mercredi 25 mai 2016

Internet et le web en classe de 6ème

Une présentation d'Olivier Ertzscheid, Enseignant-chercheur (Maître de Conférences) en Sciences de l'information et de la communication à l'IUT de La Roche-sur-Yon. Département Infocom et rédacteur du blog affordance.info. Merci à lui d'en permettre le partage.


mardi 24 mai 2016

Atelier d’écriture du 21 mai 2016


Décrire une vieille photo, puis écrire une histoire // personnages de la photo
Deux clowns bras dessous, bras dessus
Maquillés d’un sourire moustachu
Et affublés de drôles de bouts de tissu
Nous regardent d’un air malicieux
Prêts à nous rendre joyeux
Avec un numéro des plus prodigieux

Sur la piste ensablée
Chacun rentre par un côté
Leurs mains ne cessent de s’agiter

Ils saluent grands et petits
Puis se regardent un peu surpris
Ils se rapprochent avec minutie

Et s’arrêtent net
Dans une synchronisation parfaite
Les deux mains sur la tête

Comme un reflet imaginaire
Les gestes des deux compères
Se ressemblent et jamais ne s’interfèrent

Les rires rythment leurs jeux
La musique augmente un peu
Viens le temps des adieux

Sous les applaudissements
Ils saluent gaiement
Et quittent la piste en courant.


Texte à partir de vieilles photos apportées par Annie : faire parler les personnages



« Qu’est-ce qu’il m’énerve celui-là !
Il faut toujours qu’il soit au milieu
Avec cette position
Et son air orgueilleux !
Je préfère Jérémy
Il est plus marrant
Surtout dans ces habits !
Tu parles d’un accoutrement !
C’est au moins la 10ème photo
Je commence à avoir des crampes
A tenir ce tréteau

Les yeux éblouis par les lampes…
J’ai trop envie de rigoler
De retirer ce chiffon du cou
Avec Jérémy, sortir jouer
Pour faire les 400 coups ! »
B




Description : les couleurs sont vives. L’enfant porte une jolie robe à fleurs vertes, rouges, jaunes.la brousse qu’on devine en arrière-plan est bien verte. ça doit être la saison des pluies. L’enfant est tressée de frais. Son immense sourire éclaire davantage la photo qui a dû être prise par un adulte dominant l’enfant.
Souvenir : le petit paquet est arrivé quelques jours plus tôt. Bien scotché avec une belle écriture. Dedans des babioles sans intérêt. « Des cochonneries ! » aurait dit ma mère. C’est une dame âgée qui envoie trois ou quatre fois par an un colis pour « les pauvres enfants africains ». En général, rien ne peut servir. Mais là, au milieu des petits riens, une jolie robe toute neuve. Elle est tellement « chic ». Et les couleurs vives et gaies seront bien seyantes sur une peau noire.
Que faire de cette robe ? Elle irait surement parfaitement à Marie, ma fille. Mais ce colis a été envoyé pour « les pauvres enfants africains ». Et depuis qu’elle est avec moi, Marie n’est plus une pauvre enfant africaine. Même si sa vie est bien plus difficile que beaucoup des enfants qui viennent au dispensaire.
Dilemme. Mauvaise conscience. Envie. Aïe, aïe,aïe …
Et, chouette, chouette, chouette, Bernadette passe par là. Bernadette, c’est une maman qui m’aide au dispensaire. Elle voit la robe. La prend délicatement dans ses mains. La porte jusqu’à hauteur de ses yeux. Un petit sifflement. Et la sentence tombe : « elle est pour Marie »
Ouf !
Effectivement elle lui va comme un gant. On prendra la photo pour l’envoyer à la donatrice. Marie est tellement fière, tellement heureuse de cette robe qu’elle considère comme une robe de princesse. Elle est lumineuse sur la photo. De cette lumière que je garde précieusement dans mon cœur. Je n’ai plus d’autre photo d’elle.

Une photo présente 3 garçons d’une dizaine d’années. Tous les trois habillés de façon identique.
-Vivement ce soir que tout ce cirque se termine ! Dire que j’étais pressé de faire ma communion ! Si j’avais su. La galère ! Et maintenant, il faut faire cette photo. Ne pas bouger, avec ces fausses fleurs qui me grattouillent les mollets. Et ce photographe de malheur qui m’oblige à m’appuyer sur l’épaule de mon cousin André. Il est tellement nul celui-là. Vivement ce soir !
-Mon col me gêne. En plus j’ai l’impression d’être une fille avec ce nœud autour du cou ! Mais bon ! Je vais tenir le coup. Pour les cadeaux. Et Bonne-Maman me donnera sûrement un sou. J’ai demandé à garder mon livre de prières. Ca fait plus sérieux. C’est pas comme Jules. Il est encore trop gamin pour penser à tout ça.
-J’ai eu de la chance. Comme je suis le plus âgé, j’ai pu exiger de m’assoir. C’est long, chez le photographe ! Et puis, ça vous pose un homme d’être assis. J’ai pris la même pose que papa sur sa dernière photo. Par contre, Antonin a refusé de mettre sa main gauche sur mon bras. Dès qu’on sort, je lui flanque une trempe. Communion ou pas, c’est moi l’ainé. Alors, respect. 
L

Photo d'un écolier en blouse grise, assis dans un décor de photographe (tableau de paysage et paravent).

Pause,
Sous le préau
La guerre des boutons, on la reprend après
Le temps d'un sourire
Qui n'est pas le rire
Avec les copains
Un œil fier et serein
Et l'autre qui interroge
Qui ne se sent pas si bien
On ne s'est même pas fait beau
Juste enlevé le béret
Les genoux et les mains ont déjà vécu une longue journée
Pas tant à étudier
Ce n'est pas l'intérêt
Mais à chahuter
Sur les temps de récré
A jouer
A chamailler
A s'inventer des mondes décalés
Qui aident à supporter
Quand il faudra rentrer
Quatre kilomètres à pied
Et le boulot après
Pour aider
Dans les prés
Jusqu'à la nuit tombée
Mais demain sera bien
Quand on retrouve les copains 
Seul face à l'objectif
Seul à la maison
Avec les parents bougons
Mais fier de sa vraie vie
Avec sa bande d'amis
De complices
Ou d'ennemis 
On pose un peu
Mais si peu
Avant de reprendre les jeux.

 Photo de 3 garçons, en pause en studio. (Faire parler les personnages, les faire raconter)

Moi, c'est ADRIEN
Je suis l'aîné
Et toc, le privilège d'être assis !
EUGENE, à ma droite,
Mielleux, fait celui que ça ne gêne pas d'être debout,
Et pourtant, il n'a pas été sympa avec moi
Mais Mère était là, derrière
Quant à ALBERT
Mon petit frère
Je l'aime bien
Il m'aime bien
On est bons copains
Mais que sera demain ?

H
 Photos souvenirs
Ce n’est pas la première fois que je la vois, cette photo ! Ils sont quatre, qui posent… Les parents debout, bien droits mi- rieurs mi- sérieux, il faut avoir l’air digne… un jeune garçon, 8 ans peut-être, et la fille un peu plus âgée, elle sourit coquette apparemment heureuse de poser pour la photo. Lui, au contraire, obligé mais pas ravi d’être là…
Qui sont-ils ? Pourquoi cette photo est-elle dans la grande boite des souvenirs de famille ? Les jupes ne sont pas trop longues donc cela ne date pas d’avant la guerre de 14-18. Pourtant, les costumes ont un petit air vieillot, suranné et je n’en ai jamais vu de semblables sur les autres photos de la boite. Ce sont peut-être de lointains cousins venus rendre visite aux parents de la capitale ? Ou des amis de passage ?  Ou de simples rencontres ? Mais si c’était cela ils auraient posé devant quelques monuments… Mais non, c’est une photo de chez le photographe, bien posée avec l’éclairage nécessaire, celui dont on disposait à cette époque. Cela m’intrigue mais personne dans la famille ne peut répondre à nos interrogations. Tant pis, je garde pour moi toutes nos suppositions. Mais oui, j’y pense ! Ce sont peut-être de lointains cousins de la Sarthe dont mon père parlait quelque fois. Mais là, le fil est rompu et le mystère s’épaissit encore !
M
C’est Gustave et Edwige, posant pour moi. En ce temps-là, le passage devant le photographe, était un moment épique, où le naturel dans la vie quotidienne se reflétait au travers d’une photo. Le selfie n’existait pas encore. Eh oui, je les vois bien, avant la photographie, remontant ce sentier de gravier craquelant sous le pas du mulet remontant des labours fumant encore de ces bonnes odeurs de terre fraichement remuée. Ce petit sentier dont les abords sont couverts de ronces est toujours le théâtre de l’éradication de ces ronciers avec l’apparition soudaine de ces chardons, ennemis canon de l’agriculture intensive. Eh oui en ce temps, la débroussailleuse n’existait pas. Mais Gustave, ancien ouvrier agricole existait bien et avait épousé en juste noce Edwige, femme d’une famille aristocratique. Eh oui, pour elle, ce fut dur, dur, changement de lieu de vie, changement de milieu. Eh oui, ce jour-là, Alphonse les attendait avec impatience, avec ces deux petits ratiers dont il ne savait plus quoi faire. Fallait-il les abandonner ou pas ? Eh oui en ce temps-là la SPA n’existait pas.
M
Ils sont paisibles, l’instant l’est. La vache y pense aussi. Au lait. Non, elle n’y pense pas. La famille non plus. Elle attend. Pas la vache. Pas le train dans la campagne. Elle ne s’en souvient pas. La famille non plus. Les chiens peut-être. C’était dans un temps défini.
B
Les sables, c’est le nom de la ferme. Pas de plage mais une belle profondeur de terre, une terre souple, douce, composée de silice, prospère, des vaches, des pommiers, du travail. Mais le dimanche, les hommes allaient à la chasse. Arthur avait fait l’acquisition de deux petits braques, les photos étaient rares à l’époque, seulement justifiées lors des communions, des mariages, mais il aimait tellement ces deux chiens qu’il avait souhaité qu’on le photographie à l’arrière de la maison. Il emmenait ces deux chiens partout. Il fallait qu’il s’habitue à lui. Ils dormaient au pied de son lit. Ils avaient commis quelques méfaits, dépenaillés ses espadrilles, mais ils s’étaient faits rabroués durement. Et le dimanche, ils suivaient comme ils pouvaient Arthur  dans les bosquets. Ils avaient l’instinct, ils se précipitaient joyeusement vers l’entrée des terriers de lapins qui étaient légions dans la terre sableuse. Comment imaginer que tout va s’arrêter Arthur a été réquisitionné. Il est mort emporté par un éclat d’obus. Des sables, il ne reste rien. Toute cette partie de la Normandie a été pilonnée avant l’arrivée des alliés. La terre est toujours aussi bonne mais lorsque la charrue passe, elle remet à jour des bouts de métaux éclatés. Les deux chiens, que sont-ils devenus dans cet enfer de feu ? Sont-ils morts calcinés ou ont-ils retrouvés un maitre attentionné qui ressemblait à Arthur ?
G
C E AM J C D


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mercredi 4 mai 2016

Terre d'eaux à Lisieux

FONTAINE SAINT-MÉEN AU PRÉ-D'AUGE

Depuis le 3 mai et jusqu'au 28, dans le cadre de la deuxième édition du festival « Terre d'eaux - Estuaire de la Seine » qui se déroulera du 14 au 29 mai 2016, la Médiathèque intercommunale André Malraux vous présente un reportage photographique inédit de Julien Boisard, réalisé en juin 2014 à la demande de Lintercom : « Couleurs sur l'eau dans le Pays d'Auge »

 BÉLIER HYDRAULIQUE A COURTONNE-LES-DEUX-ÉGLISES

 PARC DU CHÂTEAU DE SAINT-GERMAIN-DE-LIVET

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Le 21 mai à 15h00 dans l'auditorium de la Médiathèque nous vous proposons d'assister en présence de la réalisatrice Aurore Chauvry à la projection de ses 2 courts-métrages de la collection Mémoires d'eaux 2016 :

 [Pisseuses de la Valaine ©Aurore Chauvry]

Les pisseuses (15 mins) : La pointe de Caux a ce mystère qu’elle ne possède aucune rivière de surface. L’eau coule cachée dans la masse karstique et s’échappe en « pisseuses » à flanc de falaise vers la mer. De ce mystère, reste des cavités profondes où nous descendons pour révéler ces sources enfouies que déjà Guy de Maupassant décrivait. En surface, seules les bétoires induisent les failles qui mènent aux multiples bras aquatiques. Un sourcier nous trace le chemin de la force de l’eau. Des agriculteurs racontent comment soudain s’ouvre le sol créant les « bétus ».

[René, Bibi et Jacquo au Tilleul - coll.Jacques Delahaye]

La bille, le gros et la galuche (15 mins) : À la fin du 18ème siècle, on ramassait déjà des galets. De cette activité qui s’étendait d’Antifer à Cayeux, il ne reste aujourd’hui que quelques témoins.
En bas des falaises, les « galériens » ont acheminé durant deux siècles, plus de 2 millions de m3.
Aujourd’hui le ramassage des galets est interdit, les galériens nous racontent leur métier et nous parlent de ce paysage entre pied de falaises érodées et estuaire de la Seine.
Ils savent mieux que quiconque où s’en vont et viennent les cailloux !

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Le programme du festival c'est par ici, le site de Julien Boisard par , et celui d'Aurore Chauvry juste à côté.

En cadeau bonus et pour tout l'été nous vous offrons cette vitrophanie qui vous fera vous sentir comme à la campagne :

mardi 3 mai 2016

Avril en musique


Photo : musique de emeraldiris / Deviantart


Ellie Goulding - album Délirium - "On my mind" // The Weeknd - album Beauty behind the madness - "The hills" // the Souljazz Orchestra- album "resistance" - "Shock and wave" // Nouvel R - album Les yeux de la foule - "L'intégré marginal" // Jain - album "Zanaka - "All my days" // Louise Attaque - album Anomalie - " Chaque jour reste le nôtre" // Sébastien Daucé & L'Ensemble Correspondances - album Concert Royal de la Nuit, teaser // Lilian Renaud - album Le bruit de l'aube - "Il faut vivre" // The inspirators - album The Inpirators - "Fruits records" // Laura Pausini - album Simili - "Simili"



Bonne écoute à tous, nos CD sont disponibles dans les bacs de la Médiathèque

samedi 30 avril 2016

Atelier d'écriture du 23 avril 2016




Ecrire un texte à partir d’un mot, d’une liste de mots que l’on aime- puis faire un texte à partir d’expression autour du corps.

Destin

Je crois beaucoup au destin
Celui qui fait ce que nous sommes
Celui qui trace notre chemin
Celui qui parfois nous assomme

Je pense que chacun à une place à prendre
Celle que l’on construit
Celle qui va surprendre
Celle qui parfois nous ennuie

J’aimerais avoir le choix
Celui qui ne sera pas manipulé
Celui qui guidera mes pas
Celui que parfois je regretterai

Je suis perdue dans une impasse
Croire à un certain destin ?
Choisir absolument sa place ?
Ou simplement attendre la fin ?

Tête
J’ai mal à la tête, d’être en tête à tête avec cette tête de mule qui n’en fait qu’à sa tête. J’en ai plein la tête de ses histoires, c’est un vrai casse-tête, je prends la poudre d’escampette. En croisant une tête à chapeau, je me rends compte que je n’ai pas le mien. Quelle tête en l’air ! Un jour j’oublierai ma tête.
B

Au creux de la vague
Vague d’écume
Vague à l’âme
Tsunami
Hokusaï
Pointe du Raz
Raz de Sein
Phares

Les phares sont plantés
Dans l’Océan
Solitaires.
A terre, ils sont notre envol pour l’ailleurs.
Sur mer, comme une  bouée, un amer.
Femmes qui attendent leurs pêcheurs
Filets, mâts, moteurs, gilets de sauvetage
Titanic
Boat people
Les «  perdus en mer par milliers.
Christophe Colomb et Cortez
Conquérants sanguina
C

TIC - TAC 
Oh, grand-mère
Dans ton bric à brac
Le temps s'égrène
Rempli de poèmes
Mais aussi de silences
Peuplés de tant d'absences
Le noir toujours le noir
Quelques rares traits de violet
Y sont quand même osés
Passent les jours
Dans les contours
De ta maison
Qui sent si bon
De ton jardin
Plein de chagrins
 Dormir sous ton gros édredon
De plumes et de dentelles
Lovée dans ce cocon
Que la nuit nous soit douce
Au son de cette pendule
Oh! Le chat gesticule
Allons, il faut se lever
Pour une autre journée.
  

                                          CE SOIR, J'AI LE COEUR GROS 
Samedi 23, 
Bonsoir mon cœur, 
Hier, j'ai mangé du chocolat, un peu de chocolat, beaucoup de chocolat, beaucoup trop de chocolat.
Aujourd'hui, j'ai mal au cœur.
Les tablettes défilent dans ma tête, jusqu'à la nausée, j'ai le cœur barbouillé.
Je n'ai pas su m'arrêter, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus que le papier.
J'en pleure de fureur, et pourtant je ne l'ai pas fait à contre cœur.
J'en pleure, peut-être de colère, mais aussi car mon cœur d'artichaut s'épanche à tout propos.
Demain, c'est fini, je n'en mangerai plus, c'est fini, je n'en veux plus, je n'en achèterai plus.
Je me le dis, je me le redis, je ne l'écrirai plus sur ma liste de courses.
Je me le dis, et me l'apprend par cœur, jusqu'à l'écœurement.
Bien à toi de tout mon coeur.                                                               
                                                                            signé : TON COEUR !
H


TEMPETE : J’aime la tempête. J’aime les trombes d’eau qui se déversent du ciel. J’aime les coups de tonnerre. J’aime compter le temps qui sépare l’apparition de l’éclair du fracas du tonnerre. J’aime calculer à quelle distance est tombée la foudre. J’aime sortir pour être trempée par la pluie, poussée par le vent. J’aime la tempête à la montagne. J’aime la tempête à la mer. J’aime l’impression de pouvoir résister aux éléments.
Eté 1979 : Tempête dans la Manche. La course du Fastnet verra couler la majorité de ses bateaux. Trois jours d’enfer. Sur le Cipango, lignes de vie attachées, pas le temps d’avoir mal au cœur, murs d’eau à la proue et à la poupe, pratiquement sourds, pratiquement aveugles. L’équipage fait corps sans que les matelots amateurs puissent se rapprocher. Seul le capitaine est un marin aguerri. Trouver un port, une rade, un havre.
Sommes-nous le jour ? Sommes-nous la nuit ?
Combien de temps ?
Où ?
Pas le temps de se poser ces questions.
Puis Alderney (Aurigny)
La rade n’est plus un havre mais on peut quand même y mouiller. Certains bateaux ont été emportés par la force du vent et de l’eau. La rage de la mer déferle par-dessus le rempart qui protège la rade.
Trois jours sur ce bateau, ballotés. Trois jours trempés. Trois jours sans manger chaud. Trois jours sans dormir ou presque.
Et puis, le calme. Le téléphone en PCV pour rassurer les parents et les prévenir qu’on rentrera plus tard que prévu.
Et puis la fierté de l’inconscience : on est des héros d’avoir traversé cette tempête alors que les pros de la course se sont plantés.
J’aimais la tempête. J’aime toujours la tempête.


L’œil du Lynx s’est jeté par la fenêtre.
La Renarde lui a tapé dans l’œil.
Blessé, le Lynx dépose une main courante.
L’agent guette la Renarde par l’œil de bœuf, pas facile quand on a un œil qui dit merde à l’autre.
L’œil de biche de la Renarde essaye d’amadouer l’agent.
Mais celui-ci décoche un regard qui tue et lui met la main au collet.
Avant de repartir, l’agent jette un regard oblique et prend le Lynx la main dans le sac : il a profité de ce que l’agent détournait le regard pour voler les bijoux de la Renarde. Il se fait taper sur les doigts par l’agent.
La renarde pleure des larmes de crocodile en voyant la douleur du Lynx.
Celui-ci, malgré son regard dans le vague, perçoit la main baladeuse de la Renarde sur son museau.
Ils se regardent dans le blanc des yeux.
Coup de foudre.
Tout est bien qui finit bien. 
L

Aujourd’hui j’arrête de fumer
Aujourd’hui j’arrête de boire
Aujourd’hui j’arrête les gros mots
Aujourd’hui j’arrête je fais mon ménage
Aujourd’hui j’arrête je ramasse les crottes de chien dans le jardin
Aujourd’hui je remplis ma feuille d’impôt
Aujourd’hui je désherbe mon allée
Aujourd’hui je mange cinq fruits et légumes
Aujourd’hui je baisse mon taux de cholestérol
Aujourd’hui je trie mes déchets
Aujourd’hui je baisse mon bilan carbone
Aujourd’hui j’abandonne ma voiture diésel et j’achète un vélo
Aujourd’hui je range mon tiroir à couverts
Aujourd’hui j’arrête de me raconter des histoires
Aujourd’hui j’arrête la procrastination
Ou demain…

On avait pourtant les épaules larges mais là, on en avait plein le dos de cette tête à claques. Un bon coup de pied aux fesses lui aurait dégonflé les chevilles. Il voulait toujours vous en mettre plein les yeux, la bouche, le cœur et la langue bien pendue… Les bras vous en tombaient. On avait les yeux qui sortaient de la tête de voir qu’il l’avait si grosse- la tête. On s’en faisait de la bile avec ses ronds de jambe ! Et encore, il avait le cul bordé de nouilles, le joli cœur : on lui ouvrait toujours les bras, quand il nous tenait la jambe… Pourtant c’était pas toujours le pied ! Et maintenant, on avait une dent contre lui, il nous avait mis la tête à l’envers à force de vous rabattre les oreilles.
D

Nébuleux fantôme évanescent Alpes émeraude vert opale infini solaire universel étrange incompris lunaire rêves étreintes dune désert
Mes plus nébuleux souvenirs
Peuplant mes rêves
En des globules de particules
Où mes atomes de neurones
Rencontrent quelques axones
Egarés au fond de mon cerveau
Où l’infini de ma mémoire enfumée
De recueils livresques peuplent
Ma tête et mon cortex
De paysages de lune
Où la tranquillité s’alanguit
Sur une planète
Où l’homme solitaire évade ses pensées
En des paysages de dunes lunaires
Où des roses de sable ensablent
Mes artères neurophiles qui me servent de cerveau
Où dans mes idées évanescentes fleurissent
Des pensées multicolores couvertes
De crachin normand érodant les pétales
Me donnent des impressions étranges
Dans mon subconscient présent
Où des orchidées, fleurs du diable,
Font fleurir en moi des  cauchemars d’enfer
Dans un décor émeraude vert opale
Où des arbres brulés renaissent de leur cendre
Dans une odeur de thé rouge
Tiens après descendre, mon thé est prêt !!

Avoir la dent dure avec les autres
Car on vient de Cambridge
C’est présomptueux
Mais quand on vient de l’université de Cambridge
On veut garder son bridge, au moins.
Et si on joue au bridge
On ne veut pas perdre au bridge
Ça serait triste
Surtout si on vient de Cambridge
Mais je pense que le jeu n’en vaut pas la chandelle !
Comme me dirait une copine qui est morte, Adèle,
Avoir le doigt pointé sur les sculptures d’une église
Quand on vient de Los Angeles University
C’est déjà les reconnaître
Et enseigner l’architecture à ces enfants
C’est déjà faire des enfants des anges ailés
Qui pourront voler de leurs propres ailes
Pour transmettre à leurs enfants
Des connaissances architecturales
Même si certains râlent pendant les cours.
De toute façon la culture ne peut pas faire de mal.
M

Merveille lire rencontres imprévues sérénité découvertes partage fleurs et plantes éclosion de la nature joie famille

Coquelicots et autres mots que j’aime (Anne Sylvestre)
Sérénité, peut-être…état d’esprit…état de paix… de confiance qui rejaillit même dans la difficulté quand le choc opremier est atténué- état diffus et pourtant bien présent qui porte à croire que rien ne pourra détruire ce sentiment de paix et de joie profondes qui imprègne tous les événements de la vie.  Je dis tous les événements de la vie… mais il arrive que certains ressentiments réapparaissent, envahissent à nouveau notre esprit, provoquent en nous une nouvelle colère, une nouvelle tristesse et risquent de mettre à bas ce bel équilibre si patiemment construit. Alors il faut à nouveau rechercher l’apaisement et se dire que ce qui est passé n’existe plus même si les actes passés sont toujours présents dans notre vie.

J’ai retrouvé mon pied de biche, mais la biche est partie en courant, je la suis, je me tords le pied, je m’étale- Non, je ne prends pas mon pied. La biche se retourne et me fait un pied de nez. Mal apprise !!! Je vais te mettre mon pied… trop tard, elle est partie. Je m’assois au pied de l’arbre et je frotte mon gros orteil tout tordu. Le temps passe, je me remets sur mes pieds et je repars clopin-clopant. La route est longue, je cherche mon chemin je tourne en rond je perds pied et me revoilà à mon point de départ où je retrouve mon pied de biche mais la biche n’est plus là.
M

Dictaphone aphone plus rien
Avoir à l’œil œil de biche
Je me suis levée de bon pied, bon œil
Regard de braise, je ferai mienne
J’irai faire ma révolution le bras levé
Les doigts croisés, pour que ça devienne réalité
Assis entre deux chaises, ça me rend mal à l’aise, l’oreille tendue, j’entends les mots de ce tordu
Le pied qui se dérobe, et voilà que je dégringole
Coiffé comme un as de pique, ça fait plus authentique
J’en ai plein le dos, marre de ce boulot,
Il me casse les pieds, je crois que je vais le quitter
Du poids sur les épaules, ça fait tout drôle
Le nez au milieu de la figure, et aussi de la confiture
L’oreille qui siffle, pourvu que je ne prenne pas de gifle
Les hanches qui se balancent bienvenue dans la danse
D

Bloup bloup bloup fait la levure dans la farine, l’œuf, le beurre, le sucre
Brioche toute ronde tu gonfles petit à petit bien au chaud sous ton torchon
Glou glou glou fait le bidon appâté par l’odeur de la fleur d’oranger ajoutée bien au chaud sous la chemise petit à petit nourri de brioche croustillante moelleuse à l’intérieur, jaune comme la primevère au printemps avec ses petits trous-trous légers-légers
Bri bri bri oche tu me tentes
Bri bri bri oche tu me ventres
Bri bri bri oche je t’adore
Hoche hoche ma tête, groseille ou framboise
Hoche hoche j’acquiesce, je donne mon assentiment
Che che je laisse fondre dans ma bouche ta mie douce
Bri brioche volupté …et bourrelets assurés.

Deux dodos dos à dos broutillent paisiblement dans une forêt paradisiaque. Deux matelots débarqués fraichement sous les tropiques trop chauds mal nourris aux harengs saurs en manque de protéine animale sanguinolente observent les volatiles. Les dodos tranquilles se régalent et entre deux papayes se bécotent. Les matelots en ont  plein le dos ils dégainent leur couteaux et se précipitent sur les volatiles empotés qui ne bougent pas et même qui curieux sont épatés par ces nouveaux êtres animés et rayés. Ils sont assassinés sans sourciller. C’était les deux derniers dodos. Tout ça pour régaler deux pauvres marins. Les dodos désormais équipés de grandes ailes dans le dos façon anges du paradis volètent dans les cieux loin des humains carnassiers.
G


Les mots que j'aime : Mon chéri, couleur, fleur, tendresse, dracher, paresser, regarder, vie, vacances…
Un texte avec l'un de ces mots :
Dracher : qu'est-ce que c'est que ce mot-là ? Il sonne bien, je ne le connais pas, ce n'est pas cracher, beurk ! C'est dégoûtant ! Tous ces footballeurs qui crachent sur la pelouse pendant la retransmission du match comme s'ils crachaient sur leurs supporters, quoique…. Bon, oublions.
Tricher lui ressemble un peu, attention de ne pas me laisser entraîner encore sur la planche glissante du foot, tricher quel vilain mot, oublions-le lui aussi.
Gricher, je ne sais pas si c'est français mais c'est un mot qu'utilisait souvent Maman pour définir le vilain sourire que nous faisions sur la photo. Ce mot-là griffe l'oreille et pourtant…
Arracher, mot familier au jardinier, mot quotidien pour lui qui chaque jour traque la mauvaise herbe qui risquerait d'étouffer ses légumes et ses fleurs. Arracher traduit sa peine, plutôt la répétition de son labeur. Cet arrachage est beaucoup plus sympathique que l'arrachage de dents. Pourtant l'arracheur de dents avait son petit côté comique, installé sur la place, délivrant son boniment pour attirer ses futures victimes, assez crédules pour lui faire confiance et qui se retrouvaient avec une ou deux dents en moins et gardaient celles qui les faisaient souffrir.
Tous ces mots ne m'expliquent pas dracher, mot d'origine québécoise proposé par la francophonie et « Dis-moi dix mots ».
Explication, c'est pleuvoir à verse. Aujourd'hui il ne drache pas encore, c'est une petite pluie fine qui tombe, une pluie normande, une pluie qui va arroser les légumes et les fleurs qui pointent leur verdure et leur couleur au-dessus de la terre.
La semaine dernière par contre il a draché et c'était un véritable torrent qui dévalait devant la maison. Comment peut-il tomber autant d'eau d'un seul coup ?

Expressions liées au corps humain
Son œil était implacable, elle voyait tout, rien ne lui échappait, elle possédait un œil de lynx et pourtant son amoureux avait été séduit par son œil de biche.
Elle avait aussi la main verte et de ses doigts de fée, elle traquait les cochenilles, les minuscules araignées, sondait la terre pour en connaître le degré d'humidité. Dans son jardin, elle faisait le dos rond pour se pencher sur ses légumes, elle avait bon dos quand il l'accusait d'avoir laissé les escargots manger les salades.
Quand les reproches allaient trop loin, elle était verte de rage. Et suivant le cas, c'était des larmes de sang ou des larmes de crocodile qu'elle versait. Il comprenait alors son injustice et essayait de se faire pardonner. C'est d'une bouche en cœur qu'elle lui rendait son baiser.

E

 

 D AM C S E