vendredi 5 février 2016

Livres lus, livres déchus



Voici un court extrait d'un auteur qui ignora peindre à travers ces lignes, en 1999, les souffrances d'un bibliothécaire !


"Je lis des vieux livres parce que les  pages tour-
nées de nombreuses fois et marquées par les
doigts ont plus de poids pour les yeux, parce
que chaque exemplaire d'un livre peut appar-
tenir à plusieurs vies. Les livres devraient rester
 sans surveillance dans les endroits publics pour
 se déplacer avec les passants qui les emporte-
raient un moment avec eux, puis ils devraient 
mourir  comme eux, usés par les malheurs, conta-
minés, noyés en tombant d'un pont avec les sui-
cidés, fourrés dans un poêle l'hiver, déchirés par
 les enfants pour en faire des petits bateaux, bref
 ils devraient mourir n'importe comment sauf 
d'ennui et de propriété privée, condamnés à vie
 à l'étagère."

                                 Trois Chevaux, Erri de Luca






Cette photo, prise dans nos murs, dans vos murs, il y a 2 mois, concerne des vieux livres qui ont accompagné vos vies et qui désormais, faute de place, vont quitter leur écurie...
Usés par plusieurs manipulations ? C'est ce qu'on peut leur souhaiter !
Au mieux certains suivront la belle suggestion prémonitoire de l'auteur, qui se répand de nos jours sous forme de Boîtes à livres,  où les livres sans surveillance dans un endroit public sautent de poche en poche au gré des caprices et des humeurs des passants.
Mais ... Il y a ceux qui meurent d'insuccès, c'est-à-dire d'ennui sur leur étagère, alors ceux-là nous fendent le coeur,  à nous les frustrés de voir passer dans nos mains tant d'oeuvres de l'esprit sans l'once d'une minute à leur accorder. Quel sort leur réserver, à part les aider à sauter - tout seuls - du pont de Normandie ?









mardi 2 février 2016

En février sur la bibliothèque électronique de lisieux



 Menu pour le mois de FÉVRIER 2016
(DERNIÈRE MISE À JOUR LE 1er FÉVRIER 2016)
(PROCHAINE MISE À JOUR LE 29 FÉVRIER 2016)

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LA SÉLECTION MENSUELLE

[Lucie Delarue-Mardrus en 1914 par Nadar]
 M’sieu Gustave 
(1921)
Lucie Delarue-Mardrus
(1874-1945)

LE RAYON DOCUMENTAIRE


Polynésie
(1929)
Jean Dorsenne
(1892-1945)


Le Cheval
(1930)
Lucie Delarue-Mardrus
(1874-1945)

Essai sur l'emploi figuré des termes de guerre dans le langage contemporain
(1919) 
Georges Prévot
(1890-1976)

L'Argot de nos prisonniers en Allemagne  
(1919)
Albert Dauzat
(1877-1955)

LE RAYON NORMAND


Almanach du pommier et du cidre pour 1898
Roger de La Borde

mercredi 27 janvier 2016

Joue contre Joue : une recette comme on les aime

Joue de bœuf par le chef Michel Dumas.


Sa petite sœur : le bœuf bourguignon.

mardi 26 janvier 2016

Atelier d'écriture du 16 janvier 2016




Olivier Gosse, auteur en résidence à Lisieux avec le Tanit Théâtre rend visite à l'atelier d'écriture de la médiathèque. 

Annie nous lit le poème de Paul Eluard « Dans Paris... » et nous invite à écrire "Dans Lisieux". Olivier Gosse nous convie à réfléchir sur la ville et ses résonances à travers une anecdote, un fait divers, un personnage, un lieu, un moment particulier lié à la ville.


Dans Lisieux, il y a
Une boutique faite pour moi.
Pour la trouver,
Rien de plus aisé ;
En partant de l’hôpital,
On descend la rue principale.
Après le feu du Darty,
On continu au ralenti.
Il faut alors se garer,
Non loin du fruitier.

Et là, impossible de la rater !

Elle attire les regards,
Avec sa vitrine rouge et noir.
Personnellement, je ne peux résister
A l’envie d’entrer !
Rien que l’odeur, ça vous installe,
Dans des souvenirs agréables.
Les couleurs et les noms des produits,
Donnent le tournis.
Il faut alors se raisonner,
Pour ne pas succomber,

A ces plaisirs sucrés !
B

Dans Lisieux il y a une place
Sur cette place il y a une halle
Sous cette halle il y a des barrières métalliques
Entre ces barrières il y a des bœufs, des chevaux, des moutons
Sur les moutons il y a de la laine
J'ai lavé la laine, j'ai filé la laine, j'ai teint la laine, j'ai tricoté la laine pour en faire le pull d'Annie.

Un cousin venait de mourir et l'enterrement se faisait à Lyon après la cérémonie religieuse qui avait lieu dans la petite cité normande. Ils partaient de Seine-maritime pour s'y rendre et rejoignaient assez vite l'autoroute, voie comme chacun sait onéreuse mais rapide.
Qui dit enterrement dit convoi mortuaire suivi des véhicules de la famille et des amis proches. Parmi tous ces conducteurs, certains étaient familiers de l'autoroute, d'autres ne l'empruntaient jamais. Mais ce jour-là, obligation de suivre le cortège, et donc le convoi mortuaire, qui contrairement à ce qui se passe en campagne, ne roulait pas au pas c e jour-là, au contraire utilisait les 130km/h autorisés, doublant pour garder sa vitesse de croisière sans se préoccuper des suiveurs.
Avant d'arriver à Lyon, dans les embouteillages, ils perdirent de vue le convoi. Paniqués, ils essayèrent toutefois d'être rationnels et se fiant aux panneaux et aux quelques indications qu'ils avaient recueillies après la cérémonie, ils se retrouvèrent sur le bon chemin et purent rattraper le chef de file.
Avec lui et les autres voitures ils abordèrent le cimetière, se garèrent et rejoignirent la famille autour du tombeau ouvert.
« Damnation » ce n'était pas leur enterrement !
E

Dans Lisieux il y a …
Où sont les bancs publics ?
Sortir de chez moi. Profiter du soleil, de l’air frais. J’en rêve !
Top départ :
Chez moi, la médiathèque : 217 m. s’il fait assez chaud, m’assoir sur le banc qui court tout autour du bâtiment. Sinon, m’assoir dans le hall d’accueil.
La médiathèque, l’arrêt de bus place Mitterrand : 190 m. là, il y a toujours quelqu’un pour vous parler.
L’arrête de bus, les jardins de l’évêché : environ 200 m. Là, selon l’heure, il y a plus ou moins de choix pour s’assoir.
Les jardins de l’évêché, la cathédrale : moins de 200 m. Là les chaises sont bien inconfortables.
La cathédrale, chez moi : 220 m. Là le plus dur reste à faire : monter les 2 étages.
Retour à la médiathèque.
La médiathèque, le Carmel : 200 m. Là, les bancs sont mal orientés à mon goût : on voit seulement passer les voitures.
Le Carmel, la gare par la rue du Père Zacharie : environ 200 m. Le hall de la gare est plein de courants d’air.
La gare, avenue Sainte Thérèse : le petit square est bien agréable.
Avenue Sainte Thérèse, chez moi : environ 200 m. Et à l’arrivée toujours les 2 étages.
Jamais je n’avais imaginé que les bancs publics prendraient autant de place dans ma vie.
Et pourtant, je n’y ai encore jamais croisé d’amoureux à la mine bien sympathique qui se bécotent.


Qu’est-ce que la ville m’apporte ?

« Hors Paris, point de salut » : c’est l’affirmation de mes 20 ans.
Jérusalem : exotique ; violent ; captivant.
Lisieux : trop de gris ; trop de vert.
La campagne belge : sinistre.
La brousse africaine : pas le temps de penser.
La campagne tarnaise : trop chaud.
Québec : on dirait Saint Malo.
Beaune : c’est bôôôô et bon !
Nice : trop grand.
Lisieux : beaucoup moins gris ; beaucoup moins vert. Ville à taille humaine.
Paris ? Ne m’en parlez plus !
Comme quoi on change avec le temps.
L

Dans Lisieux il y a
Des briques des colombages mais aussi la reconstruction. Quel chemin prendre pour être certain d’apercevoir le plus grand nombre ?
La ligne bleue. Eclair de génie. Ah non pour tout découvrir, c’est sans contexte les boulangeries qu’il faut suivre à moins que les coiffeurs remportent votre faveur mais c’est sans doute tiré par les cheveux. Si vous avez l’œil il y a le circuit des caméras, seules rues qui restent éclairées la nuit.
Avec une âme d’artiste, prenez les arrière rue, mais veillez à vous balader avec de quoi prendre votre cliché car les œuvres sont rapidement effacées. Les ronds-points de la ville sont sur la même tendance, sans cesse renouvelés. Un peu de culture et vous traverserez à nouveau la ville et les années en partant de la friche Wonder jusqu’au théâtre italien de la ville, en chemin pause contemporaine mais tout de même chargée d’histoire à la médiathèque avec des voies gallo-romaines. Une autre façon de découvrir le geocoaching pour trouver les cachettes secrètes, vous partirez de l’arborétum jusqu’à la maison du peuple.
Non il n’y a pas un chemin mais mille trajets pour découvrir Lisieux faisons la tournée des cafés et racontez-moi ce qui vous enivre.

Lexovienne depuis 1999, je travaillais à Orbec et le débat du jour est Lisieux, l’enfer que ça va être de rentrer, non la chance que l’on aura de rencontrer des vedettes, pour d’autre ce sera le délice de la barquette saucisse-frite.
C’est décidé, je quitterais le travail tôt pour découvrir ce que c’est. A l’époque j’habite impasse Aristide Briand à côté de la maison d’Albert le bibliothécaire et d’un squatte gardé par des hommes de bois qui deviendra la maison du chocolat.
Me voilà dans l’obligation d’abandonner ma voiture aux portes de la ville, je suis seule au milieu du brouhaha, de la clameur et je me décide à faire les boutiques, un peu plus tard après m’être imprégnée de l’ambiance je décide de contempler le spectacle de ma place VIP. 1er étage, j’aurais sans doute la meilleure visibilité mais tout ceci c’est sans compter que mes clefs sont restées dans le dernier magasin visité. Faisons connaissance avec la crêpière du quartier, celle de la maison penchée, elle me prête son échelle que je promène en faisant du zèle. Et voilà comment piquer pour un instant la vedette au critérium.
D

Dans Lisieux, il y a un jardin public qui lui se trouve à côté de la cathédrale. Il y a aussi une Basilique abritant plusieurs secrets. Il y a la médiathèque pour étudier en paix ! Nous avons aussi la piscine pour ceux qui aiment nager.

Honfleur, ville de pêcheurs
Son vieux bassin, ses bateaux font partis de son histoire.
Honfleur, ville de touristes, qui sont là pour les photos.
Savoir le vécu de cette ville. J’aime bien Honfleur
Une balade au pied du phare ou encore dans les ruelles mythiques. C’est ce qu’il y a de plus intéressant. Appareil photo à la main. On immortalise le moindre recoin. On prend les bateaux, les restaurants, la médiathèque où il y a encore ce petit lavoir qui maintenant est abandonné. Le plus joli, c’est cette fontaine à l’entrée de la ville. Là où tu peux prendre les plus belles photos.
MA

Cité
Citadine
« Cité à In ! »
Si t’es ?
A Papo-thé
Citez le Dieu du thé
Le thé noir
A toute la vie
Saint Urbain Priez pour nous !

A Villers sur Mer, la magie opère. Pour cela, il vous faut prendre votre AUTO !
Prenez Lisieux par la D45. Abordez la ville lexovienne… Vers 8h00, ….en hiver. Comme ce samedi « Stupeur ». Tout se réchauffe le soleil vous éclaire. LE SOLEIL D’ISTANBUL ! Eh oui, la magie turque opère en vous. Votre esprit se transporte… le rêve, le voyage, les rondeurs d’une basilique…aux flèches d’une mosquée, décalé, religieux, couleurs, senteurs…DOUCEUR A MEDITER !!!
Les yeux de la ville s’ouvrent grands pour s’éblouir de Lumière citadine, grisée, moiteur, teintes froides… Lumière, lumière de la ville !
C

Dans Lisieux, il y a de la rosée sur les bords des roses de Sainte Thérèse
De la pluie qui tombent sur les rues parfois un peu défoncées
Du crachin pour nous hydrater le matin
Des sourcins sous la médiathèque qui palpitent
Des souvenirs de bateaux amarrés en plein centre-ville
Des caniveaux où ruissellent l’eau jusqu’aux égouts, jusqu’à la Touque, jusqu’à la mer
De l’eau bénite et de l’eau de vie au gout de pomme qu’on appelle le calva.

K tatoué sur le front de l’handicapé jeté dans la Touques. Plouf, 2002, mon arrivée à la médiathèque. Il n’a pas été noyé. K comme Kafka ? Non, à Lisieux K comme caserne.
2015, TK qui de sa chaise roulante se hisse sur un quad pour faire le tour du quartier plein gaz, casquette visée à la tête, blouson de cuir, lunette fumée ronde, un style. TK valide aurait fait de la prison suite à l’handicapé jeté à l’eau. Enfermé un virus lui aurait ravagé une partie de la moelle épinière. Et aujourd’hui il se meut sur deux roues toujours de mauvais poil. Parfois sur la rue au mépris des voitures qu’il injurie. Il a la rage.
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dimanche 24 janvier 2016

Notre Dame vue par la conteuse Marie Faucher


Peut-être connaissez-vous déjà ce conte?? Si ce n'est pas le cas, lisez-le au pied de la Notre-Dame de votre village. Vous ne la regarderez plus jamais pareil.

See original imageLe livre de Marie faucher est à la Médiathèque De Lisieux. C'est un livre qui n'est pas fait pour être lu mais pour être fréquenté comme un ami proche, secret.
 

Merci au chien qui gronde

In Contes des femmes qui veillent de Marie Faucher au Seuil

Notre-Dame, en haut de la colline, n’a pas que des orants frissonnants à ses pieds. Elle descend parfois pour prendre des nouvelles de ceux d’en bas qui courent dans tous les sens, à mi-chemin, au carrefour où fleurit l’oratoire de Joseph son très chaste époux tout écaillé qui garde depuis des lustres l’enfant figé sur son bras ankylosé. Des vieilles font cercle autour de la grosse pierre sur laquelle elle vient s’asseoir parfois quelques heures d’après-midi, dans sa robe de laine, de la paille fraîche dans ses sabots. Elle n’aime pas trop sa robe d’église, toute grise de vieille poussière, si longue et malcommode, qui lui donne un air niais de femme sans tâche qui n’aurait jamais fait ni la cuisine ni la vaisselle, ni allumé le feu ni pesté quand le bois est trop vert et enfume toute la maison.
On se raconte. On se demande tout bonnement comment faire avec ceux qui font souci. On se donne des recettes et des points de tricot, des bouts de laine, des histoires un peu crues, la Sainte Vierge n’a rien contre, ça lui donne bonne mine de rire un peu du ventre de temps en temps.
Et aujourd’hui est venue Léa, encore si jeune, pour raconter et remercier. Il fallait qu’elle dise, les mains croisées enfoncées dans son giron, les jambes tendues, l’œil droit sur la pointe dressée de ses orteils.
-Mon homme me négligeait, trop fatigué le soir, soir après soir. J’avais tant de colère, de désespoir à tourner en rond et ne voir que le câlin qu’il me donnait toujours et qu’il ne donnait plus. J’en étais comme ivrogne à en perdre la tête, à hurler une rage de bête dans la maison vide que je bousculais. J’avais honte et demandais pardon à cette maison tranquille, mais je gueulais à nouveau dès que j’y étais seule.
Alors un matin que le bonhomme était parti, j’ai décidé. J’ai pris dans ma musette à casse-croûtes le bon couteau pour me couper les veines, et le sachet de mort-aux-rats pour faire meilleur poids, et suis partie à la grande marmite de la rivière où les enfants qui n’ont pas pied font leurs plongeons quand ils n’ont pas école. Je voulais être bien sûre d’aller au bout de mon idée.
Voilà que sur le chemin, le « chien méchant » d’un homme tout ordinaire me barre la route, me tourne autour, me gueule dessus, montre ses crocs et tourne encore, m’enfermant dans son cercle. Son maître m’engueule de faire gueuler son chien et j’enrageais d’être attaquée et qu’on m’engueule.
Le chien m’avait barré la route, son maître m’engueulait, j’ai changé de colère. Alors l’autre est tombée. Notre Dame, j’ai bien su que vous y étiez pour quelque chose. Je me suis réveillée d’un cauchemar. Je voulais vous en dire grand merci.
J’aide le bonhomme dans son ouvrage, ça lui donne un peu de temps pour mon ventre où un petit commence à jouer au ballon.



samedi 23 janvier 2016

Playlist pour bien commencer l'année

woodleywonderworks, loud speaker / flickr


Lana Del Rey - album Honeymoon - "Swang song" // Robin Schulz - album Sugar - " Headlights // Hushh - album Jamais perdus - " Jamais perdus" // Tiken Jah Fakoly - album Racines - "Get up, Stand up" // Troye Sivan - Album Wild - "Wild" // Editors - album In dream - "Ocean of night" // Angus & Julia Stone - album Angus & Julia Stone - " Grizzly Bear" // Yaël Naïm - album Older "Trapped" // Lady - album Lady "Money" // Tristan Pfaff - album Piano encores "Danse du feu de Manuel de Falla"

 
Bonne écoute à tous, nos CD sont disponibles dans les bacs de la Médiathèque

samedi 16 janvier 2016

Rentrée littéraire d'hiver

Les premiers vrais jours de froid arrivent, ça tombe bien, les premiers romans de la rentrée littéraire d'hiver aussi !





Vous pouvez bien sûr retrouver ces livres en allant sur notre site, puis dans les nouveautés.

Bonne lecture !