jeudi 10 janvier 2019

Atelier d'écriture du 15 décembre 2018


Pour cet atelier, deux phrases à écrire sur deux papiers, qui vont être mélangés. Chacun sera invité à raconter un rituel autour d'un moment de vie et à intégrer 2 phrases récupérées dans le chapeau. 





1)    Préparatifs



Ma valise est enfin bouclée

pour trois nuits, pas de quoi s'affoler

le dossier, les consignes, les papiers ...

ah oui, le téléphone, ses écouteurs et son chargeur

et puis "Mohammed, ma mère et moi" de Benoit  Cohen

Partir légère, sans oublier de fermer la porte à clé

Et dans ma besace, quelques pratiques méditatives

qui me portent pour ne pas oublier d'être heureuse,

laisser passer, couler, les idées négatives

laisser s'installer la sérénité

Ne pas oublier les béquilles

pour le retour dans trois jours

et me réjouir d'aller me faire réparer la mécanique usée

et, bientôt

ne plus souffrir

ne plus boiter

et pouvoir à nouveau galoper.



Hélène

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Comme chaque année, grande fête au Réseau. Qu’allons-nous faire ? Les propositions fusent…

D’abord, le repas partagé, c’est traditionnel. L’exposition de réalisations, des échanges… inviter un apiculteur ? Ah oui, c’est d’actualité avec le frelon asiatique qui s’invite dans les ruches ? Moi, je ferai une démonstration de décoration sur des œufs ; j’ai vu ça en Roumanie, c’est superbe ! Et il ne faut pas que j’oublie le petit œuf de caille découvert ce matin dans le poulailler, avec ses petites tâches, ce sera du plus bel effet.

On pourrait proposer à Michel de faire un exercice de Yoga avec les personnes de son groupe, ça peut donner envie à d’autres. C’est important de penser à bien respirer et de se centrer sur soi, sur son ressenti.

Et puis il y a la décoration de la salle, quelques chants, là aussi il faut respirer.

Bon encore un trimestre bien occupé. Le bénévolat, c’est bien. Mais qu'est-ce qu'on travaille!!!



Michèle

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Le stress gagne toute la famille lorsque le jour du déménagement est arrivé ! Il reste tant de choses à effectuer ! Les quelques cartons à finir, la cage de Jojo, la peluche bleue qui trône dans le salon à emporter. Le canapé rouge à amener jusqu’au camion. Il ne faut pas oublier non plus d’aller à l’atelier pour ramener quelques outils qui restent encore sur l’établi. Mais surtout, surtout, NE PAS OUBLIER DE VIVRE LE PRESENT !

Calmons-nous, tout va bien se passer…



Mathieu

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Nous venons, mon mari et moi, de décider de partir en voyage, mais où partir, dans l’hémisphère nord, dans l’hémisphère sud ?

Il fait froid en France cet hiver, nous choisissons donc le soleil, mais dans un endroit non pollué, au bord de la mer par exemple, puis on n’aura pas à s’encombrer de vêtements. Un maillot de bain, un paréo et le tour est joué, sans oublier les tongs et le chapeau.

Nous voici partis pour le Brésil et là-bas, nous achèterons un sombrero !!

Après toutes ces discussions, nous avons la tête en vrac mais quelle importance puisque nous fuirons les maux d’hiver. Et là-bas nous trouverons de belles cartes postales que nous enverrons à nos enfants avec quelques mots d’hiver pour les aider à vivre leur hiver et beaucoup de mots de soleil afin de les aider à supporter le froid et en même temps les faire rêver.



France



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Les aventures de ma grand-mère



Il y a bien des années, l’hiver était froid, très froid, pas un petit -4°C, non -20°C et ça pouvait descendre encore. L’endroit où se passe cet évènement s’appelle la petite Sibérie. Dans les maisons, il y avait souvent une pièce très chaude, la cuisine ou le poêle, la pièce s’appelait bien poêle. Là les températures voisinaient les 25°C. Pour arriver dans cet espace, il y avait des sas, véranda, couloirs où la température était inférieure. Mémé sortait peu et toujours vêtue chaudement : chemisette coton- chemisette laine- petit pull- gilet- gros gilet- manteau. Elle n’oubliait jamais de mettre son chapeau pour ne pas geler les oreilles, mais son chapeau laissait dégager une de ses oreilles. Le froid était si intense que l’extrémité de son lobe d’oreille a gelé, aïe, ça fait mal et notre mémé a eu désormais une oreille bizarre, un peu tordue. Mémé nous racontait volontiers son aventure, elle était pressée, c’était juste avant Noël, elle avait déjà installé le sapin qu’elle callait dans une botte noire en caoutchouc sur le petit meuble de la cuisine et comme les gosses, c’est comme ça qu’elle nous appelait, devait venir chercher leurs étrennes, elle était allée jusqu’à la boulangerie acheter quelques sachets de pièces en chocolats. En chemin, elle avait croisé une drôle de petite fille avec des savates, c’est aussi comme ça que les chaussons s’appelaient dans ces contrées, une petite robe légère et surtout des allumettes à la main, qu’elle allumait les unes derrière les autres. A cette époque, les gens dans la rue n’étaient pas encore des SDF, Sans Domicile Fixe, mémé s’est tout de même dit que ce n’était pas trop normal cette gamine perdue dans le froid. Du coup, à la boulangerie, elle n’a pas oublié de penser à elle. Elle s’est dit que c’était une gamine en souffrance et qu’elle n’avait rien à faire dans la rue à cette période. Mémé du coup lui a acheté des pièces en chocolat et sur le chemin de son retour, l’a cherché partout. Son oreille qui dépassait, s’est trouvée gelée. La gamine ? Elle ne l’a pas retrouvé. Mais dans le ciel, il y a eu comme un télescopage de nuages et elle a cru voir la vieille Germaine, morte, il y a quelques années avec à sa main une gamine en robe blanche. Mais son oreille gelée était, peut-être source d’hallucinations.



Ghislaine



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Le Mariage de Julie



Toute famille a au moins une célibataire qui a résisté à la tentation d’alourdir son annulaire : après des décennies d’immobilisme, patatras ! ma cousine Julie a craqué pour un bellâtre plus assidu que les autres. En m’annonçant la « bonne » nouvelle, elle déclara que j’étais désignée comme reporter de l’évènement. En chargeant les bagages dans la voiture, avant la grande migration vers le lieu du rassemblement familial, ma petite voix me souffla : « Ne pas oublier de prendre des photos ! » Zut, mais où vais-je mis l’appareil ? Quand l’avais-je utilisé pour la dernière fois ? Pour l’enterrement de vie de « jeune fille » de Julie ?! Le retour mouvementé de cette soirée m’avait plongée dans des brumes mémorielles…

Le voilà, camouflé sous un tas de pulls. Juste 2h de retard…

Je suis arrivée sur le lieu du crime, en plein essayage de « la » robe, aimablement accueillie par la mère de « l’élue » du jour, qui m’offre une tasse de café.

« Tu viens me photographier. Je veux voir à quoi je ressemble avant la cérémonie. »

Mon appareil, la tasse à café, les photos ; ne pas oublier de penser que ma tasse à café est parterre et qu’il ne fait pas la renverser !

Moi, je n’ai pas oublié mais Julie n’a pas vu ! En spécialiste du foot féminin, elle shoota et plash, une flaque colorée sur la robe !



Dominique



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Le compte à rebours a commencé : départ dans 24 heures pour la Bretagne. Déjà plusieurs lignes sont barrées sur la liste qui fera déborder les valises. Les vêtements bien sûr, les médocs pour les petits bobos, un bouquin pour s’occuper sur la plage, tandis que les enfants barboteront. Surtout, pour éviter un drame, ne pas oublier la tortue Ninja. Et se souvenir, quand nous irons nous coucher, pour ne pas froisser Tantine, de faire notre prière du soir. Clin d’œil à Eddy Mitchell.



Marie-Laurence



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A la maison, je suis comme un coq en pates, le coq c’est bon. Mais le coq avec des pates, ça ne me convient pas, surtout quand cela n’est pas salé. Par contre j’aime les pates quand elles ne me collent pas au palais. Et mon palais n’aime pas le salé.

Surtout que je n’ai pas oublié d’aimer mon palais.



Michel

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En cette période de festivités, gâchée un peu cette année par des évènements dramatiques, il y a tout de même une chose qui doit nous rassembler; je formulerai cela en un seul mot qui résume tout et qui est universel "AMOUR"
Ce mot qui peut paraître désuet, utopique mais qui reste un grand principe et qui peut se manifester dans les petites choses simples de la vie de tous les jours; comme cette recommandation qui peut sembler mineure pour certains, mais qui pour moi revêt une importance capitale: "NE PAS  OUBLIER DE NOURRIR LE CHAT DES QUE JE M'ABSENTE"...
En effet ce petit compagnon est une véritable boule d'amour qui ne me déçoit jamais, auquel je tiens beaucoup et lorsque je dois partir, je m'organise pour qu'il ne manque de rien!

Christiane  













2)    Faim ou Fin



Quand c’est la fin, fini la faim



Fin et faim sont en bateau, faim tombe à l’eau. Qu’est-ce qui reste ? Rien

Faim et fin sont en bateau, fin tombe à l’eau. Qu’est-ce qui reste ? Un ventre qui glougloute méchamment et rien à se mettre sous la dent.



Ghislaine

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J'ai faim de fin

ça suffit

stop

il faut que ça s'arrête

je n'ai plus faim

je n'en peux plus

je n'en veux plus

c'est fini

arrêtons de bouffer

apprenons à déguster

fini les estomacs dilatés

comme un petit oiseau j'apprends à picorer

pour ce qui est de manger

mais aussi de dépenser

de consommer.



Hélène



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Le loup noir surgit des bois en hurlant au lapin :

- « C’est la fin de ton chemin, ma faim n’a pas de fin ! 

- Comment ça ta faim n’a pas de fin ? C’est absurde ! Toutes les faims ont une fin ! Si tu crois que ta faim est sans fin, c’est que tu n’es pas très fin…

- Moi ? Pas très fin ! Je suis très fin et j’ai d’ailleurs très faim aussi ! Ma faim n’a pas de …

- Oh ! Stop ! Arrête avec ça !, cria le lapin, caché dans des buissons environnants.

Tu ne me trouveras pas ! Pas de chance, c’est la fin de ton dîner ! »



Mathieu



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Pascal Quenfin, quand la faim d’écrire lui vint, la fin de communiquer avec nous, dirent ses parents, est arrivée. Car écrire n’est pas une fin, mais un moyen de communiquer sans fin avec ce parchemin, se déroulant sans fin, sous les yeux de l’écrivain, jusqu’à la fin des siècles et des siècles, Amen.



Michel



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Ce n’est pas la fin, mais j’ai déjà faim.

Et si le fin du fin est de ne pas avoir faim,

Comment en finir sans tourner en rond ?

Car on n’en verra pas la fin et on aura toujours faim !

Non, çà n’est pas très fin…

En fait, de quoi ai-je faim ?



Michèle

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Le fin du fin est de n’avoir pas faim sans fin. Car enfin, la faim a une fin alors pas de repas sans faim. Mais la fin des repas, c’est la fin de la convivialité, et avoir faim de repas, c’est le début de la boulimie. C’est le fin repas qui aiguise la faim sans fin.



Dominique

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