vendredi 19 février 2010

Des fraises sauvages et des écrans

Ou une réflexion personnelle sur la manière de regarder un film.

Tout a commencé par la (re) diffusion de ce film de Bergman sur la chaine télé Arte 'les fraises sauvages' il y a quelques jours.



Ce fut l'amorce d'une conversation avec mon collègue de salle qui se poursuivit autour de Bergman, ses autres oeuvres et d'autres films dits cultes pour tout cinéphile.

Plus tard, je me surpris à réfléchir à ma pratique de visionnage des films.
- J'adore voir un film sur grand écran dans une salle de cinéma
- J'aime aussi voir un film en VO même si c'est une langue inconnue asiatique ou scandinave et les sous-titres ne me gênent pas
- J'aime les séances 'collectives' où les spectateurs réagissent en bon public mais pas celles où je suis coincée par des voisins sans gêne ou des spectateurs qui ne viennent pas pour voir un film en particulier et dont on ne sait pas vraiment pourquoi ils sont là...
Par conséquent je fréquente volontiers les salles 'Art et essai' et seulement en désespoir de programmation les multiplexes.



Aller au cinéma me permet de m'endormir dans le noir si le chef d'oeuvre projeté s'appelle 'Scènes de la vie conjugale' du déjà nommé Bergman, de pleurer comme une madeleine pendant un drame, de ne pas regarder les images trop stressantes des films d'horreur et de ne pas me retenir de rire avec un Woody Allen.
J'ai aussi des souvenirs attendris de projection au coeur de l'été de 'Star wars' sur écran géant, en plein air et toute génération confondue, ça avait de l'allure...

Et pourtant, à côté de combien de films serais-je passée si je ne suivais pas également le petit écran : celui de ma télévision ou celui de mon PC équipé d'un lecteur DVD bien avant mon salon.



- Mon téléviseur récemment devenu écran plat, haute définition etc... me permet de voir ou revoir des films qui ne sont plus projetés en salle, des films grand public, des films de ciné-club, des films étrangers peu connus comme 'Sonnenallee', de nouveau merci Arte, tous ceux que j'avais prévu d'aller voir mais pas eu le temps et tous ceux qui ont droit à un repêchage parce que bof à leur sortie....

Avec l'arrivée du DVD, ce fut encore différent, vive la technique.
Je peux 'rembobiner' si je loupe un détail, zoomer sur une image, faire défiler le générique à une vitesse raisonnable et jusqu'au bout.
Je peux mettre la musique aussi fort que je veux, parler avec mes amis et ma famille sans gêner les autres et même faire des pauses à la demande.

Je me suis laissée dire que le métissage 'grand et petit écran' peut produire le summum et qu'il s'appelle home-cinéma. Certaine collègue a récemment expérimenté dans ce cadre et positivement le film retraçant les quelques jours de délire du festival 'Woodstock'. Du confort sans se déplacer et du rendu son et image sur grand écran.

Bien sûr, d'autres visionnent déjà sur d'autres formes d'écrans nomades et mobiles mais pour moi l'obstacle reste que la pratique est individuelle. Peut-on réellement partager frissons et émotions sur quelques centimètres carrés d'écran ?



Pas sûr, mais la course effrénée pour nous offrir toujours plus de surface d'écran est lancée.

1 commentaire:

Angélique a dit…

Etudiante en 2ème année DUT métiers de livre à Paris et originaire de Normandie, je viens de découvrir votre blog et le trouve riche et vivant, donc bravo !
J'espère avoir l'occasion de prochainement visiter la médiathèque de Lisieux !
Bonne continuation !