mercredi 10 mai 2017

Atelier d'écriture du 8 avril 2017





 
Bouton marron. Tu es marron comme. Petite plate forme trouée
Bouton trublion dans le tronc de l’église ; tu pourrais nous conter toutes les oppressions que tu as vécues. A la tombée des pièces d’argent, sonnantes et trébuchantes. Où même les brigands qui te hantent ne t’aimaient pas vraiment quand ils aspiraient le fruit de la quête. Seulement les personnes modestes pour te mettre sur une veste qui lui convenait, conviendrait et du reste désormais, jamais plus tu ne vivrais seul dans la froideur des troncs. Oh oui ! Jamais plus tu ne vivrais dans cette petite boite très étroite bleu camaïeu attirant les yeux des esthètes, bleu qui prendrait la tête
Et maintenant, tu pourrais enfiler ces 4 fils de soie scintillant dans la lumière, et te plaquer sur cette veste d’une personne modeste, qui aurait perdu le fil de l’histoire du fil disparu, par la fatigue des années qui filent et défilent
M

Dans la boite de Virginie, il y avait des beaux timbres de tous les pays possibles ! Moi qui avait horreur de bouger, je voyageais par la pensée vers des horizons inconnus. Mon « chez moi »     simplement se remplissait de fleurs exotiques, tapissant de couleurs éclatantes les murs. Des oiseaux mouches voletaient dans la pièce, échappés de la volière aux canaris ; Les rougails pimentés remplaçaient le cassoulet du repas de midi. Le thé du bois joli parfumait ma bouche avant de glisser dans les rêves de la sieste…
D

Kabic, enfance, école, bleu, pluie, laine, chaleur, bois, flammes- boite à merveilles, maracas, souvenirs, curiosités, beauté, créativité
A la manière d’un souvenir.
La boite à boutons de mamie. Un jeu des après-midi pluvieux où pour s’occuper elle la renversait sur un plateau : « choisis en un » Difficile choix parmi toutes ces merveilles, entre formes et couleurs. Après le lui avoir présenté, elle me racontait de quel vêtement il provenait, à qui il appartenait, pourquoi avait-il été acheté. Toute l’histoire familiale défilait alors… puis consigne m’était donnée de le coudre sur une enveloppe de coussin : le « Doudou aux boutons ». Il fallait choisir la couleur du fil, la bonne dimension de l’aiguille : la difficulté de la technique, le quatre trous, deux trous m’amenait parfois à guider mon choix antérieur. Au bout de quelques mois il n’y eu plus de place ! le coussin trôna alors sur le fauteuil de la salle à manger, matérialisation de ces moments d’échanges et de bonheur… (l’heure bleue)
D

La main, les doigts qui plongent dans les boutons. Le bruit métallique et indescriptible de tout cet amas brillant, terne, coloré, bigarré, rutilant, astiqué, doré, sombre, gris, multicolore
Nostalgie, trésor. Boite à merveilles. Assortiment, création, camaïeu de bleu Souvenir
Petit bouton rose. Avec sa fleur au milieu. Oh ! je t’avais cherché pendant si longtemps. Petit bouton rose. Avec ta fleur au milieu. Oh ! Je me souviens de ce jour. Ce jour où j’étais si heureuse. Ce jour où j’étais si curieuse. Ce jour où tout a basculé. C’était un jour de juin. J’étais parti avec mes copains et copines. Nous nous étions retrouvés le matin, devant le terrain de camping. Un nouveau venu Pierre, le frère de Sandra, avait voulu se joindre à nous. Je le vis et mon cœur se serra dans ma poitrine. Nous décidâmes de partir vers le port. Alors un pêcheur nous proposa d’embarquer sur son bateau. Ce que nous acceptâmes d’un commun accord. La mer était calme. J’eus alors la curiosité de soulever le couvercle d’un coffre. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir le coffre rempli de boutons de toutes formes, brillants, ternes, dorés, bigarrés, j’y plongeais ma main et au milieu des boutons se trouvaient des boutons doux au toucher, brillant. Mais oui ! Cela ressemblait à des louis d’or… Je sentis une présence derrière moi. Je me relevai et me retournai  face à face avec Pierre.


E

Dans la boite de Laura il y avait une flute. Cette flute je l’entends encore dans l’église Saint Pierre où l’orgue gronde, vibre dans la somptuosité du lieu qui enchante par ces dorures clinquantes au soleil du dehors traversant les vitraux et nimbant l’intérieur de cette cathédrale que je fréquente depuis mon catéchisme ; vêtu de mon costume comme de coutume, chaque dimanche que le calendrier exhume pas à pas, sur l’allée centrale.
M
- - -  boîte et tiroir à boutons :  matières, couleurs, formes, bruits, contenants, assortiments, créations  ...
Avant mon mariage

Je fus mise à l'ouvrage
Dès l'enfance à la pension
Les sœurs nous apprirent à coudre les boutons 
Puis en grandissant les points de broderie
Dans toutes leurs minuties
Sur fond beige de fils rouge
Lignes et chemins qui bougent 
De retour à la maison
Avec Petite Mère nous raccommodions
Et remplacions tant de boutons 
Devant la petite table de travail
Où épingles, fils et boutons sont bien rangés dans les boîtes en métal
La fenêtre entr'ouverte
Sur le printemps et son herbe si verte 
S'étire le temps
Où la vie coule dedans
Pour préparer mon trousseau
De ce jour nouveau

H.


- - -  début de phrase de ma voisine  :  " Dans la boîte de mon père, il y avait des vis " ... 
Dans la boîte de mon père il y avait des vis
Des vis à bois
Qu'il  saisissait de ses gros doigts
Il bricolait
Toute la sainte journée
Il fabriquait
De tous petits objets
Ou de plus gros qui avaient tous leur utilité
Et il nous les donnait
Nous les distribuait
Au gré du temps qui passait
Certains se sont envolés
D'autres sont dans mon jardin secret
Et un jour je te les transmettrai
Moi qui ne sait pas bricoler


H.

dimanche 7 mai 2017

Observatoire de lecture d'albums du 2 mai 2017



Marie-Anne-Marie- Marie -Laure- Chantal- Michele- Dominique – Marie-Thérèse- Stéphane-Christine- Marie- Gilles-Ghislaine ont participé à cet observatoire. Les expériences de lecture ont été partagées.

Des sites à aller explorer

Les guichets du savoir http://www.guichetdusavoir.org
Un autre outil de recherche par supports, thèmes et  émotions- http://culturewok.com

Les livres des lectrices

« Max et les Maximonstres » Maurice Sendak paru en 1973.Les lectrices témoignent, les enfants adorent les monstres, ce qui fait peur. Avec Max ils sont ravis. Un classique de la littérature jeunesse







Marie, lectrice Lire et Faire lire, utilise l’album « L’arbre roux » de ses enfants. Paru en 2001. Ces livres étaient vendus suite à des prestations théâtre dans les écoles par la compagnie « Les trois chardons ». Ces livres ne sont plus dans nos fonds médiathèque.











Les enfants et Dominique ont adoré à la Ritournelle « Pas sage » d’Alex Sanders. Un loup qui ne se lave pas, qui mange les enfants. Les enfants de la halte-garderie sont fans. 








Chantal aime « Ami ! Ami ? » Chris Raschka Joie par les livres. Peu de texte 39 mots exactement, mais une belle histoire sur l’amitié, la fraternité. Les enfants adorent. 









L’effet Reine des neiges.


Les petites filles ont des tee-shirts, des chaussures, des robes  Reine des Neiges. Elles voudraient des livres Reine des neiges. A la médiathèque, nous avons les versions Andersen, mais les petites lectrices ne retrouvent pas les personnages du dessin animé



Nous n’achetons pas à la Médiathèque  les versions Walt Disney qui sont mal fait, mal écrit. Les livres réamorcent un souvenir, mais les enfants ne retrouvent pas la magie du film et ces livres ne sont pas du tout adapté à la lecture en groupe.









Kirikou a mieux été repris dans des albums où la cadence du récit est respectée.








A voir une parodie de la chanson de la Reine des Neiges par une enseignante excédée par les livrets scolaires. Libérée des livrets https://www.youtube.com/watch?v=rBolIW1pxdE

Donner envie d’emprunter et de lire les albums

Pour cet observatoire les albums choisis par les bibliothécaires sont posés sur une table, bien en vue. Anne-Marie trouve que ça donne envie de les prendre.
Les lectrices aimeraient trouver des livres classés par thème : les loups- la peur…
A réfléchir pour la réouverture de la médiathèque en 2018. 
"Tout autour" d’Ilya Green Didier jeunesse
Le livre est d'abord présentés sans être lu. Les illustrations du début sont paisibles, mais le livre traite de la mort de la mère. Lire les ouvrages en amont de la lecture partagée avec les enfants est indispensable. "Tout  autour" est un livre magnifique qui évoque la mort et la vie qui se reconstruit autour de l’absence. 



Sur la même thématique, « La croûte » de Charlotte Moundlic illustré par Olivier Tallez Père Castor Flammarion. Un livre sensible qui ne traite pas d’une simple chute de vélo. 






« Je suis la méduse » Béatrice Fontanel Alexandra Huard Les fourmis rouges
Un  livre qui oscille entre documentaire et fiction, des illustrations lumineuses. La benjamine de Christine a fait des cauchemars trois nuits de suite après la lecture de cet album qui devrait pourtant nous réconcilier avec les méduses. Peut-on toujours maitriser ce qu’une lecture déclenche chez l’enfant ?


 « Un grand jour de rien » de Béatrice Alemagna Albin Michel Jeunesse. Un livre à lire aux enfants scotchés au console de jeu. Les commentaires après la lecture, mais qu’est-ce que c’est que cette mère qui ne veille pas au danger (de noyade) encouru par son enfant. L’image de la glace qui reflète le père absent (mort ou parti ? ) est troublante. A explorer par les lectrices. 




« Didgeridoo » de Frédéric Marais  Les fourmis rouges Un conte d’origine magnifiquement illustré, que Marie la bibliothécaire a utilisé avec des petits et qui a bien marché. Trois couleurs seulement sont utilisées par Frédéric Marais. Tous ses albums sont ainsi faits et sont à découvrir. L’illustration sert le propos et les enfants y sont sensibles. Peut-être avoir une photographie de l’instrument . Au cours de sa lecture, une adulte présente a fait écouter à partir de son téléphone le son du didgeridoo, une utilisation intéressante du téléphone portable qui  nous embête souvent lors des lectures.
« Elle tourne comme ça » Martine Laffon et Mayumi Otero(illustrations) Un livre lu à des 6-7 ans qui a bien marché. Les enfants adorent la page où un des géants soulèvent la mer.
 « Lotte, fille pirate » et « Tempête » de Sandrine Bonini et Audrey Spiry  Sarbacane. Lotte vit avec ses parents dans une ferme de la savane africaine. Elle déborde de vitalité. Elle est débrouillarde, téméraire et insouciante. Elle ne s'ennuie jamais et elle n'a peur de rien. Son compagnon de jeu est Igor le toucan. Un livre pour partir à l’aventure, accumuler des trésors dans un tourbillon de couleurs.
Pour "Tempête", le tourbillon de couleurs décoiffe. L’album permet aux enfants d’accéder à un monde parallèle ébouriffant et qui frôle l’art contemporain. A lire sans modération aux enfants à partir de 6 ans, si soi-même on accepte d’être secoué par la tempête.







Un conte de randonnée
« Loup gris et la mouche » Gilles Bizouerne Ronan Badel Didier Jeunesse Un livre zubilatoire, avec un loup qui manze une mouss. Ronan Badel a rencontré des enfants de Grande Section et CP  dans le cadre d’un projet Passerelle 2017. Zénial cet auteur illustrateur. 







"C’est écrit là-haut" de Claudine Desmarteau Seuil Jeunesse. Un livre sur le destin et sur l’alcool. Ou comment un jeune garçon va se prendre en main « Soit c’est moi qui décide ce qui est écrit là-haut, soit c’est écrit là-haut que c’est moi qui décide. » A lire sans modération. 







 "L'ascenseur de Petit Paresseux" Tomoko Ohmura Format à la vertical qui correspond à l'arbre où vit le petit paresseux. Une descente de l'arbre en douceur avec plein d'amis, un plouf  et un ascenseur inattendu .  Un livre lu chaque soir par Christine, sa fille ne s'en lasse jamais.

 

 

 

 

Les sélections de Gilles

 « Une nuit où je me sentais seul » Xavier Armange
Un livre graphique, très « japonais » avec des clins d’œil à Hokusai. Un tsunami qui engloutit et un monde qui se reconstruit.





« La promesse de l’ogre » Rascal Régis Lejonc  Ecole des loisirs Une livre sur une promesse non tenue.









 « La rue qui ne se traverse pas » Henri Meunier Régis Lejonc Editions Notari  Un garçon d’un côté de la rue et une fille de l’autre, entre deux un gouffre et des moineaux et au final une histoire d'amour.








« Pas facile l’amitié » Ingri Egeberg Edition Etre. Stéphane, enseignant, l’utilise avec des adolescents en leur disant « Vous allez détester et moi j’adore ». Le livre permet d’enclencher des discussions.






 « Le meilleur livre pour apprendre à dessiner une vache »  Hélène Rice Ronan Badel chez Thierry Magnier. Un drôle de livre pour faire dessiner des vaches aux enfants … ou des crocodiles ??



Des livres pour reprendre son souffle

 « Une lettre ça change tout «  Valérie Yagoubi Agnès Audras Seuil jeunesse
Des variations autour des boules et des poules, des cerceaux des berceaux. Livres à jouer, vous connaissiez déjà « Méli-Mémo de mots » même auteur et illustratrice.







 « Le ruban » d’Adrien Parlange
Un imagier tout en finesse.
Les lecteurs et  lectrices sont invitées à aller découvrir l’œuvre  d’Adrien Parlange « L’enfant chasseur » , livre peu attractif dans un premier temps, selon les personnes présentes, mais qui mérite d’être découvert. C’est aussi un livre jeu avec un feuillet transparent qui permet de faire apparaitre des animaux dans l’image. 



Un livre sans texte

« La danse de la mer » Laëtitia Devernay La Joie de Lire
Des papiers découpés, un livre poétique et écologique. A parcourir plusieurs fois avant de le proposer aux enfants. 





 Les livres rapidement présentés en fin de séance



« A l’école Il y a des règles ! » et « En famille Il y a des règles ! » Laurence Salaün Emmanuelle Cueff Gilles Rapaport Seuil Jeunesse









« L’enfant et le cerisier » Mark & Rowan Sommerset Alice Jeunesse 








« La maison dans les bois »  d’Inga Moore Ecole des loisirs clin d’œil à Christian Bruel qui l’aime beaucoup 








  

Pour finir un livre qui résiste.

 Nous vous invitons à le découvrir et nous en reparlons au prochain observatoire…
 « La visite » de Junko Nakamura Editions Memo

jeudi 27 avril 2017

En avril ne te découvre pas d'un fil !!!

Photo Pixabay : openclipart-vectors


 Pierpoljak -album chapeau de paille - "Le mana" //  King of Leon - album walls - "walls" // Vianney - album Vianney - "Moi aimer toi" // Cocolate Genius Inc. -album - "Detroit" // Yak - album Alas salvation - "Harbour the feeling" // Camille et Julie Berthollet - album Oeuvres classiques pour violon et violoncelle -"Palladio" // Mado et les frères pinard - album Pantin - "Pantin" //Mr Oizo - album All wet - "Ok then" // Macy Gray - album Stripped - "I try" // H-Burns - album Kid we own the summer - "Kid we own the summer"


 
Bonne écoute à tous ! Nos CD sont disponibles dans les bacs de la médiathèque.

jeudi 30 mars 2017


Printemps des poètes 2017 à la médiathèque: Afrique[s]

Ateliers poétiques des 4, 11 et 18 mars animés par Sabine

Merci aux participants dont vous pouvez lire les contributions ci-dessous :

 Texte de Léonie Chaveton d'après l'exercice suivant : choisir des mots à l’écoute de poèmes divers (Anthologies de la poésie africaine ; recueil de L.G. Damas ; œuvre poétique de Senghor ;  poèmes de Glissant ; de Tchicaya U Tam'si ; etc.) les mélanger puis constituer un poème avec ces mêmes mots dans l’ordre de leur tirage.
 
Calebasses de miséricorde

Le souffle tiède de la Terre
Me fait choisir l’hospitalité de la Vie.

La Miséricorde de la Vie,
En calebasses débordantes,
Allège le surpoids de ma vie
Et calme le feu dévorant de l’envie.

Les doigts de la Terre,
Recouverts du miel de la douceur,
Changent le sentier brûlant de l’enfer
En chemin de paradis
Protégé du cocon de la nuit.

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Réflexion sur l'inspiration, les techniques et les conditions d'écriture et la forme définitive.

3 poèmes sur le thème imposés de l’Afrique de Sylvie Pelcat


Ô toi si belle terre

Ô toi si belle terre
Terre des ancêtres
Terre de vivants
Ce doux chant que tu entends
Amour reviens avant que tu n’enterres

Tes fléaux avec si peu d’eau
Tes animaux si beaux si chers
Tes hommes tes rivaux
Protégeons mais ne laissons
Ces vautours te détruire

Ce doux chant que tu entends
Vole dans le souffle du vent
L’oreille que tu tends
Vers l’horizon de tes déserts
Se promène sur ces terres
Dans tes brousses, tes villages, tes villes

Savane sauvage
Saccage urbain
La nature de pleins droits
Le commerce des lois
L’homme sage
Constate, son appel est divin

Des remèdes coulent sur vos terres
Pauvre de moi, qui te possède ?
Quel esprit maléfique sous son masque
T’empêche de voir clair
L’horizon qui s’efface
Ces sorts vaudous qui t’encrassent
Te laissent des traces
Des épidémies
La magie des marabouts ne suffit
Protège tes esprits, suffit-toi !

 La nuit serait douce
(d'après le souvenir d'une conversation téléphonique avec une amie en Côte d'Ivoire)

La lune de son éclat
Elle éclaire ma nuit
Les étoiles scintillent
Je les regarde de mon lit
La fenêtre ouverte
Une chaleur étouffante
Dans l’attente

Au loin, ils bombardent
Je regarde ceux qui ce soir
Peut-être sera leur dernier
Vient une main sur eux
Rassurante, confiante
Elle se pose comme l’espérance
Qui vient recouvrir nos nuits

Le ciel au loin comme un tonnerre
Sa foudre et ses éclairs
 Surveille mes lendemains
Le massacre sur la ville avoisinante
Se rapproche lentement
Je le sens si proche
Venir vers moi comme un cauchemar

Ce cauchemar que même endormie
Se rapproche
Les combats, ce sanglant ménage
Tombe sur ma maison
Auront-ils gagné ?
Sinon, demain c’est sur moi
Ma famille que cette pluie de balles
Viendra déferler

Une prière Seigneur
Donne-moi encore cette nuit
Une nuit encore, un jour
Une victoire
Chaque jour une victoire
Quand la guerre rode alentour
Vivante, rester en vie
Ce combat est mien, nôtre
Que veulent-ils ? Un territoire
Désert de cadavres.
  
 Afrique


Les mots me prennent
Se déroulent sous mes pensées
Un tapis se déplie
On s’assoit dessus
Un plat pour seul appui
Un repas des amis
Des regards profonds du soutien
Solennel mais cruel
Quand on pense aux siens

Je suis ici eux sont là-bas
Dans la misère on s’unit
On bâtit des liens
Dans ce village danse
Rituel pas de duel
Un semblable émerveille
Se met en transe
Un soir de longue veillée
Il m’ensorcèle
Son regard est plus dense
Que la Savane environnante

Quelle part me manque
Quelque part elle m’attend
Bien des espérances
Une paix sous ma peau brûlante
Traverse mon continent ses habitants
Mon identité me guide
Mes pieds sur son sol
Ma tête sous son soleil
Mes plaies sous son eau
Me recouvre d’un lambeau
Comme cette terre qui est mienne.
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1 poème sur le thème imposé de l'Afrique de Michel Moreno (hommage à Nelson Mandela)

 Noir en Afrique du Sud,

Mais enfin Libre

Cette peau martyrisée,
Par les temps de l’esclavage
A flétri ta noirceur
Regarde-la briller, enfin
De ses charbons ardents,
Attisés au Vent de la liberté,
Sur ta peau lustrée,
Réverbérant toute lumière,
Tel un lambeau de cuir,
Ravivant chez nous
La chaleur de la fraternité retrouvée,
Animée par une flamme africaine,
Qui naît et renait,
Chaque jour en toi,
Dans un Oasis de paix.
Enfin ravivée,
Cette flamme de paix,
Source de fraîcheur,
Source de la joie retrouvée,
Rayonnant pour nous tous,
Dans un Monde,
Palpitant de bonheur,
Pour ton Peuple
Qui dans ses rêveries anciennes,
Annonçait, sous la pulsion
D’un tam-tam battant la chamade,
A vouloir te faire chavirer
Toutes nos Nations
Dans l’axe de ton Soleil
Cette paix s’est enfin révélée
Au sommet de ta Puissance
De Paix et de fraternité.

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1 texte sur le thème imposé de l'Afrique de Céline Hardy et sa fascination des félins et des merveilles de la nature.
 

Rêves dans un écrin

Je ferme les yeux. Parmi le bruissement des feuilles taquines,
La nuit rauque, de sa voix de contralto, féline,
Me frôle, avec sa fourrure d’ébonite, et tiède,
La panthère allume ses iris flavescentes qui m’obsèdent.

Mon rêve, en cet instant, labile, mes mots insomnieux,
Où le Nil rampe, fascié de cuir et de lanières,
Entre les roseaux hoquetant, qui couvaient, parcimonieux,
Ses caïmans homochromes, dans l’expectation des eaux aurifères.

La récession des nues Girondes, aux panses replètes,
Gravides, brimbalaient, dolentes et anémiques,
Telles des parturientes, accouchant, qui allaitent,
Leur ouvrage poupin dans l’alaise ponantaise et balsamique.

Dans l’infinitude du ciel céruléen, sans prologue,
S’ébattaient, là, des balafons, allaires et vaporeuses,
Sous les fragrances liquoreuses des hibiscus, que lapent les pirogues,
Et qui venaient emplir les vasques ouvertes de l’horizon aux coulures rubigineuses.

Parmi les nebkas qui chaussaient de leurs pièges arénacéens,
Leur prise ingénue et haletante, le vent vermillait perfide,
Les vieux sillons qui désavouaient les secrets ammophiles et spumescents,
Sous les claquantes chélicères des scorpions et arachnides.

La pluie piquetait avec véhémence, la vertèbre fragile des palmeraies,
Où les fanges de banco roulottaient les troncs toussotant,
Sous ce chromatisme immensurable et immodéré,
Qui coulait dans les grandeurs spasmophiles, d’or cuivré et de sang.

La panthère aérienne, avec les accorts du polatouche,
Mimait le jeu d’occultation, parmi les fourrages spéculaires.
A aller, venir, s’évanouir, intemporel et farouche,
Avec la même grâce augustinienne, d’un funambule des airs.

Sous les soulanes flatteuses, s’enorgueillit sa silhouette mirifique,
Qui dansait avec les blondices d’une almée, délictueuse,
Aux élans zéphyriens, et effleura les hibiscus narcotiques,
En s’emparant des joailleries ivoiriennes sur ses courbes nerveuses.

Les informes chameaux se trainaient, au bas nonchaloir
Sous l’infamie de leurs bosses symptomatiques,
Et amusaient le malandrin, ce fauve sur son séant de cuistre noir,
Qui, extatique, ruminait son art apollinien, en cet instant sabbatique.

Cette danseuse Venda, de son torse ondulant et d’alabandine,
Semblait s’accordait aux sons polyphoniques et voluptueux,
En silhouettant son corps de bronze, sous son masque d’arlequine,
Parmi les espaces vivriers, sourds et soucieux.
 
Dans le soir aurifère, les girafes assombries en noirs pantins,
Se désarticulaient, le cou pantelant et accablé,
La tête dodelinante et incurieuse, au vent sanguin,
Laissant choir leur ombre infidèle sur le fleuve troublé.

Au ponant, les rivières crissaient sous l’or fondu,
Du soleil veuf et hémogène qui venait y confier,
Ses opimes, sur les lisières coralliennes et prétendues,
Que venait pourlécher les eaux miellées et assoiffées.