mardi 12 mars 2019

Atelier d'écriture du 9 février 2019


Atelier écriture – 9 février 2019



Rencontres



Souriante

tu souris

ma petite souris

sans le sou

une bonne soupe

ça soulage

tu t'assoupis



Sourire ou mourir



Dans la froidure

Désinvolture

car c'est trop dur

mets ton armure



Rire aux larmes

ou bien prendre les armes



Rêver de délire

pour ne plus souffrir



Rêver de chanter d'aimer

d'être aimé d'être regardé

d'être soulagé



Rêver et partir dans les nuées

dans de douces fumées

d'un sourire évaporé



Hélène

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L’Amitié rencontre la Jalousie,

La Générosité rencontre la Méchanceté,

La Bienveillance rencontre la Haine,

La Gentillesse rencontre l’Egoïsme,

La Tendresse rencontre la Froideur,

L’Ambition rencontre l’Avarice,

Le Courage rencontre la Peur,

La Curiosité rencontre l’Hypocrisie.



Annick

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Bonjour tristesse. Cette émotion n’avait plus jamais quitté Jeanne. Depuis qu’elle avait appris que le père Noël n’existait pas. Elle en avait conçu une telle déception, une telle amertume, que son entourage craignait pour sa santé mentale. Comment ce magicien, à l’allure bonhomme, avec ses bottes et son grand chapeau pouvait il ne pas être ? To be or not to be ? Lui qui avait exigé de tels efforts : gentillesse, amour du prochain, respect des règles. En fait elle avait vraiment le sentiment de s’être fait avoir. Toute la construction de sa personnalité en fut perturbée. A quoi bon vivre si le grand manitou n’existait pas.

Mais un jour l’espoir revint. Elle apprit certes que le père noël n’existait pas, mais la mère noël oui. Apres avoir étudié dans une grande école de commerce, elle dirigeait la petite entreprise avec entrain, et faisait preuve d’un grand talent managérial. Les lutins et les rennes ne tarissaient pas d’éloges à son égard. Elle avait inventé un concept qui fit boule de neige : une journée de travail, 364 jours de congés. Les grands dirigeants d’entreprises connues enviaient son savoir faire et son esprit novateur. D’ailleurs les gilets jaunes la plébiscitaient comme un modèle de progrès social. C’est donc grâce à cette figure emblématique que Jeanne reprit goût à la vie et décida qu’on pouvait y prendre du plaisir.



Anne-Marie

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Il s’appelle Amour. Sa mère hésitait, Ange ou Amour. Finalement son père avait choisi Amour. Mais c’est une vieille histoire, depuis ses parents se sont déchirés, quittés, haïs, tout en parlant régulièrement à leur fils Amour. S’appeler ainsi lui avait permis de faire des rencontres « ensoleillées » bienveillantes, tendres, généreuses. D’autant plus que son physique allait avec son nom. A 20 ans, il s’était fait tatouer dans le dos, deux ailes d’ange et il avait appris à utiliser un arc. Certes, il ne ressemblait pas à un angelot mais il prétendait avoir le pouvoir du coup de foudre qu’il prodiguait à sa façon dans les soirées où il était invité. Ça ne marchait pas toujours mais autour de lui, ses amis aimaient bien son délire. Un soir qu’il rentrait d’une de ses escapades, son arc à son épaule, il croise une créature qui était exactement son opposé.

Lui cheveux blonds bouclés. Elle cheveux noirs de jais. Lui jours replètes, légèrement rosées avec pommettes qui tiraient vers le vermillon. Elle teint livide, joues creuses presque cadavérique. Lui sourire jusqu’aux oreilles, lèvres pulpeuses, dents éclatante. Elle maussade, morose, moue. Lui œil vif, curieux. Elle regard froid. Contrairement à ce que chacun peut penser ou bien, est-ce que les opposés s’attirent ? Immédiatement, il y a eu le coup de foudre. Mais craignant qu’elle ne lui échappe, il a tiré son arc et ajusté prestement sa flèche. Quand elle a sorti une faux virtuelle. La flèche est partie, la faux a fauché. Ont-ils survécus ou sont-ils morts ? Nul ne le sait, on n’en a plus jamais entendu parler.



Ghislaine

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Camille était une ravissante jeune fille, simple, souriante, très jolie et qui venait d’avoir 20 ans !

Confiante dans l’avenir, très assidue dans ses études, elle sortait peu et restait souvent sur le campus pour travailler dans sa petite chambre.

Or, un beau matin ensoleillé de juin, alors qu’elle traversait le parc elle le vit : un bel adonis, et elle sut tout de suite que c’était lui : son prince charmant ! et elle comprit qu’elle venait d’être atteinte par la flèche de Cupidon !!

Elle l’a reconnu et lui a souri, il l’a reconnue et lui a souri aussi…

Ils ne se sont plus lâchés pendant toutes les vacances et petit à petit le bel hidalgo s’est transformé : jaloux, tyrannique, et peu à peu il l’a éloignée de tous les gens qu’elle aimait.

Il l’a séquestrée, lui a forgé l’esprit avec des idées d’une autre religion et l’a amenée à la destruction la plus totale en l’emmenant avec lui dans un pays en guerre d’où l’on ne revient pas.



Christiane

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Bienveillance et Respect se promenaient calmement en ce bel après-midi de printemps. Le soleil délicat réchauffait leurs pensées moelleuses. Ils parlaient peu. Il faut dire que ça n’était pas facile :

            « Je t’écoute » disait Bienveillance

            « A toi » répondait Respect.



Pourtant, ils arrivaient à mettre en commun leurs particularités. Il ressortait de cet échange le projet d’un monde tellement beau et bon que chacun souhaitait y vivre. Le ciel y était plus bleu ; l’herbe plus verte ; le soleil parfaitement doux. Plus de réchauffement climatique ; plus de morts sur la route ; plus d’enfants gravement malades ; plus de faim dans le monde. C’était beau.



Bienveillance et Respect continuaient calmement leur promenade. Soudain à un rond-point, ils se trouvèrent face à face avec Haine et Destruction. On les voyait de loin tout de jaune vêtus. On les entendait aussi : ils criaient leur colère.

Ils arrêtèrent Respect et Bienveillance :

            « Dites qu’il faut tout casser » leur aboya Destruction.

            « A mort « les Autres » » hurla Haine.

Impossible pour Respect et Bienveillance d’aller plus loin.

            « Je comprends ce que tu dis » commença Respect « Mais je ne peux y adhérer »

            « Moi, j’écoute ton discours et j’essaye d’y trouver quelque chose de bien » continua Bienveillance « mais ça n’est pas facile »

            « Quoi ? Quoi ?»  éructa Haine « Tu n’es même pas capable de me respecter ? »

            « Comment ça ? Comment ça ? » cracha Destruction « tu me juges et me condamne ? »



Respect et Bienveillance étaient désarçonnés. Mais ils continuèrent à penser et parler du monde merveilleux qu’ils avaient créé au cours de leur promenade.

Persévérance vint les rejoindre ainsi que Patience. A la fin, ils étaient sûrs d’avoir raison et de permettre l’avènement d’un monde merveilleux.



Léonie



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Je reste quelque fois béate devant l’enthousiasme de mes petits enfants par rapport à la vie actuelle, mais je suis heureuse de les voir se frayer un chemin dans un avenir un peu sombre à mon goût. Ils sont ambitieux et généreux à la fois. Que la vie leur soit douce et légère sans beaucoup de tristesse, sans haine et avec beaucoup de partage, car sans partage la vie n’est pas celle que l’on peut espérer.



France

vendredi 15 février 2019

Réveillons nos oreilles

Pixabay : microphone / Free-Photos


Miles Kane -Album Coup de grâce -"Killing the joke" // First Aid Kit -Album Ruins -"Rebel heart" // Louis Aubert -Album Sillages -"Habanera" // Morcheeba -Album Blaze away -"Never undo" // Fatoumata Diawara -Album Fenfo -"Nterini" // Enya -Album Dark sky island -"Astra et Luna" // La Greenbox -Album La green box -"La divina" // Sting ; Shaggy - Album 44/876 - "Don't make me wait" // John Coltrane - Album Both directions at once : The lost album - "Nature boy" // Jérémy Frerot - Album Matriochka - "Tu donnes"



Bonne écoute à tous ! Nos CD sont disponibles dans les bacs de la médiathèque.

vendredi 1 février 2019

Observatoire de lecture d'albums du 18 janvier 2019



L'observatoire a eu lieu à Lisieux dans le nouvel auditorium de la Médiathèque


Anne-Marie a apporté "Partir Au-delà des frontières" de Francesca Sanna Ed Gallimard. Pas facile à lire pour Anne-Marie, un livre qui aborde la guerre, la mort du père, la fuite de deux enfants et une maman  dans un long et dangereux voyage. Une famille riche dans son pays et qui parvenue dans le pays d'accueil sera pauvre. Un livre qui a eu le prix Amnesty Internationale en 2017.  Des illustrations qui servent le propos subtilement. 

Dominique a apporté "La petite casserole d'Anatole" de Isabelle Carrier Ed Bilboquet. Dominique souhaitait faire passer un message aux professionnels qui accueillent les enfants par le biais de cet album. Elle a échoué. Concernant la casserole d'Anatole, notre conclusion est que chacun a ses petites casseroles accrochées et que ce livre peut être lu à tous. 

Le thème du jour était Les imagiers.
Le plus connu, "L'imagier du Père Castor" avec ses vignettes simples, explicites, efficaces. La cuisinière à charbon a été remplacée par la gazinière. Très dynamique, très actuel, tout en étant un peu kitch. Réédité constamment




"Imagier caché" "Imagier mouillé" de Véronique Joffre Ed Thierry Magnier Des livres cartonnés joliment illustrés, subtils. Avec des mots à "deviner". Le crocodile n'est pas nommé. L'enfant soulève le rabat et découvre deux bébés "transportés". La maison des poissons ou le berceau des souris sont loin des représentations classiques. L'eau est évoquée en goutte -rosée-flaque mais aussi avec des adjectifs- des verbes trempé- abrité- glisser- éclabousser.






 "L'imagier des Gens" de Blexbolex Ed Albin Michel. A lire à deux si c'est possible et s'apercevoir qu'on n'a pas tous les mêmes projections. Un livre jeu





Colorama" Cruschiform  Ed Prestel133 couleurs nommées et expliquées, pour les petits et les grands.. Le graphisme est superbe. Un coup de cœur des bibliothécaires.  






 "Les couleurs" Jane Foster Ed Kimane Pour les petits. Un album qui manque de pertinence.


"Couleurs" John J. Reiss Ed Helium 

Qu'est-ce qui est rouge comme une tomate- orange comme une citrouille- brun comme un ours brun? Un livre pour jouer, efficace et drôle.  








Les abécédaires sont aussi des imagiers, le choix de Gilles Moreau. 


"Abécédaire en Kit" de Mathis La Maison en carton
26 lettres de l'alphabet - 26 cartes qui se déplient- un mot à deviner en reconstruisant les images.
"En ville de A à Z" de Roberto Beretta et Andrew Liorens Ed Panama Une photographie- un détail de décor urbain- une lettre à trouver, comme le A de la couverture de l'album



"Qu'est-ce que c'est?" "Blanc sur Noir"  Tana Hoban Kaléïdoscope
Un auteur à découvrir, des livres qui ne prennent pas une ride, à utiliser pour les tout-petits...Des imagiers noir et blanc. 




"Avant Après" Anne-Margot Ramstein Matthias Aregui  Albin Michel Jeunesse
Aucun texte, un livre qui aborde le temps, son élasticité. Avant-Après quasi instantanés ou hier et aujourd'hui, ou autrefois-demain. une autre façon d'aborder les liens entre:  petit et grand- Blé et pain
 Le livre est magnifique même si la couverture rebute quelques lecteurs.


"Dans le détails" Elisa Géhin Ed Les Fourmis Rouges

L'enfant apprend à nommer ce qui l'entoure à travers une multitude de point du vue: Les objets- La famille - Les cheveux- Les métiers courants & Curieux - ce qui ne s'achète pas... Un livre plein de découverte sur le monde d'aujourd'hui, pour parler avec l'enfant et développer son sens critique











Deux albums de Bastien Contraire "Bleu Sourire" Ed Centre Pompidou "Les intrus Véhicules" Ed Albin Michel

Des planches naturalistes qui cachent une anomalie, un livre comme une farce. Un jeu sur les proportions. 3 couleurs sur fond blanc. Dans la série "Les intrus il y a aussi les animaux- les aliments."

"Bleu sourire" met en scène six formes simples et monochromes, qui se répètent de la première à la dernière page, se transformant tour à tour en canard, en bateau, ou en visage. Un livre où la couverture peut servir de pochoir et l'enfant peut lui-aussi créer son univers à la manière de l'auteur.


"L'imagier de l'été" de Anne Bertier Ed Memo. Anne Bertier propose des albums autour des lettres, des chiffres, des formes... le dénominateur commun de ce travail est le jeu et la poésie. Ses albums sont des invitations au voyage.celui-ci nous emmène à la plage: soleil- mer-algues- poissons- glace-  sable revisités. A découvrir absolument

"Au jardin" Katy Couprie Antonin Louchard Ed Thierry Magnier Des images en lien les unes avec les autres. Le lecteur peut trouver ses propres associations. Deux artistes qui oeuvrent ensemble en utilisant diverses techniques: acrylique- photographie- bois gravé- installation
A découvrir dans la même veine et par les mêmes auteurs "Tous à table"  et "Tout un Louvre" 


"Succulentes sucreries" de Pittau &Gervais Gallimard Jeunesse Un livre pour es gourmands- une liste de gâteaux et bonbons- presque de la poésie à la Tarkos-  une promenade du Nord au Sud- un régal et un glossaire explicatif, passionnant.

Un livre des mêmes auteurs Pittau & Gervais que nous n'avons pas eu le temps de présenter. "Des saisons" Ed Les grandes personnes avec des rabats à soulever pour découvrir l'intérieur des fruits ou le petit du pivert...

 


 "Aleph ton premier livre" Janik Coat Ed Albin Michel Jeunesse. Ouvrir ce livre, c'est un peu comme aller au musée avec le petit lecteur, il faut regarder , s'émerveiller, nommer, retrouver au fil des pages les héros de Janik Coat, se laisser porter par la proposition, trouver des liens.



Pour clore l'observatoire et pour un clin d'oeil au premier livre présenté  "Partir Au-delà des frontières", la présentation d'un "Dictionnaire visuel" Jean Claude Corbeil Ariane Archambault Ed La Martinière . Un imagier pour adulte à utiliser dans le cadre de l'apprentissage de la langue par les migrants.


Ci-dessous quelques albums qui était sur la table à l'entrée de l'auditorium et qui n'ont pas été présentés. Ils sont tous portés très fort par les bibliothécaires.




"Eté" Marc Pouyet Ed Plume de carotte
"Noir" Marc Pouyet Ed Plume de carotte
"Rouge" Marc Pouyet Ed Plume de Carotte



"L'imagier du Petit Chien" Pepillo Ed Hélium





"Mon imagier autour du monde" Christelle Lardenois -Annelore Parot- Cécile Hudrisier- Pascale Hédelin Ed de la Martinère



"Fruits de saison" Clara Corman Ed Amaterra
"Ouvre les yeux!" Claire Dé Ed Panama




Prochain Observatoire de Lecture d'albums Vendredi 8 mars 9h30-12h
à la Bibliothèque de Saint Pierre en Auge. 
Nous évoquerons la femme dans les albums, 8 mars oblige. 

Les observatoires trimestriels de Lire à Voix Haute Normandie à la Médiathèque Départementale de Seine- Maritime  auront lieu le 7 mars- 23 mai- 26 septembre- 28 novembre 2019




mercredi 30 janvier 2019

Atelier d'écriture 12 Janvier 2019






1)    Petite impression du matin



Lentement, tout doucement,

Avec Marie,

Le lever, le petit déjeuner, le café, se sont étirés,

Plein de mots, d'idées, de ressentis échangés

L’élastique du temps, tranquillement, s'est bandé, rempli d'une belle amitié

Mais l'élastique du temps m'a cernée

Me propulsant

Dans les rues

De la ville

À toute allure

Jusqu’ici

Pour d'autres mots, d'autres idées, d'autres ressentis partagés.



Hélène

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6h30, réveil ! Il ne sonna pas, c’est la minuterie intérieure qui fonctionne… Je raccroche avec l’occupation de la veille, une entre autres ! Finir de taper le thème astrologique de ma sœur. Je voudrais bien dormir encore un peu… mais cela me poursuit. Alors, debout, j’ouvre l’ordinateur et au boulot ! tant pis, je ferais une sieste cet après-midi.



Michèle

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Mon impression ce matin, c’est le courage de sortir de mon nid douillet, à l’abri et bien au chaud, pour affronter une nouvelle journée avec un temps humide et nuageux. Bref, je monte dans ma voiture pour rejoindre la médiathèque pour vivre cet instant présent qui est tout simplement « le bonheur d’écriture ».



Cathy

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Humidité, grisaille. Chez moi, en bas,  tout en bas, c'est soleil,  froid, tramontane, ciel bleu, et petit café du samedi sous les platanes ... Allez,  j'arrête.



Linda

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Le chant des oiseaux, la lumière bleutée qui passe au rose tout doux, debout ! Quel jour déjà ? Quel programme ? Laly le chien vient chercher son câlin. Mes doigts glissent sur son poil, massent ses épaules, son dos. Une léchouille vient me remercier. Debout, allez, les deux pieds au sol !



Dominique

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En retard comme le lapin d’Alice. Je suis en retard, en retard comme Macron, il parait qu’il est toujours en retard. Etre avec sa montre au poignet et non à gousset et courir. Etre encore un pied dans le brouillard du sommeil, ne pas se connecter tout de suite. Se prévoir un circuit jusqu’au parking et soudain la fulgurance « Fête foraine ». Devoir refaire son plan de route, en retard. En retard.



Ghislaine

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Se réveiller le sourire aux lèvres

Réfléchir au jour qu’il est

Des choses à faire

Et soudain, se rappeler qu’il y a l’atelier d’écriture

Alors, il faut faire vite. 1 banane, 1 jus d’orange, 1 café

Et entre temps, écouter les infos, sauter dans des vêtements

Et laisser divaguer ses pensées.

J’ai toujours le sourire aux lèvres et le café sera à emporter

Car avec ce timing serré, il n’était pas question de laisser son esprit

S’égarer à cette jolie soirée.

Je serais en retard mais j’ai le sourire !



Déborah

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J’ai déambulé ce matin comme un voyageur dans sa bulle de brouillard réservé à tout normand qui se respecte. J’ai vu dans son carré d’herbe, une vache brouter l’herbe sur ce col presque imberbe, comme moi, depuis que je me suis rasé. Ensuite, j’ai rasé les murs de ma tanière pour atteindre l’assiette du chat qui n’est pas encore un ascète.



Michel

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Dans le potage. Une nébuleuse enserre ma tête, mon nez, mes oreilles. J’ai l’impression d’avoir les yeux au niveau des joues. Mes pieds restent collés au sol. J’ai perdu au moins 10 cm de hauteur. Même mon chat me regarde comme une étrangère. Et part se cacher quand je l’appelle. Faut dire. Quelle voix ! Vive l’hiver et ses miasmes.



Léonie





2)    Danse muette



Elle danse seule, sans retenue, cassant les membres comme un métronome. Elle use ses baskets comme un marcheur, marchant sans fin du crépuscule jusqu’au bout de la nuit.



Michel

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La rue, marcher dans la rue, être pressé ou bien flâner. Etre nombreux, aller vers, parfois courir, être chargé de cabas ou élégant. Multitude chamarrée et soudain le mouvement cesse. Un cercle se forme. Arrêt dans la cité. STOP. Que se passe-t-il ? Au centre un corps s’agite, sourire aux lèvres, masculin féminine, des gestes pour raconter une histoire ou juste pour être, gracile et saccadé, des bras qui ondulent et s’arrêtent net, des doigts qui désignent : toi, moi. Des mains qui battent contre un torse. Un cœur, la vie, l’amour. Une vivacité extrême, une interpellation, une danse. Pas de mot. Le corps seul exprime. Pas de son. Le temps s’est arrêté. Assister à cet évènement ensemble, être interpellé, non par des discours mais par un mouvement. Etre en société autrement. Communier autour d’un geste poétique, revendicatif. Prendre sens ensemble. Etre un tout autrement. Puis reprendre pied quand le son explose et avoir envie de danser, d’accompagner, de désigner, de sourire à l’autre, à soi. Tourner, tourner, tourner jusqu’à être étourdi. Puis retourner à la rue, rassasié, régénéré, conscient des autres corps, marcher légèrement, différemment, en suivant le rythme de la musique qui continue de trotter dans ses hémisphères.



Ghislaine

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Corps

Corps à corps avec soi-même

Dire

Exprimer

Sans un mot à dire

Bâtir

Batailler

Construire

Vibrer

Détailler

Contracter

Relâcher

Donner

La chorégraphie d'une vie

Tout donner

Faire passer

Par les bras et les mains

Par les jambes et les pieds

Par le dos et le ventre

Par la tête et le visage

Ouvrir et fermer

Rythmer et offrir

Jouir et souffrir

Quel ballet !

Expression d'une intimité

J’ai adoré



Hélène

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Quand un film de danse contemporaine invite les cinémas des années 60



J'admire la performance de cette femme qui danse, sans musique, sur l'écran. Pendant les premières minutes, sa danse parait légère, puis elle s'intensifie et s'accélère. J'apprécie la souplesse et le tonus de cette danseuse.

Je me dis qu'elle raconte toute une histoire et elle me fait penser à Charlot. Mais c'est quand même plus facile de comprendre un film de Charlot avec tout le décor, toute la mise en scène et la musique qui va avec, que ce film avec cette femme qui se démène, sans musique au milieu de nulle part.



Ah! Les films de Charlot, quand on n'avait pas la télévision et qu'aller au cinéma était rare! Au cinéma, nous y allions le dimanche après-midi, bien vêtus avec les habits du dimanche, voir de beaux films qui parlaient, souvent en couleur comme Tarzan. Tarzan! C’était un joyau avec des couleurs magnifiques et le dépaysement assuré. Et c'était un film parlant! Parlant...enfin, je ne me souviens plus si le héros parlait vraiment, mais je me souviens très bien de ses cris  et de celui des animaux. D'ailleurs, toutes ces espèces se confondaient un peu dans un mélange de paroles, de cris, de couleurs et d'aventures qui nous transportaient loin de notre quotidien.



Ah! Charlot, c'était autre chose! Nous allions le voir, en robe légère ou en short, le soir, après le repas, quand la fraîche commençait à tomber. C'était une projection, en plein air, au Gravier, vaste étendue arborée qui longeait la Garonne. Nous étions plus ou moins bien installés sur des  bancs, avec toujours une tête devant qui gênait. Mais tout le monde partageait la douceur du soir et les rires explosaient de partout. Ce qui créait une fusion au sein de ce groupe de personnes hétéroclites, venues là, simplement pour se détendre après une journée de travail et de chaleur torride.



Alors, ce film muet, m'a rappelé deux univers cinématographiques très différents qui cohabitaient à la même époque. Et cette projection fut, pour moi, le départ pour un voyage dans le temps.



Evelyne

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C’est bizarre ! Ça gesticule ! Apparemment, ça ne ressemble à rien. Pourtant il y a une suite dans tous ces mouvements, ces gestes, ces déplacements saccadés. Qu’exprime cette personne ? Je n’y comprends rien. Non pas que je suis hermétique à ce genre de manifestation mais là, sans sons, sans musique, il est difficile d’y entrer… Elle sourit, exprime même une joie partagée par les personnes qui regardent. Sa danse à l’air assez instinctive, pourtant je pense qu’elle a du s’entrainer et répéter beaucoup comme pour tout spectacle de danse qui demande une maitrise du corps, une souplesse, une connaissance approfondie des rythmes et des pas ! Mais moi, ça ne me parle pas.



Michèle

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En visionnant cette vidéo, Urban Danse Camp, je ressens de la liberté, la liberté de pouvoir bouger son corps à l’infini. Cette jeune femme vêtue de noir et blanc se sent à l’aise dans ses baskets et nous présente sa chorégraphie. Elle dégage du tonus, du dynamisme, de la joie de vivre. Sa tête et son corps s’accordent en parfaite harmonie. Je la vois libre, libre comme l’air.



Cathy

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Souvenirs !



Etre, exister, se libérer sous le regard d’autrui.

Entrer dans un rôle, créer, exiger davantage de son corps, de sa voix, improviser un spectacle donné en cadeau à la bienveillante attention du groupe.

Aller chercher au très fond de soi, le meilleur, l’intime, le différent.

Oser, se grandir sous les yeux de l’Autre.

C’est moi cela ?

Oui, c’est toi aussi !

A qui maintenant ?



Dominique

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Du noir et blanc à la couleur

Mais le silence restera silence

Quel dommage, j’adore l’énergie de cette danseuse et souhaiterais entendre le fond musical.

Je ne suis pas inspirée, je ne sais pas à quoi me raccrocher

Je relis le titre « Urban Danse Camp » et d’un coup me vient une idée

Est-ce un atelier d’écriture version danse urbaine ?

On vous branche une musique et hop, en piste, vous avez 3 minutes pour nous transmettre ce qu’elle vous évoque

Ou, racontez nous votre soirée d’hier soir, la petite impression du matin



Je t’aime, j’suis en retard, on lâche rien



Alors soyez prêt pour le prochain thème, vous n’avez pas besoin de votre stylo.



Déborah

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Déconcertée. Oui, c’est ça. Je suis déconcertée par cette vidéo. D’abord, j’ai cru qu’il y avait un bug : le titre cachait la danseuse. Puis, j’ai pensé que c’était une vieille vidéo à cause du noir et blanc. Bon la couleur arrive. Mais toujours pas de musique.

La danse proposée, c’est pas ma tasse de thé. Moi, en danse, ce qui me fait kiffer, ce sont les valses dans les films de Sissi. Ou la chorégraphie d’un concert du Nouvel An à Vienne. J’aime aussi un bon rock.

Mais là ! On dirait un pantin. La danseuse nous présente probablement un exploit technique. Mais bon ! On dirait qu’elle souffre ! Atrocement. Pourtant son visage rit. Oui ! il rit, pas il sourit, il rit. Alors, elle nous fait une bonne blague ? A moins qu’elle ne soit une plume baladée par l’air brassé par tous ces ventilateurs qui tournent ?

Elle arrête sa danse brutalement dans un éclat de rire. Les ventilateurs tournent toujours. Je ne saurai jamais. Souffrance ? Plume ? Blague ?...



Léonie






1)    Petite impression du matin



Je me suis levée pas trop tard, j'ai bien prévu le temps nécessaire pour me préparer. Tout va bien, je suis contente!

Tout à coup, mon regard quitte le miroir de ma salle de bain pour se poser sur ma montre. Je hurle intérieurement "oh! non, ce n'est pas possible! C'est déjà l'heure où je devrais être dans ma voiture". Déception et stress s'emparent de moi!

Enfin installée dans mon véhicule, je roule dans la rue quand une voix perfide murmure dans ma tête "est-ce-que le portail s'est bien refermé?". Alors, doute, angoisse et énervement m'envahissent! Je tourne à droite et je refais un tour de pâté de maisons pour vérifier mon portail. 

Arrivée rue du général Leclerc, je me trouve devant un grand dilemme "est-ce- que je me gare, maintenant, facilement, sur ce parking? Mais je devrai marcher longtemps et ce sera plus long." ou "est-ce-que je m'approche du centre ville avec la voiture? Et  j'irai beaucoup plus vite, mais je mettrai du temps pour me garer,  et les feux seront-ils verts ou rouges?". Je suis dans le trouble, l'hésitation et la confusion!

Finalement, je décide de me garer facilement sur le parking et de marcher plus longtemps et j'arrive à l'atelier d'écriture, à l'heure et contente  d'avoir pris la bonne option  et de retrouver tout le monde.



Evelyne

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Impression d’être en retard. Pourvu que je ne rencontre pas quelqu’un que je connais car alors là tout est foutu. Je speede un peu, sonne chez Christiane. Pas de réponse. .Cela confirme mon impression de départ. Je ne suis pas encore réveillée. Je mets en marche le pilotage automatique.



Anne-Marie



2)    Danse muette



Avez-vous remarqué la pendule là juste au dessus. Il est exactement 12h40. Pourquoi je vous indique l’heure. Parce que j’ai compris que la chorégraphie quasi hystérique de la danseuse  était tout simplement le symptôme d’une hypoglycémie. Vous savez ce malaise que l’on ressent quand le corps est en manque de sucre et vous envoie quelques signaux d’alarme. On voit bien qu’elle est souffrante cette pauvre fille. Elle se cache le visage, agite la tête, tape des pieds sur le parquet. A plusieurs reprises elle s’élance puis ploie sur le sol. Elle est prête à tomber, frappée d’inanition. Elle soulève son tee shirt avec une frénésie compulsive, montrant bien son estomac et son abdomen,  siège de douleurs intenses et atroces. Le public est là, quasi indifférent, goguenard, le sourire aux lèvres. Il ne comprend pas ce qui se passe et ne voit pas le danger de la situation. Y a t-il un médecin dans la salle ? Ou un bon secouriste à défaut ?  Pour moi son pronostic vital est engagé.



Anne-Marie


jeudi 10 janvier 2019

Atelier d'écriture du 15 décembre 2018


Pour cet atelier, deux phrases à écrire sur deux papiers, qui vont être mélangés. Chacun sera invité à raconter un rituel autour d'un moment de vie et à intégrer 2 phrases récupérées dans le chapeau. 





1)    Préparatifs



Ma valise est enfin bouclée

pour trois nuits, pas de quoi s'affoler

le dossier, les consignes, les papiers ...

ah oui, le téléphone, ses écouteurs et son chargeur

et puis "Mohammed, ma mère et moi" de Benoit  Cohen

Partir légère, sans oublier de fermer la porte à clé

Et dans ma besace, quelques pratiques méditatives

qui me portent pour ne pas oublier d'être heureuse,

laisser passer, couler, les idées négatives

laisser s'installer la sérénité

Ne pas oublier les béquilles

pour le retour dans trois jours

et me réjouir d'aller me faire réparer la mécanique usée

et, bientôt

ne plus souffrir

ne plus boiter

et pouvoir à nouveau galoper.



Hélène

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Comme chaque année, grande fête au Réseau. Qu’allons-nous faire ? Les propositions fusent…

D’abord, le repas partagé, c’est traditionnel. L’exposition de réalisations, des échanges… inviter un apiculteur ? Ah oui, c’est d’actualité avec le frelon asiatique qui s’invite dans les ruches ? Moi, je ferai une démonstration de décoration sur des œufs ; j’ai vu ça en Roumanie, c’est superbe ! Et il ne faut pas que j’oublie le petit œuf de caille découvert ce matin dans le poulailler, avec ses petites tâches, ce sera du plus bel effet.

On pourrait proposer à Michel de faire un exercice de Yoga avec les personnes de son groupe, ça peut donner envie à d’autres. C’est important de penser à bien respirer et de se centrer sur soi, sur son ressenti.

Et puis il y a la décoration de la salle, quelques chants, là aussi il faut respirer.

Bon encore un trimestre bien occupé. Le bénévolat, c’est bien. Mais qu'est-ce qu'on travaille!!!



Michèle

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Le stress gagne toute la famille lorsque le jour du déménagement est arrivé ! Il reste tant de choses à effectuer ! Les quelques cartons à finir, la cage de Jojo, la peluche bleue qui trône dans le salon à emporter. Le canapé rouge à amener jusqu’au camion. Il ne faut pas oublier non plus d’aller à l’atelier pour ramener quelques outils qui restent encore sur l’établi. Mais surtout, surtout, NE PAS OUBLIER DE VIVRE LE PRESENT !

Calmons-nous, tout va bien se passer…



Mathieu

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Nous venons, mon mari et moi, de décider de partir en voyage, mais où partir, dans l’hémisphère nord, dans l’hémisphère sud ?

Il fait froid en France cet hiver, nous choisissons donc le soleil, mais dans un endroit non pollué, au bord de la mer par exemple, puis on n’aura pas à s’encombrer de vêtements. Un maillot de bain, un paréo et le tour est joué, sans oublier les tongs et le chapeau.

Nous voici partis pour le Brésil et là-bas, nous achèterons un sombrero !!

Après toutes ces discussions, nous avons la tête en vrac mais quelle importance puisque nous fuirons les maux d’hiver. Et là-bas nous trouverons de belles cartes postales que nous enverrons à nos enfants avec quelques mots d’hiver pour les aider à vivre leur hiver et beaucoup de mots de soleil afin de les aider à supporter le froid et en même temps les faire rêver.



France



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Les aventures de ma grand-mère



Il y a bien des années, l’hiver était froid, très froid, pas un petit -4°C, non -20°C et ça pouvait descendre encore. L’endroit où se passe cet évènement s’appelle la petite Sibérie. Dans les maisons, il y avait souvent une pièce très chaude, la cuisine ou le poêle, la pièce s’appelait bien poêle. Là les températures voisinaient les 25°C. Pour arriver dans cet espace, il y avait des sas, véranda, couloirs où la température était inférieure. Mémé sortait peu et toujours vêtue chaudement : chemisette coton- chemisette laine- petit pull- gilet- gros gilet- manteau. Elle n’oubliait jamais de mettre son chapeau pour ne pas geler les oreilles, mais son chapeau laissait dégager une de ses oreilles. Le froid était si intense que l’extrémité de son lobe d’oreille a gelé, aïe, ça fait mal et notre mémé a eu désormais une oreille bizarre, un peu tordue. Mémé nous racontait volontiers son aventure, elle était pressée, c’était juste avant Noël, elle avait déjà installé le sapin qu’elle callait dans une botte noire en caoutchouc sur le petit meuble de la cuisine et comme les gosses, c’est comme ça qu’elle nous appelait, devait venir chercher leurs étrennes, elle était allée jusqu’à la boulangerie acheter quelques sachets de pièces en chocolats. En chemin, elle avait croisé une drôle de petite fille avec des savates, c’est aussi comme ça que les chaussons s’appelaient dans ces contrées, une petite robe légère et surtout des allumettes à la main, qu’elle allumait les unes derrière les autres. A cette époque, les gens dans la rue n’étaient pas encore des SDF, Sans Domicile Fixe, mémé s’est tout de même dit que ce n’était pas trop normal cette gamine perdue dans le froid. Du coup, à la boulangerie, elle n’a pas oublié de penser à elle. Elle s’est dit que c’était une gamine en souffrance et qu’elle n’avait rien à faire dans la rue à cette période. Mémé du coup lui a acheté des pièces en chocolat et sur le chemin de son retour, l’a cherché partout. Son oreille qui dépassait, s’est trouvée gelée. La gamine ? Elle ne l’a pas retrouvé. Mais dans le ciel, il y a eu comme un télescopage de nuages et elle a cru voir la vieille Germaine, morte, il y a quelques années avec à sa main une gamine en robe blanche. Mais son oreille gelée était, peut-être source d’hallucinations.



Ghislaine



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Le Mariage de Julie



Toute famille a au moins une célibataire qui a résisté à la tentation d’alourdir son annulaire : après des décennies d’immobilisme, patatras ! ma cousine Julie a craqué pour un bellâtre plus assidu que les autres. En m’annonçant la « bonne » nouvelle, elle déclara que j’étais désignée comme reporter de l’évènement. En chargeant les bagages dans la voiture, avant la grande migration vers le lieu du rassemblement familial, ma petite voix me souffla : « Ne pas oublier de prendre des photos ! » Zut, mais où vais-je mis l’appareil ? Quand l’avais-je utilisé pour la dernière fois ? Pour l’enterrement de vie de « jeune fille » de Julie ?! Le retour mouvementé de cette soirée m’avait plongée dans des brumes mémorielles…

Le voilà, camouflé sous un tas de pulls. Juste 2h de retard…

Je suis arrivée sur le lieu du crime, en plein essayage de « la » robe, aimablement accueillie par la mère de « l’élue » du jour, qui m’offre une tasse de café.

« Tu viens me photographier. Je veux voir à quoi je ressemble avant la cérémonie. »

Mon appareil, la tasse à café, les photos ; ne pas oublier de penser que ma tasse à café est parterre et qu’il ne fait pas la renverser !

Moi, je n’ai pas oublié mais Julie n’a pas vu ! En spécialiste du foot féminin, elle shoota et plash, une flaque colorée sur la robe !



Dominique



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Le compte à rebours a commencé : départ dans 24 heures pour la Bretagne. Déjà plusieurs lignes sont barrées sur la liste qui fera déborder les valises. Les vêtements bien sûr, les médocs pour les petits bobos, un bouquin pour s’occuper sur la plage, tandis que les enfants barboteront. Surtout, pour éviter un drame, ne pas oublier la tortue Ninja. Et se souvenir, quand nous irons nous coucher, pour ne pas froisser Tantine, de faire notre prière du soir. Clin d’œil à Eddy Mitchell.



Marie-Laurence



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A la maison, je suis comme un coq en pates, le coq c’est bon. Mais le coq avec des pates, ça ne me convient pas, surtout quand cela n’est pas salé. Par contre j’aime les pates quand elles ne me collent pas au palais. Et mon palais n’aime pas le salé.

Surtout que je n’ai pas oublié d’aimer mon palais.



Michel

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En cette période de festivités, gâchée un peu cette année par des évènements dramatiques, il y a tout de même une chose qui doit nous rassembler; je formulerai cela en un seul mot qui résume tout et qui est universel "AMOUR"
Ce mot qui peut paraître désuet, utopique mais qui reste un grand principe et qui peut se manifester dans les petites choses simples de la vie de tous les jours; comme cette recommandation qui peut sembler mineure pour certains, mais qui pour moi revêt une importance capitale: "NE PAS  OUBLIER DE NOURRIR LE CHAT DES QUE JE M'ABSENTE"...
En effet ce petit compagnon est une véritable boule d'amour qui ne me déçoit jamais, auquel je tiens beaucoup et lorsque je dois partir, je m'organise pour qu'il ne manque de rien!

Christiane  













2)    Faim ou Fin



Quand c’est la fin, fini la faim



Fin et faim sont en bateau, faim tombe à l’eau. Qu’est-ce qui reste ? Rien

Faim et fin sont en bateau, fin tombe à l’eau. Qu’est-ce qui reste ? Un ventre qui glougloute méchamment et rien à se mettre sous la dent.



Ghislaine

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J'ai faim de fin

ça suffit

stop

il faut que ça s'arrête

je n'ai plus faim

je n'en peux plus

je n'en veux plus

c'est fini

arrêtons de bouffer

apprenons à déguster

fini les estomacs dilatés

comme un petit oiseau j'apprends à picorer

pour ce qui est de manger

mais aussi de dépenser

de consommer.



Hélène



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Le loup noir surgit des bois en hurlant au lapin :

- « C’est la fin de ton chemin, ma faim n’a pas de fin ! 

- Comment ça ta faim n’a pas de fin ? C’est absurde ! Toutes les faims ont une fin ! Si tu crois que ta faim est sans fin, c’est que tu n’es pas très fin…

- Moi ? Pas très fin ! Je suis très fin et j’ai d’ailleurs très faim aussi ! Ma faim n’a pas de …

- Oh ! Stop ! Arrête avec ça !, cria le lapin, caché dans des buissons environnants.

Tu ne me trouveras pas ! Pas de chance, c’est la fin de ton dîner ! »



Mathieu



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Pascal Quenfin, quand la faim d’écrire lui vint, la fin de communiquer avec nous, dirent ses parents, est arrivée. Car écrire n’est pas une fin, mais un moyen de communiquer sans fin avec ce parchemin, se déroulant sans fin, sous les yeux de l’écrivain, jusqu’à la fin des siècles et des siècles, Amen.



Michel



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Ce n’est pas la fin, mais j’ai déjà faim.

Et si le fin du fin est de ne pas avoir faim,

Comment en finir sans tourner en rond ?

Car on n’en verra pas la fin et on aura toujours faim !

Non, çà n’est pas très fin…

En fait, de quoi ai-je faim ?



Michèle

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Le fin du fin est de n’avoir pas faim sans fin. Car enfin, la faim a une fin alors pas de repas sans faim. Mais la fin des repas, c’est la fin de la convivialité, et avoir faim de repas, c’est le début de la boulimie. C’est le fin repas qui aiguise la faim sans fin.



Dominique



Les courses chez Leclerc. Aujourd’hui c’est la corvée rituelle du mois : les courses chez Leclerc. L’homme m’accompagne et va tenter de me seconder. Une fois par mois  ce n’est pas trop lui demander. Mais sa stratégie est la suivante : Ne pas savoir, ne pas maîtriser. Alors fi de la liste des courses, tout est dans  mon cerveau. La tête et les jambes vous connaissez ?
Coincés au rond point par les gilets jaunes, devant leurs revendications d’un pouvoir d’achat accru, cela me fait penser à : ne pas oublier de faire mes impôts.  Bientôt midi et j’ai faim. Mais ce n’est pas la fin des haricots. D’autant plus que  la famine ne nous guette pas dans notre beau pays. Car sinon  ce serait vraiment la fin des haricots.

Anne-Marie