mardi 2 juillet 2019

Lectures des textes des Ateliers d'écriture 2018/2019

Les Ateliers d'écriture, animées par Bérénice Marie, se sont terminés le 29 juin par une lecture. Grand moment chaleureux dans la fraicheur de l'auditorium et plein d'émotions. Ci-dessous les textes lus choisis ensemble le mois précédent, et quelques photographies des lecteurs et lectrices. Les absents ont été remplacés ...



 

France


Ecrire, pour moi, c'est.... poser des mots sur la neige et la regarder fondre. Ecouter ce qui germait dessous, comme ces bulbes qu'on enfouit à l'automne. Se laisser doucement renaître dans la contemplation des fleurs, toujours nouvelles, toujours uniques en leur façon d'être au monde. Ecrire, c'est aller à la rencontre du vivant qui sommeille.

Pascale B.


Linda

Humidité, grisaille…
Chez moi, en bas,  tout en bas,  c' est soleil, tramontane, ciel bleu  et le petit café  du samedi sous les platanes.
Allez, j'arrête !! 

Le sud, chez moi





Douceur

Hélène

 Rencontres
Souriante
tu souris
ma petite souris
sans le sou
une bonne soupe
ça soulage
tu t'assoupis

Sourire ou mourir
Dans la froidure
Désinvolture
car c'est trop dur
mets ton armure

Rire aux larmes
ou bien prendre les armes

Rêver de délire
pour ne plus souffrir

Rêver de chanter d'aimer
d'être aimé d'être regardé
d'être soulagé

Rêver et partir dans les nuées
dans de douces fumées
d'un sourire évaporé


Evelyne

Une belle rencontre

L'an dernier, des amis m'ont invité à une soirée barbecue. Ce soir- là, j'ai rencontré une personne qui m'a beaucoup marquée.
Elle s'appelait Célestine. Grande, avec de longs cheveux blonds, de grands yeux bleus énigmatiques et observateurs, elle était belle et attirait les regards. Belle, elle l'était, mais ce n'était pas que sa beauté qui attirait, c'était plus, c'était autre chose, peut être un certain mystère ou simplement sa faculté de communication et de partage... Elle était vêtue simplement avec un Jean, un tee-shirt et des baskets. Elle portait une vieille casquette délavée et élimée.
A la soirée, j'ai vu cette personne que je ne connaissais pas. Elle observait, cherchait le contact avec les gens qu'elle rencontrait. Je me suis mise à discuter avec elle. Quand elle m'a dit qu'elle dormait chez l'habitant, je l'ai invitée à dormir chez moi.
Arrivée à la maison, elle a rangé ses affaires dans la chambre. Puis, nous avons parlé. J'ai appris qu'elle avait un caillou dans sa poche, comme le petit Poucet. Elle était rayonnante et chaleureuse. On se sentait bien près d'elle. Elle expliquait son secret qui était vouloir croire que ce sera mieux demain.
Elle m'a aussi raconté son séjour en Grèce, avec ces maisons blanches sur les collines arides, le soleil généreux. Elle n'en finissait pas de parler, et moi, j'écoutais, médusée. Elle était passionnée par toutes les rencontres qu'elle avait faites. Elle parlait avec fougue de tous ces séjours en Europe. En racontant, elle en avait, parfois, les larmes aux yeux. Ses étapes en Grèce l'avaient beaucoup marquée, car ce pays était si beau. Les habitants y vivaient pauvrement, mais ils étaient tellement prêts à accueillir et à partager. Elle aimait aussi l'aventure de ne pas savoir où elle dormirait le soir.

Cette rencontre m'a bouleversée, m'a changée en ouvrant mon regard sur les gens et sur le monde.

Linda

Mon abri,  il est dans ma tête .
Je m'abrite toute seule. Besoin de rien ni de personne pour ça.
Mais j'aime abriter ceux que j'aime, les garder sous mon aile et me dire que ça durera toujours.
Je suis une abriteuse !
  Oui,  abri est un mot que j'aime...  L'abri,  la brise,  l'abricot,  la bricyclette...  A zut,  là, ça ne marche pas !!! 



 
Sylvie P  

Se soucier du présent pour les jours à venir
Où vivre le présent sans se soucier de l'avenir


C'est ce que l'on a fait jusqu'à présent
Ça dépend de l'âge qu'on a, vous me direz


Les jeunes sont inquiétés sur des sujets
Qui préoccupent... Les politiques


- Démerdez-vous, vous avez fait des études.
Mais, laissez-nous vivre


Têtes d'oeuf !
Un oeuf, ça fait poc !


2 semaines à vivre
3 semaines de galère
Allez, les gilets jaunes, continuez !


- allez, branlez-vous là-dessus les jeunes
Qui veut !


- nous, on s'en branle. En vrai.
Mais ces sujets ça passionne les jeunes vieux.


Mais nous, les politiques,
Entre deux coups, on travaille
Entre deux coups, on s'en fout pleins les fouilles
Et puis, on tire des coups
On a le pouvoir, vous comprenez !
Faire du fric, c'est tout ce qui nous convient
Ça reste entre nous
N'est-ce pas ?


- Mais vous, vous êtes Bien !
La tête à queue






 

Discours


Frédéric


Prononcer un discours

Envie de faire court

Ce besoin de discourir

Alors qu’il suffit de rire



Prononcer un discours

Sans espoir de retour

Les mots voguent à l’âme

Sans espoir de repos de l’âme



Prononcer un discours

Sans espoir de parcours

Aux confins de l’âme



Prononcer un discours

Sans espoir de retour

Sur l’onde du vague à l’âme



Michèle




Discours… ?! sur le discours.



Paroles, paroles, paroles, comme chantait Dalida. Que de paroles, on parle bien trop. Et pourtant, sans paroles, pas de communication même si la parole n’est pas que verbale.

J’avoue changer facilement de chaine lorsque j’entends de ces discours qui disent que tout va bien, que tout est fait pour améliorer la vie des gens alors que beaucoup sont dans de grandes difficultés. Oui, certains discours exaspèrent et l’on a bien du mal à croire en la sincérité de celui qui parle.

Des discours, il y en a de toutes sortes.

Les discours lénifiants, édifiants, plein de bons sentiments, qui endorment ou éveillent la méfiance. Les discours d’encouragement, tel celui que j’ai fait l’autre jour, face à une jeune femme du cours de français, qui me regardait d’un œil narquois : « Ecoute, si je viens ce n’est pas pour moi. Tu travailles pour toi, je viens t’aider à apprendre, mais si cela ne t’intéresse pas, cela te concerne, c’est ton affaire. » C’était court, un peu dur, mais c’était tout de même un discours et l’on a continué de façon plus positive.

Et puis quelquefois on parle pour ne rien dire, pour le plaisir de se faire entendre, au risque de « casser les pieds » de ceux qui nous entendent sans vraiment écouter.

Mais il est vrai qu’un beau discours, bien construit et constructif, cela fait du bien, cela réjouit le cœur.

Mais j’arrête là mon discours, je ne voudrais pas vous lasser. Michèle



Anne-Marie




Chaque discours est unique,

Statique derrière un pupitre,

Engagé au milieu d’une manif,

Intéressé pour profiter des naïfs.

Attendu lorsqu’il est officiel,

Entendu si il est ponctuel,

Critiqué si l’orateur n’est pas aimé,

Encensé lorsqu’on se sent concerné.

Chaque discours est unique,

Mais les plus historiques

Restent ceux dont le public attentif

S’est décidé à être actif.



Texte de Bérénice


 

Hélène ou Michel


A la maison, je suis comme un coq en pates, le coq c’est bon. Mais le coq avec des pâtes, ça ne me convient pas, surtout quand cela n’est pas salé. Par contre j’aime les pates quand elles ne me collent pas au palais. Et mon palais n’aime pas le salé.

Surtout que je n’ai pas oublié d’aimer mon palais. Michel




Costumes

Sylvie

Reprendre là où l'on en était resté
La route est longue, parfois tendre, parfois remplie de péripéties
Périlleuse, une pierre fait trébucher
L'élan
Retrouver quelques moments chers à notre existence
En fabriquer de nouveaux, sincères
Et suivre le fleuve de nos jours
Doux et heureux comme l'air printanier
Fleuri et embaumé de fraîches heures parfumées
L'eau silencieuse suit son cours
La mer vaste et solitaire
Ouvre ses bras, l'accueille généreusement
Des falaises abruptes, elle contemple
Les flots de l'eau, cette danse bleue
Sur des vagues roulées en boucle
Elle tournoie et se noie dans le paysage
Fabuleux de notre chère nature

Dominique

Elle s’était encore fourvoyée, elle avait encore tout faux.
Les chaussures - les magnifiques chaussures brillantes- lui faisaient mal aux pieds, et l’élégance prévue de sa démarche en prenait un coup.
Déjà que sa robe n’était pas terrible… Elle ne l’avait pas choisie, c’était mieux que ce qu’elle portait d’habitude ; mais bon, elle faisait un peu mauvais genre.
En plus, dans la précipitation de ce début de soirée, elle n’avait pas eu le temps de se coiffer et ses mèches en pétard n’amélioraient pas vraiment son aspect.
Il faut dire que ce n’était pas du tout prévu, cette sortie ; elle devait normalement rester à la maison - il restait du repassage, de la vaisselle, que sais-je encore ?-
Ça avait été la surprise quand Madeleine avait fait irruption dans la cuisine, comme par magie, et lui avait déballé la robe, les chaussures et tout le tintouin.
Bon, elle n’aurait jamais du lui dire qu’elle chaussait du 37 alors qu’elle faisait un gros 39… Encore heureux qu’elle n’avait pas triché sur la taille des vêtements ! Manquerait plus que la robe la boudine.
Cerise sur le gâteau, l’endroit où se déroulait la soirée était encore loin et, forcément, le véhicule fourni par Madeleine n’avait pas tenu longtemps. Elle s’était vite retrouvée à pieds. Il faut dire que c’était un sacré bricolage qu’elle avait fait, Madeleine.
Pourtant, ça partait d’un bon sentiment :
-« Je suis ta marraine, qu’elle avait dit, et j’ai un petit talent de fée. Alors si tu veux vraiment y aller, à cette soirée du Prince Charmant, pas de problème : un petit coup de baguette et hop! »
Et hop… Tu parles ! Finalement, j’aurais peut-être été mieux à repasser devant la télé que sur cette route à me tordre les pieds dans cette robe rose en strass !
Et comment voulez-vous que l’autre Charmant me retrouve, avec des chaussures du 37 ? Il ne me croira jamais si je lui dis que c’est moi qui la portais, cette pantoufle de vair !
Ma pauvre Cendrillon, tu es définitivement une cloche !

Dominique

Anne-Marie

 Rosalie fille et modèle du peintre.

Elle pose d’une manière académique comme il sied à l’époque. Elle n’est pas vraiment jolie avec des traits un peu masculins. En revanche sa belle robe bleue met en valeur son teint d’albâtre, son long cou et ses belles épaules dénudées. Sa coiffure sage et peu seyante donne envie de dénouer ses cheveux dégageant sûrement une fragrance lourde et épicée. Tout semble paisible et aucun bruit ne transparaît durant cette longue séance de pose.
C’est un calvaire pense t’elle en son for intérieur.  Elle ne voit rien devant elle hormis cette prairie verte à perte de vue. Sa bouche est sèche, elle n’a rien bu depuis le repas de ce midi. Qu’est-ce qu’elle ne donnerait pas pour un verre de sirop d’orgeat bien frais ! L’odeur nauséabonde des étangs proches lui soulève le cœur et le pépiement des oiseaux l’agace au plus haut point.
A presque vint trois ans elle rêve d’un autre avenir. Non elle n’envisage pas de servir de modèle à son père toute sa vie. Ce dernier, peintre talentueux mais qui n’a pas encore connu la célébrité la couvre d’invectives : Tiens-toi droite oui mais sans raideur, souris mais avec réserve, enfin donnes une âme à ce portrait nom d’un chien.
Franchement, si sa fille ne l’écoute pas plus, c’est sûr ce pastel sera raté.



 

Virginie


L'abri si petit et si grand à la fois


L'abri

l'abricotier.

L'Abricotier qui me donne le fruit,

Le fruit que je vais croquer, un morceau de vie dans cet abri,

Si petit et si grand à la fois !

Si rikiki, mon intérieur, ma tête,

Mes mots, à l'abri, dans ce qui n'est pas dit, pas encore, ce que je n'ose pas.

Et puis si allons s'y ! Sortons de ce abri tout petit !

Les mots sortent de ma bouche

et cela me soulage, en partage.

Et si grand mon abri : mon abri la Terre la Terre entière. Quelle chance !

Elle m'éblouit, elle, cet abri.

Elle me fait respirer un air à plein poumons, un air cramoisi et me met le nez en l'air pour me faire sortir de mon abri intérieur, tout rikiki.

Merci la terre, mon abri.

Et aujourd'hui j'ai l'occasion de partager ces mots de mon abri tout rikiki, ma tête

Avec des amis-i et des amies-e peut-être.

Quelle belle occasion que de partager ce bel abri.

Abri côtier.

J'entends,

J'entends la mer.

Alors je pars.

Je pars, je change d'abri.

Je pars vers d'autres horizons, pour changer d'abri et rencontrer d'autres gens.

Virginie




Nicole

Le loup noir surgit des bois en hurlant au lapin :
- « C’est la fin de ton chemin, ma faim n’a pas de fin ! 
- Comment ça ta faim n’a pas de fin ? C’est absurde ! Toutes les faims ont une fin ! Si tu crois que ta faim est sans fin, c’est que tu n’es pas très fin…
- Moi ? Pas très fin ! Je suis très fin et j’ai d’ailleurs très faim aussi ! Ma faim n’a pas de …
- Oh ! Stop ! Arrête avec ça ! cria le lapin, caché dans des buissons environnants.
Tu ne me trouveras pas ! Pas de chance, c’est la fin de ton dîner ! » Mathieu

jeudi 27 juin 2019

Observatoire de lecture d'albums du 11 juin à Mézidon

Un abonné de la bibliothèque de Mézidon journaliste au Pays d'Auge accueillait au côté d'Hélène la bibliothécaire, les lectrices de Lisieux  à cette observatoire  cf l'article paru dans le Pays d'Auge du vendredi 21 juin.
Ouest France a couvert aussi l'évènement mais une erreur s'est glissée et ce ne sont pas les albums qui donnent le goût de la lecture aux petits mais les BD cf 14 juin

Pas de consigne particulière pour cet observatoire de juin.

Renée nous parle d'un album qu'elle utilise avec ses petits-enfants
"J'attends Mamy" de  Cécile Vangout et Séverine Vidal Edition Alice
Mamy est partie, elle va revenir, c'est sûr: elle me l'a dit … Un livre sur la mort.
Renée n'a pas hésité à déchirer des pages et à refaire quelques bulles à sa façon- "On a nos propres limites" dit-elle.

La conversation glisse sur les livres "ordonnance". Les livres sur l'hôpital, le ramadan, internet et autres problématiques. 
Doit-on trouver le livre qui traite du sujet souhaité? 
Dormir dans un lieu extérieur à sa maison, dans un camping ne traite-t-il des questionnements du petit qui va devoir faire un séjour à l'hôpital? 

Nous proposons de traiter des livres "sécurité sociale" - des livres de commande- des livres sur ordonnance lors du prochain observatoire. 

Renée raconte une histoire d'un chêne en ville qui retourne à la campagne. Elles demandent aux enfants, comment organiser ce voyage. Les enfants utilisent Internet, le GPS pour aider l'arbre. Un débat s'ouvre. Le rêve est tout de même bien présent dans les propositions des enfants. 

Dominique a craqué avec 
"Pas sage?" Alexandre Sanders Ecole des Loisirs. Les enfants s'identifient, ils disent à Dominique "Et les enfants sages? " La structure est répétitive, ça fonctionne. C'est une invitation à participer. La chute est excellente et les petits (4-5 ans) ont vraiment peur du loup. 




Les lectrices ont toutes rencontrées Elmer. Il a été lu - décliné- travaillé en classe etc... Il en a vu de toutes les couleurs. Ghislaine a apporté "Chevalier Ned et les braillards" de David Mc Kee, l'auteur d'Elmer et de Brett son fils chez Kaléidoscope. L'histoire est savoureuse, un chevalier, épée de bois au côté, va dans la forêt profonde débarrasser le royaume des braillards- Un conte bouffon mode british. A servir aux enfants avec espièglerie. 









"Histoire courte d'une goutte d'eau" Béatrice Alemagna Autrement Jeunesse
Un circuit de l'eau poétique qui aborde la mort, la vie en société "L'union fait la force". Un livre grand format- magique- et poétique. Conseil de bibliothécaire: lire aussi "Mon histoire courte de goutte d'eau" de la même auteure.  



Un autre livre présenté de Béatrice Alemagna "Le fabuleux désastre d'Harold Snipperpott"  Ed. Albin Michel. Un anniversaire dans une famille avec le moral en berne. Ponzio l'homme qui résout tout les problèmes équipé de son téléphone portable, sa boites à outils et à clés, sa coiffure afro. L'appartement sera dévasté par toute une ménagerie. Des humains qui apprennent grâce aux animaux à se faire des cadeaux délicieux en baisers et câlins. 


Annie nous a apporté son trésor du mois "Pablo" de Rascal Ecole des Loisirs. Pastel Un œuf avec un œil ? Pablo doit quitter sa coquille. Il va y percer des trous:  un œil, une patte puis deux...et petit à petit sa peur va disparaitre et il va être prêt à aller découvrir le monde. 
Rascal un auteur issu de l'école buissonnière, à lire et relire. Son œuvre est multiple, il aborde les grands questionnements de l'enfant avec finesse.  




Renée évoque une émission de Denis Cheissoux sur la littérature jeunesse qu'elle écoute régulièrement "L'as-tu lu mon p'tit loup" sur France Inter. A écouter en podcast. 


"Ronds ronds" de Betty Bone Editions Courtes et Longues conseillée par les bibliothécaires. C'est un exercice de style autour du rond. L'auteure dédie ce livre à sa fille de 18 ans et pour cette première approche la lecture de la dédicace du début va perturber la compréhension. Nous sommes critiques, mais ce livre mérite d'autres explorations et petit à petit peut-être le trouverons-nous délicieux. 


Gilles a apporté "Au pays de Titus" Claudine Galea illustration Goele Dewanckel Editions Rouergue



Titus rêve et prend son temps "Votre temps n'est pas le mien" L'éloge de la langueur. Un livre présent dans les CMP, à lire en lecture individuelle, en complicité avec l'enfant, un partage d'intimité. Mais aussi un livre à conseiller aux parents. Un très grand format qui sert le propos.

















Hélène présente "Il ne faut vraiment pas habiller les animaux" de Judi Barret et Ron Barret Ecole des Loisirs  Il y avait eu dans les années 1970 "Il ne faut pas habiller les animaux" de l'irrévérencieux Ron Barrett qui en avait marre de voir Donald le canard en costume marin! En 2019, rien à changer il ne faut toujours pas habiller les animaux.






 Autre livre d'Hélène "Plic Ploc Banquise" de Claire Garralon Editions Memo
Un livre pour les petits qui parlent d'écologie: la banquise fond qu'on se le dise. Mais les hommes sauveront le monde tout au moins la fin de l'album le suggère. 

Claire Garralon aime aborder pour les tout petits des problématiques d'aujourd'hui. Avec "Poule bleue" la lecture peut se partager avec le parent, peut-être sera-t-il en résistance?  Le pré est dangereux et le petit poussin a du mal à s'émanciper d'une maman poule au deux sens du terme.  


Une merveille de livre- jeu et une autre façon d'ouvrir le regard des enfants vers le monde des arts. Pour cette matinée "Merveilleuse Nature" de Nathalie Béreau et Michaël Cailloux. Editions Thierry Magnier, est présenté. Pour se régaler les yeux il y a aussi "Merveilleuses couleurs" des mêmes auteurs. 

"Dans les yeux" de Philippe Jalbert Gautier Langureau. Philippe Jalbert ne nous a pas habitué à ce genre de livre quoique le loup est bien présent dans son œuvre, voir "Si le loup n'y était pas" . "Dans les yeux" est dédicacé à Louise qui n'a pas peur du loup. Une page de gauche qui appartient au loup et une page de droite typographie en rouge comme le petit chaperon. Une forêt habitée, un temps d'avant avec des bucherons qui coupent les arbres à la hache, un loup qui voit rouge et une fin pour avertir la petite Louise sur les loups qui ne sont pas toujours très gentils. Nous avons décliné toutes les fins du Petit Chaperon Rouge. Poule Bleue n'a peut-être pas tout à fait tord. Attention aux molossoïdes classés 1 sans muselière dans les rues. Les conteuses aiment, à lire en individuel plutôt qu'en collectif, et aller chercher une suite dans les autres versions du conte et dans les pages précédentes de l'album. 








Hélène nous propose un autre conte "Les trois petits cochons " de Sonia Chaine et Adrien Pichelin Flammarion Une histoire à lire grâce au résumé du marque page ou une histoire à inventer avec les enfants, avec parfois 6 petits cochons sur une double page. La couleur violette du loup nous interroge, mais ensemble en réfléchissant bien, nous trouvons la solution.  
La conversation glisse sur la problématique des double-pages où l'enfant qui n'a pas encore les clés de lecture, voit deux personnages de lapin un sur la page de gauche, un sur la page de droite.  A nous de cacher une page, sinon ça peut troubler la compréhension de l'histoire. 
"Voyelles" Elisabeth Brami Janick Coat Seuil jeunesse
Un bel hommage aux voyelles par deux auteures très appréciées des enfants. 


Attention pour le prochain observatoire, le 12 novembre, l'horaire change, ce sera 14h30 sur temps d'ouverture dans l'Espace Jeunesse de la Médiathèque de Lisieux.
Le thème sera: les livres ordonnance. En attendant bon été! 











mardi 18 juin 2019

Un joli mois de mai

Photo Pixabay : StockSnap


Mariah Carey - album Caution - "With you" // Camelia Jordana - album Lost - "Dhaouw" // Black Eyed Peas - album Masters of the sun - " Back 2 hiphop" // Patrick Bruel - album Ce soir on sort - "Pas eu le temps" // Ycare - album Adieu je t'aime - "Aqui la faute" // Claudio Capéo - album Tant que rien ne m'arrête - "Ma jolie" // Kenza Farah - album au clair de ma plume - "Au clair de ma plume" // Her - album Her - "Blossom roses" // Couperin-Les Talens Lyriques - album Ariane consolée par Bacchus - "Pouvez-vous pleurer un barbare ?" // Mayra Andrade - album Manga - "Manga"


 
 Bonne écoute à tous ! Nos CD sont disponibles dans les bacs de la médiathèque.

mardi 14 mai 2019

On écoute quoi en avril ? La playlist

photo pixabay : musicien, trompette / LucasFZ70


Suprême NTM - Album Anthologie - "That's my people" // Imagine Dragons - Album Origins - "Bad Liar" // Fakear - Album All glows - "Chakra" // Yann Tiersen - Album All -"Pell" // David Hallyday - Album J'ai quelque chose à vous dire - "Eternel" // Album 100% Disney vol 1 - " Chem cheminée" // Emmanuel Moire - Album Odyssée - "La promesse" // M - Album Lamomali - "Bal de Bamako" // j Mascis - Album Elastic days -"See you at the movies" // Eugenia Georgieva -Album Women of the world "Po drum mome"


Bonne écoute à tous ! Nos CD sont disponibles dans les bacs de la médiathèque.

mardi 30 avril 2019

Atelier écriture – 6 avril 2019






Un personnage, un lieu…



Je le regarde passer tous les matins,  il sort de la maison d'à côté,  son bonnet rouge sur la tête. Il marche lentement,  en traînant les pieds,  ses bottes sont peut être un peu trop lourdes.
Je ne comprends pas. Il y a quelques jours, sa porte était entrouverte et n'écoutant que ma curiosité  (maladive quelquefois  !)  j'ai jeté un coup d'œil à l'intérieur.  Rien !!!  Le vide total,  à part un gros tas de paille sur lequel était soigneusement pliée une couverture rose.
Il a vraiment l'air d'être là,  sans but bien précis, peut être seulement celui de vivre, ou de survivre ?
Bizarre bizarre...
Et voilà que je l'ai remarqué un jour de marché,  il était assis sur une caisse retournée. Il ne parlait à personne mais surveillait tout le monde,  l'air de rien, le regard perçant. Au bout d'un moment,  je me suis aperçue qu'il sortait de sa poche un bout de papier chiffonné, qu’il lisait et relisait à  intervalles réguliers
C'est peut être là son secret,  ces petites notes gribouillées à l'encre verte ?
Ce matin, je me lance,  je le suis,  de loin on ne sait jamais.
Il va jusqu'à la rivière, s'assied dans l'herbe à côté d'un arbre recouvert de lierre, et, une fois de plus,  compulse ses notes,  puis ferme les yeux, s'allonge et semble s'endormir.
Je m'enfuis, un peu honteuse d'espionner mon drôle de voisin,  mais je décide quand même de continuer à surveiller ses allées et venues,  parfois nocturnes, et de tout noter sur un petit carnet.
Alors,  agent secret en mission dans notre village,  envoyé spécial venu d'une autre planète ?  Le mystère s'épaissit.
Samedi 06 Avril 2019, 7h36. Je me positionne, comme tous les matins, au coin de ma fenêtre, ma tasse de café bien chaude à la main, et là.... misère,  il est lui aussi à sa fenêtre et il m'observe en souriant.


Linda

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~



Oui, elle aime l’odeur de la clémentine, cela lui rappelle le soleil de son pays qu’elle a du quitter. On la dit mystérieuse, secrète. Pourtant tout ce qu’elle rencontre, ce qu’elle vit l’intéresse et s’imprime profondément en elle. Même ses vielles chaussures qui l’ont conduite partout dans des chemins parfois inattendus au cours de journées dont elle rentrait parfois fourbue, heureuse de retrouver son lit pour enfin y rêver à son aise.

Quand il fait trop froid, elle se protège d’un bandeau assorti à sa chevelure mais elle préfère le souffle du vent dans ses cheveux courts. Elle aime les rencontres… elle aime retrouver les personnes qu’elle connait bien. Mais dans certaines soirées, de nouveaux visages apparaissent. Alors, elle se met un peu en retrait, observe, et essaie de les connaitre autrement que sur l’apparence jusqu’à ce qu’elle ose enfin entrer en conversation avec eux et les découvrir davantage. Il est vrai qu’elle préfère les lieux calmes, où il fait bon vivre, où elle peut se retrouver en vérité au milieu de ce et de ceux qu’elle aime. En fait, sa grande joie est, dès qu’elle rentre chez elle, d’ouvrir tout grand la fenêtre, de regarder dehors et de laisser pénétrer un peu de ce qu’elle a vécu au dehors.



Paysage désolé… pourtant la vie y persiste, secrète. Des générations de paysans ont transformé ce paysage. Montagne abrupte faite de roche et de cailloux. Montagne à chèvre où rien ne pousse sinon une herbe rare et quelques plantes basses, même pas des arbustes. Pierre à pierre, patiemment, les hommes ont formé ces terrasses, aplani le sol par petites surfaces et réussi à produire quelques cultures.

Non pas les blés orgueilleux qui grandissent dans les plaines et dont on admire la blondeur juste avant la moisson. Non, quelques céréales, orge, seigle… quelques légumes juste ce qu’il fallait pour leur subsistance, pour nourrir leur famille et les bêtes qui partageaient avec eux ce dur labeur. Et quand, à la fonte des neiges, les eaux dévalant la montagne emportaient les fragiles remparts soutenant la terre, ils recommençaient à bâtir ces murets de pierres, travail patient, endurant qui nous émerveille encore aujourd’hui.



Michèle

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~



Reprendre là où l'on en était resté
La route est longue, parfois tendre, parfois remplie de péripéties
Périlleuse, une pierre fait trébucher
L'élan



Retrouver quelques moments chers à notre existence
En fabriquer de nouveaux, sincères
Et suivre le fleuve de nos jours
Doux et heureux comme l'air printanier
Fleuri et embaumé de fraîches heures parfumées



L'eau silencieuse suit son cours
La mer vaste et solitaire
Ouvre ses bras, l'accueille généreusement

Des falaises abruptes, elle contemple
Les flots de l'eau, cette danse bleue


Sur des vagues roulées en boucle
Elle tournoie et se noie dans le paysage
Fabuleux de notre chère nature



Sylvie

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~



Chez moi c'est douillet

Je suis une vieille

Une vieille femme

Qui en a vu de toutes les couleurs

Mais les couleurs je les aime

Elles me réchauffent le cœur

Quand il est fatigué



Avec un bout de pain, guère plus

Dans mon lit où je me love

Je relis ma journée

Les visages qui m'ont marquée

Les paroles insensées

Ou les mots doux remplis d'amitié

Les rencontres sont aussi chargées en couleurs

A accueillir pour le meilleur ou pour le pire



Mais pas trop

J'ai besoin de repos

Pour penser pour rêver 

Pour gamberger

Sur mes années passées

Et ce qui me reste à cheminer

A chercher

Oh mes souliers colorés tout usés

En ont croisé

Sur les chemins souvent escarpés

Des couleurs par milliers

Dans cette nature où l'homme n'a rien inventé

Puisqu'il en est



Mais il a voulu l'apprivoiser puis la dominer

Ça c'était le projet dans lequel l'être humain s'est engouffré

Il s'est fait déborder

Au lieu de l'écouter il s'y est imposé et n'y a plus pensé



Moi, j'aime m'y plonger encore

Y trouver de nouveaux reflets de nouvelles lueurs de nouvelles couleurs

Comme dans le sourire de celui que j'ai croisé et qui m'a accrochée

Comme un arc en ciel

C'est mon miel.



Hélène

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~



Marianne



Marianne est très jolie. Grande, mince elle porte très bien la toilette. Il faut la voir  avec ses escarpins noirs à talons hauts. Pas tout à fait style louboutins mais elle en jette quand même. Sa longue chevelure blonde, magnifique, forme un halo autour de son visage harmonieux. Pas un seul cheveu ne dépasse. C’est pour cela qu’elle ne porte jamais de chapeau. Pour ne pas être décoiffée. Soucieuse de son régime alimentaire et de sa ligne, elle garde toujours un petit morceau de chocolat dans sa poche. Afin de prévenir une hypoglycémie  lors de ses restrictions alimentaires : vegan, sans sucre, sans graisse, j’en passe et des meilleures ! Elle pense que c’est nécessaire pour être en harmonie avec sa tête et son corps. Mais cette rigueur voire rigidité coïncide en fait avec une personnalité »un peu chiante » Par exemple, pensant que sa beauté lui donne tous les droits, elle a exigé de son mari, l’installation d’un lit à baldaquin dans cette chambre exigüe .Une princesse ne peut dormir ailleurs que dans ce lit aux rideaux tirés sur son précieux sommeil Et quand elle rentre de promenade la première chose qu’elle fait, c’est de ranger ses clefs et retirer son manteau qu’elle dépose immuablement au même endroit.

Cet appartement elle en avait assez. 80m2 sous les combles elle étouffait. Elle l’avait pourtant aime ce petit nid, qui les avait accueillis dans une union tardive elle et son compagnon .Mais dorénavant elle rêvait d’autre chose. Oui je sais cela fait un peu Bovary cette insatisfaction sur fond de dépression.

En fait très récemment elle avait retrouvé son premier amour qui lui jurait  qu’il n’avait jamais aimé qu’elle et qu’il ne l’avait pas oubliée. Dans sa vie monotone elle y croyait dur comme fer. Au détour d’une promenade, elle tombât en admiration devant une maison proche d’une tour délabrée et d’une église plus haut perchée. Ce qui la séduisit surtout c’était l’étang entouré d’arbres et couvert de mousse. On sentait que les nymphéas de Monet n’allaient pas tarder à surgir. .C’est la qu’elle voulait vivre maintenant en compagnie de son bel amour. Aucun obstacle ne viendra contrecarrer son projet. Quid du vieux compagnon me direz-vous ? Et bien il sera facile de s’en débarrasser.



 A cet âge une chute dans l’étang ne pourra qu’être fatale. Elle allait s’y employer. Qui a dit que le crime parfait n’existait pas ?



Anne-Marie

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~



Ce personnage  semble  être  une dame très seule, un peu maniaque (mouchoir bien plié dans sa poche) qui se complait dans une solitude bien organisée !

Elle aime la nature et les promenades et ne recherche pas les échanges avec d'autres  personnes car lorsqu'elle est au milieu d'un groupe, elle reste à l'écart, n'échange aucun mot, mais elle écoute !

Elle n'a pas l'air très coquette, d'un aspect simple (jogging, tennis, et bonnet gris), sans aucune recherche, sans falbalas et déteste attirer l'attention des autres !

Elle évolue dans la vie comme une petite tortue, calmement, lentement, et sort la tête de temps en temps parce qu'il faut bien se nourrir...

Elle se sent bien ainsi, fait de tort à personne, bien dans sa tête et dans son cœur qui ne bat que pour elle ! Elle suit le cours de sa vie en glissant presque, satisfaite de son sort, bien à l'abri dans sa carapace, complètement fermée aux autres et sourde à la misère du monde !

Je pense qu'il s'agit d'une célibataire, sans enfant, repliée sur elle même comme le mouchoir dans sa poche !



Un jour elle a photographié son "arbre fétiche" : un arbre qui semble mort au bord d'un chemin étroit et rectiligne qui mène à nulle part !

Sur cette photo on voit deux arbres l'un en face de l'autre, mais le sien c'est celui de gauche : il a le tronc bien droit, des branches sans feuilles et ressemble à un squelette ; c'est sous celui-ci qu'elle vient s'étendre et reste là des heures à contempler les nuages. Cet arbre, elle l'adore, l'entoure  de ses bras et embrasse son écorce râpeuse. On dirait qu'elle voudrait lui redonner la vie qui coule en elle ou avaler la sienne, on ne sait pas... Puis elle reprend son chemin, tout droit, sans surprise, vers sa petite vie, ni bonne, ni mauvaise ; mais c'est sa vie et elle l'aime ainsi !!



Et enfin, un jour cette vie stérile s'arrêtera, elle partira, seule, comme elle a vécu, sans faire de bruit, et on l'oubliera  comme la petite tortue en hibernation, au fond du jardin, au pied de son arbre...



Morale de cette histoire ;

La discrétion ; oui,  c'est bien !

Mais l'égoïsme et le narcissisme : NON et NON !!!!



Christiane



~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~



Marco, il est encore beau, grands, les épaules larges, visage anguleux, yeux plissés, cheveux coupés courts en brosse. Il est élégant avec son chapeau de cuir, sa veste de lin élimée, sa tunique indienne blanche en coton, son pantalon multi-poches. D’ailleurs d’une de ses poches, il sort son couteau suisse et se nettoie les ongles en discutant accoudé au bar. Un petit sourire aux lèvres, il philosophe avec les autres clients. La patronne du bar, Lucette le hèle : « Hé Marco, pourquoi as-tu des sandales en plastique au pied » ça fait rire tout le monde car Marco revendique son lien avec la nature et ne supporte pas les produits issus du pétrole. Avec son petit accent chantant il balance à l’assemblée : « Je dormais profondément dans mon lit et quelqu’un m’a piqué mes sandales en cuir pour les remplacer par ces horreurs ». Tous les clients savent que le lit de Marco est dans son camion. Marco boit et philosophe- boit beaucoup il parle avec aisance- boit encore puis s’endort pour se réveiller à la fermeture du bar et tituber jusqu’à son véhicule garé sur la place. Lucette lui lance : « Il est gentil ton voleur, il t’a tout de même redonné des chaussures. Sont-elles à ton pied ? » et Marco continue de palabrer tout en jouant avec les clés de son camion. Où tu vas, Marco ? Qu’est-ce que tu as vécu dans ta vie pour avoir refusé de t’insérer, de t’intégrer, de faire corps avec la communauté ? As-tu été confronté à un drame dont tu ne t’es jamais remis ? Tu revendiques haut et fort ta liberté, ton sourire sur tes fines lèvres. Tu conclues la conversation en disant : « Salut la compagnie, de toute façon, je pars vers le Nord. Les Cévennes et la caillasse de Lozère, au revoir et vu la saison, je vais chausser mes chaussures en cuir, chaussettes à l’intérieur ». Marco, tel Don Quichotte fièrement sort, grimpe dans son véhicule, salue de la main l’assemblée. Le camion fume et vibre… Et c’est parti.

Pas d’autoroutes, des haltes dans des villages vides, des plaines avec au loin des tracteurs qui labourent le sol ou sèment le blé. Les kilomètres qui s’ajoutent les uns aux autres dans le bruit assourdissant du diésel. Et puis cet arrêt au bord d’un canal. L’immobilité de l’eau, les grands platanes qui perdent leurs feuilles, les troncs énormes gris et blancs gagnés par le lierre. Au loin un pont. Marco roule sa cigarette, l’allume, la fume tranquillement en laissant pénétrer en lui la fumée et le silence. Seul, il vit. Son regard s’amuse avec les lignes horizontales du canal, courbes du petit pont. Debout digne, il se laisse imprégner des odeurs de feuilles tombées, de vase- Un homme debout au bord d’un canal dans une province en France- La cigarette finie, il reprend son véhicule, le démarre, la route l’attend.



Ghislaine

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
Une belle rencontre

L'an dernier, des amis m'ont invité à une soirée barbecue. Ce soir là, j'ai rencontré une personne qui m'a beaucoup marquée.
Elle s'appelait Célestine. Grande, avec de longs cheveux blonds, de grands yeux bleus énigmatiques et observateurs, elle était belle et attirait les regards. Belle, elle l'était, mais ce n'était pas que sa beauté qui attirait, c'était plus, c'était autre chose, peut être un certain mystère ou simplement sa faculté de communication et de partage... Elle était vêtue simplement avec un Jean, un tee-shirt et des baskets. Elle portait une vieille casquette délavée et élimée.
A la soirée, j'ai vu cette personne que je ne connaissais pas. Elle observait, cherchait le contact avec les gens qu'elle rencontrait. Je me suis mise à discuter avec elle. Quand elle m'a dit qu'elle dormait chez l'habitant, je l'ai invitée à dormir chez moi.
Arrivée à la maison, elle a rangé ses affaires dans la chambre. Puis, nous avons parlé. J'ai appris qu'elle avait un caillou dans sa poche, comme le petit Poucet. Elle était rayonnante et chaleureuse. On se sentait bien près d'elle. Elle expliquait son secret qui était vouloir croire que ce sera mieux demain.
Elle m'a aussi raconté son séjour en Grèce, avec ces maisons blanches sur les collines arides, le soleil généreux. Elle n'en finissait pas de parler, et moi, j'écoutais, médusée. Elle était passionnée par toutes les rencontres qu'elle avait faites. Elle parlait avec fougue de tous ces séjours en Europe. En racontant, elle en avait, parfois, les larmes aux yeux. Ses étapes en Grèce l'avaient beaucoup marquée, car ce pays était si beau. Les habitants y vivaient pauvrement, mais ils étaient tellement prêts à accueillir et à partager. Elle aimait aussi l'aventure de ne pas savoir où elle dormirait le soir.

Cette rencontre m'a bouleversée, m'a changée en ouvrant mon regard sur les gens et sur le monde.
Evelyne