samedi 25 avril 2015

Recettes pour un dimanche - 5 [nouvelle série]


Extraites de : Le nouveau livre de cuisine : recettes pratiques, recueillies et classées par Emmeline Raymond [1828-1902]. - Paris : Librairie Firmin-didot, 1886.- IX-503 p. in-18.


Pièce de bœuf à l'écarlate.

Prenez une culotte de bœuf ou partie de cette grosse pièce ; laissez-la mortifier trois jours ou plus, suivant la saison. Cela fait, désossez-la et lardez-la de gros lard ; vous l'assaisonnerez de persil et de ciboules hachés, de poivre et épices fines, et la frotterez avec du sel fin très sec, passé au tamis, et dans lequel vous aurez mis un peu de salpêtre purifié. Mettez la pièce dans une terrine de grès dite d'office, avec une bonne poignée de genièvre, thym, basilic, quelques ciboules, une ou deux gousses d'ail, trois ou quatre clous de girofle et quelques tranches d'oignon ; couvrez-la d'un vase, en mettant un linge entre-deux, afin que l'air ne puisse y pénétrer ; laissez-la ainsi pendant huit jours, au bout desquels vous la retournerez et recouvrirez avec le même soin, et laissez-la encore trois ou quatre jours ; alors retirez-la et faites-la égoutter. Mettez dans une marmite de l'eau assaisonnée de carottes, oignons et d'un gros bouquet ; faites-la partir ; et, lorsque votre eau sera au grand bouillon, mettez-y la pièce de bœuf, après l'avoir enveloppée d'un linge blanc que vous ficellerez. Faites-la cuire ainsi pendant quatre heures sans interruption ; mettez-la sur un grand plat de relevé avec un bon jus de bœuf réduit et du raifort râpé pour garniture.

Filet de bœuf Rossini.

Prenez le cœur (milieu) du filet de bœuf, découpez-le en escalopes minces et carrées, ayant à peu près la dimension de la moitié d'une carte à jouer ; poivrez, salez, mettez sur le gril ou bien à la poêle, faites cuire comme s'il s'agissait de préparer des biftecks. D'autre part, préparez un petit roux mouillé avec du jus de viande et du vin de Madère ; mettez-y des épluchures de truffes ; quand la sauce est cuite, passez-la ; remettez-la sur le feu, avec 500 grammes de champignons sautés au beurre, poivre, sel, un peu de jus de citron, 500 grammes de truffes crues (sans les avoir fait revenir), et faites cuire pendant une demi-heure. Prenez une terrine contenant un foie gras entier ; coupez le foie par tranches pareilles aux tranches de bœuf, et faites-les chauffer au bain-marie pendant un quart d'heure, vingt minutes au plus. Dressez les tranches en couronne sur un plat, en mettant alternativement une tranche de bœuf, une tranche de foie gras ; mettez la sauce au milieu, avec les champignons et les truffes disposés en dôme.

Bœuf à la mode.

Préparez des morceaux de lard découpés en lardons ; mettez-les pendant deux heures dans un bol avec sel et poivre, persil haché, et, si vous voulez, un peu d'échalotes hachées. Vous avez préparé un morceau de culotte de bœuf; piquez-la avec les lardons, mettez-la dans une terrine, en couvrant la viande avec du vin blanc ; laissez tremper pendant trois heures environ en retournant le morceau deux ou trois fois. Mettez au fond d'une casserole à braiser une couenne de lard ; posez le bœuf sur la couenne ; ajoutez des oignons, des carottes coupées par tranches, persil, sel, poivre, ail, et quelques verres de bouillon ; faites bouillir sur un feu vif ; après trois quarts d'heure, modérez le feu ; retournez le bœuf ; couvrez la casserole avec un papier beurré, puis avec le four de campagne garni d'un feu modéré, laissez cuire à petit feu pendant six à sept heures consécutives ; une demi-heure avant de servir, mettez dans la casserole un demi-verre de la marinade dans laquelle on a mis le bœuf ; servez très chaud, avec les légumes disposés en cordon ; faites un peu réduire le jus, dégraissez-le, versez-le sur le plat contenant le bœuf.

 

[Réf. des illustrations : http://www.mediatheque-lisieux.fr/fond-local-et-patrimonial/nos-curiosites/1061-les-belles-flamandes ; http://www.mediatheque-lisieux.fr/fond-local-et-patrimonial/nos-curiosites/747-image-du-jour-5 ]

vendredi 24 avril 2015

Musique du mois de la chasse aux oeufs

Photo de vagawi, Listen to the music / Flickr


Les 3 fromages "Et à la fin" Album Matures & découvertes // The Avener "Panama" Album The Wanderings of The Avener // Gravenhurst "The prize" Album The ghost in the daylight // M. Pokora "Mieux que nous" Album R.E.D // Liz Green "Island song" Album Haul away! // Slaï "Je t'emmène au loin" Album Double six // Stile Antico-William Byrd "mass for 5 voices, agnus dei" Album The phoenix rising // El Juntacadaveres "lluvia"Album De platino



Bonne écoute à tous, nos CD sont disponibles dans les bacs de la Médiathèque

jeudi 23 avril 2015

Atelier d'écriture du 13 décembre 2014

Première partie :
Thème sensoriel : l’olfactif
Une boîte circule. On la sent, les yeux fermés.
3 ou 4 mots sur ce qu’on a senti - ou pas senti.
Inodore ? Quasiment. Discrète senteur de paillette, savonneuse, culinaire ?
A partir de ces impressions, écrire un texte sur un souvenir que cela déclencha, ou, de façon imaginaire, que nous vient-il à partir de ce déclencheur.
On peut utiliser les mots des autres lors de la description initiale.
Durée : 35 min

L’art du remplissage … des boîtes vides
La boîte circule. Une boîte ronde comme la table ronde autour de laquelle nous sommes ce matin réunis. Une boîte invisible, mystérieuse, et inodore à mes narines obstruées, passe de mains en mains. Par derrière les baies vitrées de la médiathèque, il pleut sur Lisieux. Il a plu toute la semaine d’ailleurs. L’air est imbibé d’humidité jusqu’à la moelle de son essence normande. Les poumons protestent, les bronches ronflent et les narines s’embouteillent. Au dehors, le marché bat son plein, les sonorités nasillardes de Noël se déclinent à toutes les sauces, françaises ou anglo-saxonnes, entrecoupées de messages publicitaires : « Profitez de notre offre promotionnelle unique », « Pour les fêtes, faites-vous plaisir », «  Aujourd’hui, exceptionnellement, le chapon à neuf euros quatre-vingt-dix-neuf le kilo, joyeux Noël à tous ». Malheureusement, le thème d’aujourd’hui, à l’atelier d’écriture, n’est pas celui de l’ouie. Des sonorités profondes, utérines et rythmiques, remontent des étages du bâtiment. Basse, djumbé et percussions, sont à l’œuvre au sous-sol, mais non, concentrons-nous, le thème du jour est l’olfaction, pas l’audition. Revenons à nos odeurs, supposées ou inventées, et décryptons ce qui peut l’être ; pour le reste, inventons. Les gouttes de pluie, lourdes et larges, s’écrasent sur les toiles colorées des stands de légumes qui ont l’avantage, eux, d’avoir une odeur reconnaissable, même les yeux fermés. Rondeur chaude et crémeuse du potiron. Amertume précoce du chou vert. Suavité fibreuse du navet. Parfum estival de la courgette. Senteurs automnales des châtaignes. Flagrance anisée du céleri. Rien de tout cela dans la mystérieuse boîte qui circule. Une boîte de métal, c’est sûr, froideur au bout des doigts, préservée après le passage circulaire dans toutes ces paires des mains. Une boîte rouillée, oxydée, en voilà une odeur reconnaissable, qui masque, presque totalement à mes narines en perdition, celle de son contenu, objet du jour. L’arôme subtil de la masse poudreuse, pailletée, brune, légère, sèche, bruyante, savonneuse, alimentaire, n’évoque en moi que des images confuses. Mon esprit tourne en rond et rêve alors d’un échappatoire : une tasse de thé bien chaude, bouillante même, dans le creux des mains. Un thé vanillé, au sucre de canne caramélisé. Ce pourrait être … une image subliminale ?
Deuxième partie :
Exposition de tableaux naïfs et de masques à la médiathèque :
Deux possibilités :
- Entrer dans le tableau, écrire de l’intérieur du tableau : être un personnage du tableau et on se promène dans cet univers.
- Dialoguer, inventer un dialogue avec un personnage d’un tableau, ou avec un visiteur lambda, ou entre deux personnages de deux tableaux qui discutent entre eux.
Durée : 20 minutes
Mascarade
Masque 1 :
Boucles d’oreilles en anneau, nez violet, bouche violette, gros yeux ronds inexpressifs.
- Qu’est-ce que vous faites ici ?
Masque 2 :
Long nez courbé, bouche lippue, yeux verts en amande, menton prononcé.
- La même chose que vous.
Masque 1 :
- C'est-à-dire ?
Masque 2 :
- J’attends. J’attends depuis des jours le bon vouloir des passants. L’œil avisé des spectateurs. L’admiration de l’amateur éclairé. La reconnaissance de l’esthète.
Masque 1 :
- Ah bon, monsieur avec sa tronche de traviole et sa bouche pendante de pervers exotique espère séduire les esthètes ? Attirer les amoureux des arts primitifs ? Inspirer les critiques d’art ? Laissez-moi rire !
Masque 2 :
- Non mais ça va bien, vous, espèce de folledingue ! Regardez-là donc cette hystérique, cramponnée à son grillage noir, avec ses yeux vides et troués, cette face de bois aplatie, ce rouge à lèvres violet - une horreur - ! Et ça se prend pour une œuvre d’art, peut-être ?
Masque 1 :
- Je n’ai pas cette prétention, moi, môssieur. Je suis là comme témoin, témoin muet de l’artisanat africain revisité par des mains innocentes. Je guette le sourire d’un enfant. J’espère le rire, la surprise et la joie d’un autre. Je témoigne d’un voyage imaginaire, dans des contrées lointaines et …
Masque 2 :
- Artisanat, ça oui ! On voit bien que, contrairement à moi, vous n’avez pas été façonnée par des mains de maître ! Un vulgaire ouvrage de débutant ! Cette figure grossière, ces couleurs choquantes, ce matériau bon marché … pas besoin d’être critique d’art pour sentir à deux kilomètres vos origines locales.
Masque 1 :
- Oh ça suffit ! Vous et votre prétention ! Vous vous croyez quoi ? Un masque burkinabais Senoufo traditionnel du dix-septième siècle ? Un authentique masque Massa camerounais de cérémonie sacrificielle ? Un objet sénégalais sacré réservé à l’initiation des jeunes filles ?
Masque 2 :
- Ben… oui, évidemment. Cela se voit, non, d’ailleurs ? C’est écrit sur ma figure, même, oserais-je dire ! Mes origines sont anciennes, si anciennes qu’elles se perdent dans la nuit des temps.
Masque 1 :
- Et cette étiquette, là, sur votre dos ? Laissez-moi voir. « Made in Taiwan ». Vous vous moquez du monde ! Ni art, ni artisanat ! Objet industriel ! Sale objet industriel qui se la joue pièce d’art unique !
Masque 2 :
- Quoi ? Mais non, non ! Ce n’est pas possible, il doit y avoir erreur !
Masque 1 :
- Gardien ! Gaaaardien !
Masque 2 :
- Mais puisque je vous dis qu’il y a forcément erreur ! Je suis un au-then-ti-que masque Bété ivoirien, issu d’une prestigieuse collection muséale ….
Masque 1 :
- Gardien ! Ah, vous voilà enfin. Fichez-moi cet imposteur dehors !
Masque 2 :
- … acheté à prix d’or par la ville de Lisieux. Pièce maîtresse de l’exposition d’aujourd’hui… une valeur inestimable….
Masque 1 et le gardien, en chœur :
- Ouste, du balai ! A la porte !
Masque 1 :
- Et maintenant, j’attends la visite des enfants.
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I
Atelier d’écriture avec Annie 13/12/2014
Le thé.
Des sachets qui, parfois, donnent un gout de papier au breuvage. Du thé qui fait bruler l’estomac. Vraiment, c’est nul, le thé.
Et puis l’Angleterre. On ébouillante la théière. On met une cuillerée de plus, là encore pour la théière. C’est chaud. C’est bon. Finalement, c’est une boisson acceptable.
Et puis le petit magasin de la rue de la Convention qui annonce « 100 sortes de thés différents ». Et là ça devient la frénésie. En plus on achète les boites à thé anglaises, kitchs à souhait. Et on teste un maximum de saveurs. On apprend à doser. On a des boules à thé de contenance et de forme différentes, des tasses qui vont bien. On devient snob.
Et puis le désert. L’eau qui bout sur le feu de bois. Le thé noir qui macère pendant des heures avec la cardamome et le sucre. Un vrai sirop mais tellement désaltérant. Les bédouins qui lèvent le bras bien haut pour faire couler le breuvage doré dans la tasse sans qu’aucune goutte ne tombe à côté. Un retour vers les choses vraies.
Et puis la communauté religieuse qui a fait vœu de pauvreté et où personne n’aime le thé. Trois malheureux petits sachets dans 15 l d’eau qui n’ira même pas jusqu’à ébullition. Petits-déjeuners insipides. Découverte de l’ascèse.
Et puis les noëls avec la belle boite de thé de luxe, nature ou aromatisé. La promesse de moments merveilleux seule ou accompagnée. Certitude d’instants chaleureux et reposants.
Et puis ce thé que nous n’avons jamais pris ensemble. Rendez-vous lancés avec persévérance non aboutis pour raisons diverses. Papo’thé nous attend toujours. Plaisir de l’espérance.
Un petit regard en arrière et on se rend compte que le thé est le compagnon le plus fidèle de notre vie.
L
Le placard était profond, les portes à glissière très hautes- du sol au plafond- risquaient de se décrocher- il fallait les faire glisser en douceur- disait mémé. Parfois, je passais de l'autre côté, un espace de vingt centimètres me permettait de refermer les portes et d'être enfermée. Les bruits m'arrivaient étouffés, peu de lumière, les torchons étaient mélangés aux serviettes, le tout rangé au millimètre près. Les denrées alimentaires étaient bien disposées comme dans une épicerie. Mon étagère préférée et juste au niveau de mon nez était celle des boites carrées, rectangles, jaune Bon Banania, à fleur pour les tisanes, usées avec des dessins du passé pour les gâteaux secs, rondes pour la poudre de chocolat. Celle-ci était bien fermée. Je me souvins du jour où mes petits doigts ont insisté doucement, méticuleusement, demi millimètre par demimillimètre, le couvercle s'est décoincé mais la boite m'a échappée et dans l'espace clos du placard de mémé, la poudre de chocolat s'est envolée, c'était amer, pas sucré, j'ai éternué, une fois, deux fois, en fermant les yeux. quand j'ai regardé la poudre s'était volatilisée mais sur le sol, un lapin brun avec des yeux dorés, des moustaches qui frétillaient m'a dit: "Je suis en retard, je suis en retard". Il m'a fait un clin d'oeil, m'a fait signe de la patte et vous me croirez si vous voulez, c'est là que mon aventure a commencé.
G
J'allais lui rendre visite à mes heures perdues, entre deux cours assommants à la Sorbonne. Il fallait la gagner, par l'escalier de service, cette minuscule carrée sous les toits du Ve arrondissement. Ce qui frappait le plus en y entrant, plus que le fouillis organisé, la cuisine à même la chambre et la penderie un peu partout, c'était l'odeur, sèche, rance et douceâtre, des vieilles boîtes de thé empilées au sommet de l'unique étagère. Elle tenait quelque peu du miracle, dans un espace où chaque centimètre carré était un trésor, cette collection insolite et désuète destinée, peut-être, à accueillir les hôtes de passage ? En tout cas, de tous les après-midis mornes et pluvieux où je montai dans son perchoir, pas une fois elle ne m'y offrit un thé, issu de ses boîtes en ferraille périmée. De mon côté, j'apportai un jour des fleurs, un autre du chocolat et même, offense suprême, je finis par lui offrir du thé, acheté dans une grande maison parisienne au prix de mes maigres économies. Chaque fois, mes présents odorants étaient poliment acceptés, mais je sentais nettement qu'ils étaient quelque peu malvenus. Comme s'ils troublaient l'harmonie du lieu, générée en quelque sorte, en tout cas jalousement gardée, par cette senteur persistante de fer blanc, de cacao hors d'âge, de fleurs séchées.
Le temps a filé, c'était il y a longtemps déjà. J'ai fini par prendre mes aises dans ses quartiers, et avec moi mes odeurs, et nos respirations accrochées sur les vitres au long des matinées traînardes, d'après-midis de cours séchés, relents de la sueur de nos ébats. L'odeur fanée du commencement, vexée, n'est jamais revenue. Et j'ai compris que c'était elle qui m'avait plu, m'avait charmé ; j'ai réalisé que sans cette fragrance écœurante et austère, ni la chambre, ni son occupante ne conservaient son magnétisme sur moi. Peut-être aussi que j'ai grandi, que j'ai mûri, et que cet amour est devenu obsolète, ainsi qu'ils sont, dit-on, tous destinés à devenir. Mes sentiments ont pris la tournure grise et périmée de cette odeur qui m'avait accroché et que, bien malgré moi, je cherche encore au détour des rues et dans les cheveux des inconnues.
Amis, si vous m'offrez l'hospitalité, ayez pitié de moi, ne laissez pas traîner sur l'étagère les boîtes de thé parfumé, rances et douceâtres, de votre jeunesse.
M


Boite à livres, déjà 5 mois

Contre toute attente, les boites à livres d'Hauteville sont toujours en place.
Décembre- Janvier-Février- Mars- Avril
Même si la première boite a perdu sa porte début mars, la boite est toujours là. Claude G le menuisier, habitant et citoyen acteur, a acheté des charnières, remis la porte une première fois. Mais, une semaine après la porte était arrachée. Le message est compris, il n'y aura pas de porte à la boite à livres du 1er Centre. Elle est réapprovisionnée par nos soins. Mais celle de la place Mozart vit toute seule, les habitants jouent le jeu.
Il y a eu un lundi matin avec les livres en bataille dans la rue. Mais, les livres ont été remis sur les étagères... par des passants...

Il existe une autre boite à livres au Centre Socioculturel CAF. Celle-ci n'est pas ouverte 7/7 mais elle vit aussi très bien sa vie.
Pas de construction en vue de boites à livres sur les autres quartiers.
Où-sont passés les menuisiers??
Merci à Karen pour la photographie.



Atelier d'écriture du 7 mars 2015





I - AIKUS :
                Paysage : l’immensité nue
                                   de l’océan inconnu
                                   m’avait retenue.

                Animal : les yeux pétillants
                                du chien pas du tout méchant
                                semblaient consolants.

                Couleur : l’émotion bleue
                                  d’un grand amour douloureux
                                  tua mon neveu.

II - Texte dont tous les mots commencent par E ou G :
Etant grande, j’écoute gravement l’envolée grandiloquente de l’élégante geek. Généralement ennuyeuse, elle nous gave également de généralités énervantes. Mais Evelyne entre et évalue génialement l’énervement général. Gérant épatamment l’évolution de l’entretien, elle nous évacue élégamment vers la gare, exauçant effectivement l’envie générale d’échappées galopantes vers l’évasion. Epatée par l’excellente gestion d’Evelyne, j’exprime encore et encore l’émotion excitante qui m’emporte et la gâte d’un grand éclair gouleyant.

III – Présentation
Mon jardin est secret
Gardé par des murs de galets
Seuls les amis y ont accès
Dans un mutuel respect.

IV – Couleurs et voyelles
Gudule écarquille ses yeux pers devant les étals : salade verte, poivrons rouges, non jaunes, non verts. Raisin noir. Carottes orange. Pommes multicolores. Meubles bruns. Camions blancs. Bitume gris. Bâches bleues.
Palette : a = vert ; e = rouge ; i = jaune ; o = bleu ; u = blanc ; y = noir
Gudule écarquille ses yeux pers devant les étals : salades argentées, poivrons épanouis, non irisés, non attachants. Raisin yiddish. Carottes éclatées. Pommes multicolores. Meubles bruns. Camion utopique. Bitume yéyé. Bâches origami. 
L
On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans.
On rêve et on veut tout savoir, tout avoir.
On court, on croit changer le monde en s'évadant.
Sans cesse, on parcourt les routes pour tout voir.
Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin
La moto file dans l'air sentant la douce odeur du foin
Dans la vitesse folle, on colle sa joue sur le dos du voisin
On ne pense qu'à aller loin, loin, toujours plus loin.
Nuit de juin! Dix-sept ans!... On se laisse griser.
On se rapproche de plus en plus du motard.
De lumières et d'odeurs, on est vraiment inondé.
Puis l'engin ralentit et s'arrête, il est déjà bien tard.
Vous êtes amoureux, loué jusqu'au mois d'août!
Vous êtes amoureuse et tombez dans ses bras.
Vous fermez les yeux et succombez sous ses baisers.
Vous jouez avec le feu, vous voilà dans ses bras!
EDS

Ronronnant et doux
Tu dors sur mes genoux
Et tu me rassures.
Oh! Petite fleur
Si jolie et si fragile
Fleur de la pensée.
Comme le ciel joyeux
J'aime la douceur de tes yeux
J'aime tes grands yeux bleus.
Ma maison du départ,
Car on tombe et toujours on repart.
Ma maison colorée et douce
Me protège comme un nid de mousse.
Maison, douceur du foyer!
Retrouvons nous dans l'amitié,
Et savourons des repas partagés,
Tous assis devant la cheminée.
EDS

Mon pays, mon village, ma maison, mon jardin
Ma maison, bâtie au bord de l'eau
Accueillante et joyeuse, sourit
Aux visiteurs qui viennent chercher
Un peu de paix, de joie.

Mon jardin envahi d'herbes folles
Invite chaque passant
A rêver un instant
Qu'il est un est un petit troll

Jaune, il
Emerveille le jour
Annonçant la venue
Nécessaire et heureuse
Infinie dans le temps de
Notre galaxie
Eclatante de lumière.

Jaunes, vertes, rouges
l'enfant rit et s'exclame
devant les éclats de lumière
du feu d'artifice
"Tiens...une bleue!"

On s'amuse, on ne pense qu'à rire
On papillone, sans jamais se fixer
Sur le choix d'une activité
On n'est pas sérieux quand on a dix sept ans
Et si l'on recherche trop souvent
Les plaisirs grisants du moment
On finit par ne plus s'en amuser
Un beau soir, foin des bocks et de la limonade
Des rencontres éphémères et qui n'apportent rien
Lassé des artifices d'une vie sans but
Des cafés tapageurs aux lustres éclatants
On cherche un peu de calme
On laisse à d'autres toute cette agitation
Qui ne mène à rien, qui ne construit rien
On va sous les tilleuls verts de la promenade.
M


Atelier d’écriture du 21 février 2015




Le petit ruisseau nait au milieu des prairies verdoyantes qui s'étendent, à perte de vue. L'eau saute par-dessus les pierres. Tout est frais, tout est gai. Les jonquilles se penchent pour saluer le nouveau-né. Les oiseaux l'accompagnent de leur chant mélodieux. La lumière du printemps inonde ce spectacle. C'est la joie, c'est le jeu débordant de gouttelettes sautillantes.
C'est l'insouciance, c'est la vitalité débordante qui éclabousse tous les proches!
Voici un autre ruisseau qui le rencontre et, sans se parler, tous les deux fusionnent pour ne faire qu'un et continuer à jouer ensemble. Les voilà plus forts, plus importants et leur propre courant les emporte encore plus loin. Ils poursuivent leurs jeux et se laissent entraîner,  toujours plus loin, plus vite. Ils rencontrent encore beaucoup de camarades avec lesquels ils se regroupent pour continuer leur chemin. Ils avancent toujours ensemble, deviennent plus forts et se développent.
Maintenant, ils ont bien grandi. Leur rythme fougueux a laissé la place à une force, une plénitude, une joie mêlée de maturité. Tous ont rassemblé leur légèreté, leur énergie pour devenir ce fleuve majestueux qui s'étale dans la prairie.
Puis un jour, tout ralentit, leur force diminue et leur musique s'arrête.
E
Proverbe chinois "Bonheur domestique et amis loyaux"
Bonheur domestique et amis loyaux
Quoi de plus doux et de plus beau!
La destinée me donne ces joyaux
Plus grands que des bonheurs royaux.
Me voici comblé par ces uniques cadeaux
Qu'avec ma famille et mes amis loyaux
Je partage en mangeant le gâteau.
Ce gâteau au goût d'amitié et de cadeau
Et nous voguons  dans le même bateau
Sur le fleuve semé d'embûches, d'envies
De surprises, de joies et de tourments  de la vie.
ED

Lion, loin...c'est très loin.
Et je vais recevoir des nouvelles venant de très loin. Alors...est-ce qu'elles vont arriver? Parce que loin ...ça peut-être vraiment très, très loin! Loin dans le temps? ...loin dans l'espace de petits hommes verts? Ou alors de mon arrière grand-père.

Calme... Douceur...léger clapotis de l'eau sur les cailloux. Le soleil joue entre les herbes et fait éclater des éclairs de lumières qui illuminent jusqu'au fond du ruisseau. Les poissons brusquement réveillés se faufilent sous les pierres, cherchant un peu d'ombre. Une brume légère flotte ici ou là annonçant la chaleur d'une calme journée d'été. Des nuées de moucherons jouent et tournoient sous les arbres dont les branches effleurent parfois la surface de l'eau. Calm...Douceur...je contemple et je suis en paix.
M

Atelier d'écriture du 24 janvier 2015




Jeu avec mots au tableau

Du plus profond de mon être, l’imaginaire guide ma plume. C’est avec plaisir que j’évoque l’amitié, la diversité pour mettre en lumière toutes formes de liberté. J’y ajoute la couleur sépia, et me rappelle avec sympathie, le souvenir d’un vélo foulant le goudron. Mais dans cette arborescence, je ne sais où placer le clown et l’évanescence.
 
Sens : la vue (affiche du festival Mythos : chaise décorée de mots sur fond jaune)

L’attente va enfin se terminer
La souffrance va enfin s’arrêter
Dans quelques minutes, on viendra me chercher
Une dernière fois, je pourrais m’exprimer
J’évoquerai mes regrets
Mais personne ne sera satisfait
Les mines seront tirées
Certains n’oseront pas regarder

Le moment est arrivé
Sur chaque accoudoir, on serre mes poignets
A leur tour, mes chevilles sont arrimées
Ma tête reste baissée
Personne ne pourra s’y opposer
Même si mes larmes se mettent à couler
Mon cœur frémit sous la charge d’électricité
Le public reste muet

Je n’étais sûrement pas le dernier
Mais j’ose espérer
Que les sociétés vont évoluer
Ne plus jamais se laisser guider
Par l’envie de se venger
Prendre le temps d’écouter
Au risque de rester enfermé
Dans cette violence à tout jamais.
B

                                             Odorat.  
                         Un seul sens vous manque … et tout est dépeuplé. Cette odeur douceâtre ne m’inspire vraiment pas.Vanille Manille.J’ai récemment fait rire un de mes neveux ayant cru entendre que la capitale des Philippines c’était …Vanille. Encore un jour de pilotage automatique, ou mon cerveau embrumé avait du mal à fonctionner.
Dans la grisaille glacée et hostile de ces derniers jours penser à la vanille me fait rêver.J’imagine des cocotiers, des frangipaniers , des vahinés.Tous les ingrédients du farniente, du bien être seraient réunis. Je laisserais mes mains se remplir de sable chaud dans un rituel extatique bien connu de Sisyphe qui me dirait »T’as tout compris »Car depuis la fin de l’été et mon expérience de naïade allongée sur le sable une question existentielle me taraude les sens et me fait dire :Faut il mettre de la vanille dans les confitures ?

                                           Toucher.
                           Alanguie sur le sable, les bras en croix, non je ne souffre pas ma passion. Bien au contraire. Dans un mouvement lent d’ouverture et de fermeture des mains, je sens le sable fin et chaud, compact dans mes paumes, glisser le long de mes doigts.Doucement, tranquillement. Je pourrai effectuer ce geste des heures entières.C’est mon activité préférée sur la plage, rituel confinant au trouble obsessionnel compulsif. Mon cerveau se déconnecte de la réalité, me procurant un bien être total.J e ressemble à une étoile de mer décérébrée.
Je pense à Sisyphe, toujours seul avec son rocher. Et si lui aussi, dans son éternelle escalade, avec son caillou retombant inexorablement, y prenait du plaisir ?

                                            Vue.                               Mots :Plaisir.évanescence.Goudron.sépia.être.lumière.liberté.vélo.clown.sympathie.diversité arborescence.plume.amitié.imaginaire.
  
Dans la diversité des plaisirs il y a le vélo. J’ai l’air d’un clown mais c’est la liberté sur le goudron. Légère comme une plume, je ressens l’évanescence du plaisir imaginaire. Pas d’arborescence. La lumière sépia remplit mon être de sympathie et d’amitié.


                                         Suite.
                             Au festival des arts de la parole, il y avait un fauteuil vide. L’affiche surannée, de couleur sépia semblait annoncer un être de lumière. Et là il apparut, chevauchant son vélo, l’air d’un clown. Dès qu’il parlait, on ressentait toute de suite de la sympathie voir de l’amitié à son égard. La diversité de ses paroles logorrhéiques, émises en toute liberté me fascinait. Il donnait l’impression que l’évanescence de l’existence  n’avait pas de secret pour lui. Dans une arborescence de sentiments il me transportait.
L’homme de théâtre, hésitant, interrogatif, semble englué sur une scène pleine de goudron. Il lui colle aux pieds, l’empêchant d’avancer et son esprit, léger comme une plume s’égare.
« Avez-vous vu ce fauteuil vide, nous dirait il de sa voix de fausset bien particulière. Freud est peut- être là, tapi dans les replis du rideau de scène. Entendez- vous les trois coups, le spectacle va commencer. » Et il s’assiérait dans le fauteuil, l’air absent et brusquement rebondirait tel un petit jouet mécanique. Puis d’un seul coup il redeviendrait silencieux, presque ombrageux.
« Avez-vous vu le titre de l’affiche ? Mythos. Oui le mythe est là, la mythologie aussi avec sa cohorte de vilénies et de mensonges, mais aussi son esthétisme flamboyant  confrontant l’homme à sa fatale destinée. Mythomanie vous avez dit ? Alors il se lèverait pour céder sa place au bon docteur Freud, éminent spécialiste de l’inconscient tourmenté." Je vous en prie cher ami, " lui dirait il de ce ton respectueux et un peu précieux. Son œil pétillant, faussement naïf et un peu moqueur nous laisserait dans l’attente de la prochaine joute oratoire.
Voilà ce qu’aurait dit mon acteur préféré si on l’avait invité au festival des arts de la parole.
AM

Je suis la Mer
Où se dessinent des moutons d écumes
Expurgeant des embruns amers
Qu’ ils exhument sur des rochers posthumes
Où j’ hume dans la brume
Le parfum de l’iode
Dans des grands espaces
Où l’eau étale s’étale
Comme un manteau calme bleu azur
Où un raz de marée est une imposture
Elle, qui faisait danser des voiles
Sur son ventre surfent des étoiles
A la tombée de mes nuits
Où j’écris sur des manuscrits
Des naufrages de marins endormis
En des profondeurs abyssales
Où leur fin est théâtrale leur vie se perd en un dédale
De végétal que des raies enrobent
De leurs immenses robes
M

Jamais elle n'aurait dû partir. Pas si tard en tout cas. Pas sans prévenir, sans dire où elle allait. Pas dans cette direction. Et surtout pas dans cette forêt.
Maintenant elle ne pourrait plus faire marche arrière. La nuit tombait maintenant, inquiétante et pleine de mystère. Les ombres de la forêt, frémissantes, se faisaient de plus en plus menaçantes. Elle aurait voulu fuir, maintenant. Elle pressa son pas, se mit à courir.
Des gémissements plaintifs la firent frissonner. Des êtres informes semblaient se rapprocher en rampant. Elle retint un hurlement et accéléra sa course.
Les branchages lui fouettaient le visage, lui griffaient les jambes. Sa chevelure qu'elle avait épaisse et frisée se prenait dans les ronces, la forçant à ralentir parfois.
Mais son épouvante grandissante la galvanisait, et elle continua à fuir en laissant couler ses larmes de peur et les gouttelettes de sang que les épines avaient fait naître sur ses joues.
Les chuchotements de la forêt se faisaient de plus en plus proches, de plus en plus pressants. Ce cauchemar ne prendrait-il donc jamais fin ? Serait-elle obligée de courir éternellement dans cette nature hostile qui voulait la détruire ?
Des grognements sinistres résonnèrent alors, réguliers, se rapprochant inexorablement.
C'est à ce moment-là qu'elle entrevit à travers les branches et les feuilles une vague lumière.
Instinctivement, elle prit sa direction. Était-ce une issue, une présence humaine ? Un feu ?
Les grognements se faisaient de plus en plus proches, de plus en plus forts. Cela se dirigeait sur elle. Cela allait l'attraper.
Elle se précipita vers la lumière. Une maison ! Une petite habitation, perdue au milieu de cet endroit sinistre !
Elle frappa à la porte de bois rustique. Pas de réponse. Que faire ?
Il fallait échapper à la chose, aux monstres qui grognaient puissamment dehors et qui allaient l'anéantir de la pire des manières. Elle entra doucement et referma vite la porte derrière elle.
La pièce était chaude, accueillante et vide. Un bon feu brûlait dans la cheminée. Les habitants n'étaient sans doute pas loin. Elle les attendrait et leur expliquerait qu'elle s'était perdue. Ils pourraient l'abriter puis la ramener chez elle. Elle était sauvée.
Des chaises étaient disposées autour de l'âtre. Très différentes les unes des autres.
Elle s'assit sur la première pour se réchauffer et se sécher à la flambée. Mais elle n'était pas aussi confortable qu'elle se l'était imaginée. Elle était beaucoup trop grande, beaucoup trop dure. Elle décida de changer de place. Mais la deuxième chaise était couverte de vieux coussins avachis. C'était trop mou et elle s'enfonçait désagréablement. Elle allait essayer la dernière chaise quand la porte s'ouvrit avec fracas. Enfin ! Elle se retourna en souriant mais ses yeux s'agrandirent d'épouvante.
Un énorme grizzli à la marche pesante s'avançait en se dandinant lourdement dans la pièce, suivi par sa femelle et son petit. Trois énormes ours bruns massifs et furieux de sa présence. Les griffes du monstre s'abattirent sur la fillette.
Non, vraiment, Boucle d'Or n'aurait jamais dû venir dans cette forêt.
D

Des journaux entreposés déboulent des étagères. Un son strident de ventilateur casse le silence d'un bureau dont la porte entrouverte donne sur un terrain vague. Nevada est-tu là? Empilés et vieillis des découpages de toute sorte jonchent le sol immaculé de différents caractères et d'images en papier. Un débarras en somme dans lequel un homme assis sur un fauteuil tapissé de coupures de journaux lisait au quotidien des dépêches, des courriers. Les papiers jaunis, l'odeur de poussière caractérisent cet espace confiné et rappelle que le temps s'achemine vers l'inexorable, mort en dedans et mort à l'extérieur, que ces contrées perdues en mal de progrès restent en dehors de toute civilisation. Mr. Herr, l'ancien occupant, aurait voulu ennoblir ce bureau en y apportant sa touche personnelle. c'est en badigeonnant de colle à papier qu'il confectionne ce fauteuil, pièce unique revisitée par un art digne du camouflage. Mr. Herr coupait et collait des typographies divereses, fidèle à sa conception névrotique que tout pouvait se recycler 
E