samedi 29 novembre 2008

Saule pleureur

L'artiste Anne HERBAUTS écrit dans un de ses livres que «la racine des mots est dans les arbres». Cette image est belle. Elle plait d'autant plus si l'on s'en tient à la beauté de l'expression sans nécessairement se soucier de la cohérence du sens.

Je ne comprends pas toujours tout à la poésie. Mais j'apprécie le jeu avec la langue, les images qu'elle procure.

Il y a ce texte qui me fait sourire :

Le saule pleureur. C’est parce que ses branches tombent au sol et semblent se lamenter qu’on l’a nommé ainsi. Si ses branches avaient poussé sur les côtés ou en hauteur, on ne l’aurait pas pour autant appelé “saule rieur”. Non. On lui aurait taillé sa joie.

Extrait de Ces gens qui sont des arbres de David DUMORTIER, Cheyne.


Il y a aussi ce texte qui prête à sourire autant qu'il donne à penser :

Tu regardes

les actualités du 13 heures,

à 13 heures 25 tu t’endors,

tu ronfles la tête penchée

sur l’épaule,

oui tu ronfles

sur le taux du dollar

et l’indice CAC 40.

Tu sais ce qui compte.

Extrait de Les quatre-chemins de Jean-Pascal DUBOST, Cheyne.


Et vous, ça vous fait quoi la poésie ?

Pour vous faire une idée, une suggestion : les très beaux livres de Cheyne éditeur, avec une préférence marquée pour la collection Poèmes à grandir.






vendredi 28 novembre 2008

Two Lovers - James Gray


Un film de James Gray qui sort en salle est toujours un petit événement (pourquoi "petit"???).
4 films en 14 ans ; c'est dire s'il faut s'armer de patience !
Little Odessa, en 1994 ; The Yards, en 2000 ; le magistral We own the night, l'année dernière ; et Two Lovers, cette semaine.

Comment présenter le film, sans en dire trop ?
Regardez bien le visage de Joaquin Phoenix, acteur principal et incroyable, de Two Lovers ; ce visage-là, les doutes, la souffrance, parle bien mieux et en dit bien plus long que tous les critiques du monde...


Léonard (Joaquin Phoenix) tente de se suicider en se jetant d'un ponton. Il échoue, et rentre chez ses parents, où il vit.
On apprend rapidement qu'il souffre de problèmes psychiatriques, dus à une rupture qui l'a dévasté.
On assiste pendant 1h50 au combat interne et solitaire de ce trentenaire désespéré.
Entre amour fou pour Michelle, sa voisine volage et instable, et attirance raisonnée pour Sandra, la jeune femme choisie par ses parents, Léonard doit faire un choix insensé.

Pourquoi j'aime autant James Gray ? et pourquoi ce film m'a autant bouleversée ?
Je ne saurais le dire exactement. Je ne m'explique pas pourquoi la vue de ce film m'a pris le coeur au piège dans un étau, ni pourquoi j'avais cette sensation que, le temps du film, l'étau se serrait, et se serrait encore.
Je ne saurais expliquer comment Gray réussit à nous faire ressentir si justement les tourments de ses personnages ; comment, lorsque Joaquin Phoenix, face à la mer, sans prononcer un mot, parvient à nous faire partager sa détresse.

Et puis il y a cette obsession de la tragédie ; que j'aime particulièrement. Ce clin d'œil à Shakespeare quand Léonard se présente : "Je suis l'héritier du Roi du Danemark" ; les choix impossibles à faire entre fidélité à la Loi familiale, et trahison aux siens en vivant sa propre vie et ses désirs personnels.

(James Gray et Isabella Rossellini, en plein tournage)

jeudi 27 novembre 2008

Faulkner ; et les Puces Gourmandes

Ce samedi, le 29 novembre, l'association-amie de la médiathèque, Les Puces Gourmandes, nous offre son dernier divertissement littéraire de l'année : une présentation de l'œuvre de l'écrivain américain William Faulkner.


De ses débuts, en poésie, dans les années 20 ; jusqu'à son dernier "petit" livre L'arbre aux souhaits, qualifié de "fantaisie pour enfants", à la fin des années 60 ; Ghilaine, notre invitée samedi, nous racontera l'œuvre et la vie de Faulkner, Sanctuaire, Sartoris, Le Bruit et la Fureur, et bien d'autres encore.
Mais aussi l'alcool, le Sud, ce Mississippi que William Faulkner ne quitta jamais, la fratrie infernale, l'amour, la folie.
Quelques lectures de textes majeurs viendront ponctuer cette récréation américaine.

A samedi donc, 15h00, dans l'auditorium de la médiathèque.

mercredi 26 novembre 2008

Les Boréales à Lisieux

C'est l'Islande, et ses "vastitudes", qui est l'invitée d'honneur aux Boréales cette année. En parallèle, l'Association pour le cinéma de Lisieux - au Majestic, 7 rue au Char-, vous propose deux films et une rencontre-débat avec une réalisatrice franco-islandaise, et expose une petite sélection de livres d'auteurs islandais ponctionnés pour l'occasion dans les rayonnages de la médiathèque.

Ce vendredi 28 novembre, seront donc projetés :

JAR CITY du réalisateur et par ailleurs jeune acteur Baltasar Kormàkur (photo ci-contre, no comment !!!).
Thriller glaçant très bien reçu par la critique française, il est inspiré du best-seller de Arnaldur Indridason La Cité des Jarres.
Inspecteur à Reykjavik, Erlendur enquête sur le meurtre d'un vieil homme apparemment sans histoire. La photo de la tombe d'une petite fille retrouvée chez la victime réveille pourtant une affaire vieille de quarante ans. Et conduit Erlendur tout droit à Jar City, surprenante collection de bocaux renfermant des organes, véritable fichier génétique de la population islandaise...

BACK SOON, film totalement déjanté de Solveig Anspach suivi d'un débat avec la cinéaste.
Anna Halgrimsdottir vit à Reyjkiavik avec ses deux fils. Lassée du froid islandais, elle décide de vendre son commerce afin de pouvoir quitter l'île. Son commerce, la vente de marijuana, est plus que prospère. Aussi veut-elle en obtenir un bon prix.
Le reprene
ur auquel elle va céder son téléphone portable - objet magique sur lequel tous ses clients l'appellent - lui demande 48 heures pour rassembler l'argent.
Pendant ce temps, elle va se trouver entraînée dans tout un tas d'histoires, ponctuées de rencontres inattendues et loufoques : une jeune auto-stoppeuse irlandaise folle de
Dieu, un vague cousin dépressif, un étudiant français fan d'elle.
Alors qu'elle sillonne l'île d'un bout à l'autre, sa cuisine se transforme en salle d'attente où ses clien
ts, de plus en plus nombreux, s'impatientent de son retour.

Pour vous renseigner sur les horaires de la soirée :
Ciné Le Majestic
7 rue au Char
02 31 62 39 08

mardi 25 novembre 2008

Une autre fabuleuse photothèque

C'est officiel depuis le 18 novembre, les archives photographiques de Life Magazine (1936-2007) sont disponibles sur le site Google Image Search. Cet ensemble regroupe actuellement 2 millions de photos (8 autres millions sont à venir), et de nombreuses d'entre elles n'ont jamais été publiées. Depuis la page d'accueil du site [http://images.google.com/hosted/life] les images peuvent être visualisées par décennies, depuis 1860 jusqu'aux années 1970, par thèmes ou par requête libre. Les photographies sont disponibles gratuitement pour un usage personnel ou de recherche. Mais Time, le groupe de presse américain, propriétaire de l’ancien magazine, en conserve le copyright et la propriété. La collection photographique inclut des œuvres de grands noms du sixième art, comme Alfred Eisenstaedt, Margaret Bourke-White, Gordon Parks ou encore W. Eugene Smith. Le film amateur de l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy par Abraham Zapruder, y figure également.


[Lieutenant Kelso C. Horne, Août 1944 ; © : Life / Bob Landry]

[Migrant mother, 1936 ; © : Life / Dorothea Lange]

[Honfleur, Septembre 1948 ; © : Life / Eliot Elisofon]

A parcourir sans fin pour redécouvrir un siècle d'histoire mondiale. Un évènement majeur, lancé avec plus de discrétion que la grande bibliothèque européenne (Europeana) « plantée » quelques heures après son ouverture !


A consulter :

samedi 22 novembre 2008

Laurent Gaudé

En 2004 sortait en librairie "Le soleil des Scorta" de Laurent Gaudé. Quatre ans après lorsque je pense à ce livre, je sens encore le soleil de l'Italie chauffer ma peau, je suis tout de suite replongée dans l'atmosphère brulante de ce livre. Avec "La Porte des enfers" qui vient de sortir, même chose. Tout de suite, je suis prise à la gorge par l'histoire tragique que j'ai entre les mains. Lire un livre de Laurent Gaudé est aussi une aventure physique. Alors à peine terminé ce livre magnifique, je me rue sur les autres : "Cris" sur la guerre de tranchées de 14-18 (coup de poing au ventre) "La mort du roi Tsongor", tragédie antique africaine (le souffle manque) "Dans la nuit Mozambique" (recueil de nouvelles très, très poignantes, le coeur se serre) et enfin "Eldorado" sur l'immigration clandestine (le coeur bat plus vite).
Un écrivain fabuleux !

Vous trouverez tous ces bons livres à l'espace adulte.
Voici des liens internet avec des interviews de Laurent Gaudé :
Sur "La porte des Enfers"

http://www.evene.fr/livres/actualite/interview-laurent-gaude-porte-enfers-tsongor-1611.php

Sur "Eldorado"

http://www.evene.fr/livres/actualite/laurent-gaude-interview-eldorado-soleil-scorta-430.php

vendredi 21 novembre 2008

Quintette pour voix, guitare, mandoline et autres instruments bucoliques

Un coup de coeur musical pour retrouver un peu de zénitude sans faire retraite dans un monastère bouddhiste.


Fleet Foxes et leur premier album du même nom, que d'aucuns appelleraient éponyme, un bijou vocal tout en harmonies subtiles.


D'accord, ils sont américains et viennent de Seattle, d'accord ils sont très jeunes, d'accord, ils revendiquent ouvertement leurs influences folk des années 60-70 mais ils sont aussi considérablement doués.
Robin Pecknold, leader chanteur et guitariste est inspiré malgré son jeune âge et mixe sans complexe Crosby, Stills, Nash& Young, les Beach Boys, Bob Dylan…

Foin de mièvreries cependant, le tout s’écoute avec une sensation de fraîcheur voire de pureté et impressionne par la maîtrise du fil des morceaux. Nous ne savons où Fleet Foxes nous emmène mais eux si.



Fleet Foxes - A Take Away Show from La Blogotheque on Vimeo.

Une alternance dans la longueur des plages, histoire d'errer entre les forêts, montagnes ou de s'allonger le long des rivières pour méditer profondément sur les ombres de nos vies.





Cerise sur le gâteau pour moi qui suis aussi sensible à l'esthétisme, leur CD reproduit sur la pochette une huile sur bois de Pieter Bruegel l'ancien 'les proverbes flamands' ou le monde inversé n'est pas tout à fait comme il devrait être.
Ces diables US barbus et chevelus -enfin pas tous- auraient-ils en plus une culture européenne ?

A écouter sans limite : 'Ragged wood' - 'Quiet houses'
Si tout comme votre médiathèque préférée, vous possédez l'édition incluant également le EP, pardon le maxi CD 'Sun giant' profitez sans réserve de 'English house'


Pour en découvrir plus, accédez aux sites internet en cliquant partout où vous le pouvez!


jeudi 20 novembre 2008

Les Suédoises


A l’occasion des 60 ans des « Suédoises », la Société Historique de Lisieux, Carol Pitou et Jacques Munerel, auteurs du livre « les Suédoises du Calvados » exposent photos, objets et maquettes à la médiathèque du 18 au 29 novembre 2008.
Les Suédoises du Calvados, ce sont les quatre crèches et quatre cents maisons en bois offertes par la Suède au lendemain de la seconde guerre mondiale au Calvados, département le plus sinistré de France. Les chalets suédois de Normandie ont été dessinés par l’architecte Sven Ivar LIND.

Elles sont livrées entièrement équipées selon le top du confort pour l’époque : cuisine aménagée, chauffage central, douche, WC., buanderie...

Carol Pitou et Jacques Munerel donneront également une conférence sur les maisons Suédoises du Calvados le vendredi 28 novembre à 20h30 à l'Espace Victor Hugo dans le cadre des soirées mensuelles de la Société Historique de Lisieux.

Sur les Suédoises à la Médiathèque :
Les Suédoises du Calvados ont 50 ans / Carol Pitrou, Jacques Munerel [N 728.37 PIT]
Les Maisons suédoises : de la Reconstruction en Normandie / Jean-Yves Meslé [N 728.3 MES]
"Les Maisons suédoises de Lisieux et du Calvados", dans le Pays d'Auge du mois de septembre 2008 / Daniel Deshayes.

mercredi 19 novembre 2008

Une photothèque fabuleuse


Celle de l'agence photographique de la Réunion des Musées nationaux : « Le site www.photo.rmn.fr créé par l'agence photographique de la Réunion des musées nationaux ouvre à tous, professionnels ou non, l'accès à un fabuleux catalogue d'images d'art on line. Plus de 200 000 images photographiques des oeuvres d'art conservées dans les musées nationaux et régionaux français, comme le Louvre, Orsay, le Centre Georges Pompidou ou le musée Picasso, sont désormais directement accessibles sur Internet. De la Joconde de Léonard de Vinci aux Nymphes de Monet, du Titien à Fernand Léger, des masques de l'Océanie aux arts de l'Orient, peintures, sculptures, dessins, le site www.photo.rmn.fr vous convie à visiter la plus grande des collections d'images d'art... » (Extrait du texte de présentation du site)

L'interface du site est de toute beauté, et la navigation de pages en pages et de rubrique en rubrique d'une grande simplicité : actualités, sélections thématiques, portfolio, recherche....

Portfolio


Mode recherche (mot clé : Lisieux) :

Affichage des résultats de la recherche


En puis en cette période de préparation des fêtes et des cadeaux de fin d'année, pourquoi ne pas offrir (ou mieux vous faire offrir) une reproduction d'objet d'art, de photographie originale : c'est beau et tellement plus chic... que le catalogue cadeaux de chez Félix Potin...

Voir aussi :
Le site de la RMN - http://www.rmn.fr
La Boutique des Musées - http://www.boutiquesdemusees.fr

mardi 18 novembre 2008

Sélection de bandes dessinées

Une sélection orientée de bandes dessinées tout juste sorties des cartons...

Tout seul, Chabouté.
Editions Vents d'Ouest.

Tout seul ; sur un rocher, dans un phare, en pleine mer. Tout seul avec ses pensées, ses rêves et ses blessures. Tout seul, avec un miroir qui renvoie une image cassée.
Au loin sur la mer, un bateau, deux hommes ; une cargaison intrigante pour le nouveau, et un flot de questions.
Qui est cet homme, né dans le phare qu'il n'a jamais quitté ?
A quoi peut-il bien rêvé ?

Le nouvel album de Chabouté est encore une fois parfait.
Le dessin est superbe. Tout en noir et blanc, et en clair-obscur. Des grands plans qui suivent le regard d'un personnage nous plongent au cœur de ce récit contemplatif.
Une grande humanité se dégage de cette album.

(on peut tout aussi bien lire les précédents, qui sont pour la plupart très réussis : Henri Désiré Landru, La Bête, Construire un feu)


Pilules bleues, Frederik Peeters.
Editions Atrabile

Mon auteur préféré sort un album : Ruminations, une compilation de planches, publiées depuis 10 ans, ou gardées au fond d'un tiroir, comme un trésor précieux...
Et moi je vous parle d'un vieil album ! Oui mais parce qu'on vient de le recevoir à la médiathèque, et qu'il vous attend déjà en rayon, et puis je ne me justifie plus, c'est mon album préféré... : Pilules bleues, donc !

Frederik Peeters raconte ici, sans masque ni fard, son amour pour Cati.
La femme qui partage sa vie avec lui, qui partage son fils, son amour, sa complicité, mais aussi sa maladie, le sida, et la maladie de son fils.
Le récit est d'une incroyable justesse, cette histoire personnelle nous est donnée à voir de façon brute, mais avec poésie et tendresse ; sans apitoiement ni rancœur.

Quelques images justifieront mieux que mes mots mon admiration...



Les six coups de Philadelphia, Ulrich Scheel
Editions Flblb

Philadelphia, RDA. Années 80. Des gamins d'un village perdu sont en vacances d'été.
Beaucoup d'ennui. Des troupes militaires russes traversant le village rythment les journées.
Puis les gamins trouvent chez leur grand mère un revolver datant de la première guerre, et six balles.
Les six coups, les six chapitres de cet album, jusqu'au drame annoncé.
Baignée dans une atmosphère de torpeur étouffante, d'ennui, qui colle à la peau des personnages, cette histoire de transgression, de fascination pour la violence hante longtemps l'esprit du lecteur.

Cet album est édité par les Editions Flblb (essayez donc de le dire : petit cours en ligne ici !), maison d'édition de Poitiers... petite maison d'édition mais qui publie de très bon ouvrages (ceux qui ne sont pas empilés, pour reprendre le terminologie de mon collègue...)

samedi 15 novembre 2008

Contes à Lisieux, ce samedi

Samedi 15 novembre 14h dans l’auditorium, Autrement Dire, association conte Havraise nous fera grincer des dents et mouiller nos mouchoirs avec nos sueurs froides à 14h avec Noir c’est noir (à partir de 15 ans).

Puis, à 15h dans l’espace conte de la jeunesse :

• pour les oreilles sensibles et malicieuses
• pour ceux qui ont besoin de se remettre de leurs émotions
• Autrement dit pour passer du noir au rose
• mais aussi pour tous les petits de 3 et 6 ans (et leurs parents) ayant fait une bonne sieste de 13h30 à 14h45
Sylvette Bonnamour contera dans l’espace conte quelques histoires du Père Castor. Elle nous dégourdira les méninges et fera voyager accrochés à la crinière de dragons. Attention, la jauge est limitée.

Présentation de l'association de conteurs amateurs "Autrement Dire" :

L'association "Autrement Dire", association de conteurs amateurs existe dans la ville du Havre depuis 1996. Ele est issue de l'atelier contes de l'ancienne école de théâtre de la ville qui était animé par Christian Tardif. Elle est subventionnée par la ville du Havre et le conseil général de Seine Maritime. Ses missions sont la promotion du conte ainsi que la formation et la réflexion en ce domaine.

La promotion du conte se décline selon deux axes :

- Les spectacles amateurs donnés par les membres de l'association dans la ville du Havre mais aussi en haute et basse Normandie dans les écoles, les collèges, les Hôpitaux, les bibliothèques...
- les spectacles professionnels:l'association fait venir des conteurs professionnels 2 ou 3 fois par an.

En ce qui concerne la formation, des stages sont organisés 2 ou 3 fois par an animés par des professionnels et un atelier de formation au conte animé par Sylvette Bonnamour est proposé à ceux qui le désirent une ou deux fois par mois. Les membres de l'association se retrouvent une fois par semaine à 18h30 pour des répétitions, des réflexions, des discussions et l'organisation de la vie de l'association qui est forte d'une trentaine de membres dont une douzaine conte en public.


Tél. - 02 35 48 29 67
Adresse :chez Danielle Maillard, 56 rue henri Labay - 76620 Le Havre.
Courriel : autrementdire.asso@gmail.com

vendredi 14 novembre 2008

Jeux d'esprit d'autrefois

L'Alliance des Sphinx et des Œdipes

Sous ce titre énigmatique pour les non initiés se cache une amusante et désuète publication de jeux d'esprit, publiée à Orbec (Calvados), ancêtre des nombreuses revues de jeux, casse-têtes et autres mots en croix qui peuplent aujourd'hui les étals des magasins de presse.

[La Médiathèque conserve une vingtaine de numéros de ce titre de 1896 à 1899].

Exclusivement pour amateurs d'anagrammes, rébus, charades, carrés syllabiques, logogriphes, palidromes et mots Janus......

Extrait du n°1 (1896)

L'Alliance des Sphinx et des Œdipes
: Supplément instructif et amusant de l'Alliance du producteur et du consommateur et Journal mensuel des récréations de famille / sous la direction de M. G. Desans, à Orbec (Calvados).

Notre Programme et notre but

Les Sphinx et Œdipes sont légion en France et pourtant, c'est à peine s'ils se connaissent.

Cette grande famille n'a pas même un organe pour la tenir au courant de ces petits chefs-d'œuvre qui se composent chaque jour et qui meurent pour ainsi dire en naissant, parce qu'ils n'ont pas les moyens de se produire au grand jour.

Combien de talents cachés qui, encouragés, rendraient les plus grands services aux amis des lettres, des arts et des sciences.

Les nombreuses sollicitations dont nous avons été l'objet nous ont décidé à combler cette lacune en offrant, à nos amateurs de distractions intellectuelles, un petit journal où chacun pourra exposer ses idées, publier ses œuvres et se créer d'excellentes relations, se trouvant chaque jour en contact avec des maitres, des savants et des érudits qui ne demanderont pas mieux que de leur venir en aide.

L'Alliance des Sphinx et des Œdipes sera donc l'œuvre de ses lecteurs et ne publiera que de l'inédit. Tous les envois seront classés et publiés chaque mois, avec le plus grand soin, apportant autant de variété que possible.

Chaque année le Journal offrira 3 grands concours de Jeux d'esprit et quantité d'autres de tous les genres.

Les forts comme les faibles seront récompensés de leurs travaux par de superbes PRIX ; lire bien attentivement nos règlements de Concours.

En plus des superbes collections publiées dans nos colonnes, de magnifiques CADEAUX seront donnés en primes presque chaque mois dans notre édition dé luxe.

Aussi bien, chers lecteurs, nous comptons sur vous pour nous aider dans notre entreprise et en vous remerciant de vos témoignages de sympathie nous vaut assurons de notre entier et sincère dévouement.

La DIRECTION

- Nos Concours seront absolument distincts de ceux de l'Alliance du producteur et du consommateur de M. FABRE de Nîmes et seront comme le supplément de cette intéressante publication.

Quelques exemples de jeux
[les réponses sont ici]

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Mots en lampe

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Horizontalement :
Au Cap - nous vient de Chine - sur la tête du Pape - dans les mains du forgeron - au milieu du nez - court - voyelle - nourrice de Jupiter - petite île de Grèce - étendu - plante médicinale - années.
Verticalement :
à l'abat-jour : Commencement de la mer - possessif - chasseurs ayez le suivant juste - animal domestique - époque - nymphe changée en île - dans la lune.
à la clé : fluide - élément - consonne.
au corps de la lampe : roi d'Israël - nivela - partie qui s'étend de la ceinture aux genoux étant assis - esprits célestes - deux lettres seulement - préposition.

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Arithmogrammes

1° 500 plus RIEN
2° 50 plus MALADIE
3° 1050 plus QUADRUPEDES
4° 1001 plus FESTIN
5° 2051 plus INSCRIRA
6° 100 plus ETOILES
Trouver cinq villes françaises

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Anagramme

Sur cinq pieds, mon premier
Sert d'abri pour mon entier.

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Carré syllabique

Un contrat synallagmatique ; -
Terre sur les bords d'un cours d'eau -
Ce que fera le domestique -
D'une ferme un titre très beau.

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Rébus chiffré

Péché capital : 13.1.14.4.16.31.
Navire : 9.7.34.12.30.26.10.8.
Employé : 31.18.23.17.11.35.
Dupe : 32.2.27.29.22.19.
Poids : 33.6.3.20.
Trouver un département, sa préfecture et ses sous-préfectures.

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La revue publie aussi quelques articles consacrés aux différents jeux d'esprit : charade, anagramme,...


Mais tout cela est finalement bien plus ennuyeux que de regarder tomber la pluie un jour d'automne, et puis je préfère de loin les rébus littéraires de Philippe Honoré :

Cent rébus littéraires avec leur question-devinette et leur solution.
Arléa, 2001.
(Bm Lx : 847.917 HON)

jeudi 13 novembre 2008

"Terreur" de Dan Simmons

Un nouveau Simmons est toujours un évènement en soi et quand il choisit de nous présenter sa version de la disparition d'une expédition polaire du XIX ème siècle, on obtient un petit chef d'œuvre !
Le ton est donné, vous aurez compris que le nouveau Simmons sobrement intitulé "Terreur" est un incontournable pour tous les amateurs de fantastique mais aussi pour les lecteurs n'appréciant pas forcement ce genre.

De quoi est il question dans ce roman ?
L'auteur nous donne sa version de ce qui serait arrivé à deux navires d'exploration polaire affrétés par l'Angleterre au XIXème siècle.
L'expédition Franklin (c'est son nom) est partie d'Angleterre le 19 mai 1845, elle était composée de deux navires le Terror et l'Erebus avec à leurs bords 134 hommes. L'objectif était de trouver le passage du Nord Ouest devant permettre de passer de l'océan Atlantique au Pacifique en passant par l'Arctique. Des générations d'explorateurs ont tenté de la trouver, c'était donc aussi l'objectif de l'expédition Franklin.
Cette expédition, la dernière de Franklin, s'est soldée par la perte totale des deux navires et de tous les hommes d'équipage. Une expédition de secours fut organisée par l'amirauté anglaise en mars 1848 mais elle ne trouva aucune trace des disparus. Voilà pour les faits historiques.

Qu'en est-il du roman ?

Le roman nous raconte, à travers l'histoire de plusieurs membres de l'expédition, le destin tragique de ces marins prisonniers des glaces du pôle et souffrant de la faim et surtout du froid (vous aurez froid en lisant ce livre ;-). Simmons y a rajouté une pointe de fantastique avec la présence d'une créature maligne qui décime un à un tous les membres de l'équipage quand ce n'est pas le scorbut ou la pneumonie qui éclaircissent les rangs des survivants. Vous suivrez jusqu'au bout le sort de ces matelots et je vous garantis que quand vous aurez ouvert ce livre vous n'aurez qu'une envie c'est d'en connaître la fin. Une fin en forme de longue agonie des membres de l'expédition qui finiront par pourrir sur pieds en tentant de rejoindre l'embouchure du lac aux esclaves. Simmons nous décrit les affres dont souffrent les marins, il ne nous épargne aucun détails (vous deviendrez incollable sur les symptômes du scorbut) et vous en apprendrez beaucoup sur la vie des équipages. Vous allez souffrir et avoir peur avec eux. La peur est bien présente tout au long du roman. Au fil de l'histoire ce n'est pas tant la peur de cette créature mystérieuse qui frappe au hasard les marins pour les dévorer, le plus effrayant dans ce roman c'est que les marins (comme le lecteur) prennent progressivement conscience que la seule fin possible pour eux est la mort et ce qui pourrait leur coûter la vie à tous sont leurs propres faiblesses d'hommes...

Que conclure :
Une histoire passionnante très bien servie par la plume de Simmons. Un incontournable pour les amateurs de fantastique et/ou de romans d'aventure. Je suis très friand de fantastique et même si dans ce roman il est distillé à petite dose, la peur ne vous lâchera pas durant la lecture de ce roman. Pour terminer, je rajouterai qu'il est particulièrement dur d'en sortir et que peu de livres m'ont fait cet effet !

Pour ceux qui souhaitent en savoir plus sur l'expédition Franklin vous pouvez consulter ces pages : http://www.lordfranklin.com/French_name.html

Ici vous en apprendrez plus sur Dan Simmons :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Dan_Simmons

Bonne lecture !

mercredi 12 novembre 2008

Water

Réalisé par Deepa Mehta

Date de sortie : 06 Septembre 2006
Avec Lisa Ray, Seema Biswas, John Abraham
1h 58min
Distribué par Films sans Frontières

Le film se déroule dans l'Inde coloniale de 1938, au moment où Gandhi arrive au pouvoir. L'histoire commence le jour où Chuyia, âgée de 7 ans, perd son mari et est envoyée dans une maison où les veuves hindous vivent en pénitence. Agées de 18 à 80 ans, ces femmes "paria" à la tête rasée, mendient pour manger et passent leur temps à prier en attendant la mort.

L'arrivée de cette enfant curieuse et innocente va affecter la vie des autres résidentes. Et notamment celle de Kalyani, une belle veuve qui tombe amoureuse de Narayan, un jeune idéaliste, disciple de Gandhi.

Peu à peu, la présence de Chuyia va ébranler tout ce qu'elles se sont résignées à accepter et les pousser à se révolter contre la tyrannie de ce mode de vie dépassé et controversé.

Deepa Mehta a été menacée de mort pour avoir voulu réaliser ce film sur la condition insupportable des veuves blanches. Trop dangereux pour le tourner en Inde, elle est allée au Sri Lanka. Pour ces raisons, le projet commencé en 2001 n'a pu aboutir qu'en 2006. Ce traitement fait aux veuves s'appuie sur un texte hindou datant de 2000 ans.

(http://www.lexpress.fr/actualite/monde/asie/l-exil-des-veuves-blanches_492277.html)

Un très beau film pour un sujet grave, à voir.

samedi 8 novembre 2008

11 novembre

Je m’appelle Abel. Je suis né au Mesnil Guillaume en mars 1886.

A la mort de mes parents, je suis allé vivre et travailler chez un vieil oncle du côté de Crèvecoeur.

Quand j’ai eu l’âge, je suis parti faire mon temps comme appelé. Classe 1906.

Oh, à l’époque, le service, c’était pas comme maintenant ! Deux ans qu’ils nous prenaient !

Même dans nos campagnes, ça faisait un moment qu’on le sentait venir le conflit avec l’ennemi héréditaire ! Après l’assassinat à Sarajevo du François-Ferdinand, le 28 juin 14, quand ils ont mobilisé, y’a pas grand monde qui a été surpris.

Et puis, on devait pas être parti longtemps : on récupère l’Alsace et la Lorraine et on rentre à la maison. La fleur au fusil, pantalon rouge et manteau bleu à travers les champs remplis de coquelicots et de bleuets.

Seulement, sans que tu comprennes toujours bien pourquoi, tout d’un coup, le monde entier s’est retrouvé en guerre.

Mon régiment, c’était le 119ème d’infanterie, 6ème division. Sergent que j’étais.

Je me suis retrouvé en plein dans la bataille d’Artois qui avait débuté le 9 mai 1915.

On lançait assaut sur assaut et les combats faisaient des pertes effroyables.

Un enchevêtrement de boyaux, de tranchées puantes. Il fallait couper les barbelés avec des pinces et gare aux récalcitrants : toute critique était indiscipline, tout dénigrement, trahison.

Le 12 mai, j’ai reçu une balle sous le sein gauche qui a aussi touché le poumon. Je pouvais plus respirer, je manquais d’air alors j’ai soulevé le masque qui étouffait ma bouche. Oh, pas longtemps ! On nous avait prévenus que depuis moins d’un mois (depuis le 22 avril), les Boches utilisaient un gaz mortel.


Mais le « moutarde » s’est faufilé dans mes bronches, sans que je sente rien. Au chaud, dans la poitrine de mon zigue !

A peine remis de ma blessure, après 3 semaines de convalescence, je suis remonté au front.

Avec le temps, cette guerre n’avait plus de sens, son utilité ne paraissait plus évidente.

Depuis, des images vous en avez vu, des témoignages, vous en avez entendu, mais vous ne saurez jamais rien de la boue, du sang, de la merde.

De nos corps qui se fondent dans la tranchée, des rats qui courent entre nos jambes serrées dans les bandes molletières et qui n’attendent que notre chute pour nous grignoter un bout de nez, un morceau de joue encore chaude…

Nos crânes résonnent longtemps du bruit des canons. Odeur de souffre, de poudre.

On a tellement mal aux tripes qu’on en arrive à ne plus savoir si on est touché au ventre ou non.

… Et le camarade tombé dans le no man’s land, qui hurle et qu’on peut pas aller chercher, qui agonise pire qu’un chien… parce qu’un chien, on l’aurait achevé, lui et sa souffrance.

… Le gus d’en face qu’on aurait pu faire un copain et qu’on tire comme à la foire de la Saint-Jean.

J’avais été vacher, je devenais boucher.

On n’espère plus une victoire prochaine, on commence à penser que le prix est trop élevé.


Les brefs retours en permission nous donnent curieusement un fort sentiment de solidarité : il y a ceux de « l’arrière », profiteurs et embusqués.

Il y a nous, la classe des sacrifiés.

J’ai obtenu une citation à l’ordre de la brigade le 21 juin 17 « motivée par ma conduite exemplaire au combat ».

En juillet 17, j’ai eu une perm’ de 7 jours. Sur le certificat médical, le toubib a écrit : embarras gastrique, courbatures fébriles, fatigue générale. Pour sûr qu’on était fatigués. Fatigués de crever ! Le corps cassé, la chair abîmée, mutilée…



J’ai eu des décorations, des médailles. Y en avait une avec des étoiles sur le ruban. Mais elles sont tombées, comme beaucoup de copains…



Je suis mort à la guerre, 39 ans plus tard.

Si l’on m’avait ouvert, on n’aurait retrouvé que de la poussière : le gaz m’avait tout bouffé l’intérieur.


« C’est à Craonne sur le plateau

Qu’on doit laisser sa peau

Car nous sommes tous condamnés

Nous sommes les sacrifiés ».


Pour la première fois, cette année, la cérémonie de la commémoration de l’Armistice se déroulera sans la présence de poilus survivants. Le dernier est décédé le 12 mars 2008.



Quelques conseils de lecture :


Les champs d’honneur de Jean Rouaud

Voyage au bout de la nuit de Louis Ferdinand Céline

Les grands romans de la guerre 14-18

Casse-pipe de Louis Ferdinand Céline

Le fusillé de Blanche Maupas

Varlot soldat de Daeninckx et Tardi

C’était la guerre des tranchées de Tardi





Et de nombreux films parmi lesquels :

Le Pantalon de Yves Boisset

Joyeux Noël de Christian Carion

La chambre des officiers de Marc Dugain

La vie et rien d’autre de Bertrand Tavernier

Capitaine Conan de Bertrand Tavernier

La grande illusion de Jean Renoir

L'adieu aux armes de Frank Borzage

Un long dimanche de fiançailles de J-P Jeunet

Les âmes grises de Yves Angelo


Grand merci à Vivian pour la mise en place des illustrations.


Michèle Harel

La médiathèque possède un souvenir de Verdun.


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