mardi 12 janvier 2010

Détail d'un évènement affreux...

© RMN / Franck RauxDétail d'un évènement affreux... Arrivé à une Fille de Lisieux, département du Calvados, qui, après s'être déguisée le jour du Dimanche gras dernier, a mis au monde deux enfants, les a assassinés à coups de fourche dans une écurie, et les a cachés dans le fumier ; mais la providence permit qu'elle fût arrêté. Elle est maintenant entre les mains de la Justice.

Rose Nina, âgée de dix-huit ans, fille d'auberge de la ville de Lisieux, était enceinte de sept mois ; elle eut l'imprudence de se déguiser le jour du dimanche gras 1820. Cette malheureuse, oubliant son sexe et sans respect pour la religion, prit un habit de polichinelle, et sous ce déguisement, elle eut la témérité de se mettre à la tête d'une douzaine de masques, et de passer devant l'église, accompagnée de cette horrible bande, et poussant des cris affreux. Un grand nombre de fidèles étaient en ce moment réunis dans l'église, le Saint Sacrement était sur l'autel, une foule de chrétiens étaient à la porte du temple ; elle en entraîna une partie avec elle, et dans sa marche rapide des vieillards, des femmes, des enfants furent blessés et renversés dans la rue. Cette malheureuse fille, après avoir couru deux heures dans la ville, et fait un vacarme épouvantable, se plaignit d'être malade et tomba presque aussitôt évanouie dans les bras de ceux qui l'accompagnaient ; elle fut portée en triomphe par cette exécrable escorte, et ne revint de son évanouissement que lorsqu'elle fut rendue chez elle. Restée seule, elle fut dans sa chambre quitter son déguisement ; à peine déshabillée, elle sentit les douleurs de l'enfantement. Jusqu'à ce jour elle avait réussi à cacher sa grossesse, elle voulut également cacher son accouchement ; elle se rendit dans l'écurie, y mis au monde deux enfants, et s'armant d'une fourche, elle donna la mort à ces deux petits innocents de la manière la plus horrible. Voulant ensuite cacher son crime à tous les yeux, sortit de l'écurie, fit un trou dans le fumier et vint y ensevelir ses deux victimes encore fumantes du sang que sa rage avait versé. Au même instant la voix d'un roulier se fit entendre, il demande le garçon d'écurie qui était à courir après les masques. La cruelle Rose eut la force et l'audace d'aller aider le roulier à dételer ses chevaux.

Par un de ces miracles que permet souvent la providence pour faire découvrir les crimes que l'on croit les mieux cachés, en arrivant sur le fumier, les chevaux sentir les corps des deux enfants qui y étaient enterrés ; il reculèrent, et malgré tous les efforts du roulier, ils ne voulurent plus avancer ; les voisins se rassemblent à la porte de l'écurie, le maître de l'auberge arrive, étonné de voir autant de monde ; son chien perce la foule, gratte le fumier, et découvre les deux enfans dont la coupable mère fut arrêtée sur-le-champ.

[à la suite : COMPLAINTE NOUVELLE, sur l'air Du maréchal de Saxe]

Réf. : Détail d'un événement affreux, arrivé à une fille de Lisieux....- Angers : de l'Imprimerie Auguste Mame, 1820.- 2 p. : ill. ; 27 cm. Texte établi sur l'exemplaire du Musée des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée (MuCEM) consultable sur le très beau site de l'Agence photographique de la Réunion des Musées Nationaux.

samedi 9 janvier 2010

Just Jack : attention à l'addiction

L'année 2010 n'a pas bien commencé musicalement parlant.

Et comment ne pas sombrer dans la morosité d'un mois de janvier bien hivernal, quand - en plus- on ne sait pas du jour au lendemain, si les routes seront dégagées, si la neige va continuer à perturber adultes et enfants, si...

Se relaxer tout simplement me dit mon docteur préféré.
Facile à dire quand on n'a PLUS de lecteur CD dans sa petite voiture pour agrémenter les trajets qui durent 3 plombes !

Donc 2 solutions pour les plus inventifs :
1. Rester au coin de la cheminée pour ceux qui le peuvent ou qui en ont une -de cheminée

2. Rester au coin de sa chaine hi-fi ou auprès de son PC multimédia et écouter Jack 'Just Jack' Allsopp. Traitement radical et re-pêchage garanti.



Quoi de commun avec son précédent album 'Overtones' titilleur d'oreilles curieuses ?
La volonté de Jack de mixer les styles et les instruments, sa façon inimitable de raconter à sa sauce la vie ordinaire, la mort ou les rencontres improbables : du 'meilleur dernier jour de la vie' d'un petit employé à la goth qui se suicide en disco 'parce qu'il n'y n'a rien d'autre à faire le samedi soir'.
Inimitable avec son amour de la soul black, sa gouaille scandée de hip-hoppeur de Camden (UK), son passé d'ado DJ électro-mixeur.
Pas mal pour un gamin poids plume trentenaire parce que, malgré les cordes, les violons et la pop un peu suintantes, j'ai remis le CD 2 fois de suite sur la platine à la première écoute.
Pour le plaisir de réentendre de l'intro de '253' le phrasé d''Astronaut' le break de la 'Goth in the disco' ou les bruitages de Star Wars...




Je vous le dis, Jack ne se prend pas au sérieux, il porte des T-shirts affligeants, il n'a pas un poil au menton, il a une choré de débutant mais il garde un sens de l'humour décapant. Allons donc tous flotter dans l'ozone et sauver notre âme avec Jack 'Tout seul'.

Un dernier extrait de ses pensées ?
"I would advise any graduate who wants to make a living as a singer-songwriter to make as much music as possible, get really good and when absolutely ready, start talking to a lawyer."

vendredi 8 janvier 2010

Blues

Samedi-13h, c'est blogue. Pas grave si aujourd'hui c'est vendredi. Et tant pis si ce coup de coeur est un coup d' blues.

La chanteuse mexicano-américaine Lhasa vient de décéder des suites d'un cancer, à 37 ans.

Depuis plus de 10 ans (date de la sortie de son 1er album), Lhasa habitait chez moi, un peu dans la chambre, souvent dans la cuisine, surtout dans le salon. Les hôtes de passage l'ont rencontrée; certains l'ont invitée chez eux (combien de fois ai-je prêté un de ses CD), d'autres l'ont littéralement adoptée. On l'a beaucoup écoutée. A certains, elle parlait plus qu'à d'autres. Aujourd'hui elle est partie, il manque quelqu'un dans la chambre d'amis.

Ses 3 disques sont différents, tous superbes. Par leurs thèmes, leurs langues, leurs rythmes, il n'est pas exagéré de dire qu'ils sont universels.

Le dernier, intitulé simplement "Lhasa", a ma préférence. Il est moins orageux, sûrement plus sombre. Mais sa douceur chasse la mélancolie.

Si vous souhaitez découvrir Lhasa, la médiathèque possède tous ses albums. Pour mieux la connaître (ses textes sont traduits en français) , un site : http://lhasadesela.com/lhasa_de_sela/menu.php?lang=fr


jeudi 7 janvier 2010

C'est encore Noël !

Noël joue les prolongations pour l'église orthodoxe - russe, serbe, arménienne, copte et éthiopienne - qui fête la naissance de Jésus et la visite des rois mages ce jeudi 7 janvier.


Cette date respecte tout simplement l'ancien calendrier julien établi par César en 46 av. J.-C.

Par conséquent, retenez que le passage à la nouvelle année se fêtera le 13 janvier, autre occasion de se réunir joyeusement !




En Russie, il a fallu attendre le "dégel", c'est-à-dire 1989, pour renouer avec cette tradition et rappeler donc le fameux Ded moroz, littéralement Père Gel (!) vêtu de son grand manteau rouge.



Mais en Russie, Ded moroz est accompagné de Snegourochka sa petite fille, tout aussi importante, qui apparaît vêtue de bleu ou de blanc et coiffée du diadème typique.






Après une période de jeûne, place donc aux blinis, zakouski, au kutia ukrainien et autres friandises...



...vous reprendrez bien un peu de caviar pour l'occasion ?

mercredi 6 janvier 2010

La BD en deuil !

Le monde de la BD est en deuil. Samedi 02 janvier l'auteur Gilbert Gascard, alias Tibet, s'est éteint dans le Var à l'âge de 78 ans.

Ric Hochet et Chick Bill sont maintenant orphelins.

Ces deux personnages, journaliste pour le premier et cowboy pour le second ont été crées fin des années 40 et début 50. Ils ont tous les deux connus des aventures prolifiques ( 70 albums pour Chick Bill et 76 pour Ric Hochet).

Mais Tibet était aussi très investi dans des actions visant à la reconnaissance du neuvième art. Il était notamment le créateur avec Yvan Delporte, Franquin et Morris, de l’Upchic, Union Professionnelle des Créateurs d'Histoires en Images et de Cartoons.

Quelques planches pour le plaisir des yeux :

Chick Bill

Ric Hochet

Maintenant reste à savoir si la section jeunesse de la médiathèque est à la page. Avons nous ou pas des albums de Tibet ?

Vous pouvez retrouver ici une interview de Tibet.

Pour en savoir plus sur sa vie et son œuvre, le petit lien ci dessous est tout indiqué !
http://www.graphivore.be/deces-de-tibet-news-2960.html

mardi 5 janvier 2010

Inspi.re, le site de concours photo

Le passionné de photographie trouvera son miel sur le web. De nombreux sites proposent un forum, des articles d'apprentissage, des galeries-photo et quelques concours. Inspi.re se limite aux concours et il y en a des dizaines par jour. 

A côté des monstres comme Flickr, Virus-photo ou les Pixellistes, Inspi.re commence à tirer son épingle du jeu. Pas mal pour un site conçu par un Français et de création tout récente (août 2008). Avouons-le tout de suite, même si l'interface est assez austère, la construction est intelligente et la prise en main simple. Par rapport à ses concurrents, Inspi.re mise sur l'aspect compétitif. Autrement dit, on s'inscrit sur ce site pour participer à des concours photos. Toute le monde peut y participer, débutant, amateur, professionnel. Chaque jour, des dizaines de thèmes sont proposés. Aujourd'hui par exemple, les photographes peuvent s'affronter sur des sujets classiques comme "les statues", "les rochers du littoral", les "animaux" ou des sujets originaux tels "l'audace", "trois" ou "grrr".

Comment procéder ? Rendez-vous sur le site. Rejoignez une communauté. Par exemple, la communauté "noir et blanc", celle des "jeunes photographes"... Chaque communauté propose ensuite des thèmes. Vous pouvez proposer aussi vos propres thèmes. Envoyez votre photo sur le site. Cela vous coûtera 30 points. Points que vous récupérez en votant pour les clichés des autres concours. C'est un système ingénieux : plus vous votez (qu'importe la note), plus vous pouvez proposer de photos. C'est une garantie d'animation du site. Le vote dure quelques jours.

Et si on arrive premier, que gagne-t-on ? Et bien rien, si ce n'est la fierté de voir son travail primé. Pour les adeptes de la photographie, l'intérêt est de savoir ce que valent ses photos et aussi de stimuler sa créativité en découvrant les propositions des autres inscrits. 

samedi 2 janvier 2010

Vœux 2010

Qu'y a-t-il de mieux comme carte de vœux sonore pour cette nouvelle année que d'écouter le poème "Je voudrais pas crever" de Boris Vian dit par le grand Pierre Brasseur ?



Je voudrais pas crever
Avant d'avoir connu
Les chiens noirs du Mexique
Qui dorment sans rêver
Les singes à cul nu
D
évoreurs de tropiques
Les araignées d'argent
Au nid truffé de bulles
Je voudrais pas crever
Sans savoir si la lune
Sous son faux air de thune
A un côté pointu
Si le soleil est froid
Si les quatre saisons
Ne sont vraiment que quatre
Sans avoir essayé
De porter une robe
Sur les grands boulevards
Sans avoir regardé
Dans un regard d'égout
Sans avoir mis mon zobe
Dans des coinstots bizarres
Je voudrais pas finir
Sans connaître la lèpre
Ou les sept maladies
Qu'on attrape là-bas
Le bon ni le mauvais
Ne me feraient de peine
Si si si je savais
Que j'en aurai l'étrenne
Et il y a z aussi
Tout ce que je connais
Tout ce que j'apprécie
Que je sais qui me plaît
Le fond vert de la mer
Où valsent les brins d'algues
Sur le sable ondulé
L'herbe grillée de juin
La terre qui craquelle
L'odeur des conifères
Et les baisers de celle
Que ceci que cela
La belle que voilà
Mon Ourson, l'Ursula
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir usé
Sa bouche avec ma bouche
Son corps avec mes mains
Le reste avec mes yeux
J'en dis pas plus faut bien
Rester révérencieux
Je voudrais pas mourir
Sans qu'on ait inventé
Les roses éternelles
La journée de deux heures
La mer à la montagne
La montagne à la mer
La fin de la douleur
Les journaux en couleur
Tous les enfants contents
Et tant de trucs encore
Qui dorment dans les crânes
Des géniaux ingénieurs
Des jardiniers joviaux
Des soucieux socialistes
Des urbains urbanistes
Et des pensifs penseurs
Tant de choses à voir
A voir et à z-entendre
Tant de temps à attendre
A chercher dans le noir

Et moi je vois la fin
Qui grouille et qui s'amène
Avec sa gueule moche
Et qui m'ouvre ses bras
De grenouille bancroche

Je voudrais pas crever
Non monsieur non madame
Avant d'avoir tâté
Le goût qui me tourmente
Le goût qu'est le plus fort
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir goûté
La saveur de la mort...

[Repris depuis Le blog d'un grincheux grave...]