partout autour de nous, mais bien cachée et il faut la chercher !

Où ? me direz-vous ?

-          Dans les rues illuminées de Noël !

-          Dans les yeux émerveillés des enfants devant les vitrines !

-          Dans le regard du SDF qui me salue !

-          Dans la joie de retrouver un ami qu’on croyait perdu !

-          Dans le regard d’un malade que l’on visite !

-          Dans la lecture d’un petit message de nos petits-enfants qui pensent à nous !

Et enfin dans cette convivialité de cette activité dans laquelle on se sent accueillie et écoutée ; MERCI !



Christiane

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Enfant :

L’Enfant, c’est l’espoir d’un avenir meilleur…

La petite enfance, c’est le pilier pour l’adulte en devenir.



Alice



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Froid :

Il fait froid ce matin. Vent de novembre : poème de Maurice Carême,  auteur que j’apprécie beaucoup. J’aime cette fraîcheur piquante, vive, un temps sec qui me surprend au saut du lit. Ma petite Minouchette ne s’y trompe pas. Elle attend patiemment que je lui ouvre la fenêtre du salon. Je la regarde humer l’air frais. Elle cligne de ses beaux yeux et son petit nez rose et délicat frémit. Elle semble si heureuse, manifestant son bien être par un ronronnement parfaitement audible. C’est un vrai bonheur de l’observer. Plaisir du matin.



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Discours :

Chaque discours est unique,

Statique derrière un pupitre,

Engagé au milieu d’une manif,

Intéressé pour profiter des naïfs.



Attendu lorsqu’il est officiel,

Entendu si il est ponctuel,

Critiqué si l’orateur n’est pas aimé,

Encensé lorsqu’on se sent concerné.



Chaque discours est unique,

Mais les plus historiques

Restent ceux dont le public attentif

S’est décidé à être actif.



Bérénice








Ecrire un Discours



MANIFESTE DES GRAPHONAUTES EXCITES



Chères écriveuses, chers écriveurs,

Aujourd’hui je parle devant vous au nom de la liberté. Oui ! De la liberté. On vous – nous - rebat les oreilles avec la liberté ; la liberté de penser, la liberté d’opinion, la liberté de la presse, la liberté religieuse. Que de libertés !!!...

Mais, la liberté d’écrire ? Qui parle de la liberté d’écrire ? C’est tellement grand la liberté d’écrire. Tellement vaste. Ça touche tous et chacun. Ça touche tant de domaines.

Qui dit liberté, dit absence de diktats. Vous êtes d’accord ?

Alors, oui à la liberté, non aux diktats ! A bas l’Académie Française ! A bas les professeurs de français ! Non aux contraintes de l’écriture ! L’orthographe doit être libérée, la grammaire doit être libérée, la syntaxe doit être libérée !

Donc, si vous voulez écrire késako K-E-S-A-K-O, faites-le ! Si vous voulez écrire « c’est quand qu’on mange » ou « quoi qu’on bouffe à midi », faites-le ! Prenez le pouvoir de l’écriture. Ecrivez ce que vous voulez écrire, comme vous voulez l’écrire, dans la langue où vous voulez l’écrire.

Ecriveuses, écriveurs, écrivez.



Signé : Les

            Imbéciles

            Béats,

            Eternels

            Réactionnaires,

Toujours

Ecriveurs.



Léonie



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Discours anti discours !!!!



Les discours m’ennuient, me rasent au plus haut point, surtout lorsqu’ils sont sans intérêt et insipides : Mon attention n’est pas soutenue longtemps et je perds très vite le fil !

Les grands discours, pour moi, sont liés aux hommes politiques qui rabâchent sans arrêt la même chose, qui font des promesses qu’ils ne tiennent jamais, et cela en toute connaissance de cause !

C’est la pire hypocrisie et c’est prendre les pauvres gens qui les écoutent pour des idiots !

« Discourir pour ne rien dire » : c’était le jugement de mon père qui était un homme simple, droit et honnête ! Et comme lui je ferme mes oreilles à tout ce charabia inaudible et inutile et nocif : Alors arrêtez et agissez car, comme disait quelqu’un : les discours font les jours courts et le temps nous est compté…



Christiane



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Chers concitoyens, chers concitoyennes



Nous voici réunis, en ce jour, pour célébrer le non anniversaire de ma victoire, à la fonction suprême de la présidence.



Président de cet Etat,

Je vais m'efforcer de garder mes Actions en bon Etat.



Président pour le Mandat

Que vous m'avez confié,

Je vous assure que mes Mandats

Ont pu, grâce à ma pugnacité, trouver le meilleur placement,

Avec l'aide de mes Amis.



Président du changement que je vous ai promis,

Je m'engage, solennellement, au grand changement de notre société, au grand chambardement qui bouleversera l'ordre social.

Je l'ai dit, je le ferai, je l'ai promis à mes Amis.



Président de ce pays dont je suis si fier,

Je vous invite tous, chers con-citoyens, chères con-citoyennes, à partager la fierté, l'identité, la citoyenneté qui font de notre beau pays, une si grande nation.

Aussi, je vous invite à Travailler

A traverser votre rue pour trouver du Travail

A traverser votre région pour trouver du Travail

A traverser votre pays pour trouver du Travail.

Oui, je vous entends.

Vous me dites :" l'essence devient chère!"

Je vous réponds : "le caviar, aussi!".

Vous criez :" le gas-oil est trop taxé!"

Alors je vous exhorte: "Marchez! Marchez! mais Bougez vous enfin!"



Moi, je tiendrai mes engagements, je changerai l'ordre social.

Je l'ai dit, je le ferai, je l'ai promis à mes Amis...



Evelyne



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Discours… ?! sur le discours.

Paroles, paroles, paroles, comme chantait Dalida. Que de paroles, on parle bien trop. Et pourtant, sans paroles, pas de communication même si la parole n’est pas que verbale.

J’avoue changer facilement de chaine lorsque j’entends de ces discours qui disent que tout va bien, que tout est fait pour améliorer la vie des gens alors que beaucoup sont dans de grandes difficultés. Oui, certains discours exaspèrent et l’on a bien du mal à croire en la sincérité de celui qui parle.

Des discours, il y en a de toutes sortes.

Les discours lénifiants, édifiants, plein de bons sentiments, qui endorment ou éveillent la méfiance. Les discours d’encouragement, tel celui que j’ai fait l’autre jour, face à une jeune femme du cours de français, qui me regardait d’un œil narquois : « Ecoute, si je viens ce n’est pas pour moi. Tu travailles pour toi, je viens t’aider à apprendre, mais si cela ne t’intéresse pas, cela te concerne, c’est ton affaire. » C’était court, un peu dur, mais c’était tout de même un discours et l’on a continué de façon plus positive.

Et puis quelquefois on parle pour ne rien dire, pour le plaisir de se faire entendre, au risque de « casser les pieds » de ceux qui nous entendent sans vraiment écouter.

Mais il est vrai qu’un beau discours, bien construit et constructif, cela fait du bien, cela réjouit le cœur.

Mais j’arrête là mon discours, je ne voudrais pas vous lasser.



Michèle



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Mes amis, mes frères !



Si je vous ai réunis, en ce jour funeste, c’est que je dois vous faire une annonce qui marquera un tournant historique pour l’avenir de notre civilisation, et pour tout dire, de notre planète entière.

Notre environnement, nos conditions de vie, se sont dégradés au point que nos existences sont devenues de plus en plus précaires. Nous avons, par nos folies, détruit notre monde. Il est devenu hostile. Il sera bientôt inhabitable. Il fallait prendre une décision, et c’est avec une solennité mêlée d’une profonde tristesse que je vous informe que nous devons fuir.

Oui, nous devons tous partir. Quitter notre planète, qui fut belle autrefois mais qui n’est maintenant plus qu’un amas d’immondices enveloppé d’une atmosphère pestilentielle.

L’évacuation doit se faire au plus vite, le temps est compté.

Mes chers amis, ne soyez pas effrayés par cette annonce. Voyez cela comme un nouveau départ, comme la construction d’un monde nouveau.

Nos scientifiques, nos astronomes, ont travaillé secrètement à ce projet depuis longtemps maintenant, sachant cette fin inéluctable. Ils ont calculé, prospecté et ils ont trouvé !

Dans l’immensité de l’Univers, au sein d’une lointaine galaxie, ils ont déniché la planète qui pourrait nous accueillir. Les conditions sont idéales, elles correspondent à nos besoins en air, en eau, en nourriture. Là-bas, nous pourrons reconstruire nos cités, nos monuments, nos maisons, reprendre nos vies, sans retomber dans les excès et les erreurs qui ont perdu notre monde !

Vous n’avez certainement jamais entendu parler de cette planète si lointaine ! C’est l’une des 4 planètes telluriques de son système solaire, son rayon moyen est de 6371 km et elle tourne autour de son soleil à environ 30 km/seconde.



Mes frères, mes sœurs, c’est notre nouveau monde ! Nous nous mettrons au travail dès notre arrivée pour reconstruire, rebâtir, revivre enfin !

Il y a bien, certes, quelques traces de vie sur cette planète, mais ce petit grain de sable dans notre projet ne doit pas nous arrêter !

Alors, mes amis, soyons prêts pour embarquer sur notre nouvelle planète ; ses forêts, ses océans, son oxygène, n’attendent que nous !

Chers amis, renaissons tous demain sur la planète bleue !



Dominique (2)



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Texte adressé aux Sirènes,

aux marins,

aux méduses



A vous Sirènes

Qui régnez sur la Mer

Je vous demande avec imprécation

De sauver de l’écueil les Marins

Venus écouter vos voix enchanteresses.



Je vous demande en quelque sorte

De ne pas détourner leurs rêves marins

Par l’appât de vos charmes indéniables

Pour faire passer le Marin de Charybde en Scylla

Si las, il vous aborde après sa longue traversée !!!



Je vous demande avec imprécation

De laisser les ormeaux dormir sur les rochers

De laisser libre cours au corail de dresser

Sa muraille intacte au fond des mers



A vous Méduses, médusées à la vue de vos congénères

Je vous demande de rester fières

De vos ballets de montgolfières

Que vous présentez au Monde Marin du spectacle.



Michel



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Lettre ouverte à monsieur le Président de la République en marche.



Monsieur le Président.



Avec vous pas de surprise je savais que nous allions marcher. Mais je n’imaginais pas que ce serait au pas cadencé : une deux, une deux. Je me souviens d’une petite chansonnette : la meilleure façon de marcher c’est encore la notre c’est de mettre un pied d’vant l’autre et de recommencer. Une deux, une deux.

Moi la marche forcée, ne vous en déplaise, ne me convient pas du tout. Eventuellement une petite balade que nous aurions choisie ensemble, sur une belle piste, pourquoi pas une voie verte par exemple. Pour marcher plus vite les bottes c’est l’idéal. En revanche leur bruit, leur cadence me rappellent de mauvais souvenirs. J’entends le « marchons, marchons, qu’un sang impur abreuve nos sillons ».Cette marche guerrière est à proscrire à jamais.

Alors marche forcée ou marche concertée, telle est la question ?



Anne-Marie



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Faire un court ou long discours, cela revient à s’exprimer haut et fort devant plusieurs personnes.



Pour revendiquer contre quelque chose ou quelqu’un, exprimer son avis, ce que l’on ressent, ses sentiments…



Le but peut être de soulager sa conscience en évoquant toute sa culpabilité en espérant être compris et pardonné.



D’ouvrir son cœur, afin de répandre de l’amour, et pour le plaisir de partager ses sentiments avec autrui.



Ou bien d’essayer de convaincre un maximum de personnes, pour un idéal, afin d’améliorer ou pas le monde qui nous entoure.



Un discours peut prendre différent aspects, buts, mais dans le discours, il y a toujours en point commun ; une affirmation forte de s’exprimer et de transmettre un message poignant d’émotions.



Alice



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Un petit discours, ce n’est pas tous les jours, chers ami(e)s, chers collègues



Je fais partie d’un tout, la fonction publique tout comme vous. A ce titre, nous avons un devoir de réserve qui nous invite à ne rien dire. Nous avons le droit de penser mais pas de nous exprimer. Si nous prenons la parole, nous ne nous représentons pas, nous parlons pour notre entité. Ainsi nous sommes au service du public qui lui-même craint de s’exprimer pour se protéger. La démocratie est insidieusement menacée. Alors chers ami(e)s, chers collègues je vous invite ce soir à détourner les nombreuses prérogatives qui nous empêchent de nous épanouir. J’espère que cette proposition va vous enthousiasmer, que vos yeux vont s’allumer. Installons au sein de nos services du participatif, cassons le pyramidal, n’ayons pas peur de dire non, soyons force de proposition. Invitons nos publics à échanger, partager, s’exprimer, se confronter, s’apprécier, s’informer. Rendons vraiment service en quelque sorte. Pas de start-up pas de winner, juste des femmes et des hommes qui s’interrogent pour que le monde tourne un peu plus rond pour eux-mêmes et pour leurs enfants.



Ghislaine



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Défense de l’escargot de Bourgogne



Mesdames, Messieurs, bonsoir,

J’ai choisi cette heure d’après dîner pour ne pas vous couper l’appétit. Mais s’il existe des associations de défense des animaux d’abattoirs, existe-t-il une telle association de défense des escargots de Bourgogne ? Non ! Mais pourquoi réduire à la captivité un animal fait pour se mouvoir librement dans la nature ? Il participe au développement durable en recyclant feuilles et herbes, maillon de la chaine alimentaire animale.

Nulle violence dans cette bête nonchalante. Qui l’a observée à l’œuvre lors de l’acte sexuel ? Personne ? Je vous incite à aller voir cela sur Internet mais vous ne trouverez rien sur les sites de hot pornographie, tant l’escargot est dans la douceur, la durée, la tendresse : certains devraient prendre exemple !

Quelle violence faite à cet animal qui est contraint au gavage à la farine pendant des jours avant de l’achever : mettez vous à sa place !

Franchement, Mesdames, Messieurs, adeptes du bien manger, à part le beurre à l’ail qu’y a-t-il d’agréable à cette viande caoutchouteuse, que certains restaurateurs nous font passer pour franco-française alors qu’elle est importée des pays de l’Est ? Sait-on vraiment ce qui nous est servi dans une assiette d’escargots à l’ail.

Mesdames, Messieurs, je vous en conjure, pour le bien de l’Humanité, dans l’intérêt de l’Univers, venez soutenir mon action en rejoignant mon association de défense de l’escargot de Bourgogne, pour le retrait de ce plat des menus.

Pour soutenir mon association, des autocollants à 5€ à coller sur les pare-brise de vos véhicules sont à votre disposition à la sortie.

Merci d’avance,

Bonne nuit à toutes et tous.



Dominique (1)



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Cher Tous,

Je me permets d’intervenir

Au milieu de ce mouvement pour l’avenir

Sur lequel j’ai beaucoup à dire



« Quel futur pour nos enfants ? »

Voici l’un de vos slogans

Mais avez-vous pensé à leur présent…



Dès la naissance, on doit être performants

Le poids, la taille ; des chiffres importants

Comparés aux courbes fixées par les savants

Il faut savoir marcher à 1 an,

Pouvoir lire à 6 ans

Au risque d’être qualifié de lent,

Inadapté ou faignant

Sous peine d’être mis sous médicaments

Il faut savoir ce qu’on fera dans 15 ans

De préférence un métier qui rapporte de l’argent

Alors qu’on entre tout juste dans le monde des grands

A peine sorti de l’enseignement,

Il faut trouver un travail rapidement

Et savoir se vendre au plus offrants

Alors qu’on nous a jamais écoutés vraiment…



Je pense aussi à ceux qu’on oublie souvent

L’arme sur l’épaule, la drogue dans le sang,

Les produits toxiques respirés constamment

Dans les mines jusqu’à l’épuisement

Pour satisfaire les connectés des autres continents

Pourquoi est-ce si étonnant pour les gouvernements

De les voir traverser les océans

Sans être sûrs d’arriver vivants ?



Arrêtons de parler de l’avenir à nos enfants

Écoutons-les sur ce dont ils ont besoin maintenant

N’attendons pas qu’ils soient obnubilés par l’argent

C’est quand on voit le monde avec un regard innocent

Qu’il est possible de proposer des changements

Eux seuls pourront construire un monde décent



Pour finir, arrêtons de les regarder subir

Aidons ces enfants, ces jeunes en devenir

Pour que l’humain revienne au cœur de notre avenir



Bérénice

vendredi 23 novembre 2018

Automne à la médiathèque


Photo pixabay / ulleo


Charlie Puth -Album Voicenotes - "Boy" // Justin Timberlake -Album Man of the woods - "Man of the woods" // Kimberose -Album Chapter one - "I'm sorry" // Jack Johnson -Album All the light above it too - "My mind is for sale" // U2 Album Songs of experience - 3"Yu're the best thing about me" // Hoshi -Album Il suffit d'y croire -"Femme à la mer" // Ry Cooder -AlbumThe prodigal son - "The prodigal son" // Clara Luciani -Album Sainte Victoire -"Les fleurs" // Trio Lopez Petrakis Chemirani -Album Taos - " Efren's kondylies " // Ahamada Smis -Album Afrosoul -"Gamina Ndzaya" //







Bonne écoute à tous ! Nos CD sont disponibles dans les bacs de la médiathèque.

samedi 3 novembre 2018

Atelier d'écriture du 6 octobre 2018



1)    Ecrire, pour moi, c’est…

Pour moi, écrire, c’est : rêver, m’évader, me souvenir, partager, découvrir, transmettre. - Léonie
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Pour moi, c’est une bonne surprise, une joie ! Retrouver l’atelier, les personnes connues ou nouvelles, se remettre en route pour une année de partage, d’écoute, de rencontres. Merci. Cela valait la peine d’attendre.
Michèle
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Ecrire, pour moi, c’est l’évasion, s’échapper du monde réel, laisser divaguer son esprit, broder un autre monde autour d’un mot, d’une phrase…
Marie-Laurence
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Ecrire, pour moi, c’est
Pouvoir dire ce que je n’ose pas
Prendre le temps de réfléchir,
Poser les mots,
Les retourner, et découvrir un autre sens.

C’est m’amuser avec les mots
Pour leur donner du tempo
Chercher une rime
Faire travailler mon cerveau
Pour trouver le mot qu’il faut.

Aller à l’atelier d’écriture
Et rire à l’écoute des créations des copines
C’est sans jugement mais il y a certains textes qu’on attend impatiemment.
Déborah
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Ecrire, pour moi, c'est.... poser des mots sur la neige et la regarder fondre. Ecouter ce qui germait dessous, comme ces bulbes qu'on enfouit à l'automne. Se laisser doucement renaître dans la contemplation des fleurs, toujours nouvelles, toujours uniques en leur façon d'être au monde. Ecrire, c'est aller à la rencontre du vivant qui sommeille.
Pascale B.

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Ecrire pour moi c’est prendre un temps de poser des idées, de laisser gambader mon imaginaire. Un temps pour s’arrêter de courir. Un temps de partage aussi lorsque l’écriture se fait en groupe.

Avant tout, c’est un mode d’expression. Parfois indispensable quand la prise de parole s’avère difficile, ou entravée.

C’est enfin, une telle richesse d’entrer dans des univers parfois inconnus. Une façon de découvrir de nouvelles facettes de soi, des autres.

Mais c’est aussi des moments de blocage quand rien ne vient, ou bien que les mots, les phrases sont fades, sans profondeur. Ah, attention. Bérénice a bien dit : pas de jugement de son écriture. Mais oh combien c’est difficile. C’est difficile de contrecarrer le petit vélo dans la tête.

Ecrire c’est tout ça, et bien d’autres choses que j’ai à découvrir, ressentir, expérimenter. Car tout compte fait, tout moment d’écriture reste unique et éphémère car c’est une façon de vivre l’instant présent.

Nathalie

Raconter son premier souvenir d’écriture

Ma première écriture ? Mais quelle première écriture ? Celle du CP ? Avec mon père nous étions allés chez le papetier acheter une plume Sergent-Major. Hé oui ! Nous avions encore les bureaux avec encriers. Le jour J est arrivé. Je place mon porte-plume dans la rainure prévue à cet effet et j’écoute avec attention les instructions de la maitresse. Au moment de passer à la pratique, plus de porte-plume dans la rainure !!... Un camarade malveillant l’avait subtilisé. Ce fut le drame.
Celle du collège ? Chez les sœurs ? Cette première dictée de 6°. Résultat – 13. Oui ! Oui ! MOINS 13. Les braves sœurs comptaient toutes les fautes selon un barème très précis. La honte. Ce fut le drame.
Celle de cette première dictée « pour le fun » dans une salle remplie de volontaires masos ? J’ai fait 8 fautes. Je suis déçue. Je trouve ça nul. J’ai gagné. Oui, j’ai gagné le 1° prix de cette dictée. Ce fut la consolation.
Celle de ce premier atelier d’écriture à la médiathèque ? Quelle découverte. Je me souviens très précisément de ce que nous y avons fait. Et je me ressers de l’exercice auprès de mes étudiants … C’est un souvenir doux et lumineux. C’est le début d’une aventure qui dure encore. C’est l’apaisement.
Léonie

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Ma sœur, enfin celle que j'ai longtemps appelée  comme ça, a fait une action qui me déplait. L'action, l'environnement, la société, tout me déplait.
"Ce n'est pas juste, ce n'est pas juste!" hurle une voix dans ma tête.
Une tristesse et une colère montent en moi comme une bête qui m'envahit, comme un monstre qui s'empare de moi.
Alors, des mots viennent dans ma tête, ils tournent, tournent en boucle. Ils tournent, courent, se mêlent et s'agencent pour former des phrases qui tournent, tournent dans ma tête. Il faut que j'écrive tous ces mots, toutes ces phrases. Une force, une vague venue du plus profond de moi me pousse à écrire.
Mais comment faire? Je n'ai pas de chambre, je suis rarement seule dans cet appartement. Les mots, les phrases sont dans ma tête, je ne veux pas les oublier. Mais, en même temps, je dois trouver une solution pour physiquement, m'isoler des regards et que tout reste hermétiquement secret. Enfin, je peux m'éclipsais furtivement vers la salle de bain, en cachant un petit crayon et un bout de papier bien plié dans ma poche. Et là, toutes les phrases  qui tournent dans ma tête se posent fébrilement sur le papier.

Quelques années plus tard, ma stupéfaction fut totale, quand j'entendis, par hasard, une chanson "les temps changent"(reprise en français de Bob Dylan), de retrouver les mêmes phrases, les mêmes mots. Un cocktail d'émotions m'envahissait : surprise extrême, joie intense, émotions du passé liées à ce jour et fierté aussi, mêlée d'incompréhension.
Evelyne


Venir à la médiathèque, écrire pour la première fois… Aïe ! Aïe ! Aïe ! Avec mon amie nous étions bien décidées, mais… comment cela allait-il se passer ?
L’une disait : « je n’y arriverai jamais… je ne suis pas capable. »
L’autre essayait de l’encourager : « mais si, tu verras, ce sera bien. », tout en n’étant pas rassurée pour autant.
Toujours le même refrain ancré au fond de nous-mêmes : « je ne sais pas faire, je ne suis pas bonne à cela. » Et puis, première fois.
Nous voilà à pied d’œuvre. Œuvre, c’est beaucoup dire. Nous avons écrit ! Quel thème ? Je n’en sais plus rien. Quel texte ? Il doit être dans la pochette avec tous ceux qui ont suivi. Ecrire… Sortir de soi des idées, les mettre sur papier, écrire, effacer, rectifier, peu à peu ça prend forme et même si on n’est jamais tout à fait satisfait, peu à peu on progresse. On n’écrira jamais un roman, mais cela aide à se connaître mieux, à prendre confiance en soi, à exprimer ce qu’on ne dirait pas autrement. C’est un peu une libération, la reconnaissance de ce que l’on peut faire, l’accueil de soi et des autres. Alors, pourquoi ne pas continuer ?
Michèle

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Coucher sur le cahier la solitude et la tristesse pour tenter d’apaiser le chagrin.
Y écrire aussi les mots de haine, qui ne pouvaient pas être prononcés sans créer d’inguérissables blessures.
Soulager ce poids des non-dits qui écrasait ma vie.
Cette bile alimentait et alimente encore mon stylo aussi bien qu’un encrier.
Poser les mots sur le papier les empêche de pourrir dans la tête et d’aggraver le mal.
Marie-Laurence

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Alors c’est bien une question à laquelle je ne saurais répondre, j’étais bien trop petite.
Par contre, je me souviens de mes fautes, entourées d’un crayon rouge sur mes cahiers. Encore aujourd’hui cela me hante. Je voudrais écrire à l’oral pour ne pas leur laisser la possibilité d’exister.

Quant à mes premiers textes, ils m’ont surpris. Je n’aurais jamais pensé un jour que j’allais lire en public. Et parfois, parler de moi sans trouver cela impudique.

En fait, c’était pas vraiment un atelier d’écriture mais un atelier Slam, pas de quoi se laisser intimider. Alors j’ai osé, merci Yohan Leforestier. Je me suis lancée et les mots ont déboulé plus vite que je ne l’aurais jamais imaginé.
Yo, oublier qu’on écrit et raconter une histoire de tempo.

Ghislaine, toujours présente et non moins amusante. Gigi, une petite souris qui a dans ses textes de la magie, un combat à défendre, une idée à faire passer et amener l’aitre à réfléchir.

Je ne sais pas quels étaient ces premiers mots ou raconter ce qu’ils invoquent, tout comme je ne saurais parler des derniers ou imaginer une épitaphe qui pourrait me représenter.
Déborah


Le Vieux Pont et La Vitesse

La Terre est parsemée de secrets,
De parfums, de chaleurs inattendues,
Que nul ne peut apprécier parfaitement,
Tout est si complexe, si diffus parfois,
Chaque rive du fleuve
Se garde bien de décalquer les luminescences,
Les chatoiements de ses images reflets
Sur les bords de l’autre rive,
L’autre versant
Celles-ci mêlant éclats aux couleurs
Multiformes
Sillonnant une voie d’eau fébrile,
Aux teintes chaumière-rafiot-lavoir
Qui impriment leurs propres nuances
Dans l’eau ocre salie,
Vieillie par les dégueuloirs funèbres
Des grandes cités, et verdie
Par ces mousses, ces lichens
Accrochés aux remparts célestes,
Pétrifiés par le gel d’un matin opaque,
Coincés entre trois mâts et badauds,
Sous un amas de givre,
Mordant, craquelant chaque pierre,
Léchant pavés accolés aux arches
D’un pont éternel

Aujourd’hui, ivres de vitesse,
Les hommes ne puisent plus,
Dans leurs yeux,
Les reflets de ces arcades,
Majestueusement ciselées,
Finement dentelées et sculptées
Des mains d’orfèvres d’antan.
Nos yeux ne s’usent plus
A admirer les feux follets de lumière,
Puis, d’ombre, de couleurs, de nuances
Livrés au spectacle de Monde fluide
Où, dans ces iles flottantes,
S’affairent nos grands-mères à polir
Leurs mains, dans l’eau savonneuse,
Parfois fumante.

Nos silhouettes n’admirent plus
Ces bâtiments impressionnants
Pénétrant les voûtes célestes
 De briques rouillées
Par le temps dévoilant l’écume
Des eaux millénaires, franchissant
Ce gué esquissé par les hommes,
D’un bruit grave, majestueux et pesant.
Ces ilots mobiles, fatigués par les marées,
Qui les ont éreintées de leurs vaguelettes
Les débauchent vers ces ports
Où leurs compagnes les espèrent
Dans un geste furtif du mouchoir
Flottant au vent qui les ramène au Pays
Il ne faut pas que ces bateaux
Meurent au Port d’attache,
Ils ressusciteront un jour en pleine mer
Mer avec ses flux et reflux,
C’est alors que, les étoiles
De Mer pourront se mirer près de leurs coques
Imitant leurs ainées
Qui, du ciel éclairent leur nuit étoilées,
Par un fourmillement
Luminescent de beauté.

Michel






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Un souffle léger comme l'air, intérieur

Semblable au vent des dunes de sable

Des herbes hautes oscillantes

Le regard lointain, un sentiment l'accable

La mer est loin

Autour les floraisons foisonnent

Couchée dans les champs comme

L'on couche les mots sur le papier

Un air simple et entraînant

Quelque part quelqu'un l'attend



Sylvie

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Taches. Ne pas faire de taches.

L'outil est un animal rétif, l'encrier un puits sombre.

La feuille tend ses cordes de funambule sur lesquelles doivent se poser les lettres.

La main tremble, transpire un peu sous le regard adulte.

Le buvard, rose et doux, rassure.

Il est prêt à prendre en charge le trop plein.

La main s'y repose et s'apaise.



Je trempe la plume, pas trop, un peu comme un pinceau.

J'égoutte sur le bord de porcelaine.

Il va falloir franchir sans heurt l'espace du pupitre qui sépare du cahier,

poser l'acier à l'endroit juste, puis descendre bien droit et sans éclaboussure.

Ma respiration s'arrête un instant puis reprend son souffle.

Le premier bâton est tracé.

Retourner au puits inlassablement, avec toujours cette boule au ventre,

cette peur logée comme un loir au creux de soi : celle de la rature.

Le second bâton a manqué d'encre, le troisième est un peu court.

Je voudrais les aligner, semblables, mais ma main d'enfant se fatigue

et me retient dans une posture jusqu'alors inconnue.

Le banc est dur, les jambes prisonnières.

Je lève les yeux et ne vois tout autour qu'une forêt de têtes courbées.

Je regrette celle des arbres.



Il me faudra longtemps d'efforts et de dressage pour apprécier le geste d'écriture.

La liberté n'est encore qu'un point minuscule au bout d'un long tunnel.



Plus tard, le corps retrouvera cette contrainte dans la danse promise mais assujettie

aux longs exercices de barre. La peur sera moins forte, mais sera.

Celle de l'erreur, celle du jugement, celle de faillir et décevoir.

L'écriture m'aura pourtant appris ce qui donne son prix à chaque mot, à chaque geste,

à chaque parole : la prise de risque.



Pascale B.

Colette, un nom prédestiné pour être prof de français. Le lundi, il arrivait enthousiaste, il nous racontait la couleur du ciel depuis le cockpit de son petit avion. Il avait une 203, véhicule de collection aujourd’hui. A l’époque, les 203 se faisaient rares, mais elles étaient encore présentes sur les routes avec les Simca 1000, les 204, les 2CV. Un jour, il est arrivé très en retard, il avait eu un accident, sa voiture avait glissé sur la neige, s’était retournée. Il nous l’a dit, a débuté son cours puis ses mains se sont mises à trembler, trembler, trembler. Colette, profondément humain. Ils nous ouvraient des portes, nous étions des ados, pas forcément bercés dans la littérature, mais Lamartine, Verlaine, Rimbaud, Baudelaire résonnaient à nos oreilles, nous touchaient au cœur. Je me souviens des noms de tous ces profs passionnés, passionnants qui nous ont accompagnés à lire, à écrire, à écouter, je leur dis « Merci ».



Ghislaine

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La première fois que j'ai écrit j'avais 8 ans, c'était un poème pour Maman pour sa fête à l'école primaire. C'était  très agréable et je pense très beau ! D’ailleurs le maître l'a lu à haute voix devant toute la classe.



Plus tard, à chaque fois que l'on faisait des rédactions, jusqu'au collège, les miennes étaient lues à haute voix et j'avais toujours la meilleure note !



Mon imagination était fertile, j'inventais des histoires et mes professeurs étaient très dubitatifs et ne savaient pas si j'inventais ou si c'était réellement ma vie !



En fait je lisais beaucoup et je m'identifiais aux héroïnes de mes lectures : j'aurais voulu être écrivain, hélas la vie ne l'a pas permis et cela reste pour moi une énorme frustration.



Mais qui sait, il n'est peut-être pas trop tard ?



En  ce temps là  (j'avais vingt ans...) "clin d'œil au grand Charles qui vient de nous quitter" : il n'y avait pas de télé chez moi et la lecture était ma principale distraction !



J'aime écrire mais quand je m'y attelle ma vie passée me rattrape, me saute au visage et certaines choses que je croyais oubliées resurgissent et m'angoisse. Car lorsqu'on se retourne sur le passé on s'aperçoit que la vie ne nous a pas fait de cadeaux !



Pour écrire sereinement, à mon sens il faut avoir gardé une âme d'enfant ou de poète, et à mon âge (77) c'est un peu tard je crois ! Et cela me rend triste et je suis incapable d'aligner une phrase...



C'est pourquoi j'espère que cet atelier d'écriture va m'aider à me réconcilier avec les mots et aussi avec moi-même !



Christiane





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Dix ans déjà, peut-être même plus. Je ne compte plus déjà depuis longtemps. Ca me paraît tellement lointain et si proche. La discussion en amont avec celle qui m’a aidée à oser franchir le premier pas.



Aller écrire dans un atelier d’écriture avec d’autres personnes. Quel défi ! Ca faisait un petit moment déjà que ça trottait dans la tête. Et puis voilà, je rencontre cette femme, une collègue de travail qui anime des ateliers d’écriture. Sa description de l’atelier m’a donné envie. M’a donné ce petit coup de pouce qui me manquait pour OSER.



Ce fut bien laborieux, les premières fois. Car oui c’était une éternelle première fois. Pauvreté du vocabulaire. Pauvreté de l’imaginaire.



Et découverte des mondes, d’univers d’écriture tellement divers.



Je ne savais pas à l’époque que j’attraperais le virus. Que cette activité prendrait autant de place, autant d’importance. Sous diverses formes, divers contextes.



Infinitude.



Certains en font même leur métier.



Les mots sont devenus mes amis. Mais souvent ils me manquent. Vous savez ce mot que l’on cherche pour dire, exprimer au plus juste son idée, son sentiment. Alors c’est une éternelle quête. Trouver la phrases, l’ordre des mots qui vont refléter, mettre à nu ce qui se cache encore sous le crayon.



Timidité. Incertitude. Conflit.



Tout se mélange sous la plume et les directions sont multiples.



Oui, dix ans déjà et sans doute plus, et ce sentiment de la première fois persiste.



Infinitude de la recherche.



Nathalie